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Janvier 2012 - 11e année - numéro 122

Tué par le tonnerre (Saint-Martin-de-Crau, 17 septembre 1751)


« L'an mille sept cent cinquante un et le dix-neuf septembre a esté enseveli dans le cimetière de ce lieu Honoré Chieusse, berger, décédé le dix-sept dud[it], âgé d'environ quarante-cinq ans, ayant été tué par le tonnerre, en présence de Vincent Nal, travailleur, et d'Antoine Jourdan, maréchal ferrant, soussignés. »

[Vincent Nal, Jourdan, Chave curé]

  • Registre paroissial de Saint-Martin-de-Crau


Le château Grimaldi de Puyricard

Le château Grimaldi se situe à Puyricard, sur la commune d'Aix-en-Provence. Il doit son nom à l'archevêque d'Aix Jérôme Grimaldi-Cavalleroni (1597-1685) qui en avait fait sa demeure de 1655 à sa mort. Ancienne demeure des seigneurs des Baux, le château était d'un luxe époustouflant. On dit qu'il comptait 365 fenêtres, autant que de jours dans une année.
Sur l'histoire de Puyricard, lisez l'article Histoire de Puyricard.


Photographie : coll. pers. Jean Marie Desbois


Photographies anciennes d'Aix-en-Provence

Accident de travail (Lorgues, 9 juin 1626)

Le 9 juin 1626 Jehan François Feraud a été enterré au devant le bureau du corpus qui y entrant à la grande porte de l'église et sa mort a été d'un grand rocher qui lui a tombé sur sa personne en prenant [d'arcas?] pour bâtir.
[Dalmas sacristain]

  • Registre paroissial de Lorgues
  • Texte transmis par Claudine Laffitte


Une balle d'arquebuse (Lorgues, 28 janvier 1623)

« Le 28 du mois de janvier 1623 Nourat Mengaud fils de Jacques a été tué d'une arquebuse d'une balle ramade aux Maures en venant de St Tropez et a été enterré le 29 dans la chapelle de la Ste Croix. »
[DALMAS sacristain]
  • Registre paroissial de Lorgues
  • Texte transmis par Claudine Laffitte
  • Illustration : Arquebuse, dessin de Pearson Scott Foresman, 2007, DP.


Faits divers de Lorgues (Var)


XIXe siècle.

Lorgues - Faits divers


Les aventures d'un esclave calabrais (Toulon, 25 juin 1725)

« L’an mille sept cent vingt-cinq et le vingt-cinquième du mois [de] juin, le nommé Jean Chela, âgé d’environ trente ans, natif de Couchereau, en Calabre, ayant été fait esclave par les Turcs il y a environ seize ans, ayant dans la suite renoncé à la religion chrétienne et embrassé la secte de Mahomet, étant touché d’un véritable désir de rentrer dans l’Église catholique apostolique romaine, il s’est enfui et embarqué sur un bâtiment français, étant arrivé dans ce port de Toulon ; le sieur Jean Ferry de Marseille, capitaine de barque, il y a présenté à Mr Tournié, vicaire général pour le prier de lui faire faire abjuration de l’erreur dans laquelle il avait eu le malheur de se jeter, dont dit sieur vicaire général nous ayant commis pour le recevoir, nous l’avons remis dans le giron de la sainte Église, l’an et jour, en présence dudit sieur Jean Ferry, de Mr Hiacinthe Hermite, prêtre bénéficié, et de messire Jean Bourgé, ecclésiastique. »
  • Registre paroissial de Toulon-Sainte-Marie.
  • Fait divers signalé par Claudine Laffitte.
  • Illustration : Le port de Toulon en 1755, Joseph Vernet, dépôt musée du Louvre.


Morte de la peste (Saint-Martin-de-Crau, 24 novembre 1720)

[MORTE DE LA PESTE]
« Marguerite Méronne, âgée d'environ soixante-six ans, a été enterrée le vingt-quatre novembre mille sept cens vingt, présents Claude Robert et Jean Burle, clerc. »
[TOURNIAYRE curé]

[MORTE DE LA PESTE]
 « Anne Méronne, âgée d'environ soixante-quatre ans, a été enterrée le dix et sept décembre mille sept cens vingt, présents Jean Burle et Nicolas Honnorat, illettrés. »
[TOURNIAYRE curé]

Le décès de Marguerite Poncet dit Méronne est survenu au mas de la Tapie, en Crau. Elle fut contaminée par la venue d'un poissonnier de Martigues en route pour Tarascon, nommé Simiot. On trouve trace de ce Simiot dans le registre paroissial de Boulbon retranscrit dans l'article « Arrivée de la peste (Tarascon, 14 décembre 1720) ». Une étude généalogique serait menée avec intérêt pour connaître les liens familiaux entre Marguerite et Anne dites Méronne, premières victimes de la peste en Crau.


Source : 
  • Registre paroissial de Saint-Martin-de-la-Palud
  • Chronique d'une année de peste. Arles 1720-1721, R. Bouchet, P. Fargue, « Les cahiers d'Arles », Actes Sud, Arles, 2009.


