.blog-posts h2 { border-bottom: 3px solid #FFFFFF; color: #8B0000; font: 2.5em/1.33em Helvetica,Arial,Helvetica,sans-serif; margin-bottom: 18px; padding: 10px 0 3px; }
Janvier 2012 - 11e année - numéro 122

Noyé dans l'étang des Baux (Maussane-les-Apilles, 21 juillet 1784)


« Le vingt-trois juillet mil sept cent quatre-vingt-quatre a été inhumé dans le cimetière de cette paroisse âgé de vingt-trois ans, Antoine Daussant [1], pêcheur, fils légitime de feu André Daussant, travailleur, et de Marthe Mistral, natif et habitant de cette paroisse, trouvé noyé dans l'étang de ce terroir des Baux, sur cette paroisse, où il s'était perdu le vingt-un de ce mois en traversant ledit étang dans un petit bateau. Présents Honoré Laclaverie, tailleur d'habits, [et] Antoine Mistral, travailleur, oncle maternel, témoins requis et signés avec nous. »
[MISTRAL, LACLAVERIE, VINCENT curé]

  • Registre paroissial de Sainte-Croix (Maussane)


[1] Le curé Vincent écrit le nom sous la forme Doussant qui est erronée.

Auriol, l'Histoire du sentier

On peut tout simplement avoir envie de prendre l’air, de marcher dans les belles collines… et l’Histoire des Hommes est là, au détour d’un chemin escarpé, au fond d’un ravin, cachée derrière les arbousiers, les petites lianes de salsepareille, les romarins et amélanchiers..
Ainsi, au printemps, dans le ravin de la Coutronne, au pied de la Sainte-Baume, quand le silence est juste interrompu par quelques glouglous d’un filet d’eau coulant de marmites en marmites calcaires…

Quand on ne rencontre personne de tout le jour…

Et qu’on se croit presque dans un désert « à mille milles de toute terre habitée ».

Elle est là, cette charbonnière, énorme, toute rouillée mais quasi intacte, avec sa cheminée. On se demande quels habitants ont fabriqué du charbon de bois et pour quel usage.
Et lors de ces autres balades aux Encanaux, aux Infernets, à Roussargues.
Elle est là, cette glacière ruinée, privée de son toit, si profonde, si impressionnante…

Il est là, cet oratoire où sont encore visibles les marques des compagnons.

Elle est là, cette petite grotte préhistorique

Il est là, ce four à chaux (ou ce qu’il en reste)


Alors on rentre chez soi, on allume son ordinateur, on sort des livres sur l’histoire du village, on cherche, on cherche…. On se dit que certains ancêtres sont peut-être passés par ces chemins…
Et mille questions surgissent...


Françoise Suzanne

Photographies et texte : © Françoise Suzanne, 2009
 



Passage d'une troupe de théâtre (Aix-en-Provence, 16 décembre 1895)

C'est lundi 16 que l'excellent comique du théâtre des variétés de Marseille, à la tête d'une troupe d'élite, donnera sa première représentation dans la sale de spectacle du Casino.
La Réception Péroulios, telle est le titre de cette pièce en trois actes qui obtient dans toutes les villes un immense succès de fou rire.
Les artistes qui accompagnent M. Castelain sont : Mlles S. Henriet et Jane Marsay du théâtre Déjazet de Paris, MM. Granval, Alméro et Lesueur, des Menus Plaisirs.
Le spectacle commencera par : Dormez, grand-mère, comédie en un acte.
On peut se procurer des cartes à l'avance, sans augmentation de prix, à partir de ce jour, au Casino.
Source : Le Mémorial d'Aix, 15 décembre 1895, n°100.

Vente d'une jument morveuse (Aix-en-Provence, 5 décembre 1777)

© Kathleen Conklin. Creative Commons 2.0.

