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Janvier 2012 - 11e année - numéro 122

Faits divers de Mirabeau (Alpes-de-Haute-Provence)



XVIIIe siècle.

L'assassinat du docteur Gavaudan (Mirabeau, 19 mai 1703)

Registre paroissial de Mirabeau (Alpes-de-Haute-Provence) :

« Antoine Gavaudan, chirurgien ayant été assassiné, a été enseveli à Saint-Jean le dix-neuf may mil sept cent trois, en présence de moy soussigné, de messires Jean Maurel et Jean Megi, prêtres soussignés. »
[ALPHAND prieur, J. MEGI, prêtre, MAUREL prêtre]

Complément tiré des archives judiciaires des Basses-Alpes :

Le docteur Antoine Gavaudan, 29 ans, chirurgien de Mirabeau, était allé visiter l'épouse du marquis de Glandevès, atteinte d'une phtisie pulmonaire mortelle. Après sa visite, il informe le marquis de son intention de partir pour Digne, distant de quelques lieues, y chercher des remèdes. Mais, avant de partir pour Digne, et sachant que Mme de Glandevès mourra avec ou sans soins, il passe par le champ de François Eyglument pour y observer la pousse du blé. Voyant cela, le marquis, furieux, le rattrape avec son cheval et, après une lutte, l'assassine.
On retrouvera le corps du médecin quelques minutes après le dame, la tête dans l'eau du canal. Des traces de sabot de cheval seront retrouvées sur le corps du jeune chirurgien.

Photographie : DR.



Noël Bonnieu (né en 1876), instituteur à Saint-Mitre-les-Remparts

Firmin Marius Noël Bonnieu est né rue du Vallon, à Marseille, comme son prénom l'indique, le 25 décembre de l'année 1876, d'un père sous-officier en retraite, Cyprien Frédéric Bonnieu, 52 ans, et de Marie Anastasie Blachère, couturière de 37 ans. Il était instituteur à Saint-Mitre-les-Remparts aux alentours de 1900. C'est à Saint-Mitre qu'il épouse Émilie Fortunée Jauras (née en 1883) le 17 septembre 1901.

Toute information le concernant est bienvenue.


Barthélemy Chassanée, premier président du Parlement de Provence

Barthélemy Chassaneux, dit Chassanée, est né dans une famille bourgeoise installée de longue date dans un petit village de Bourgogne, Chassaneux, paroisse d'Issy-l'Évêque, dans le diocèse d'Autun. Des études de droit le mènent à la magistrature. Après avoir été successivement avocat du roi à Autun et conseiller au Parlement de Paris, il est nommé premier président du Parlement de Provence en août 1531. Cela le poussera à dire que le mois d'août était le plus heureux mois de sa vie. En effet, outre sa nomination au Parlement, c'est aussi ce mois-là qu'il avait reçu la tonsure cléricale, avait été fait docteur, mais aussi qu'il était né. Curieusement, alors qu'il est étudiant à Poitiers, il a un professeur du nom de Thomas de Cuissiniers, celui-là même à qui il succède à la tête du Parlement d'Aix, après son empoisonnement.
Peu après sa nomination, il est accusé de malversation par l'avocat Honoré Laugier, accusation dont il ressort lavé après un procès. Laugier, quant à lui, est condamné pour calomnie, perd son office et se voit infliger une amende. Étonnamment, loin de ternir la réputation de Chassanée, l'événement semble au contraire contribuer à forger sa réputation d'homme de vertu.
Un des grands actes de sa carrière restés dans l'Histoire est l'arrêt du 18 novembre 1540, dit « arrêt de Mérindol » par lequel il ordonne la mort de 49 Vaudois. Il ne verra toutefois pas l'exécution de sa sentence, puisqu'il meurt subitement au printemps de l'année suivante.
Comme dans le cas de son prédécesseur, on suspecte un empoisonnement, mais c'est davantage la soudaineté du décès que les preuves réelles qui amènent beaucoup à penser à un assassinat. En l'occurrence, le « coupable » serait un bouquet de fleurs – Chassanée aimait beaucoup les fleurs. Il laisse à sa mort une veuve, Pernette Languet et quatre enfants, Artus, Philippette, Jeanne, et un autre enfant au prénom inconnu.

Bibliographie
Portraits ou Éloges historiques des Premiers Présidents du Parlement de Provence, Pierre-Joseph de Haitze, Avignon, impr. D. Chastel, 1727.

