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Janvier 2012 - 11e année - numéro 122

Tombé du bac (Rognonas, 27 juillet 1735)


  • Paroisse de Rognonas, 203E 293
  • Texte transmis par Sébastien Avy
« L'an mil sept cent trente cinq et le vingt sept du mois de juillet presents Raymond MARTIN, Jean Michel GINOUX ménagers soubsignés a esté ensevely dans le cimetière de cette paroisse de Rognonas le cadavre d'Antoine FABRE mari [un blanc] maître chapellier de la ville d'Orange qui s'est noyé en voulant passer le bateau de Châteaurenard le vingt six du mois de juillet et qu'on retira un moment après. »
[J. M. GINOUX, Raymond MARTIN, L. GUILLOT curé]

Note : Il s'agit du bac traversant la Durance entre Châteaurenard et Avignon.



Une lettre au maire de Maussane (Arles - Maussane, 3 décembre 1868)

La lettre qui suit est à l'image de nombreuses lettres que nous avons considérées les mois précédents : un homme n'a pas été payé et demande réparation. Ici, nous sommes en présence d'une lettre de Marcellin Raynaud. Ce Marcellin Raynaud se trouve être marchand de bois ; il est donc en mesure d'écrire sa lettre sur une feuille de sa production propre.
Voici le contenu de sa lettre.

« Trinquetaille le 3 décembre 1868
Monsieur Delespine, maire à Maussane,
Ayant fait toutes les fournitures de bois pour la construction de la mairie de Maussane au sieur Gustave Germond le maître maçon depuis le mois de juin écoulé, j'ai réclamé à ce dernier le paiement et il m'a dit que depuis cette époque il n'avait plus touché aucun mandat de la mairie ; veuillez être assez bon Monsieur le Maire de me dire si cela est car il ne me semble pas possible que depuis cette époque il n'est plus touché de mandat vu que le travail doit être terminé ; ces jours-ci j'ai reçu une lettre de Monsieur Germond me disant qu'il devait toucher un mandat à la fin du mois de novembre et qu'il viendrait me solder mon compte ; ainsi Monsieur le Maire je viens vous prier d'être assez bon de me donner des renseignements pour voir si Monsieur Germond n'a plus touché de mandat depuis le mois de juin comme il me le dit ; et dans le cas qu'il n'en aurait pas touché me fixer à peu près l'époque qu'il pourra en toucher un à seule fin de me faire régler par Mr Germond.
Pardon Monsieur le Maire de la peine que je vous donne et merci d'avance.
Dans l'attente d'être honoré d'une réponse au plus tôt
Veuillez me croire votre très humble et dévoué serviteur.
Raynaud Marcellin M[archa]nd de bois, faubourg Trinquetaille, à Arles sur Rhône. »
Le texte est écrit dans un français très correct et l'orthographe est tout aussi correcte.



Vous souhaitez écrire la biographie de votre ancêtre ?

La vie de nos ancêtres est précieuse. De leur naissance à leur disparition, leurs années sont émaillées de souvenirs qui doivent être conservés.
Si vous ne conservez pas cette mémoire, qui le fera ?
Depuis plusieurs années, ont été publiées sur GénéProvence les biographies de dizaines de Provençaux célèbres ou anonymes. Si vous le souhaitez, je me propose de rédiger la biographie de votre ancêtre, pour peu que vous ayez gardé de lui des photographies, des documents et autres anecdotes. Ensemble, nous composerons un texte le plus complet possible pour commémorer le souvenir de cet homme ou de cette femme dont la vie mérite de ne pas être oubliée.
Ce texte sera publié dans la catégorie des «Biographies» du site et je vous ferai parvenir, par email ou par la poste, ce texte mis en forme accompagné de photos pour que vous en gardiez le contenu. Il est bien entendu que tout cela est gratuit pour vous.

