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Janvier 2012 - 11e année - numéro 122

Les jeunes filles de Crau


Voici une photographie postée en mars 1904. Elle représente des jeunes filles de la Crau. À cette époque, Saint-Martin-de-Crau est encore une dépendance d'Arles.

Photographie : coll. pers. Jean Marie Desbois


Photographies anciennes de Saint-Martin-de-Crau

Photographies anciennes de Saint-Martin-de-Crau



Photographie : coll. pers. Jean Marie Desbois



Photographie : coll. pers. Jean Marie Desbois



Photographie : coll. pers. Jean Marie Desbois



Note quant à la réutilisation : ces images ont été acquises moyennant paiement, parfois conséquent. Elles peuvent toutefois être réutilisées gratuitement à condition qu'elles soient mises à la disposition de lecteurs à titre tout aussi gratuit et que la mention « collection personnelle Jean Marie Desbois » leur soit attribuée.

Chute fatale (Saint-Zacharie, 8 septembre 1670)

« Le 8me 7bre 1670 fut enseveli un homme appelé Jacques Guinard du lieu de Rougiers qui mourut la nuit auparavant à la Foux, étant tombé d'une bête, et il se creva ; néanmoins il reçut les sacrements [et] fut accompagné des prêtres et pénitents noirs. »
Par moy VERT vicaire.

  • Registre paroissial de Saint-Zacharie
  • Texte transmis par Françoise Suzanne



Baptistin Raphel (né en 1857), industriel salonais

Baptistin Joseph Raphel est né à Saint-Victoret, au bord de l'étang de Berre, le 20 février 1857. Il est le fils de Michel Isidore Raphel, un propriétaire du quartier de Pallière, à Saint-Victoret, et d'Anne Rose Baret.
Il appartient à la tradition des fabricants d'huiles et de savon de Salon-de-Provence. Il exerce son commerce au château Angelussi, quartier de Saint-Joseph, où il possède des vignobles et des vergers d'oliviers.
Il devient président de la société hippique de Salon en 1897.



Où est né le marquis d'Entrecasteaux ?

Qui ne connaît, ou du moins n'a entendu parler du marquis d'Entrecasteaux ? Antoine Raymond Bruny d'Entrecasteaux, célèbre navigateur, mort dans l'océan Pacifique à la fin du XVIIIe siècle, découvreur de terres nouvelles, comme la Nouvelle-Zélande ou la Nouvelle-Calédonie, a bien une renommée internationale d'aventurier navigateur.
À l'étude de sa biographie, on ne manque toutefois d'être étonné. Les auteurs qui se sont penchés sur sa vie le font tantôt naître à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), tantôt au château d'Entrecasteaux (Var). C'est d'ailleurs l'historien aixois Ambroise Roux-Alphéran qui se pose pour le plus ardent défenseur d'une naissance varoise. Quant à la date, on lit parfois 1737, 1739 voire 1740. Même l'encyclopédie du web Wikipédia se contredit sur le sujet, affirmant sur la page consacré à l'amiral que celui-ci naquit à Aix, tandis que l'article consacré au village d'Entrecasteaux indique que l'amiral y est né, précisément au château. Alors qui croire ?
Une recherche dans les registres paroissiaux de l'église de la Madeleine, à Aix, révèle, à la date du 8 novembre 1737, le baptême du jeune « Antoine Raymond de Bruni d'Entrecasteaux » en ses murs la veille, soir le 7 novembre 1737.
Cet acte se lit ainsi :
Noble Antoine Reymond de Bruni d'Entrecasteaux fils de Messire Jean Baptiste de Bruni d'Entrecasteaux président à mortier au parlement de Provence et de dame Dorothée de l'Estang de Parade est né hier au soir, & a été ondoyé par permission de monseigneur l'archevêque, ce jourd'hui huitième novembre 1737.
Demours curé.
L'archevêque en question est alors Jean-Baptiste de Brancas.
Le débat se doit d'être clos. Et pourtant...



