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Janvier 2012 - 11e année - numéro 122

Mathieu Isnard vient toucher son dû (Aix-en-Provence, 6 mai 1709)


  • Archives communales d'Aix-en-Provence, CC396
Voir : La fin du loup tueur (Aubagne, 23 mars 1709)
« Monsieur le trésorier de la viguerie d'Aix, Boniface Alpheran, payez des deniers de vostre recepte à Mathieu Isnard, muletier de la ville d'Aubagne, la somme de huict livres qu'avons ordonné luy estre payées pour avoir tué un gros loup audit lieu d'Aubagne et au devant la porte de sa maison et vous ayant appareu ledit loup avoir esté marqué suivant la coustume de la vigerie et certificat desdits consuls dudit Aubagne et rapportant le présent mandat marqué au bas et certificat desdits consuls, lesdits huict livres seront passées en la dépance de vos comptes.
A Aix le sixième a May mil sept cent neuf. »
[DU BOURGUET c(onsul) d'Aix]
[MICHEL c(onsul) d'Aix]


« Je certifie que Mathieu Isnard a receu huit livres dud. Alpheran.
Fait à Aix l'an et jour susd. »


Illustration : Conrad Gesner, De quadripedibus viviparis, 1551, gravure sur bois.


Noyé dans le puits (Marseille, 7 octobre 1793)

  • Registre d'état-civil de Marseille, municipalité unique. AD13 201E 1305
« L'an second de la république française, le 7 octobre 1793, après midi, pardevant nous officier public de Marseille et dans la maison commune est comparu le citoyen François Ferréol Galibert, juge de paix du septième arrondissement du canton de Marseille, lequel, pour se conformer à l'article 8 du titre 5 section 5 de la loi du 20 septembre 1792, nous a remis ce jourd'huy une expédition en forme de verbal par lui dressé ce même jour par lequel il conste avoir requis par le citoyen Claude Bourdet, portefaix, de le transporter à la maison du citoyen Bon, raffineur de sucre, sise rue Étroite[1], île 422, maison 9 et, y ayant adhéré, nous nous sommes portés, assistés des citoyens Barthélemy Rimbaud, Canin dit Raynaud, Céas notre greffier subrogé et Tournesy notre officier ministériel, dans la maison ci-dessus désignée, où nous avons trouvé un cadavre étendu, couvert d'une chemise, ayant se suite requis le citoyen Muraire chirurgien pour constater la mort dudit cadavre, nous disant qu'il n'a aucune meurtrissure ni blessure, mais que la cause de sa mort n'est autre chose que d'avoir été suffoqué par une quantitié d'eau et, d'après l'audition, il a été reconnu que ledit cadavre était Joseph Benoît Bon, âgé de 61 ans, qui s'était précipité dans le puits et, pour qu'il conste de son décès, nous avons dressé le présent acte que nous avons signé. »


[1] Le rue Étroite partait du boulevard des Dames et allait jusqu'à la rue des Phocéens. Selon le Dictionnaire historique des rues de Marseille, d'Adrien Blès, cette rue Étroite « n'était pas plus étroite que les autres du voisinage mais par opposition à Grande-Rue, et rue Droite, qui signifiaient rues principales. La rue Étroite est donc une voie d'importance secondaire. Le 6 mars 1767, y naissait Charles Barbaroux, député à la Convention, guillotiné à Bordeaux, le 25 juin 1794. » Renseignements de Francis Pelotier et Alain Marill.

De Corneille le dramaturge à Corneille le Provençal

Sait-on que Pierre Corneille, le grand dramaturge normand du XVIIe siècle, eut un descendant provençal renommé de son temps, Pierre-Alexis Corneille ? Voici le détail de cette filiation dans laquelle on notera aussi la présence de la fameuse Charlotte Corday :
I. PIERRE CORNEILLE (Rouen, 06/06/1606-Paris, 16/10/1684) épouse Marie de Lampérière, dont :
  • Marie Corneille, épouse M. Guenébault, puis Jacques de Farcy, dont : 
    • Françoise de Farcy, épouse N. de Corday, dont :
      • Jean-François Corday d'Armont, épouse Charlotte Godier, dont :
        • MARIE ANNE CHARLOTTE CORDAY D'ARMONT (Saint-Saturnin-des-Ligneries, 27/07/1768-Paris, 17/07/1793)
  • Pierre Corneille (°07/09/1643), capitaine de cavalerie, gentilhomme ordinaire du roi, épouse Marie Cochois, dont :
    • Pierre Alexis Corneille (voir ci-dessous),
  • Corneille, tué à Grave,
  • Charles Corneille,
  • Abbé Daiguerive,
  • Soeur Marguerite, religieuse.