Théodore-Augustin Forcade (1816-1885), archevêque d'Aix-en-Provence

Théodore-Augustin Forcade (né à Versailles le 2 mars 1816 – décédé à Aix-en-Provence le 12 septembre 1885) est un religieux français.
Considéré comme un grand voyageur, il est tour à tour vicaire apostolique de Tōkyō (Japon) de 1846 à 1842, puis évêque de Basse-Terre (Guadeloupe) de 1853 à 1860, évêque de Nevers de 1860 à 1873 et enfin archevêque d'Aix-en-Provence de 1873 à 1885. Évêque à Nevers, il contribue à éveiller la vocation de Bernadette Soubirous dans les années 1860.
Il s'éteint à Aix-en-Provence des suites du choléra, après avoir été contaminé au contact de malades qu'il venait réconforter.

BIOGRAPHIE
Théodore-Augustin Forcade naît le 2 mars 1816 à Versailles d'un père employé à la préfecture de Seine-et-Oise, Auguste-Louis Forcade, et d'Augustine Joséphine Alexandrine Giroust, son épouse. L'enfant suit des études au séminaire de Versailles où il est élevé au sacerdoce. Il est ensuite chargé de la chaire de philosophie au grand séminaire pendant environ une année et supplée les services d'un curé infirme dans une petite paroisse locale. Les résultats qu'il y obtient sont spectaculaires. Honoré Fisquet affirme qu'« il parvint à raviver la foi dans cette commune et, tout brûlant de zèle pour le salut des âmes, résolut de se consacrer aux pénibles labeurs de l'apostolat dans les contrées infidèles [1]. » C'est ans doute de cette période, donc, que lui vient la vocation de devenir missionnaire religieux.
Le 16 mars 1839, il est ordonné prêtre à la société des Missions étrangères et embarque pour l'Extrême-Orient en décembre 1842 alors qu'il est simple prêtre.

Chine et Japon (1846-1852)
Alors que, depuis 1640, le Japon s'isole en interdisant l'entrée des étrangers sur son sol [2], et que la Chine ouvre plusieurs de ses ports dans les années 1830, les puissances occidentales envisagent d'utiliser cette occasion pour tenter de pénétrer économiquement au Japon en le forçant à s'ouvrir. Le 30 avril 1844, alors qu'est signé, par le diplomate français Théodore de Lagrené et Qiying, gouverneur mandchou du Guangdong, le traité de Huangpu entre la France et la Chine, la société des Missions étrangères envoie un prêtre aux îles Ryukyu : il s'agit de Théodore-Augustin Forcade. Débarquant à Lieou-Kieou en compagnie d'un catéchiste chinois nommé Augustin Ko, récemment sorti des prisons de Canton où il avait été mis pour cause de foi, les autorités chinoises lui refusent de débarquer. L'autorisation n'intervient que le 3 mai mais ils sont immédiatement placés en résidence surveillée dans une bonzerie. Les deux hommes parviennent de temps à autre à partir prêcher en ville, mais les soldats les reprennent et s'efforcent de convaincre les habitants du lieu de ne pas leur ouvrir leur porte. Théodore-Augustin Forcade reste là deux années, malgré les dangers qu'il encourt. Sa présence est seulement tolérée par le gouvernement chinois, sous la menace de la flotte française du général Cécille. En moins de six mois, Forcade apprend à parler la langue chinoise, malgré l'interdiction qui lui est faite de parler aux habitants.
Durant cette période, il ne semble pas manifester d'intérêt particulier pour la culture japonaise, pays qui constitue la destination qui lui a été fixée, ne possédant que d'anciens ouvrages d'histoire, comme Histoire du christianisme dans l'empire du Japon (1715), de Pierre-François-Xavier de Charlevoix, ou encore Histoire et description générale du Japon (1736), du même auteur. Le 27 mars 1846, Forcade est nommé vicaire apostolique du Japon, mais ne ne sera jamais autorisé à se rendre à Tōkyō. Le même jour, il devient évêque de Samos in partibus infidelium. Le 1er mai 1846, un navire français, commandé par l'amiral Cécille, vient le secourir de son inextricable situation chinoise et lui fait quitter Lieou Kieou. Mais, arrivé à Chusan, alors qu'il s'attend à y trouver ses bulles, il y rencontre Mathieu Adnet, ancien curé de Verdun, devenu missionnaire, qu'il envoie à Lieou-Kieou tenir compagnie à Pierre-Marie Leturdu, missionnaire de la Congrégation des missions étrangères, resté sur place. Il prend, lui, la route pour Hong-Kong. À compter de cette période, il se fait appeler « Augustin ».
Le 21 février 1847, il devient le premier évêque ordonné au diocèse de Hong-Kong. Mais il ne peut y exercer sa charge, des événements le rappelant en Europe pour plusieurs années [3].

Guadeloupe (1853-1860)
L'évêché de Basse-Terre, en Guadeloupe, est tout nouveau à cette époque. Son premier évêque, Pierre-Gervais Lacarrière [4], y exerce un court épiscopat de deux années, à l'issue desquelles il doit cesser ses activités pour cause de santé.