Les archives de la marine (cité in Annales de Provence, 1909, p. 439, 440) donnent au marquis un acte de naissance légèrement différent :
Noble Antoine Remond Joseph de Bruny d'Entrecasteaux fils de Messire Jean Baptiste de Bruny, marquis d'Entrecasteaux, président à mortier au parlement de ce pays de Provence, et de dame Dorothée de Lestang-Parade, après avoir été ondoyé le 8 novembre 1737, a reçu le supplément des cérémonies du baptême ce jourd'hui vingtième janvier mil sept cent trente huit. Parrain, Antoine Joseph de Lestang-Parades, marraine Thérèse de Lestang, marquise de Cabanes.
Nous voila donc avec trois dates : une naissance, à Aix, le 7 novembre 1737, un baptême le 8 novembre 1737 et un supplément de cérémonies du baptême le 20 janvier 1738. Pourquoi ce supplément de cérémonies du baptême ? Une hypothèse peut être que le 8 novembre, à l'évidence, les parrain et marraine étaient absents. Mais est-il nécessaire de refaire une cérémonie pour cette raison ? Un parrain absent donne généralement une procuration à un parent du nouveau-né afin de le représenter à la cérémonie.
De plus, remarquons que le 8 novembre, l'enfant se prénomme Antoine Reymond et que, 2 mois et demi plus tard, il se prénomme Antoine Reymond Joseph. Curieusement, Joseph est le prénom de son parrain.
Dans le cas de cette naissance, le baptême s'est vraisemblablement fait sans parrain ni marraine et sans procuration. Ce qui explique la nouvelle cérémonie au début de l'année suivante et le changement des prénoms du nouveau-né.
Toujours est-il que l'on peut aujourd'hui dire de manière irréfutable que Antoine Reymond Joseph de Bruny d'Entrecasteaux est né le 7 novembre 1737 à Aix-en-Provence et fut baptisé le lendemain en l'église paroissiale de Sainte-Madeleine. Les habitants du village d'Entrecasteaux doivent se résoudre à voir leur illustre aîné appartenir à une autre paroisse que la leur.

Éclipse de soleil (Peypin-d'Aigues, 12 mai 1706)

« L'an mil sept cens six et le douse du mois de may iour et fete de St Pancrasse a dix heures du matin ou environ, au retour de la procession que ie conduisois en chape de Grambois à la chapelle dudit St arriva un eclypse si total du soleil, et il put si observer pendant un demy quart d'heure, que les etoiles paroissoient de tous costés, et ceux qui assistoient a la procession avoient peine a se voir, tout le monde convient n'estre iamais arrivé un tel eclypse despuis la mort et passion de Jesus-Christ et afin que la posterité ne l'ignore, l'ay inseré dans le present registre l'an et iour que dessus. »
[SAURIN, vicaire de Peypin d'Aiguez]

  • Texte signalé par Eva Carbonnel-Boyer
  • Photographie : © Luc Viatour, 1999, Creative Commons Attribution ShareAlike 3.0.


Faits divers de Peypin-d'Aigues (Vaucluse)


XVIIIe siècle.




Peypin-d'Aigues - Faits divers

L'arsenal maritime de Toulon

Cette photographie, qui date de 1904 représente l'arsenal maritime de Toulon (Var). C'est dans ce bâtiment qu'étaient logés les bagnards, au début du XIXe siècle. Comme l'indique le commentaire sur la carte, la traversée était jadis confiée aux forçats. En 1904, c'étaient des vétérans de la marine qui s'en chargeaient.
Photographie : coll. pers. Jean Marie Desbois


Photographies anciennes de Toulon

Photographies anciennes de Toulon

Collection personnelle Jean Marie Desbois.




Note quant à la réutilisation : ces images ont été acquises moyennant paiement, parfois conséquent. Elles peuvent toutefois être réutilisées gratuitement à condition qu'elles soient mises à la disposition de lecteurs à titre tout aussi gratuit et que la mention «collection personnelle Jean Marie Desbois » leur soit attribuée.