II. Pierre Alexis Corneille (°29/03/1694), épouse Bénigne Larmanat, dont :
  • Marie Anne Corneille, élevée au couvent à Nevers, protégée par Lamoignon de Malesherbes, pensionnée de lui et des Fermiers-Généraux,
  • Claude Étienne Corneille (voir-ci-dessous).

III. Claude Étienne Corneille (°15/04/1727), reçu Voltaire à Ferney, le 09/03/1763, épouse Marie Rose Bérenger, dont :
  • Louis Ambroise Corneille (voir ci-dessous), 
  • Jeanne Marie Corneille (°21/07/1765), élevée au couvent : pupille de M. de Malesherbes qui obtint pour elle en 1785 une pension sur la cassette de Louis XVI, pensionnée de la Comédie-Française,
  • N. Corneille (°10/11/1771) épouse M. Girard,
  • Jean Baptiste Antoine Corneille (°17/01/1776), épouse Marie Chazel, dont :
    • Marie Alexandrine Corneille (°08/MESS/an VI),
    • Thérèse Philippine Corneille (°02/PLUV/an X),
    • P. Xavier Corneille (°01/08/1809), élevé au lycée de Caen,
    • Marie Anne Corneille (°27/07/1812).





IV. Louis Ambroise Corneille (°Mormoiron, 09/12/1756-Aigues-Mortes), épouse Catherine Rose Fabre, dont :
  • Louise Madelaine Corneille (°19/10/1786),
  • Marie-Thérèse Corneille (°07/09/1787),
  • Marie-Augustine Corneille (°04/09/1790),
  • PIERRE-ALEXIS CORNEILLE (voir ci-dessous),
  • Catherine Corneille (°05/11/1793),
  • Pierre Corneille (°06/09/1796), élevé au lycée de Versailles,
  • Joseph Augustin Corneille (°04/02/1798), élevé au lycée de Nîmes,
  • Joseph Michel Corneille, élevé au lycée de Nîmes


V. PIERRE-ALEXIS CORNEILLE est né à Carpentras (Vaucluse) le 23 janvier 1792. Il quitte sa ville natale vers 1798. Il est alors élevé au lycée de Marseille pour lequel une bourse lui avait été accordée par le Premier consul Bonaparte, en considération de son prestigieux ancêtre. Il devient professeur de mathématiques au collège de Lorgues (Var) et, admis comme élève à l'École normale de Paris, devient professeur d'histoire au collège royal de Poitiers, puis de Rouen, patrie de Pierre Corneille.
En 1821, il épouse Clarice Adèle Remy-Taillefesse, fille d'un ancien adjoint de la mairie de Rouen où il devient inspecteur d'académie. Membre de la société philotechnique de Paris, il remplit pendant quatre à cinq ans les fonctions de secrétaire de la société d'émulation de Rouen.

Bibliographie :
  • Dictionnaire historique, biographique et bibliographique du département de Vaucluse: ou, Recherches pour servir à l'histoire scientifique, littéraire et artistique, ainsi qu'à l'histoire religieuse, civile et militaire des villes et arrondissements d'Avignon, de Carpentras, d'Apt et d'Orange, Casimir François Henri Barjavel, 1841, p. 404-405.
  • Histoire de la vie et des ouvrages de Pierre Corneille, Jules-Antoine Taschereau, A. Mesnier, 1829, p. 371, sq.
Illustrations :
En haut : Pierre Corneille, anonyme, musée national du château de Versailles.
En bas : Gravure anonyme de Charlotte Corday, d'après le dessin réalisé le 17 juillet 1793 par Charles-Paul Jérôme de Bréa (1739-1820).

Une macabre découverte (Maussane-les-Alpilles, 12 avril 1806)

  • Registre d'état-civil de Maussane, année 1806
« L'an 1806 et le 25e jour du mois d'avril, pardevant nous, Denis Honnoré Quenin, maire, officier de l'état-civil de la commune de Maussane, département des Bouches-du-Rhône, canton de Saint-Remy, sont comparus André Boyer, agriculteur, âgé de 24 ans, et Nicolas Anasthay, aussi agriculteur, âgé de 32 ans, lesquels nous ont déclaré que le 12 dudit mois d'avril, ils ont trouvé devant la porte de leur maison située dans cette commune de Maussane, dite le mas de Cayol, le cadavre d'un enfant de naissance, à moitié déchiré par les chiens, et dont le sexe est réputé masculin et dont les père et mère sont inconnus ; lequel enfant a été inhumé, après le rapport de l'officier de police et du docteur en médecine, et d'après notre ordonnance en date du 13 avril... »