N'hésitez donc pas à me contacter [3]. La seule condition est que votre ancêtre ait vécu en Provence ou dans les Alpes du Sud ou en soit originaire.


[1] Laissez au site le temps de télécharger le document (environ 500 Ko) dans le cache de votre ordinateur pour une résolution optimale.
[2] Assurez-vous au préalable d'avoir téléchargé le logiciel Acrobat Reader. SI ce n'est pas le cas, cliquez sur ce lien : http://www.adobe.com/fr/products/acrobat/readstep2.html.
[3] Mon adresse est jmdesbois (a) yahoo. fr.
Pensez à remplacer le (a) par un arobase et de coller tous les mots de l'adresse.

L'assassinat de Michel Rampal (Gémenos, 26 mai 1800)


« L'an huit de la République française, une et indivisible, le sept prairial à 9 heures du matin, nous François Tremellat, juge de paix, officier de police judiciaire du canton de Roquevaire, département des Bouches-du-Rhône, sur l'avis qui nous a été donné par le citoyen François Barthélemy, agent municipal de la commune de Gémenos, qu'il s'était commis un assassinat dans le terroir dudit Gémenos, quartier de Saint-Pons, étant accompagné du citoyen Jean-Pierre Puech, officier de santé de la commune de Roquevaire, dont nous avons requis l'assistance à l'effet à l'effet d'être en sa présence procédé aux opérations ci-après dont nous lui avons fait connaître l'objet pour y visiter le particulier mort, nous nous sommes transportés dans la commune de Gémenos où, étant, après avoir requis une escorte suffisante des militaires de la 62 demi-brigade qui se trouvent en cantonnement, et suivi du citoyen agent et adjoint municipaux de ladite commune, et de deux citoyens de la colonne mobile, tous armés, nous avons été conduits sur le lieu à la distance d'environ trois quart de lieue de la commune et dans les collines audit quartier appelé Saint-Pons où se trouve le nouveau chemin voiturier qui conduit au Plan-d'Aups,
Étant là à environ soixante pas dudit chemin, quatre-vingt pas du torrent dit Gour de Loure et à six cents pas de Saint-Pons et à gauche dudit chemin du Plan-d'Aups ou de la Sainte-Baume, nous avons trouvé dans la colline et dans une espèce de fossé d'neviron deux pans de profondeur, un cadavre masculin gisant par terre tout couvert de sang, couché d'échine, la tête nue tournant du côté de la colline et les pieds vers ledit chemin, étant habillé d'une chemise [de] toile blanche, des culottes blanches drap ordinaire, des mauvaises guêtres de peau et d'une paire de souliers ferrés,
Nous avons remarqué sur lui une infinité de plaies et de contusions, lequel a été reconnu pour le corps du citoyen Michel Rampal dit Cura, chauffournier, natif de la commune d'Allauch, domicilié depuis environ quinze à vingt ans dans celle de Gémenos, de l'âge d'environ trente-six ans,
Nous avons requis ledit citoyen Puech, officier de santé, d'en faire la visite à l'instant, à quoi procédant, ledit citoyen Puech a remarqué que cet homme devait avoir expiré depuis environ vingt-quatre heures qu'il avait reçu les coups suivants, portés par des instruments tranchants,
Savoir sur le bras droit six coups, sur le coronal un coup, sur l'oeil gauche un coup, au cou six coups, à l'épaule gauche un coup, sur le nombril du côté gauche deux coups, à la cuisse gauche un coup qui lui a formé un trou de demi-pan de profondeur par trois de large, sur le dos du côté gauche deux coups, et sur le bas-ventre trois coups, formant tous lesquels coups autant de plaies et de contusions et encore un coup de balle au genou droit,
Et ledit citoyen Puech à signé.
[Puech]