Abattu sur le chemin de Pélissanne (Salon-de-Provence, 10 mars 1793)

« Aujourd'hui quatorzième du mois de mai mille sept cent quatre vingt treize de la République, le second, à neuf heures du matin, par devant l'officier public de cette commune de Salon nommé par délibération du quinze janvier dernier […], il a été présenté à moi François Blanc, officier public, un verbal par le citoyen Jean Amelin, greffier du juge de paix de cette même ville et, de suite, je l'ai enregistré, dans lequel verbal se trouve en date du dix mars dernier, conçu en ces termes :
L'an mille sept cent quatre vingt treize de la République, le deuxième, et le dix mars à huit heures du matin, sur le bruit public qu'il existe un homme mort dans la propriété des hoirs Gazot, sur le chemin de Pélissanne, quartier du Pairon, nous Antoine Michel, juge e paix du canton de Salon, nous nous sommes transporté audit lieu en compagnie de notre secrétaire greffier, où nous avons reconnu le cadavre du citoyen Étienne Roussier, bourgeois de cette ville de Salon, âgé d'environ soixante ans, lequel avait reçu plusieurs blessures, dont il était vraisemblablement mort et, tout de suite, il en a été fait la visite.
Les papiers et les bijoux qu'on trouvait sur ledit cadavre ont été rendus aux parents dudit défunt, son décès a été dénoncé à l'officier public et, ayant prescrit la sépulture dudit Roussier, elle a eu lieu immédiatement après notre ordonnance, à Salon l'an et jours dits, et nous nous sommes soussigné avec notre secrétaire greffier. »

[MICHEL, juge de paix, AMELIN, greffier à l'original]

et nous officier public avons de suite procédé à l'enregistrement dudit verbal mentionné ci-dessus.

[F. BLANC, officier public]
  • Registre d'état-civil de Salon-de-Provence
  • Illustration : La Mort de Henri de La Rochejaquelein (détail), Alexandre Bloch, musée Dobrée, Nantes.

Faits divers de Salon-de-Provence

Un enterrement par mauvais temps (Vergons, 12 décembre 1731)

« L'an susdit et le douze décembre a esté ensevelie Thérèze Maurin, fille d'Hylaire et de Marie Thérèze Maurin, morte depuis le jour précédent, âgée de [...] mois, et faut note[r] qu'icelle a esté ensevelie dans la chapelle de St Bernard à cause des abondances des neiges et des mauvais tems qui rendoient le chemin du cim[etiè]re impraticable, dont on proteste, aux p[rése]nces de Marc Antoine Arnaud, son parrain, et dud[it] Hylaire, père, qui a déclaré ne sçavoir signer. »
[ARNAUD, SIMON vicaire]
  • Registre paroissial de Vergons
  • Illustration : Cimetière sous la neige, Caspar David Friedrich, huile sur toile, 1826, Museum der Bildenden Künste (Leipzig)



Faits divers de Vergons (Alpes-de-Haute-Provence)


XVIIIe siècle.




Vergons - Faits divers

Strangulation volontaire (Le Val, 29 septembre 1855)

« Déclaration de décès de l'officier de police à l'officier de l'état-civil de la commune du Val.

Aux termes des articles 81 et 82 du code Napoléon, nous commissaire de police soussigné certifions que le nommé Héraud Louis André, âgé de 45 ans, cultivateur, demeurant au hameau de Réal-Martin, commune du Val, est décédé ce jourd'huy par suite de strangulation volontaire au devant de son habitation, et que cette mort n'est due à aucun acte de malveillance ou criminel ; que de l'information il résulte [que] cette mort volontaire serait le résultat du repentir d'un crime d'attentat à la pudeur qu'il aurait commis [sur] une jeune fille.

Le Val, le 29 septembre 1855.
Le commissaire de police. »

  • Registre d'état-civil du Val
  • Texte signalé par Didier Verlaque


Faits divers du Val (Var)


XIXe siècle.




Le Val - Faits divers

Le caprice d'un père (Fuveau, 1er juillet 1700)


Le 1er juillet 1700, Madeleine, épouse de Joseph Barthélemy, met au monde une fille que ses parents pensent appeler Thérèse.
Tout le monde est au courant dans le petit village perché.
Mais le vicaire ne voit pas arriver ce bébé pour le baptême... Il s'indigne et s'inquiète... N'est-il pas responsable de ses ouailles? Comment imaginer que dans sa paroisse il y ait un non-baptisé?
Quelques jours passent..
Heureusement, le vicaire général d'Aix veille. En effet, il prévient le vicaire de Fuveau qu'un enfant de sa paroisse a été baptisé dans l'église Saint-Sauveur, en présence du père, du parrain messire Michel Blacas, prêtre, docteur en droit et coseigneur de Ventabren, et de la marraine Anne Lion de Fuveau.