La profession de mégissier

Le terme de mégissier vient du verbe « mégir [1]» qui signifie précisément : « préparer les peaux en blanc par tannage à l'alun ». L'alun rentrait dans une préparation aussi composée d'eau et de cendres. Le mégissier est donc la personne qui prépare les peaux de mouton ou de veau pour diverses destinations, à l'exception des professions de corroyeur et de pelletier.  La technique consistait à débarrasser la peau de ses impuretés, entre autres de ses poils ou de sa laine. La profession s'inscrit donc dans l'industrie de la confection, notamment dans la ganterie et la fourrure.
L'action de mégir se nomme la mégie, parfois mégisserie.
Les principaux centres de mégisserie sont situés dans le Sud-Ouest de la France, mais quelques industries existent en Provence au XIXe siècle, notamment à Aix-en-Provence, centre de ganterie.
En latin médiéval, on trouvera la profession sous le nom d'alutarius.


[1] « Mégir » provient de l'ancien français megier (« soigner »), lui-même dérivé du bas-latin medicare, de même sens. 

Illustration : Le mégissier. DR

Les registres de la paroisse de Lansac (Saint-Étienne-du-Grès, 12 avril 1682)

  • Ville de Tarascon, paroisse de ND de Lansac, 203E 335
  • Texte transmis par Sébastien Avy
« Nota que jay remis tous mes registres depuis que je suis cure a la parroisse de Lansac scavoir le registre des mariages baptesmes mors a Mr Desvignes greffier de Msgr l'Archevesque d'Arles archeveque de ce dit lieu et que jay comencé a estre cure ici le quinziesme jour du mois de fevrier de l'an mil six cent soixente un et quand je suis venu a la ditte parroisse je nay trouve aucuns registres de Mrs mes devenciers fait a Lansac ce douziesme avril 1682. 
Et des susdis registres j'en ay receu un aquic de Mr Desvignes greffier ce onsiesme avril 1682.
Nota que le trantiesme jour du mois d'avril 1682 Mess. les chanoines de St Trophime d'Arles comme prieur du benefice de la parroisse de Lansac ont fait faire une chesuble blanche et fait dorer le calice la patene le croissant et le ciboire et m'ont envoye le tout fait les an et jour susdit.
d'Amphoux prêtre curé du dit lieu »


Photographie : © Jean Marie Desbois, 2006

Légalisation d'une union scandaleuse (Brue-Auriac, 25 août 1699)

  • Registre paroissial de Brue-Auriac
« En suite de la dispense des bans obtenue de la part de M. le Prévôt de Cosnac, vicaire général de Monseigneur l'Archevêque d'Aix, se sont présentés devant moi et dans l'église de ma paroisse François Benoît Gondran, du lieu de Seillans, fils de feu André et de Elizabeth Allarde, et Louise Rougone, du lieu de la Tour d'Aigues, et après avoir donné des marques de repentir et demandé publiquement pardon à Dieu et au peuple assemblé du scandale par eux donné, ont demandé encore d'être reçus à la célébration d'un légitime mariage et que j'ai fait en présence de Bernard Serre, Honnoré Castelan, du lieu de Tournés, et Jean Dauphin, du lieu de Régusse, le tout enregistré et contrôlé à Barjols le 25 août. »
Illustration : Liebespaar auf der Rasenbank, Albertina, Vienne, 1460.

Joseph Barielle (1858-?), maire de Salon


Joseph Marius Barielle est né le 9 décembre 1858 dans la rue du Puits-de-Jacob, à Salon-de-Provence, de Prosper François Barielle, un cultivateur, et de son épouse, Baptistine Magdeleine Teissier.
Après un service militaire dans la marine où il sera adjudant, il exerce le métier de négociant et fonde une maison d'huile d'olive. Il appartient à la bourgeoisie salonaise qui se destine à la vie politique, comme Alphonse Deiss ou Alfred Anastay, ses contemporains. C'est ainsi qu'il devient adjoint au maire de Salon de 1893 à 1895, avant de se voir confier les destinées de la ville, dans le rôle de maire, de 1895 à 1897. Sous sa municipalité, Salon connaît des mutations importantes : adduction d'eau, installations électriques, ouvrages d'assainissement,...
Il occupe la fonction de président de la Commission départementale des Bouches-du-Rhône. Le 28 juillet 1895, il devient conseiller général du canton de Salon et reste à ce poste jusqu'au 23 novembre 1902.
Au nombre de ses décorations, citons ses titres de chevalier de la Légion d'honneur et d'officier d'Académie.