Installation
Le 6 avril 1853, Théodore-Augustin Forcade est nommé par décret impérial évêque de Basse-Terre et de Pointe-à-Pitre à sa place. Il a alors 37 ans. Il est confirmé le 12 septembre de la même année. Entre-temps, il assiste au concile provincial de Bordeaux tenu à La Rochelle en juillet 1853 et, le 7 août 1853, participe à la cérémonie du sacre de Vital-Honoré Tirmarche, évêque d'Adras in partibus, dans la chapelle du palais des Tuileries.
Son arrivée formelle en Guadeloupe se fait le 13 janvier 1854 après avoir quitté Brest le 2 décembre 1853 à bord de la corvette La Fortune et avoir fait une halte par Ténériffe que le gouverneur de la Guadeloupe, M. Bonfils, présent aussi à bord, voulait absolument visiter. Alors que le vaisseau paraît à la pointe du Vieux-Fort, la population accourt, les cloches se mettent en branle et des feux d'artillerie sont déclenchés. La façade de la cathédrale est somptueusement décorée de trophées et d'inscriptions.
À trois heures et demie, une salve de canons annonce que le nouvel évêque quitte La Fortune. La batterie du fort tire du canon alors qu'il met les pieds à terre. Théodore-Augustin Forcade est reçu par l'adjoint au maire de Vieux-Fort et se revêt de ses habits pontificaux. Puis il procède à plusieurs bénédictions solennelles à l'adresse de la foule sur le chemin de l'église. À la porte de la cathédrale l'attend l'abbé Salesse, premier vicaire général et administrateur du diocèse. Forcade lance alors ces mots, tant à l'adresse de Salesse que de la foule : « Mon vénérable prédécesseur, je le sais, monsieur l'abbé, aimait et aime encore tendrement ce bon peuple ; mais je sens là, au fond de mon cœur, que moi je l'aime aussi, et que dans cet amour du moins je ne lui serai point inférieur. »
Un chant du Te Deum est entonné et l'évêque reçoit sur son trône l'obédience du clergé. Puis il prononce une oraison sur la paix du haut de la chaire. Enfin, se rendant à l'évêché, une foule nombreuse le suit. Un repas est organisé le soir en présence du maire et du gouverneur de Vieux-Fort.

Ses huit années à la Guadeloupe
Les années passées en Guadeloupe contribuent à l'enracinement de la foi catholique sur l'île. Il ne s'absente pas de l'archipel, préférant notamment se faire représenter au concile provincial de Bordeaux tenu à Périgueux en août 1856. Ses deux seules absences de Guadeloupe ont lieu, l'une le 25 août 1858 lorsqu'il assiste aux obsèques de Michel Vesque, évêque de Roseau, sur l'île de Dominique, et l'autre du 8 au 18 septembre 1859 pour le quatrième concile de la province de Bordeaux, période durant laquelle a aussi lieu la consécration de la basilique de Notre-Dame de Bonne-Encontre, à laquelle il assiste en compagnie du cardinal Ferdinand-François-Auguste Donnet. C'est aussi cet été-là que, par un décret impérial daté du 11 août 1859 et sur la proposition du secrétaire d'état au département de l'Algérie et des colonies, il est nommé chevalier de la Légion d'honneur, puis, le 20 décembre 1859, comte, titre confirmé en France le 18 août 1861.
Mais les qualités de Forcade sont appréciées en métropole et l'on envisage de lui confier un siège épiscopal plus prestigieux. Alors que, le 16 juillet 1860, il envoie une lettre à Donnet pour l'informer du décès de Louis-Martin Porchez, évêque de Fort-de-France, le cardinal lui envoie une réponse sans équivoque :
« Vous avez été, Monseigneur, le digne interprète de la douleur publique, dans les paroles si bien inspirées et si vivement senties que vous avez fait entendre en présence du cercueil de votre vénérable collègue. J'ai beaucoup aimé la délicate pensée que vous avez eue d'associer le souvenir de Mgr Le Herpeur à celui de Mgr Porchez, et l'apostrophe de la fin aux montagnes de la Martinique : Montes Gelboe, nec ros, nec pluvia veniat super vos.
Je vous fais mon sincère compliment et je désire que la voix qui pleure si bien dans les funérailles et qui a résonné avec tant d'éloquence dans notre dernier concile, puisse bientôt se faire entendre dans quelqu'une des cathédrales du continent, car je travaille à vous y ramener... »
— Ferdinand-François-Auguste Donnet, (cité in La France pontificale..., op. cit., p. 123, 124).
Quelques semaines plus tard, Théodore-Augustin Forcade doit quitter son diocèse de Guadeloupe.