Voir aussi



L'ignorance crasse (Sainte-Maxime, 4 mai 1773)

« L'an mil sept cent soixante-treize et le quatre may Thérèse Olivier, fille de feu Joseph et de feue Magdeleine Guérin, épouse de Torpet [?] Bernard, âgée d'environ quarante ans, munie des sacrements, a été enterrée au cimetière, témoins nous soussignés. »
[GASTON curé]

« L'an mil sept cent soixante-treize et le quatre may, Élizabeth Maurin, épouse de Joseph Bernard, ménager de ce lieu, dangereusement malade et enceinte d'environ trois mois et demy a accouchée d'une fille qui a été ondoyée par l'épouse du nommé Able dit le Sampère et qui a survécu environ une heure, ayant le corps bien formé et de la longueur d'environ un pan ; laquelle a été enterrée au cimetière, témoins nous curé soussignés. »
[GASTON curé]

« Nota : ladite feue Olivier, enceinte d'environ trois mois et demy, son mary s'est obstiné à ne pas souffrir l'opération césarienne après sa mort, prétextant par une ignorance crasse que le fruit ne pouvait être formé ; l'événement vient de le désabuser comme bien d'autres voisins cy-après. »



  • Registre paroissial de Sainte-Maxime
  • Fait divers signalé par Didier Verlaque





Faits divers de Sainte-Maxime (Var)


XVIIIe siècle.

Saint-Maxime - Faits divers

Les chouettes et le duc

« Le pavillon Vendôme, à Aix-en-Provence, aurait abrité les amours du duc de Vendôme et de la Belle du Canet, Lucrèce de Forbin-Solliès, veuve d'Honoré de Rascas, seigneur du Canet. Le duc voulait l'épouser, mais ce plan contrariait le roi Louis XIV car de Mercœur était veuf de Laure Mancini, nièce du cardinal Jules Mazarin, conseiller à la cour. Puisque cette union aurait été considérée comme une mésalliance, et ne pouvant l'épouser, le duc décida de devenir amant de la dame.
L'historien aixois Ambroise Roux-Alphéran rapporte dans son ouvrage ''Les Rues d'Aix'' (1846) que « le duc de Vendôme, retiré dans le pavillon qu'il avait fait bâtir au faubourg des Cordeliers, et qu'on nomme aujourd'hui le Pavillon de la Molle, y faisait introduire de nuit, par une porte de derrière, des personnes déguisées, que les paysans du faubourg appelaient malicieusement las machouettos (« les chouettes »). C'est là qu'il mourut le mardi 6 août 1669, à peine âgé de cinquante-sept ans, ce qui fit dire alors aux paysans : Las machouettos an tua lou duc (« les chouettes ont tué le duc »). »

La mort d'un mineur (Trets, 10 janvier 1888)

« L'an mil huit cent quatre-vingt-huit et le onze janvier à huit heures du matin, pardevant nous André François, maire et officier public de l'état-civil de cette commune de Trets, ont comparu sieurs Alfredi Charles, mineur, âgé de 43 ans, et Gautier Joseph, âgé de soixante-un ans, tous deux domiciliés à Trets, voisins du défunt, lesquels nous ont déclaré que le nommé Chiaberto François, ouvrier mineur, âgé de quarante-neuf ans, né à Villar Focchiardo, province de Turin (Italie), domicilié à Trets, veuf de Pennati Marie Magdeleine, fils de défunts Joseph Chiaberto et de Rose Vignola, est décédé hier au soir à sept heures dans sa maison d'habitation, ainsi que nous nous en sommes assuré, et, lecture faite du présent acte de décès, nous avons signé avec les déclarants. »
[SIGNATURES]

Une consultation du journal Le Mémorial d'Aix (15 janvier 1888 - 51e année, n° 3) donne la précision suivante :

« ACCIDENT AUX MINES DE TRETS

« Un éboulement s'est produit, mardi, vers sept heures, aux mines de Trets, compagnie de la Grand'Combe, dans la galerie Defforge. Deux ouvriers mineurs italiens, François Chabert et Joseph Locci, âgés, le premier de 45 ans, et le second de 35, ont été ensevelis. De prompts secours ont été donné à ces malheureux, qui n'ont pas séjourné longtemps sous les décombres. L'un d'eux, cependant, Chabert, a été retiré dans un état pitoyable. Le docteur Audric le considère comme perdu. L'autre en sera quitte pour quelques jours de repos. »


Sources : 
  • Registre d'état-civil de Trets, année 1888, n° 2.
  • Le Mémorial d'Aix, op. cit.
  • Photographie : Mines de Trets. DR.