Desquelles déclarations il résulte que ledit Michel Rampal dit Cura est mort de mort violente et qu'il a été tué par une arme à feu, avec des instruments tranchants.
En conséquence et attendu que la cause de sa mort est connue et que toutes autres recherches à cet égard seraient inutiles, nous avons déclaré que rien ne s'opposait à ce que ledit corps ne fût inhumé suivant les formes ordinaires,
Et, sur-le-champ, il a été porté sur une charrette au cimetière de Gémenos où nous nous sommes retourné. »
[François Trémellat, juge de paix]


  • Registre d'état-civil de Gémenos
  • Texte signalé par Géraldine Surian


Antoine Mulet, premier président du Parlement de Provence

Antoine Mulet (ou Antoine de Mulet [Muleti]), originaire du Dauphiné, vibailli du Viennois et du Valentinois, seigneur de La Maison-Forte-Saint-Marcel, fut nommé en juin 1502 en remplacement de Michel Riccio pour occuper la première dignité du Parlement de Provence, dont il devait former l'établissement. Riccio ayant été nommé sans exercer sa charge, Mulet est donc le premier premier président du Parlement à exercer.
Il procéda à la nomination de onze conseillers [1] pour l'épauler dans sa tâche.

L'emploi du droit d'annexe
Sous son mandat, le Parlement fixa les juridictions par le moyen de règlements rigoureux. Il tenta notamment de tenir en bride la juridiction ecclésiastique, faisant valoir le droit d'annexe [2] dont les comtes de Provence avaient joui de tout temps, n'hésitant pas à en user, voire à en abuser. Ainsi, le vice-légat d'Avignon, Louis de Rochechouart, se plaignit d'une trop grande minutie dans l'application de ce droit, le qualifiant d'« injuste sévérité ». Antoine Mulet députa donc un de ses conseillers, Melchior Séguiran, vers Rochechouart. Il fut décidé à l'issue de cette rencontre qu'il serait donné annexe à toutes les collations des bénéfices.
La position d'Antoine Mulet lui permit de jouir d'une estime singulière auprès du roi Louis XII qui le nomma, en 1507, premier président du Parlement de Grenoble, retournant ainsi sur sa terre natale où il demeura jusqu'à sa mort.

Bibliographie
Portraits ou Éloges historiques des Premiers Présidents du Parlement de Provence, Pierre-Joseph de Haitze, Avignon, impr. D. Chastel, 1727.
Histoire de Provence, Jean-François de Gaufridi, tome 1, Charles David impr., Aix, 1694.


[1] Louis de Forbin, Guillaume Puget, Jean de Cuers, Raimond Ricard, Pierre de Brandis, Bertrand Duranti, Melchior Séguiran, Pierre Mathéi, Simon de Tributiis, Michel Audibert et Gaspard Dupérier.
[2] Droit d'annexe : permission accordée en Provence d'y exécuter les expéditions venant de l'autorité papale d'Avignon ou de Rome, parfois au détriment même de lettres émanées de la justice royale.


Qu'es acó ma camarado ?

Dans un registre non daté de La Ciotat, on faut une curieuse découverte entre deux baptêmes de 1648.
Qui a bien pu écrire ce poème ? cette chanson ? et que veut-elle dire ?
À vos plumes !!

Registre paroissial de La Ciotat
Texte et illustration transmis par Françoise Suzanne

Naufrage du brick goélette Le Jeune Pierre (Fos, 16 novembre 1854)



Le 16 novembre 1854, un brick goélette dénommé Le Jeune Pierre coule près de la plage de Fos-sur-Mer à 6 heures du soir. On retrouve les trois membres d'équipage morts le surlendemain, à 9 heures du matin, sur le rivage de la mer. Il s'agit de :
  • Casimir André, 28 ans, né à Saint-Nazaire (83), capitaine marin,
  • Roman, 27 ans, né aux environs de Marseille (13), matelot,
  • Padoani, 14 ans, mousse.
L'identité complète des trois hommes est malheureusement impossible. Tout renseignement est bienvenu.