Nevers (1860-1873)
Par un décret impérial, Théodore-Augustin Forcade est nommé évêque de Nevers à l'âge de 44 ans, le 11 décembre 1860, suite au décès de Dominique-Augustin Dufêtre. Préconisé au consistoire du 18 mars 1861, il prête serment devant l'Empereur Napoléon III le 28 avril 1861. C'est le 16 mai qu'il fait son entrée solennelle à Nevers. Lors du banquet qui suit son installation, l'évêque fait installer à sa table vingt pauvres de la ville. Il publie ensuite une lettre qu'il fait lire dans toutes les églises du diocèse et visant à encourager les fidèles de l'Église. Augustin-Joseph Crosnier, dans ses Études sur la liturgie nivernaise : son origine et ses développements (1868), indique que « lorsque Mgr Forcade arriva à Nevers, il fut heureux d'y trouver la liturgie romaine solidement établie. » Mais le clergé profite de son arrivée pour demander un supplément au rituel pour divers types de cérémonies, tant pour les bénédictions particulières que pour les cérémonies réservées aux évêques. Afin de satisfaire à cette demande, Forcade obtient un indult le 2 mars 1865 qui l'autorise à admettre dans son diocèse toutes les bénédictions déjà autorisées dans d'autres diocèses de France.
Dès son arrivée à Nevers, Forcade entreprend une visite des paroisses de son diocèse, commençant par Fourchambault le 23 juin 1861. La veille, un ouragan ravage plusieurs communes, dont Moulins-Engilbert, Fours et Luzy. L'évêque fait un appel à la charité publique pour venir en aide aux sinistrés. Le 2 juillet, il bénit une église construite à La Celle-sur-Loire.

L'opposition à Baroche
Alors que le Second Empire fait régner l'autorité sur la France, le ministre de la Justice Pierre Jules Baroche, de tendance résolument conservatrice, mène à partir de 1863 une politique centralisatrice. Le 8 décembre 1864, le pape Pie IX publie une encyclique nommée Quanta cura. Le ministre Baroche informe alors tous les évêques de France que le Conseil d'État est saisi de l'examen d'un projet de décret visant à censurer une partie de cette encyclique dans l'Empire français, sur la base de la loi du 18 germinal an X, appliquant le Concordat de 1801. Cette décision ulcère l'épiscopat français et de nombreuses voix s'élèvent pour protester contre le projet. Parmi celles-ci, se trouve Forcade qui écrit une lettre à Baroche le 10 janvier 1866 :
« [...] J'ai le profond regret d'être obligé de vous dire que nous sommes tous autant effrayés qu'affligés. Nous ne craignons rien pour l'Église. Elle a des promesses d'immortalité ; mais ces promesses ne sont que pour l'Église. [...] [Nous] ne pouvons oublier qu'en des circonstances toutes semblables l'Esprit Saint n'inspira pas [aux Apôtres] d'autres réponses et ne leur traça pas d'autre règle de conduite que celle-ci : Obedire oportet Deo magis quam hominibus [5]. »
— Signé « AUGUSTIN, évêque de Nevers », cité in La France pontificale..., op. cit., p. 125, 126.
Il s'agit ni plus ni moins d'une menace de désobéissance. Dans la foulée, Forcade écrit une lettre au Journal de la Nièvre pour informer les lecteurs de la mauvaise application de la loi qui est faite selon lui. Enfin, il adresse un mandement à son clergé et ses diocésains leur enjoignant « une adhésion complète à l'enseignement du souverain-pontife. »