Le vicaire de Fuveau n'est certes pas content et note:

« le dit père, par un caprice aurait fait porter ladite fille a Aix pour y estre baptisée dans la métropoitaine, ainsi quapert sy apres par lextrait qui a esté tiré du registre de ladite metropolitaine et incéré dans ce presant par ordre expres de Monsieur labbé de Julian. »

  • Texte de Françoise Ganter-Suzanne, d'après le registre paroissial de Fuveau
  • Illustration : Le baptême, Pietro Longhi, v. 1755, Pinacoteca Querini Stampalia.

Michel Mazarin (1605-1648), un archevêque d'Aix controversé

Michel Mazarin (né Michele Alessandro Mazzarini le 1er septembre 1605 à Pescina – mort le 31 août 1648 à Rome), professeur de théologie, religieux dominicain, fait maître du sacré palais par le pape Urbain VIII [1], né dans une famille romaine, est archevêque d'Aix-en-Provence de 1645 jusqu'à sa mort, cardinal, vice-roi de Catalogne et ambassadeur extraordinaire à Rome. Il est nommé au titre archevêque d'Aix sur proposition de son frère, le cardinal Jules Mazarin, par le pape Innocent X.

Il est le concepteur du quartier d'Aix-en-Provence, situé au sud du cours Mirabeau et dénommé aujourd'hui encore « quartier Mazarin ». Il a laissé sa trace dans quatre rues d'Aix, toutes quatre situées dans le quartier Mazarin : la rue Cardinale, la rue Saint-Michel, aujourd'hui rue Goyrand, la rue Mazarine et la rue Saint-Sauveur [2] (aujourd'hui rue du Quatre-Septembre) [3].

Après sa mort, Jérôme Grimaldi lui succède au titre d'archevêque d'Aix-en-Provence.

Biographie
Devenu archevêque pour des motifs politiques
La nomination de Michel Mazarin au titre d'archevêque d'Aix se fait dans un contexte politique très tendu entre la France et l'Espagne. Alors que le cardinal Richelieu décède en 1642, Jules Mazarin lui succède comme diplomate et ministre et entreprend de redorer le blason de la France auprès de la papauté. Il démet l'ambassadeur Saint-Chamont de ses fonctions en Italie et nomme à sa place Nicolas Bretel, qui reçoit pour instruction de se rendre à Rome dans l'objectif de soustraire le pape Innocent X à l'influence espagnole. Mais, dans le même temps, et pour rendre à sa famille la considération qui était jadis la sienne en Italie, Mazarin demande la chapeau de cardinal pour son frère, Michel Mazarin, et entend le faire participer aux négociations avec Rome. Bretel ne voit pas cette nomination d'un bon œil. Le cardinal de Lyon s'en ouvre à lui en ces termes : « Je le [Michel Mazarin] crains plus que tous les écueils de la mer. [...] Ce bon religieux fait de son ambition les intérêts de l'État et il croit que tout doit être sacrifié à ses prétentions, au succès desquelles il fait consister la réputation de la France. »

L'ambition de Michel Mazarin pose visiblement problème à Bretel. Lors de l'entrevue avec Innocent X, le frère du cardinal fait croire à de prétendues promesses de Bretel en faveur de l'Église et qui mettent la délégation dans l'embarras [4]. Le pape, pour sa part, refuse la nomination de Michel Mazarin au titre de cardinal, au motif que deux frères ne peuvent en même temps cardinaux [5]. Au bout du compte, les négociations échouent et Bretel se montre très amer envers Mazarin, qu'il accuse en privé de l'échec. Innocent X pousse l'affront jusqu'à nommer huit cardinaux espagnols.