Félix Niel (né en 1853), directeur du journal L'Aigle

Félix Marie Honoré Niel est né accidentellement à Roquevaire (Bouches-du-Rhône) le 4 février 1853. Ses parents, Louis Étienne Niel, fabricant de faïences, et Félicité Marie Thérèse Glize, étaient domiciliés à Varages (Var). À l'occasion de la naissance de l'enfant, ils étaient venus à Roquevaire chez le grand-père, Charles Glize (né en 1788), un fabricant de papiers.
Félix Niel devint le directeur et le rédacteur en chef du journal L'Aigle, publié à Marseille.



Généalogie succincte de Félix Niel :

1. Félix Marie Honoré NIEL (né à Roquevaire [13], 04/02/1853) ;
2. Louis Étienne NIEL (né à Varages [83], 18/07/1815), fabricant de faïences, épouse à Roquevaire le 24/04/1843 :
3. Félicité Marie Thérèse GLIZE (née à Roquevaire, 16/04/1818) ;
4. Jean Joseph Julien NIEL (né à Varages, 17/02/1783 - décédé à Varages, 23/11/1842), fabricant de faïences, épouse à Varages le 17 juin 1810 :
5. Thérèse Antoinette COURTÈS (décédée après 1843) ;
6. Charles GLIZE (né à Roquevaire, 10/11/1788 - décédé après 1853), fabricant de papiers, épouse à Roquevaire le 30 juillet 1816 :
7. Marie Catherine DEPOUZIER (née à Aubagne [13], 21/09/1799) ;
8. Jean Paul Étienne NIEL, épouse :
9. Thérèse ROCHE ;
10. Jacques Philippe COURTÈS, épouse :
11. Henriette FLAYOL ;
12. Jacques GLIZE (décédé après 1816), épouse :
13. Anne ANDRÉ (décédée à Roquevaire, 7 novembre 1805).
14. Valentin DEPOUZIER (décédé après 1816), épouse à Fuveau (13) le 30/11/1795 :
15. Thérèse SUZANNE (décédée après 1816) ;
28. Honoré POUSIER épouse :
29. Brigitte BONNEFOY ;
30. Étienne SUZANNE épouse :
31. Marie BARTHÉLEMY.

Photographie : DR.
Généalogie établie grâce à l'aide de Françoise Suzanne (merci !).

Tué par la voûte de sa maison (Maussane, 8 septembre 1762)

« L’an mil sept cens soixante deux et le neuvième jour du mois de septembre, a été enterré dans le cimetière de cette paroisse Joseph Lanet, menuisier, dit Le Provençal, âgé d’environ trente quatre ans, originaire de Berre, décédé subitement depuis hier à Maussane par la chute de la voûte de la maison qu’il habitoit, témoins messire Tavan, vicaire de cette paroisse, et messire Joseph Blanc, prêtre dud. Maussane, soussignés. »
[Tavan prêtre, Blanc prêtre, Laugier curé]
  • Registre paroissial de Maussane

Le Faubourg italien de Port-Saint-Louis-du-Rhône


Le Faubourg italien, à Port-Saint-Louis-du-Rhône, doit son nom aux nombreuses familles italiennes qui l'ont habité dès la fin du XIXe siècle.

Port-Saint-Louis-du-Rhône (Bouches-du-Rhône)

Commune des Bouches-du-Rhône (13078), Provence-Alpes, 8.483 hab. en 2006, 73,38 km2


Voici quelques liens qui vous pourront vous guider si votre généalogie vous mène à Port-Saint-Louis-du-Rhône.

GÉNÉALOGIE
PHOTOGRAPHIES

Photographie : Faubourg italien. Collection personnelle.