Les visions de Bernadette Soubirous
Durant son office à l'évêché de Nevers, Théodore-Augustin Forcade entend parler de Bernadette Soubirous et des 18 apparitions qu'elle affirme avoir reçues entre février et juillet 1858. Un jour, il lui demande si sa vocation ne lui aurait pas été prédite à la grotte de Massabielle, à quoi la jeune fille répond : « Ah ! Monseigneur !... ». Le 25 septembre 1863, il a un entretien avec elle, alors qu'elle est hébergée à l'École des indigents de l'hospice de Lourdes. Au cours de cet entretien, il promet à Bernardette Soubirous d'être dispensée du paiement d'une dot pour devenir religieuse et, malgré son état de santé précaire, souhaite l'envoyer chez les sœurs de la Charité à Nevers, dans un couvent tenu par Louise Ferrand, mère supérieure, afin de s'y instruire. Louise Ferrand accepte la demande de l'évêque, lui disant : « Monseigneur, elle sera un pilier de l'infirmerie. » Finalement, le 4 juillet 1866, la jeune fille quitte Lourdes pour le noviciat de Nevers.
À la mort de Bernadette Soubirous, l'évêque, devenu archevêque d'Aix, publie une Notice sur la vie de sœur Marie-Bernard. À Nevers, il est fermement convaincu de la sainteté de la jeune femme, même s'il avoue qu'il aurait pu la « lâcher complètement ». À l'occasion de la visite de l'archevêque de Reims Jean-François Landriot au diocèse de Nevers, Forcade a affaire à un homme sceptique sur les apparitions prêtées à Bernadette Soubirous. Il raconte dans sa Notice sur la vie de sœur Marie-Bernard :
« Pendant le dîner, la conversation vint à tomber, je ne sais trop comment, sur Lourdes et Bernadette. Après avoir écouté quelques instants en silence, Mgr Landriot, avec son franc-parler ordinaire, me dit à brûle-pourpoint : "Votre Bernadette, moi, je n’y crois pas ! — Comme il vous plaira, mon cher seigneur ; Bernadette n’est assurément pas un article de foi. Permettez-moi cependant de vous demander si vous l’avez jamais vue. — Non, et je n’ai aucune envie de la voir. — Pourquoi cela ? — Parce que je n’y crois pas. — Mais qui sait si, après l’avoir vue, vous n’y croiriez pas ? — Il n’y a pas de danger !"
Après le repas, dès que je pus me trouver seul avec mon vénérable ami, je ne lui dissimulai pas que je l’avais trouvé un peu vif à l’endroit de Bernadette, et je lui demandai formellement, en manière de réparation, d’aller la voir avec moi le lendemain matin. "Vous êtes, lui dis-je, un savant homme et un habile ergoteur. Si vous parvenez à la dérouter sur le fait des apparitions de Lourdes, et à me démontrer ainsi, soit qu’elle se trompe, soit qu’elle nous trompe, vous me rendrez un grand service. Je ne tiens aucunement à faire vis-à-vis d’elle un métier de dupe, et je vous déclare que dans ce cas je la lâche immédiatement."
Mon cher confrère me répondit du bout des lèvres : "Nous verrons cela, je ne dis pas non." Mais il n’en restait pas moins clair que ma proposition ne lui souriait guère. Néanmoins je fis atteler le lendemain dès qu’il eut dit sa messe, et j’allai le prendre. Il dut me suivre bon gré mal gré et, pendant le court trajet qui sépare l’évêché de Saint-Gildard, préparant sans doute sa thèse, il paraissait tout pensif. On amène enfin devant nous sœur Marie-Bernard, et, avec une sorte de petite rage, il s’en donne à cœur-joie. Il la presse de questions et d’arguments, la tourne et la retourne dans tous les sens, comme aurait pu le faire un vieil examinateur de profession, entre les plus intraitables. La sœur, sans se déconcerter un instant, répond à tout, en termes laconiques, mais clairs, précis et pleinement satisfaisants. Fatigué plus tôt qu’elle, il abandonne le terrain, et nous nous retirons. Dès que nous sommes remontés en voiture : "Eh bien ! me dit-il, maintenant j’y crois. J’y crois, parce que je suis battu, et que je ne puis m’expliquer comment, en dehors d’une assistance surnaturelle, une naïve et ignorante pastourelle des Pyrénées m’a si facilement et si complètement exécuté..." »
Les années de Théodore-Augustin Forcade à Nevers
Théodore-Augustin Forcade demeure évêque de Nevers pendant près de 14 années. Durant cette période, il bénit de nombreux bâtiments religieux de la région où il exerce. Ainsi, le 5 mai 1860, il bénit la chapelle du château de La Chaux (Saône-et-Loire). Le 31 août 1864, il bénit devant une foule de fidèles et de prêtres la nouvelle église de Mhère (Nièvre), commencée en 1861 et achevée trois ans plus tard.
À partir d'octobre 1865, la Guadeloupe est frappée par une violente épidémie de choléra. Dans la seule journée du 22 novembre, 167 personnes meurent à Basse-Terre et 54 à Pointe-à-Pitre. Ému par la situation, Forcade organise des secours à destination de l'île et préside un comité de dames chargé de réunir et de centraliser les secours sous le patronage de l'impératrice Eugénie de Montijo. En mars 1866, celle-ci fait notamment don de deux lots à la loterie organisée pour rassembler des fonds pour la Guadeloupe.

Aix-en-Provence (1873-1885)
Théodore-Augustin Forcade est nommé archevêque d'Aix-en-Provence le 21 mars 1873. Il est à l'origine de deux institutions catholiques d'Aix : le collège catholique et le comité catholique diocésain. On lui doit aussi le journal La Semaine religieuse, ainsi que plusieurs cercles ouvriers. On peut voir en la cathédrale Saint-Sauveur un plateau ayant appartenu à l'archevêque et classé monument historique et propriété de l'État depuis le 13 juin 1988. Ses armoiries et sa devise y figurent.
Le 18 mai 1875, devant une foule de 3 000 personnes, il inaugure la croix de Provence, édifice religieux construit au sommet de la montagne Sainte-Victoire, à l'est d'Aix-en-Provence. Pour l'occasion, alors qu'un texte est écrit sur chaque face du socle, l'un en grec, un autre en français, le troisième en latin et le dernier en provençal, le texte français, tourné dans la direction de Paris lui est consacré. Il dit : « Croix de Provence, bénite par Monseigneur Théodore-Augustin Forcade, Archevêque d'Aix, Arles et Embrun le 18 mai 1875. »

Opposant des lois Ferry
En 1879, Forcade va trouver dans les lois Ferry un cheval de bataille qu'il va combattre sans faiblesse. Ces lois, connues sous la dénomination de « Loi de séparation des Églises et de l'État » et, quelques années plus tard, les Lois Jules Ferry, préconisent l'éviction des religieux de l'enseignement. Il écrit une lettre enflammée qui est lue dans toutes les églises. Son combat provoque des remous à Paris et le Conseil d'État le condamne. Mais comme sa hiérarchie le soutient, Forcade restera jusqu'à sa mort un fervent partisan de l'enseignement religieux à l'école.