Un affaire va alors permettre à Bretel de sortir de l'ornière. En mars 1645, une cinquantaine de bandits de l'ambassadeur d'Espagne s'en prennent à un député du clergé du Portugal dans les rues de Rome, en lui tirant dessus et en tuant un homme qui l'accompagnait. Bretel demande que les assassins se livrent, sans quoi il menace de quitter Rome avec tous les Français. Alors que les heures passent, la délégation française s'apprête à partir, en l'absence de toute réaction du pape. Innocent X fait alors une concession à la France : le 30 octobre 1645, il nomme Michel Mazarin archevêque d'Aix-en-Provence. Ce dernier, très satisfait, est ordonné dans l'église de la Minerve par le cardinal Jérôme Grimaldi [1]. Bretel, lui, est furieux. Il part pour Venise et ne reviendra plus à Rome [6].

Un archevêque bâtisseur
Après avoir prêté serment au roi de France, Mazarin part à Aix où il fait une entrée solennel empreinte de simplicité [1]. Les puissants appuis dont il peut bénéficier permet de donner à la ville d'Aix-en-Provence un essor qu'elle n'aurait sans doute pas connu autrement [7]. À son arrivée à Aix, en 1645, il demande au roi Louis XIV l'autorisation d'abattre le rempart sud de la ville entre la porte des Augustins et la Plateforme pour y bâtir un nouveau quartier, évoquant des raisons d'ordre démographique et esthétique, mais aussi des impératifs de sécurité. La faveur lui est accordée par lettres patentes enregistrées par le Parlement d'Aix le 15 février 1646 [7]. Il organise alors, avec l'aide du promoteur Henri Hervard d’Hevinquem [8], la vente de lots de terrain à un prix que seuls les bourgeois de la ville sont en mesure de payer. Sous la direction de l'architecte Jean Lombard, nommé par Mazarin [8], les hôtels particuliers vont commencer à fleurir, faisant du quartier Mazarin un remarquable exemple d'architecture des XVIIe et XVIIIe siècles [9], en forme de damier. L'inspiration est clairement à relier à l'architecture de la Renaissance italienne, les origines de l'archevêque n'y étant doute pas étrangères [8].

Le projet est d'une telle ampleur que, pour beaucoup d'historiens, Aix est au XVIIe siècle la ville de Mazarin [10].

Carrière religieuse et politique
L'échec de la délégation française de Nicolas Bretel auprès d'Innocent X, en 1645, avait provoqué une terrible colère chez le cardinal Mazarin. Celui-ci envoie une flotte française vers la Toscane en mai 1646, commandée par l'amiral de Brézé. Cinq mois plus tard, le maréchal de la Meilleraye s'empare de Piombino et de Porto Longone. L'attaque a pour effet de susciter la stupeur et l'effroi chez Innocent X. Jules Mazarin lui envoie un nouvel ambassadeur, Fontenay-Mareuil, qui obtient enfin, le 7 octobre 1747 [1] la nomination de Michel Mazarin au titre de cardinal [11], [6] sous le titre de Sainte-Cécile. Il devient ensuite vice-roi de Catalogne [12].

Fin de vie et succession
Les derniers temps de la vie de Mazarin sont marqués par son rapprochement des Espagnols qui lui font des offres avantageuses et lui permettront d'être nommé vide-roi de Catalogne en remplacement de Louis II de Bourbon-Condé. Il ne restera pas longtemps vice-roi. Au bout de quelques mois, il quitte Barcelone pour Paris. Lors de l'été 1648, alors qu'il fait route vers Rome, Mazarin contracte une grosse fièvre provoquée par les fortes chaleurs. Il meurt dans la nuit du 31 août au 1er septembre 1648, peu après son arrivée à Rome [13], [14]. Pour successeur à la fonction d'archevêque d'Aix, Anne d'Autriche, la reine de France propose Jérôme Grimaldi, proposition refusée par Innocent. Il faudra attendre la mort du pape et l'arrivée d'Alexandre VII pour que Grimaldi puisse prendre possession de l'archidiocèse, alors qu'entretemps, il en avait géré le temporel [15]. Michel Mazarin est inhumé en l'église de la Minerve, à Rome [1].