Faits divers de Trets

Morte du loup (Le Chaffaut, 21 mars 1725)


« L'an de grâce mil sept cens vingt-cinq et le vingt-unième de mars, j'ay enseveli dans le cimetière du Chaffaut Anne Astier, âgée de quarante ans, laquelle avait été mordue d'un loup galoux, après avoir reçu les saints sacrements de l'église en sa dernière maladie, en présence de Jean Taxil et de Laurent Gilly, soussignés. »
[Jean TAXIL, Laurens GILLY, NICOLAS procuré]



Faits divers du Chaffaut (Alpes-de-Haute-Provence)


XVIIIe siècle.

Le Chaffaut - Faits divers


Joseph Villevieille (1829-1916), peintre d'Aix-en-Provence

Joseph Villevieille (Aix-en-Provence, 6 août 1829–Aix-en-Provence, 11 février 1916) est un peintre français. Ami de nombreux peintres aixois, dont Paul Cézanne, il est connu pour la qualité de son dessin et devient peintre officiel de la ville d'Aix, même s'il est méprisé par de nombreux critiques d'art contemporains. Il a réalisé de nombreux tableaux aujourd'hui exposés dans la salle des États de Provence, dans l'hôtel de ville.

Formation
Élève de Louis Mathurin Clérian dans sa jeunesse, il fréquente l'atelier de François Marius Granet, le peintre le plus renommé d'Aix de son temps. À la mort du maître, en 1849, il part pour Paris où il est admis à l'école des beaux-arts le 10 novembre 1851. Ses professeurs portent alors le nom de Jean-Auguste-Dominique Ingres, Horace Vernet, ou encore James Pradier.

Professeur à son tour
Il devient par la suite professeur à l'école de dessin d'Aix et est estimé par les nombreux peintres et écrivains aixois qui passent dans son atelier. Paul Cézanne est du nombre de ses amis. Il écrit un jour à Émile Zola : « Tu connais ces deux baigneuses qui sont dues à son ciseau (Jean Goujon) et que je dessinais maladroitement, un jour chez Villevieille. » L'amitié qui unit Villevieille à Cézanne se retrouve lors de son séjour à Paris dans les années 1860. Cézanne est hébergé chez Villevieille lors de l'année 1861. Lorsque sa mère est sur le point de mourir, en 1898, Cézanne demande à Villevieille de réaliser un dernier portrait de la mourante, preuve de l'estime qu'il lui porte.

Œuvre
Joseph Villevieille doit sa renommée à son rôle de peintre officiel de la ville d'Aix. Il est l'auteur de nombreux tableaux exposés dans la salle des États de Provence, au premier étage de l'hôtel de ville d'Aix-en-Provence. Parmi ces tableaux, on trouve des portraits de Jean-Baptiste van Loo, Scholastique Pitton ou encore François Marius Granet. La plus intéressante de ces œuvres est sans doute la Fondation d'Aix par Sextius Calvinus, réalisé en 1900.

Illustrations :
  • Portrait de Joseph Villevieille vers 1900. DR.
  • Fondation d'Aquae Sextiae par Sextius Calvinus, toile de J. Villevieille, salle des États de Provence, Aix-en-Provence.
  • Texte de Jean Marie Desbois publié sur Wikipedia.


Pourquoi Saint-Marc s'appelle « Jaumegarde »

Que la paroisse de Saint-Marc soit vouée à l'évangéliste Marc peut quelque peu surprendre, dans la mesure où peu de lieux portent ce nom en Provence. Mais pourquoi le village porte-t-il aujourd'hui le suffixe « Jaumegarde » ? En voici la réponse :
Il y avait en 1352 un syndic aixois du nom de Sisteron Garde qui exerçait dans la rue des Gantiers sa profession de notaire. Il était en outre seigneur de Saint-Marc, un titre que la famille a conservé, avant de devenir seigneurs de Vins.
Le dernier des descendants de Sisteron Garde était Gaspard Garde, baron de Vins, conseiller au Parlement d'Aix en 1543 et président à mortier en 1559. Un autre de ses descendants, eut-être le plus célèbre, fut Hubert Garde de Vins mort lors du siège de Grasse en 1589 [1].
Mais l'un des autres descendants de Sisteron Garde se nommait Jacques Garde. C'est lui qui hérita de la seigneurie de Saint-Marc et lui donna son nom. Savez-vous comment l'on dit « Jacques Garde » en langue provençale ? Jaume Garde.
Voilà qui a permis de nommer jusqu'à nos jours le petit village de Saint-Marc-Jaumegarde. C'est un décret du 18 novembre 1919 qui lui donne son nom actuel.


[1] On retrouvera le récit de sa mort en cliquant ici.