Mort du choléra
À l'occasion d'une visite à des malades atteints du choléra à Lançon-Provence, il tombe malade et meurt à Aix-en-Provence le 12 septembre 1885. Son corps est inhumé dans la chapelle du Corpus Domini (cathédrale Saint-Sauveur).

PERSONNALITÉ DE THÉODORE-AUGUSTIN FORCADE
Théodore-Augustin Forcade est un évêque très actif dans son ministère, quels que soient les lieux où il l'exerce. Sa correspondance est abondante et se chiffre en plusieurs milliers de lettres. L. Bozzetto-Ditto dit de lui que son portrait est pourtant nuancé : « entrain, gaieté, loyauté, courtoisie ; c'est un travailleur acharné, capable de toutes les formes de pauvreté, bienveillant, charitable, courageux, direct et franc ; mais c'est aussi "une main pas toujours douce, pleine de raideur [6]" ; il est parfois trop impulsif, d'une "fermeté rigoureuse, autoritaire", il n'est "pas diplomate". » Il rend de fréquentes visites à ses ouailles malgré le danger. Ses visites à des cholériques de Lançon-Provence le montrent.

ARMORIAL ET TITRES DE THÉODORE-AUGUSTIN FORCADE
Les armes nivernaises de Théodore-Augustin Forcade se décrivent ainsi :
Écartelé : au 1 de gueules, au lion d'or ; au 2 coupé en chef d'azur, à dix losanges d'argent rangés 5 et 5, et en pointe d'azur, au lion léopardé d'argent ; au 3 d'argent, à cinq losanges d'azur en bande ; et au 4 d'argent, à deux épées de gueules en sautoir.
Sa devise est : Fortitudo mea Dominus.
Outre les titres de chevalier de la Légion d'honneur (1859) et de comte (1859 aussi), Théodore-Augustin Forcade a également d'autres titres : prélat au trône pontifical, chanoine d'honneur des diocèses d'Amiens et de Basse-Terre, chevalier de grâce de l'Ordre constantinien des Deux-Siciles (1858) et commandeur de l'Ordre royal de l'Étoile polaire de Suède (17 mai 1861).


Texte de Jean Marie Desbois écrit en mai 2010 pour Wikipédia sous licence Creative Commons paternité-partage des conditions initiales à l'identique 3.0 et GFDL.
Photographies : Domaine public.


[1] La France pontificale (Gallia christiana), histoire chronologique et biographique des archevêques et évêques de tous les diocèses de France depuis l'établissement du christianisme jusqu'à nos jours, divisée en 17 provinces ecclésiastique, Honoré Fisquet, éd. E. Repos, Paris, 1864-1873, p. 121.
[2] Ce sont principalement Hideyoshi Toyotomi en 1587 et le shogunat Tokugawa en 1602-1610 qui formulent des interdictions formelles du christianisme sur le sol du Japon.
[3] Honoré Fisquet ne précise pas la nature de ces événements. Théodore-Augustin Forcade reste bien en charge du diocèse de Tōkyō et de Hong-Kong, mais dans les faits, sa présence en Europe l'en empêche.
[4] Il s'agit de Pierre-Marie-Gervais Lacarrière (1850-1853).
[5] « Il importe d'obéir à Dieu plus qu'aux hommes. »
[6] « Mgr Forcade inaugure la croix de Provence », L. Bozzetto-Ditto, in Deux siècles d'Aix-en-Provence. 1808-2008, Académie d'Aix éditions, Aix-en-Provence, 2008, p. 116, 117.


Le clocher Saint-Denis à Reillanne

Voici une photographie postée écrite le 2 mai 1917 et postée le lendemain. Elle représente une vue générale du village de Reillanne, dans les Basses-Alpes (Alpes-de-Haute-Provence). « Je suis arrivé en bonne santé à Vachères ; en ce moment je suis de passage à Reillanne... », écrit l'expéditeur.


Photographie : coll. pers. Jean Marie Desbois


Photographies anciennes de Reillanne

Faits divers de Trets (Bouches-du-Rhône)


XIXe siècle.

Trets - Faits divers

Photographies anciennes de Reillanne


Photographie : coll. pers. Jean Marie Desbois




Note quant à la réutilisation : ces images ont été acquises moyennant paiement, parfois conséquent. Elles peuvent toutefois être réutilisées gratuitement à condition qu'elles soient mises à la disposition de lecteurs à titre tout aussi gratuit et que la mention «collection personnelle Jean Marie Desbois » leur soit attribuée.

L'homme mort de la Durance (Cabannes, 14 novembre 1817)