Bureau de police du 30 Xbre 1777[1],
Tenu par MM. Pochet et Olivier,
auquel bureau Joseph Niel, ménager au terroir de cette ville, quartier de Boneheure[2], a exposé avoir acheté en cette ville d'Aix pendant la tenue de la foire Sainte-Barbe et le cinq du mois courant, une jument rasée, bais doré, du nommé Pignatel, résidant à Marseille ou son terroir, laquelle se trouvait attaquée de la morve et, comme c'est un vice rédhibitoire s'exposant à recours à la justice du bureau pour être restitué du prix de ladite jument, frais, intérêts et dépens, par ledit Pignatel.
Maître Bouteille, procureur du roi, a dit : « La morve est une maladie épidémique et, conséquemment, un fait trop intéressant pour être négligé par la police. Je requiers qu'il soit nommé incessamment des experts pour vérifier l'état de maladie de cette jument pour, sur leur rapport, être ordonné ce qu'il appartiendra. »
Le bureau, ouï le procureur du roi, a nommé Philibert Guyot, artiste vétérinaire breveté du roi, et André Ardoin, maréchal de cette ville, pour faire rapport de l'état où se trouve la jument du sieur Joseph Niel et, cependant, a ordonné que ladite jument restera consignée entre les mains dudit Niel sans la faire communiquer avec d'autres animaux, jusques à ce qu'il en soit autrement dit et ordonné.
Lesdits Guyot et Ardoin ayant été mandés ont été admis au serment en présence dudit Joseph Niel, le cas requérant trop de célérité pour pouvoir assigner ledit Pignatel pour voir prêter ledit serment et se sont retirés pour procéder à leurs rapports, et acte.

***

Du 31 Xbre 1777, bureau de police
tenu par MM. le marquis de Méjanes, Thomassin de Saint-Paul, Pochet et Olivier.
Maître Bouteille, procureur du roi, a dit : « Je remets sur le bureau le rapport du jour d'hier fait par Guyot et Ardoin, maréchaux commis par votre ordonnance pour constater l'état de la jument de Joseph Niel, ménager, dont j'ai lecture, et requiers, messieurs, que, vous apparaissant dudit rapport, il soit dit et ordonné que ladite jument sera assommée comme étant attaquée de la morve, maladie communicative aux autres animaux et que ledit Joseph Niel se pourvoira pardevant qui de droit pour être restitué par ledit Pignatel du prix de ladite jument, frais, dommages et intérêts. »
Le bureau, après avoir ouï le procureur du roi et fait lecture du rapport de Philibert Guyot et André Ardoin du 30 du courant, qui déclare ladite jument vraiment attaquée de la maladie qu'on nomme la morve, a ordonné et ordonne que ladite jument sera assommée aujourd'hui pour être atteinte de la morve, maladie notoirement épidémique et qui se communique promptement aux autres animaux de l'espèce et, à cet effet, ledit Joseph Niel la livrera à raison de ce à l'écorcheur qui l'assommera tout de suite ;
et, quant à la demande dudit Niel en restitution du prix de ladite jument, frais, dommages et intérêts, le bureau a aussi ordonné et ordonne que ledit Joseph Niel se pourvoira pardevant qui de droit et la présente ordonnance sera exécutée nonobstant opposition et appellation quelconque et sans y préjudicier.
Source ; Archives municipales d'Aix-en-Provence, FF95.




[1]. 30 décembre 1777.
[2]. Ce quartier est davantage connu sous son nom provençal : Bouenhouro.

Liste des maires de Mas-Blanc-des-Alpilles (Bouches-du-Rhône)

  • 1793-1795 : Joseph Ferrier
  • 1795-1804 : Pascal Bigot
  • 1804-1813 : Joseph Ferrier
  • 1813-1825 : Benoît Gilles
  • 1825-1832 : Benoît André
  • 1832-1835 : Elzéard Deydier
  • 1835-1837 : Jean Allard
  • 1837-1843 : Joseph Martin
  • 1843-1846 : De Guibert
  • 1846-1848 : Elzéard Deydier
  • 1848-1852 : Jean Millaudon
  • 1852-1857 : Alfred Fornier de Violet
  • 1857-1858 : Joseph Martin
  • 1858-1884 : Paul Millaudon
  • 1884-1885 : Jacques Guigues
  • 1885-1895 : Joseph Mauche
  • 1895-1911 : Marcellin Tourette
  • 1911-1915 : Louis Tourrette
  • 1915-1919 : Claudius Bourdet
  • 1919-1925 : Paul Ferrier
  • 1925-1929 : Léon Garagnon
  • 1929-1941 : Henri Tourrette
  • 1941-1944 : Michel Gamonet
  • 1944-1945 : Henri Tourrette
  • 1945-1971 : Louis Gonon
  • 1971-1995 : Pierre Limberton
  • 1995-2008 : Uliano Babski
  • 2008- : Laurent Geslin