Controverses
Aucune preuve ne permet d'établir que de son vivant, la promotion sociale de Michel Mazarin est critiquée. Des auteurs du XIXe siècle vont pourtant remettre en question ses capacités, ou du moins laisser entendre que d'autres étaient plus qualifiés que lui pour les charges dont Mazarin hérite. Célestin Moreau, dans son ouvrage Histoire anecdotique de la jeunesse de Mazarin (1863) [16], prétend que :

« Michel Mazarin, [...] frère selon la chair [de Jules Mazarin], religieux de l'ordre de Saint-Dominique, fut promu aux fonctions de maître du sacré palais apostolique, au détriment de sujets qui étaient plus dignes que lui de cette faveur, qui l'avaient mieux méritée par leurs travaux et leurs services. Ce ne fut pas tout : il monta à la suprême dignité de son ordre, dont il fut nommé général, quoique le père Ridolfo, de bienheureuse mémoire, son prédécesseur, vécut encore. Ce bon père ne s'était attiré sa disgrâce par aucune faute, car c'était un moine d'une grande vertu. Il avait été sacrifié à un pur caprice du cardinal Barberino [17]. »

En plus des accusations de népotisme formulées contre lui, Michel Mazarin a aussi l'image d'un homme soucieux de son enrichissement, parfois au détriment des choses pieuses. L'argent que lui rapporte la première vente d'un lot dans le futur quartier Mazarin, en 1647, est consacré à l'achat d'argenterie à son propre usage [18]. Mais cette accusation vaut aussi pour son frère. Il semble d'ailleurs qu'il ne tenait pas Jules Mazarin en haute estime, témoin une anecdote selon laquelle Michel Mazarin avait coutume de dire aux gens de la cour qui venaient lui recommander leurs intérêts que, pour obtenir quelque chose de son frère, il fallait faire du bruit, parce que « mon frère est un couillon [19] ».

Annexes
Notes
1. Bibliothèque sacrée, Charles Louis Richard, t. XXVII, Paris, 1827, p. 23.
2. Saint-Sauveur est la cathédrale métropolitaine d'Aix-en-Provence. C'est l'archevêque Mazarin qui a expressément demandé de donner ce nom à cette rue.
3. « Michel Mazarin (1607 – 1648) », Office de tourisme d'Aix-en-Provence.
4. Selon Nicolas Bretel, Michel Mazarin avait répandu le bruit que la délégation venait avec le brevet de l'abbaye de Corbie. Lors de la seconde entrevue, Bretel fut contraint d'accepter cette proposition, qui valait tout de même 25 000 livres de rente.
5. Une constitution apostolique empêchait en effet deux frères d'êtres cardinaux en même temps. Mais des exceptions étaient régulièrement faites : le frère de Richelieu avait lui-même été fait cardinal. Derrière cette excuse, il faut voir chez Innocent la volonté de plaire au gouvernement espagnol.
6. Précis analytique des travaux de l'Académie, Académie des sciences, belles-lettres et art de Rouen, impr. Alfred Péron, Rouen, 1847, p. 286-293.
7. Jean Boyer, Architecture et urbanisme à Aix-en-Provence aux XVIIe et XVIIIe siècles – Du cours à carrosses au cours Mirabeau, éd. Ville d'Aix-en-Provence, 2004, p. 13.
8. « Place des Quatre-Dauphins », Mairie d'Aix-en-Provence.
9. « Historique du club Aix-Mazarin », rotary-mazarin.com.
10. Évocation du vieil Aix-en-Provence, André Bouyala d'Arnaud, éd. de Minuit, Paris, 1964, p. 24.
11. Cette nomination n'est toutefois pas gratuite. La France doit offrir à la belle-sœur d'Innocent, Olympia, un diamant de 10 à 12 000 écus. Cf. L'Histoire du cardinal Mazarin, Antoine Aubery, vol. I, Rotterdam, 1695, p. 242.
12. Mémoires de Charles de Grimaldi – Marquis de Régusse, Président au Parlement d'Aix, Monique Cubells, Presses universitaires de Bordeaux, Bordeaux, 2008, p. 48.
13. Œuvres de Jean Racine, Paul Mesnard, vol. V, éd. Hachette, Paris, 1865, p. 91, 92.
14. Histoire anecdotique de la jeunesse de Mazarin, Célestin Paris, Techener libraire, Paris, 1863, p. 156.
15. Les évêques dans l'histoire de la France – des origines à nos jours, Jean Julg, éd. Pierre Téqui, 2004, p. 268.
16. Histoire anecdotique..., op. cit.
17. Histoire anecdotique..., op. cit., p. 52.
18. Mazarin et l'argent : banquiers et prête-noms, Claude Dulong, École des Chartes, 2002, p. 206.
19. « Un coglione ». Cité in Œuvres de Jean Racine, op. cit., p. 91.