Un visage auriolais de 1537

 Le visage ci-contre figure dans un registre d'Auriol et a été réalisé en 1537.
Merci à Françoise Suzanne de nous avoir communiqué ce cliché.

Photographie : © Françoise Suzanne, 2008.
Source : Archives départementales des Bouches-du-Rhône.

Annonce de la mort de M. de Valgas (Aix-en-Provence, 5 décembre 1747)

  • Archives personnelles de Jean-Pierre Baux
  • Lettre manuscrite
À Aix le 6 décembre 1747

Madame,
Je vous envoie cet exprès pour vous apprendre la triste nouvelle de la mort de M. de Valgas, votre neveu, qui a été tué hier au soir par un coup d'épée qu'il reçut et qui resta sur le carreau. La situation où m'a jeté cette mort m'empêche de vous en faire un plus long détail. Vous l'apprendrez à Mr et à Madame sa mère avec les mêmes ménagements que conduit votre présence ordinaire.
Je suis avec respect, madame, votre très humble et très obéissant serviteur.
[DAUTANCHI ?]




Illustration : Frontispice de l'édition de 1795 d'Aline and Valcour
(marquis de Sade). Anonyme.


L'église Saint-Vincent des Baux

L'église paroissiale des Baux-de-Provence est dédiée à saint Vincent dont elle porte le nom. Ce saint, né en Espagne au IIIe siècle de notre ère, occupait les fonctions de diacre de l'évêque Valère. Il fut victime des persécutions anti-chrétiennes du début du IVe siècle.
L'église des Baux a été classée au nombre des monuments historiques le 12 juillet 1886. Elle n'est devenue église paroissiale qu'en 1481, avec l'abandon de l'église Saint-André située dans la vallée de la Fontaine.
De style roman, Saint-Vincent présente une surface quasiment carrée. L'édifice se compose de trois nefs. Une travée a été ajoutée en 1609. L'église et son escalier extérieur ont été restaurés en 1862 par l'architecte Henri Révoil. Si l'on s'approche de la colonne la plus proche du portail, sur la droite du portail, sous cette colonne, on remarque la présence d'une inscription faite au couteau : FRIC. MISTRAL. Authentique ou non ? Toujours est-il que le plus illustre des auteurs provençaux du XIXe siècle est sans doute venu ici des dizaines voire des centaines de fois.
Sur la gauche du bâtiment, une tour circulaire coiffée de gargouilles se dresse. On la connaît sous le nom de Lanterne des morts. Quand un habitant des Baux mourait, une flamme y était allumée.

Intérieur de l'église Saint-Vincent
Dans la nef de gauche, dans la troisième chapelle, l'oeil est immédiatement attiré par la présence d'un cénotaphe surmonté d'un gisant. Malgré son aspect ancien, celui-ci ne date que de 1906. Il est dédié à la famille de Manville, dont l'ancêtre, Claude de Manville, époux de Philippine de Brion, a fait ériger cette chapelle vers 1540 aux frais de sa famille.
Les trois chapelles de gauche, depuis l'entrée, sont nommées Saint-Marc, Saint-Sébastien et Sainte-Croix. Cette dernière est celle des Manville.
La nef de droite compte elle aussi trois chapelles. On peut y observer la présence d'une cuve baptismale taillée au XVIIIe siècle. Une autre cuve baptismale, située dans la chapelle suivante, creusée dans le roc, pourrait être encore plus ancienne. C'est là, semble-t-il, que l'on procédait à l'antique cérémonie du baptême des nouveaux-nés par immersion.
Enfin, dans la nef centrale, haute de douze mètres et datant du XIIe siècle, on peut observer sur un pilier une pierre tombale dressée. Elle figure un personnage dans une position de prière, à genoux et les mains jointes.Elle est représentée ci-contre. Le style est médiéval et une date y figure : 7 octobre 1467, mort du défunt ici représenté. Le texte en latin de l'Ave Maria fait le tour de la pierre.

Travaux de 1862
Les travaux de restauration menés en 1862 par Henri Révoil révélèrent sous une chapelle démolie la présence d'un ossuaire de 4 mètres carrés. Il se situait à l'emplacement de l'actuel escalier d'accès au bâtiment.
Des fouilles faites en face du maître-autel ont mis à jour un corps qui semblait avoir bénéficié d'une toilette mortuaire poussée et tenant dans ses mains un livre de piété. Lorsqu'on tenta d'ôter le tout, il tomba en poussières et se révéla irrécupérable.
On trouva aussi le corps d'une jeune fille à la chevelure blonde abondante qui lui valurent le surnom de cabeladuro d'or. Il est toujours visible au Muséon Arlaten.

Nouveautés du mois de février 2009

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