Paul Desbief (né en 1850), président de la Chambre de commerce de Marseille

Paul Marie Joseph Desbief est né à La Canée, sur l'île de Crète, le 18 juin 1850. Il est engagé volontaire au 18e bataillon de chasseurs à pied et est de la campagne de 1870, prenant part, notamment, aux combats du plateau d'Avron, à Ville-Évrard (près de Paris).
À sa sortie de l'armée, il entre à la Société nouvelle des Raffineries de sucre de Saint-Louis, dont il devient administrateur délégué. Il fait partie des initiateurs de l'introduction de la culture de la betterave à sucre en Provence.
Il entre à la Chambre de commerce de Marseille en 1897, dont il devient vice-président en 1903, puis président de 1905 à 1908.
Il s'investit dans la préparation de l'Exposition coloniale de 1906 et dans la création de l'Institut colonial marseillais.
Chevalier de la Légion d'honneur en 1895, il est aussi président de l'œuvre antituberculeuse de Marseille.

Liste des membres de la Chambre de commerce de Marseille

Présidents

Léopold Le Mée de La Salle. DR.
  • 11/1832 : Alexis Rostand
  • 11/1837 : Auguste Lafon
  • 12/1838 : Wulfran Puget
  • 12/1842 : Élysée Reynard
  • 12/1843 : Bruno Rostand
  • 01/1845 : Lazare Luce
  • 01/1847 : David Rabaud
  • 09/1849 : Fabricius Paranque
  • 11/1852 : Jean-Baptiste Pastré
  • 12/1866 : Amédée Armand
  • 07/1872 : Jules Gimmig
  • 07/1875 : Alphonse Grandval
  • 02/1881 : Cyprien Fabre
  • 02/1891 : Augustin Féraud
  • 07/1901 : Léopold Le Mée de La Salle
  • 02/1905 : Paul Desbief
  • 01/1909 : Lucien Estrine
  • 01/1911 : Albert Armand
  • 1913 : Adrien Artaud
  • 1920 : Hubert Giraud

Vice-présidents

  • 1856-1859 : Victor Régis
  • 1860-1866 : Amédée Armand
  • 1867-1872 : Jules Gimmig
  • 1872-1875 : Alphonse Grandval
  • 1875-1878 : Étienne Reymonet
  • 1879-1880 : Cyprien Fabre
  • 1881-1890 : Augustin Féraud
  • 1891-1898 : Nicolas Paquet
  • 1899-1901 : Léopold Le Mée de La Salle
  • 1899-1900 : Louis Prat-Noilly
  • 1901-1902 : Georges Borelli
  • 1901-1904 : Théodore Agélasto
  • 1903-1904 : Paul Desbief
  • 1905-1908 : Ludovic Sube
  • 1905-1906 : Henri Grand-Dufay
  • 1907-1908 : Lucien Estrine
  • 1909-1918 : Émile Lombard
  • 1911-1912 : Adrien Artaud
  • 1913-1921 : Romuald Giraud
  • 1919 : Hubet Giraud
  • 1920- : Émile Rastoin
  • 1921- : Louis Imbert



On se réfèrera aussi à L. Bergasse, Notice historique sur la Chambre de Commerce de Marseille (1599 à 1912), Marseille, Barlatier, 1913, qui propose une liste des membres de cette Chambre de 1599 à 1912.

Enterrés clandestinement (Collobrières, 28 avril 1853)

« Le 28 avril dernier, la gendarmerie a constaté la découverte de deux cadavres d'enfants nouveaux-nés, enterrés clandestinement dans le cimetière de Collobrières. La justice informe. »

Source : Le Var, 6 mai 1853, n°2, Ire année.


Faits divers de Collobrières (Var)

XIXe siècle.

Collobrières - Faits divers

Protection de reliques (La Salle, 21 mars 1740)

Exemple de reliques humaines, Schlosskirche (Allemagne).
© Andreas Praefcke, 2005. GNU Free Documentation License.

 
« Le 21 mars, jour de Saint-Benoît, de la présente année 1740, nous soussigné ancien curé de la Salle, prieur curé de Savine, veille de notre départ en suite de l'ordre que Son Éminence le Cardinal de Tancin m'avoit précédemment fait d'ensevelir pleusieurs particules des reliques des saints dont j'avois inutilement cherché les authentiques [1], je les ay renfermées dans un petit armoire derrière l'autel du côté de l'Évangile, que j'ay fait clouer le jour et an que dessus en présance des soussignés. »
[GIBAUD prieur curé]
[B. GRANIER prêtre vicaire]
[BERARD]
[TROUIN]
[Jean CAIRE]


[1] L'authentique désigne un certificat d'authenticité délivré par Rome au départ  puis, quand la vogue des reliques s'est amplifiée, par des autorités plus subalternes.