Mort d'une centenaire (Fuveau, 23 septembre 1720)

« L'an susdit avons enterré dans le cimetière de ce lieu Élizabeth Deloute agée de cent ans morte le vingt trois septembre. Ont assisté aux funérailles Louis un fils et Vincens Bourrely son beau fils tous illiterés de ce enquis. »
  • Registre paroissial, collection du greffe.
  • Texte transmis par Françoise Suzanne.


Nouveautés du mois d'avril 2010



Biographie
Faits divers

L'agression de Caussemille (Marseille, 25 octobre 1798)

« L'an VIe de la République française, une et indivisible et le cinq brumaire avant midy, nous... nous sommes transporté chez le citoyen Étienne Caussemille, au Rouet, lequel nous a dit qu'hier au soir, quatrième du courant, vers sept heures et demy du soir, il entendit frapper sa porte qu'il ouvrit sans aucun meffiance, et dans l'instant six hommes armés avec des sabres, pistolets et poignards entrèrent en disant : "Au nom de la loi, nous sommes ici pour faire la visite des armes. L'on nous a dit que vous en aviez, nous savons que vous donnez azile à des gens suspects et nous allons faire la visite."
Ils dirent aux citoyens et citoyennes qui étaient dans la maison dudit Caussemille de ne point s'effrayer et qu'ils n'étaient pas là pour faire du mal. Ils dirent audit Caussemille de les conduire. Il prit une chandelle et monta avec eux aux chambres où, après avoir fouillé, ils prirent une paire de boucles d'argent qui se trouvaient sur une table. Ils lui dirent qu'il se rappelât qu'il leur avait dit qu'il n'avait point d'armes, et que s'ils lui en trouvaient, malheur à lui ! Qu'ils passèrent de là dans la chambre dudit Caussemille et, ayant passé la porte, ils lui dirent que s'il criait il était perdu sans ressource ; alors ils ouvrirent la garde robe où, après avoir fouillé, ils vinrent ouvrir une commode, où, après avoir visité deux tiroirs, ils prirent de la poudre et du plomb qui s'y trouvait : la clef du troisième tiroir n'y étant pas, ils la lui demandèrent et la leur ayant donnée, ils ouvrirent et lui prirent six louis en or et environ trente livres en argent qui se trouvaient dans un mouchoir. Dans le même instant, un de ces individus lui mit un pistolet sur l'estomac et un autre un stylet au col, et on lui enleva sa montre d'argent avec rapidité et le verre se brisa en tombant. On lui défit aussi les boutons des culottes et on lui prit quatre à cinq livres en argent qu'il avait dans son gousset. Un troisième de ces individus lui envoya des coups d'un instrument comme un stylet qui n'était pourtant pas pointu puisqu'ils ne percèrent point, et un quatrième lui envoya un coup de sabre sur le chapeau qui l'étourdit presque à perdre connaissance. Ils lui prirent encore un fusil et un mouchoir de mousseline appartenant à sa femme. Ledit Caussemille ajoute que dans le temps qu'ils le tenaient dans cette situation, un lui demandait cent louis, un autre cinquante, et qu'il leur répondit qu'il ne pouvait plus rien leur donner, puisqu'ils avaient pris tout ce qu'il avait. Alors, ils descendirent Caussemille avec eux et, étant au milieu des degrés, un de ces individus tira un coup de pistolet, dont la balle est entrée dans la muraille. Celui qui le tira s'est sans doute blessé à la main, car il fit un reproche à un de ses camarades de ce qu'il l'avait trop chargé.
Descendu au rez-de-chaussée, ils dirent audit Caussemille qu'ils allaient le conduire au commandant de la place. Celui-ci répondit que c'était là un prétexte sans doute pour l'assassiner, qu'ils ne le fissent pas souffrir plus longtemps et que s'ils voulaient le tuer, ils le tuassent sur la place. Alors ils dirent qu'ils allaient investir la campagne pour le conduire le lendemain matin et sortirent dans le même instant.
Caussemille ajoute qu'il y avait plusieurs individus au dehors de la porte armés avec des fusils, qu'il se rappelle lorsque les six individus sont entrés dans la campagne, qu'ils lui ont demandé s'il n'était pas Pierre Vin, et qu'il répondit que non. Un des six sortit pour demander sans doute son nom à ceux qui étaient dehors et, rentrant, il demanda si ce n'était pas là où demeurait François Caussemille, neveu dudit Caussemille, qu'il lui avait répondu que oui, mais qu'il n'y était pas ; qu'ils persistèrent à vouloir savoir où il était, et qu'ils montèrent pour faire la visite... »

  • Registre de police de Marseille. 
  • Illustration : Assassinat de Marat (détail), J.-A. Dulaure, 1823.


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