Licence
Texte de Jean Marie Desbois, écrit pour Wikipédia. Licence Creative Commons paternité partage à l’identique.

Deux enfants brûlés dans leur maison (Fuveau, 14 février 1699)

« Lan que dessus et le quatorzieme fevrier ont esté enterres au cymetiere St michel de cette paroisse Jacques et Anne fouque fils de Jean trouvés brulés dans leur maison. Le fils agé denviron sinq ans et la fille denviron deux ans ont assisté aux funérailles. »
  • Registre paroissial de Fuveau
  • Texte transmis par Françoise Suzanne-Ganter


Crime de rapt (La Ciotat, 26 septembre 1746)

« Le 12 août 1747 sur les 9 h du soir Marguerite Saurin femme d'Antoine Olivier sage femme jurée de cette ville a amené dans l'église paroissiale de cette ville de la Ciotat un garçon qu'elle nous a dit être venu au monde ce jourd'hui à 6 h du matin et que la mère qui est demoiselle Marianne Curet, du ventre de laquelle elle a reçu le garçon, la requise de l'emmener en cette église pour y recevoir le sacrement de baptême et nous déclarer de sa part que cet enfant a été conçu des œuvres de sieur Sauveur André Silvy contre lequel elle s'est pourvu en réparation du crime de rapt de séduction par devant le juge de cette ville et le procès se trouve actuellement pendant par devant la cour de parlement de ce pays et le sieur Sauveur André Silvy, négociant de cette ville, nous aurait tenu un comparant par lequel il nous a représenté que la demoiselle Marianne Curet fit exposition au juge et lui déclara que le vingt six du mois de septembre dernier se trouvant avec le sieur Silvy sur un chemin de ce terroir, il l'a connue charnellement et qu'elle resta enceinte sur quoi l'a été procédé, sentence a été rendue dont l'appel est porté pardevant la cour de parlement qu'il lui est revenu que ladite demoiselle Curet entend faire présenter par les fonds baptismaux un enfant dont elle déclarera ledit sieur Silvy être le père et qu'il nous déclare par le présent acte que là oùu il savait possible que ladite demoiselle Curet fit présenter sur les fonds baptismaux un enfant pour y recevoir le baptême et qu'elle fit déclarer qu'il fut provenir des œuvres du comparaissant ledit sieur Silvy de savoir formellement d'en être le père même d'y avoir contribué au moyen de quoi il nous requiert et interpelle de ne pas faire mention de lui directement ni indirectement dans l'acte de baptème n'étant pas juste que l'imposture soit encore manifestée dans le registre respectable et en cas contraire proteste de tout ce que de droit.

Signé Silvy à l'original


Après quoi nous aurions conféré le sacrement de baptême au garçon à nous présenter par ladite Saurin Olivier et imposé le nom de Simon André, son parrain a été sieur Simon Plasse, capitaine de vaisseau et la marraine demoiselle Marie Paty, veuve de feu sieur François Abeille, vivant capitaine de vaisseau qui l'ont tenu sur les fonds baptismaux et ont signés avec nous ladite Saurin Olivier, sage femme, ayant déclaré ne savoir écrire de ce enquis et nous a laissé l'original de la réquisition. »

signée Marianne Curet.

  • Registre paroissial de La Ciotat
  • Texte transmis par Nicole Julien
  • Illustration : Spilt Milk, Thomas Pritchard Rossiter (1818-1871), détail



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