« L'an mil huit cent dix-sept et le quatorze novembre, sur les onze heures avant midy, nous maire de la commune de Cabannes [1], canton d'Orgon, troisième arrondissement du département des Bouches-du-Rhône, ayant été informé qu'un cadavre avait été trouvé sur le bord de la Durance, dans le territoire de cette commune, aurions requis le sieur Jérôme Alexandre Pontannier, officier de santé, de nous accompagner sur le lieu où ledit cadavre avait été trouvé, à l'effet d'en faire la visite, où, étant accompagné des sieurs Victor Justinien Francony, secrétaire de la mairie, ainsi que du sieur Pierre Ricard, meunier, domiciliés audit Cabannes, aurions réellement trouvé sur le bord de ladite rivière de Durance un cadavre de sexe masculin, laissé apparemment par les dernières crues d'eau de ladite rivière, à nous absolument inconnu, ainsi qu'aux assistants, couvert seulement d'une chemise d'une toile grossière, ayant les manches plissées au bout, avec un bord tel que les portent les gens de la campagne et sur laquelle nous n'avons pu reconnaître aucune marque, ayant encore au-dessous de la tête un mauvais mouchoir à quadrille rouge tout percé et usé, portant pour marque les lettres J. B., grossièrement faites avec du fil blanc.
Avons de suite requis ledit sieur Pontannier d'en faire la visite, d'après laquelle il nous a déclaré que ledit cadavre n'avait aucun coup ni blessure qui lui paraissaient avoir été faites par un instrument qui coupe, qu'il était tombé depuis plusieurs jours en putréfaction, qu'il lui paraissait avoir été noyé depuis environ quinze jours et qu'il était totalement méconnaissable, paraissant néanmoins être âgé d'environ vingt-cinq ans et avoir été employé aux travaux pénibles de l'agriculture, ayant la peau de l'intérieur des mains détachée et étant d'une épaisseur et d'une dureté qui le donnait à connaître.
Ayant ensuite examiné si nous pourrions en prendre le signalement, aurions seulement reconnu qu'i avait la taille d'un mètre soixante-dix-huit millimètres et, comme l'état de putréfaction dans lequel il se trouve nous a empêché de le faire transporter au cimetière public, crainte qu'il ne tombe en lambeaux le long de la route, avons ordonné l'inhumation dans le lieu même, ce qui a été exécuté en notre présence et nous avons de tout ce que dessus dressé le présent procès-verbal qu'ont signé avec nous lesdits Pontannier, officier de santé, Francony et Ricard, témoins, lequel sera transcrit dans les vingt-quatre heures sur les registres des actes de décès de cette commune, et envoyé de suite à M. le procureur du roi, près le tribunal civil de cet arrondissement. »
  • Registre d'état-civil de Cabannes.
  • Photographie : DR.


[1] Le maire est alors Jean-Baptiste Bonnet d'Hauterive.


Faits divers de Cabannes (Bouches-du-Rhône)


XIXe siècle.

Cabannes (Bouches-du-Rhône)

Commune des Bouches-du-Rhône (13 018), Provence-Alpes.
4 291 habitants en 2007 (4 119 en 1999).
20,91 km2.

 



Voici quelques liens qui vous pourront vous guider si votre généalogie vous mène à Cabannes.


FAITS DIVERS

Alexandre Isaïloff (né en 1869), le peintre grec de Marseille

Contrairement à ce qui peut parfois être lu, Alexandre Isaïloff ne serait pas né à Marseille le 12 janvier 1870 de parents grecs, mais à Constantinople deux semaines plus tôt, ville d'où sa famille aurait émigré peu après sa venue au monde. Il suit les cours de Régnier à l'École nationale des beaux-arts, puis de Jean-Baptiste Olive, le fameux peintre marseillais, études à l'issue desquelles il embrasse la carrière de peintre et de dessinateur.  Il parfait sa préparation par un voyage en Orient d'où il revient en France et s'installe à Paris. Il expose entre autres au salon des Champs-Élysées son aquarelle intitulée Oursinade (1899). Il est l'auteur de toiles consacrées aux paysages méditerranéens (Provence, Italie).
Il aura rassemblé quelques prix au long de sa carrière, comme le diplôme d'honneur à l'Exposition nationale du travail à Paris en 1898 ou le Grand-Prix de l'ex-Nationale du travail, à Paris, l'année suivante.


Un mort à la prison (Marseille, 25 décembre 1793)

« L'an second de la république française, le sept nivôse après-midi, pardevant nous officier public de Marseille et dans la maison commune, est comparu le citoyen Marcelin Garnier, assesseur remplissant les fonctions de juge de paix du septième arrondissement du canton de Marseille, officier de police de sûreté, lequel, pour se conformer à l'article huit du titre cinq, section cinq, de la loi du vingt septembre mil sept cent nonante-deux (vieux stile), nous a remis ce jourd'huy une expédition en forme d'un verbal par lui dressé le jour d'hier, par lequel il conste qu'en vertu de la réquisition à lui faite par les membres du comité de surveillance portant de se rendre à la maison d'arrêt pour procéder à la vérification et reconnaissance d'un homme mort dans ladite maison, il s'y est transporté en compagnie de deux citoyens et son greffier où, étant arrivé, il s'est porté à l'endroit où l'homme mort était dans son lit et, de même suite, il a requis les citoyens Courchet, chirurgien, et Barthélemy Benoit, médecin, de procéder à la vérification du cadavre, lesquels, sous serment, y ont procédé, déclarant s'être porté dans la maison de détention Sainte-Claire pour faire sa visite ordinaire où, étant, ils ont trouvé le nommé Joseph Nicolas, mort dans son lit depuis les cinq heures du soir du cinq de ce présent mois, après l'avoir exactement visité partout son corps, ils ont jugé qu'il était décédé de mort naturelle et, de suite, le citoyen Joseph Meudrit, âgé de dix-huit ans, commis négociant, demeurant rue Sainte, maison huit, lequel, sous serment, a dit être de garde à ladite maison [de] détention depuis midi du cinq de ce mois et qu'il reconnaît ledit homme pour être le citoyen Joseph Nicolas, caissier, âgé d'environ soixante-deux ans, époux d'Euphrosine Élisabeth Barbaroux, demeurant hors la porte Saint-Victor, ainsy que le citoyen Arnoul Martin l'a déclaré de même, d'après lequel renseignement, nous avons dressé le présent acte pour qu'il en conste et avons signé. »