Morte lors de l'incendie de Caléyère (Embrun, 25 juillet 1738)

« Le 25 juillet 1738, Élizabeth Balp, veuve de Louis Arnoux, est morte dans l'hôpital où elle a été transportée en suite d'une incendie arrivée à l'ameau de Caléyère, de laquelle incendie lad[ite] Balp a été très endomagée, de laquelle elle est morte ; après avoir reçu les sacrements de l'église, son corps a été enterré dans le cimetière de Ste Cécille, présents les soubsignés. »
  • Registre des sépultures de l'hôpital général d'Embrun.

Mort sur la route du Levant (Martigues, 14 janvier 1752)

« L'an que dessus, et le quatorze janvier, Jean Antoine Abeille, matelot de cette paroisse, mari de Marie Magdelene Bouchet, âgé d'environ soixante ans, embarqué sur le pingue commandé par le capitaine Jacques Ferrier, étant au levant, est mort subitement dans la route suivant le témoignage dudit Ferrier et de plusieurs de son équipage, nous en avons fait les funérailles par ordre de sa dite femme et nous sommes sousignés. »

  • Registre paroissial de l'île (Martigues)
  • Texte transmis par Géraldine Surian

La noyade du jeune Devoux (Saint-Chamas, 28 mars 1794)

Carte de Cassini,
région de Saint-Chamas,
XVIIIe siècle, DR.

Aujourd'huy neufvième germinal, l'an deuxième [1] de la République une et indivisible, à neuf heures du matin, Louis-Pascal Laveirarié, maire en absence du citoyen Honoré Lardeirol, officier public de cette commune de Port-Chamas [2], département des Bouches-du-Rhône, district de Salon,est comparu en la maison commune le citoyen Jean Estournel, juge de paix de cette commune et canton de Port-Chamas, y résidant rue de la Goulle [3], section de la Liberté, lequel, assisté de Estienne Saint-Bonnet, âgé de quarante-huit ans, et de Pierre Hortozol, âgé de quarante-un ans, chirurgiens résidant en cette commune, le premier rue des cy-devant Pénitents-Blancs, même section, le second, Grande-Rue, section de l'Égalité, lequel a déclaré à moi, Louis-Pascal Laveirarié, maire, que,
Ayant été instruit que Antoine Devoux, âgé d'environ douze ans, fils de feu Jean Devoux, cultivateur, et de Thérèse Cavaillon, a été trouvé noyé hier, sur les cinq heures du soir, dans la citerne du moulin à huile du citoyen Vincent Marie Pellissier, situé dans ce terroir, quartier de Barjat, il s'était transporté sur le lieu et y avait rédigé le procès-verbal dont la teneur suit :

« Ce jourd'huy, huit germinal, an deuxième républicain, en notre demeure et devant nous, Jean Estournel, juge de paix de cette commune et canton de Port-Chamas, district de Salon, est comparu le citoyen Jean Bertrand, chevrier de cette commune, lequel nous a dit et rapporté que,
Baumes de Saint-Chamas.
© Dominique Pipet, 2009,
avec son aimable autorisa-
tion.