Commentaires de Marie-Françoise Allouis sur cette histoire :
« Il est très intéressant de voir que l'évêque recommande à ce prêtre de bien vouloir ensevelir avant son départ de la cure des reliques dont on ne possède pas l'authentique, dans un souci compréhensible de ne pas voir vénérer de simples ossements de quidams... Et le brave curé, qui y croit, lui, à "ses" reliques, obéit avec réticence... tout en désobéissant, puisqu'il les fait murer dans le maître-autel... Histoire très jolie. »
  • Registre paroissial de La Salle 2E 166/1
  • Texte transmis par Philippe Ligonesche.

Mort de froid (Puyricard, 6 décembre 1895)

« Lundi, vers six heures du soir, un passant, dont l'identité n'a pu être reconnue et paraissant âgé d'une soixantaine d'années, se présentait au domicile de M. Niel Henri, cultivateur à Puyricard, et demandait l'hospitalité pour la nuit. Elle lui fut accordée et M. Niel s'empressa de lui offrir du bouillon pour le réchauffer. Hier matin, le malheureux expirait. On attribue cette mort à une congestion occasionnée par le froid, dont l'inconnu avait souffert tous ces jours derniers. »

Le Mémorial d'Aix, n° 99, 12 décembre 1895.

On apprendra par la suite que l'inconnu se nommait Jean Bertinaria et était originaire de Netro en Italie. Pour voir le relevé de son acte de décès, cliquez ici.

Georges de Manteyer (1867-1948), historien des Hautes-Alpes

Marie Barthélemy Georges Pinet de Manteyer, dit Georges de Manteyer, est né à Gap (Hautes-Alpes) le 16 mai 1867 dans une famille d'origine grenobloise. Son père, Marie Félix Henri De Pinet-Manteyer, époux de Marie Augustine Mouls, était secrétaire général à la préfecture des Hautes-Alpes. Georges de Manteyer poursuit des études de droit qui le mènent à Genève, Avignon, Grenoble, Paris et même Rome. Bien que licencié en droit, c'est la paléographie qui le passionne et développera chez lui le goût de l'histoire et notamment du Moyen Âge et le pousse vers l'École des Chartes à Paris.
Il devient archiviste des Hautes-Alpes où il demeure, dans le village de Manteyer, mais aussi à Gap, au 2, rue du Connétable. Rédacteur au Journal des débats, il demeure à Paris au 24, quai de Béthune.
Décoré de la Légion d'honneur, ancien membre de l'École française de Rome, on lui doit une oeuvre abondante, témoin de sa passion pour son département natal. Il prend sa retraite le 31 juillet 1934 mais poursuit ses recherches historiques.
Il s'éteint le 24 janvier 1948 dans son château de Manteyer.

Bibliographie non exhaustive
L'Origine des douze pairs de France, 1896.
Les Origines de la maison de Savoie en Bourgogne (910-1060), 1899, 1901-1904.
Le Nom et les deux premières enceintes de Gap, 1905.
Les Fouilles de Faudon (1184-1214), 1908.
La Provence du Ier au XIIe siècle. Études d'histoire et de géographie politique, 1908.
La Pierre de Gap, dédiée à la Terre et au Ciel, 1910.
Les Farel, les Aloat et les Riquet, milieu social où naquit la Réforme dans les Alpes, 1912.
La Pétition Naundorff au Sénat (15 mars 1910-28 mars 1911), in Les Débats, 1912.
Le Procès Naundorff-Rochefort au tribunal de la Seine (27 novembre 1911-26 novembre 1913), in Les Débats, 1913.
L'Offre de paix séparée de l'Autriche (1916-1917), 1920.
Austria's Peace Offer (1916-1917), 1921.
Les Origines égyptienne et akkadienne de la numérotation indo-européenne (2160-1680 av. J.-C.), 1922.
Le Livre-Journal tenu par Fazy de Rame en parler embrunais (6 juin 1481-28 juillet 1504).
Les Charles du pays d'Avignon (439-1200).
La Géographie politique primitive de l'Europe.
Les Faux Louis XVII, 1925.
Les origines chrétiennes de la IIe Narbonnaise, des Alpes-Maritimes et de la Viennoise (364-483), 1925.
L'Expansion de Marseille dans le monde antique, 1929.