  • Registre d'état-civil de Marseille, municipalité unique

Le titre V, section V de la loi du 20 septembre 1792

Le titre V, section V de la loi du 20 septembre 1792 fait allusion à l'enregistrement des décès à l'état-civil.

Art. 1er. - La déclaration du décès sera faite par les deux plus proches parents ou voisins de la personne décédée, à l'officier public dans les vingt-quatre heures.

Art. 2. - L'officier public se transportera au lieu où la personne sera décédée et, après s'être assuré du décès, il en dressera l'acte sur les registres doubles. Cet acte contiendra les prénoms, nom, âge, profession et domicile du décédé, s'il était marié ou veuf ; dans ces deux cas, les prénoms et nom de l'épouse ; les prénoms, noms, âge, profession et domicile des déclarants ; et au cas qu'il soient parents, leur degré de parenté.

Art. 3. - Le même acte contiendra de plus, autant qu'on pourra le savoir, les prénoms, noms, âge, profession et domicile des père et mère du décédé, et le lieu de sa naissance.

Art. 4. - Cet acte sera signé par les déclarants et l'officier public ; mention sera faite de ceux qui ne sauraient ou ne pourraient signer.

Art. 5. - En cas de décès dans les hôpitaux, maisons publiques ou dans des maisons d'autrui, les supérieurs, directeurs, administrateurs et maîtres de ces maisons seront tenus d'en donner avis dans les vingt-quatre heures, à l'officier public, qui dressera l'acte de décès sur les déclarations qui lui auront été faites, et sur les renseignements qu'il aura pu prendre concernant les prénoms, nom, âge, lieu de naissance, profession et domicile du décédé.

Art. 6. - Si dans le cas du précédent article, l'officier public a pu connaître le domicile de la personne décédée, il sera tenu d'envoyer un extrait de l'acte de décès à l'officier public au lieu de ce domicile, qui le transcrira sur ses registres.

Art. 7. - Les corps de ceux qui auront été trouvés morts avec des signes ou indices de mort violente, ou autres circonstances qui donnent lieu de le soupçonner, ne pourront être inhumés qu'après que l'officier de police aura dressé procès-verbal, aux termes de l'article 2 du titre III de la loi sur la police de sûreté.

Art. 8. - L'officier de police, après avoir dressé procès-verbal de l'état du cadavre et des circonstances y relatives, sera tenu d'en donner sur le champ avis à l'officier public, et de lui en remettre un extrait contenant les renseignements sur les prénoms, nom, âge, lieu de naissance, profession et domicile du décédé.

Art. 9. - L'officier public dressera l'acte de décès sur les renseignements qui lui auront été donnés par l'officier de police.

Apoplexie foudroyante (Aix-en-Provence, 7 janvier 1874)

« L'an mil huit cent, etc.
Nous, Hivert, Pierre-Antoine, commissaire de police de la ville d'Aix,
S'est présenté le sieur Baudouin Eugène, âgé de 53 ans, employé, demeurant à Aix, rue Isolette n° 9, lequel nous a déclaré que, informé par les voisins que le sieur Vadon Joseph, âgé de 68 ans, cultivateur, né et domicilié à Aix, rue des Bernardines, n° 20, au 1er étage, où il habitait seul, était légèrement indisposé depuis quelques jours et qu'il n'avait point été vu dans la journée d'hier, sa porte étant fermée intérieurement, il a cru devoir faire ouvrir la dite porte, assisté des voisins et que, alors, ils ont trouvé ledit Vadon mort et couché dans son lit.
Nous nous sommes de suite transporté sur les lieux, assisté de M. le docteur Rimbaud, requis à cet effet, et avons constaté que ledit Vadon est couché dans son lit ; qu'il n'existe sur son corps aucune trace apparente de violence et que tout dans la chambre se trouve dans son état normal.
M. le docteur Rimbaud a constaté que la mort est le résultat d'une attaque d'apoplexie foudroyante [1] et que le décès peut remonter à 24 heures environ.
Fait à Aix, etc. »


[1] L'apoplexie foudroyante est, à cette époque,  le terme employé pour désigner une crise cardiaque.

  • Registre d'état-civil d'Aix-en-Provence.
  • Illustration : Pierre le Grand sur son lit de mort, anonyme, 1725.


Mirabeau (Alpes-de-Haute-Provence)

Commune des Bouches-du-Rhône (04122), Provence-Alpes.
429 habitants en 2006 (394 en 1999).
18,22 km2.

 
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FAITS DIVERS

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