« Étant à une baume [4] qu'il a arrenté tout près le moulin du citoyen François Cler de cette commune, il a entendu des grands cris et [...] s'étant accouru du côté d'où il venait la voix, et [...] ayant été au devant d'une citerne à côté du moulin du citoyen Vincent Marie Pellissier, ci-devant avocat, il a aperçu un cadavre flottant sur l'eau et [...] étant parvenu à pêcher ledit cadavre, il l'a déposé sur le bord de ladite citerne, et ledit Jean Bertrand, étant interpellé de signer la présente déclaration, a répondu ne savoir écrire ni signer.
« Sur quoi, nous, juge de paix susdit, à défaut de deux notables de la municipalité, nous nous sommes transporté, assisté de Henri-Antoine Lardeirol et Léger Juge, nos assesseurs, au moulin du citoyen Vincent Marie Pellissier où, étant tout près d'une citerne, y avons trouvé le cadavre en question.
« Après l'avoir examiné, nous avons remarqué que c'est celui d'un enfant âgé d'environ douze ans, cheveux blonds, talle d'environ trois pieds, six pouces [5], vêtu d'une veste ronde [...], d'une culotte de cotonne, bas et souliers, le tout très mauvais, et, ayant aussitôt fait appeler des chirurgiens, sont comparus les citoyens Pierre Hortozol et Estienne Saint-Bonnet, maîtres en chirurgie demeurant en cette commune, lesquels, après examen fait dudit cadavre, nous ont rapporté qu'il avait une contusion à la partie temporale droite et une autre contusion à la partie [...] de l'occiput, et qu'il paraît avoir resté dans l'eau environ trois-quarts d'heure, et reconnaissant que ledit cadavre n'est pas encore mort, nous l'avons tout de suite fait transporter en la maison L'Hôtel-Dieu, où on lui a administré les remèdes généraux avec la caisse fumigatoire [6], et, personne n'étant venu réclamer ledit cadavre, nous l'avons délaissé en la maison Hôtel-Dieu, sous la garde de la citoyenne Anne Darbès, veuve Reyne, pour y rester, pour y rester jusqu'à ce qu'il en soit autrement ordonné.
« De tout quoi, nous avons fait et dressé le présent procès-verbal [...]
« [SIGNATURES]

« Et le susdit jour, même année, à sept heures du soir, devant nous juge de paix susdit, est comparue Thérèse Cavaillon, demeurant en cette dite commune, laquelle nous a dit que, ayant eu avis qu'on avait pêché un enfant noyé dans la citerne qui est à côté du moulin du citoyen Vincent Marie Pellissier, et que son cadavre avait été déposé en la maison Hôtel-Dieu, elle s'y est transportée et qu'elle a très bien reconnu ledit cadavre pour être celui de Antoine Devoux, son fils, qu'elle vient le réclamer pour le faire inhumer et a déclaré ne savoir signer.
« De laquelle comparution et réclamation nous avons donné acte à ladite Thérèse Cavaillon, veuve de feu Jean Devoux, et épouse de Pierre Bourguignon en secondes noces, et ordonnons que le cadavre dont il est question lui sera remis pour lui procurer la sépulture.
« [SIGNATURES] »

D'après la lecture de ce procès-verbal que Estienne Saint-Bonnet et Pierre Hortozol ont déclaré être conforme à la vérité, d'après cette déclaration, je me suis transporté dans l'hôpital général de cette commune et, après m'être assuré du décès de l'enfant qui y est désigné, j'ai rédigé le présent acte que j'ai signé avec lesdits Saint-Bonnet et Hortozol et Estournel, juge de paix.
Fait à Port-Chamas en la maison commune, les jour, mois et an susdits.
[SIGNATURES]

Registre d'état-civil de Saint-Chamas
Texte transmis par Géraldine Surian


[1] 9 germinal an II : 29 mars 1794.
[2] Nom de Saint-Chamas sous la période révolutionnaire.
[3] La Goulle (ou Goule) désigne un tunnel reliant les deux extrémités de la ville. Après on effondrement en 1863, on procéda à la construction du pont de l'Horloge, aujourd'hui encore bien connu.
[4] Les baumes (qui ont donné leur nom au quartier du Baou) sont des habitats troglodytiques construits à partir de 1615 et servant à l'origine d'entrepôt, de moulins et d'abris, puis, à partir du XVIIIe siècle, de logement.
[5] 3 pieds, 6 pouces : 1,13 mètre.
[6] La caisse fumigatoire est un instrument médical consistant en un bain de vapeur pour réguler la respiration du patient. Voir Traité de la méthode fumigatoire ou de l'emploi médical des bains et douches de vapeur, par Toussaint Rapou, Paris, chez Gabon et Cie, 1824.

Nouveautés du mois de septembre 2009



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  • Qu'es acó ma camarado ? Dans un registre non daté de La Ciotat, on faut une curieuse découverte entre deux baptêmes de 1648.
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