Naufrage du trois-mâts "Georges", près de Quimper (2 décembre 1867)

La Anse de la Torche, à Penmarch.
Photographie de Sylvain Elies, 2007.
Creative Commons.

Le 2 décembre 1867, un trois-mâts, le « Georges », armé à Marseille, fait naufrage en cours de voyage dans l'anse de la Torche, commune de Penmarch (Finistère), non loin de Quimper. Huit membres de l'équipage, originaires du sud de la France, ne furent jamais retrouvés. Ils furent reconnus morts par une audience du tribunal civil de Marseille du 19 février 1890.
Voici l'identité de ces 8 victimes :
  • FRÈRE Alexis Jules Charles, né à Collioures (06)* le 06/10/1837, maître au cabotage, fils de FRÈRE Laurent et DELAUQUIN Marie ;
  • AUDIBERT André, né à Villefranche (06) le 17/02/1839, matelot, fils d'AUDIBERT Bernard et d'ISOARD Thérèse ;
  • PAOLI Antoine François, né à Morsiglia (20) le 01/02/1843, matelot, fils de PAOLI Dominique et de STELLA Anne ;
  • ARBAUD Paul Ferdinand, né à Ramatuelle (83) le 18/05/1825, matelot, époux de VINCENT Delphine Françoise, fils d'ARBAUD Jean François et d'OURDAN Reine Honorine ;
  • LAMBERT Eugène François Auguste Dathan, né à Marseille (13) le 28/04/1848, matelot, fils de LAMBERT Marie Antoine et de DEMOURROUX Catherine Joséphine ;
  • GARRIGOU Marius Henri Jean Baptiste, né à Marseille (13) le 23/05/1852, novice, fils de GARRIGOU Jean Henri Edmond et de CAROZZINO Hortense Marie Julie ;
  • RIBOT Démétrius Auguste, né à Marseille (13) le 04/12/1853, mousse, fils de RIBOT Benoît Antoine François et de TROTEBAS Léonide Marie Jeanne ;
  • MATO François, né à Nice (06) le 09/08/1835, matelot, fils de MATO Jean Baptiste et de MARTIN Désirée.

SOURCE
Registre des transcriptions de Marseille, année 1890, n°88.

NOTE
* Collioure se situe en fait dans les Pyrénées-Orientales.

Mort dans la neige (Baux-de-Provence, 8 mars 1796)

« Ce jourd'huy 18 ventôse an quatre de la République française, pardevant nous François Pierre Pecoul, officier public […], est comparu André Griffe, cultivateur, âgé de 45 ans, accompagné de Louis Grimaldier, cultivateur, âgé de 28 ans, et de Jean-Pierre Grimaldier, instituteur, âgé de 33 ans, domiciliés dans cette commune, lesquels m'ont déclaré que Pierre Bouquet, cultivateur, âgé de 62 ans, a été ce jourd'huy trouvé mort dans une terre remplie de neige derrière [le] château.
Après cette déclaration, je me suis porté tout de suite sur ce lieu et, après m'être assuré de son décès, j'ai dressé le présent acte que les témoins ont signé avec moi.
Fait aux Baux, dans la maison commune, le jour, mois et an que dessus. »
[J. P. GRIMALDIER]
[Louis GRIMALDIER]
[PECOUL off. public]


Fuveau, 1873 : Une incroyable affaire de bigamie

Ferdinand Barthélemy est en âge de se marier. Il a trois frères plus jeunes.
Mais au regard de la loi, il ne peut se marier, et ses frères ne le pourront non plus… Leur mère, Marie Rose Suzanne est « sensée avoir deux maris », ce qui « porte obstacle à la célébration du mariage des enfants ».
En effet, en 1873, elle serait l’épouse de Jean Barthélemy, mais AUSSI de Jean Baptiste Jourdan.
L’affaire est invraisemblable pour Ferdinand : il sait bien que ni lui ni ses frères ne sont les fils de Marie Rose Suzanne, ni de Jean Baptiste Jourdan… ni de Jean Barthélemy !
Ses parents sont Joseph Barthélemy et Henriette Suzanne. Tout le monde sait cela à Fuveau...
Pourquoi Jean au lieu de Joseph pour son père ? Pourquoi Marie Rose au lieu de Henriette pour sa mère ?
L’erreur concernant le prénom de son père est vite trouvée grâce à l’acte de naissance de Ferdinand, fils de Joseph et non de Jean.
Mais il reste le problème de sa mère.
Ferdinand est bien convaincu qu’il y a erreur car Marie-Rose Suzanne existe ; c’est sa tante, d’ailleurs mariée à Jean Baptiste Jourdan. L’officier d’état civil a dû confondre les deux sœurs ?
Il faut sortir au plus vite les actes de naissance des quatre frères Barthélemy : 1848, 1854, 1857, 1862.
Stupeur pour la fratrie : dans les quatre actes, les garçons sont bien notés fils de Joseph, mais aussi fils de Marie Rose Suzanne (et non d’Henriette).
Bien. Il faut sortir l’acte de mariage de Joseph et Henriette, et puisqu’on y est, leur contrat de mariage, tous deux datés du 1er décembre 1847.
Nouvelle stupeur : L’acte de mariage et le contrat datés du jour où se sont mariés Henriette et Joseph concernent Marie-Rose Suzanne et Jean Barthélemy.
Ferdinand est désemparé.
« Maman ?
- Mais enfin, Ferdinand, nous savons quand même, ton père et moi, quand nous nous sommes mariés !! Nous savons bien que vous êtes nos quatre enfants !!!
- Et tatie Marie-Rose ?
- Elle s’est mariée en 1842 ! L’acte existe !
- Mais quand est-elle née ?
- En 1823. Tu as raison. Faisons vérifier les dates de naissance dans mon acte de mariage et celui de ma sœur. Moi je suis née en 1825, ma sœur en 1823. »
C’est la consternation : dans les acte qui devraient être les siens, on affirme à Henriette qu’il est bien écrit Marie Rose Suzanne née en 1823…
Henriette n’existe pas, et ses enfants seraient fils de sa sœur Marie-Rose, elle-même bigame…
Cette incroyable histoire sera portée devant la justice. Henriette, son époux Joseph et leurs quatre enfants comparaissent, s’expliquent…
Les autorités, après avoir scrupuleusement étudié les différents actes, accepteront et feront corriger par jugement les erreurs dans l’acte de mariage, le contrat de mariage et les quatre actes de naissance des enfants. Elles accepteront comme vrai l’acte de naissance d’Henriette qui put ainsi prouver son existence.
La vérité est rétablie le 27 octobre 1873 au palais de justice d’Aix, vingt-six ans après le mariage d’Henriette…
[Il sera dit que]
— Le présent [jugement] sera transcrit sur les registres de l’état civil de la commune de Fuveau tenu pour l’année courante, et que mention des rectifications qu’il prescrit sera faite en marge des actes de mariage et de naissance précités, tant sur les registres déposés aux archives de la mairie que sur les doubles registres déposés au greffe du tribunal de céans.
[…] En conséquence, le président de la république française mande et ordonne à tous huissiers sur ce requis de mettre le présent jugement à exécution, aux procureurs généraux et aux procureurs de la république.
Leur mère étant reconnue et n’étant plus considérée comme bigame, Ferdinand et ses frères seront autorisés à se marier… ouf !
© Françoise Suzanne, 2009
Sources : État civil de Fuveau
Photographies :
1. Vue de Fuveau. © Françoise Suzanne, 2009.
2. Extrait de source. DR.
3. Le palais de justice d'Aix au début du siècle dernier. DR.

Fuveau (Bouches-du-Rhône)

Commune des Bouches-du-Rhône (13 040), Provence-Alpes.
8.653 habitants en 2006 (7 509 en 1999).
30,02 km2.


Voici quelques liens qui vous pourront vous guider si votre généalogie vous mène à Fuveau.

PERSONNALITÉS DE FUVEAU

HISTOIRE
  • Fuveau, 1873 : une incroyable affaire de bigamie. Ferdinand Barthélemy est en âge de se marier. Il a trois frères plus jeunes. Mais au regard de la loi, il ne peut se marier, et ses frères ne le pourront non plus… Leur mère, Marie Rose Suzanne est « sensée avoir deux maris », ce qui « porte obstacle à la célébration du mariage des enfants »

Nouveautés du mois de juillet 2009

Blog Widget by LinkWithin

Derniers relevés généalogiques en ligne

Articles les plus consultés la semaine dernière