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Janvier 2012 - 11e année - numéro 122

Les Trémaïé des Baux-de-Provence, étonnant bas-relief antique


Les Trémaïé (provençal Tremaïe, /trema:je/) sont un bas-relief rupestre daté de l'époque gallo-romaine situé dans la commune des Baux-de-Provence (Bouches-du-Rhône). Ce bas-relief est associé, depuis le XVIIe siècle au moins au culte rendu aux saintes Maries qui, selon la tradition, auraient accosté sur une barque en Provence au Ier siècle.

L'accès se fait par un sentier de randonnée.

Historique
Les Trémaïé sont sculptées sur un rocher situé au sud-est du plateau des Baux-de-Provence, en contrebas du château des Baux. Selon le préfet des Bouches-du-Rhône, Christophe de Villeneuve-Bargemon, ce rocher se serait écroulé depuis le plateau. Il mesure 7,60 mètres sur 4,50 mètres. Le bas-relief est sculpté dans une niche de 2 mètres sur 1,35 mètre, elle aussi sculptée, et ornées d'acrotères.

Comme le rocher se trouve dans une position instable, menaçant de continuer à rouler, une chapelle lui est accolée depuis le XIXe siècle, 1845 précisément, afin de le stabiliser complètement. De 1830, début du culte catholique lié aux Trémaïé, jusqu'à 1910 environ, les habitants des Baux y effectuaient un pèlerinage tous les 25 mai. Pour l'occasion, ils portaient une petite statue polychrome représentant la barque sur laquelle les Trois Maries débarquèrent en Provence. Participer à ce pèlerinage était moins onéreux pour les habitants des Alpilles que d'effectuer le pèlerinage des Saintes-Maries-de-la-Mer, en Camargue.

Légende des Trois Maries
Le monument a reçu, au XVIIe siècle au plus tard, le nom provençal de Tremaïe («Trois Maries»). Les habitants des Baux voyaient dans ce bas-relief trois femmes, qu'ils associaient aux compagnes du Christ, connues sous le nom de saintes Maries : Marie-Madeleine, Marie Salomé, mère des apôtres Jean et Jacques et Marie Jacobé. Cette identification est erronée, ne serait-ce que par le fait que les trois personnes sculptées sont en fait un homme (à gauche) et deux femmes.

La tradition de voir dans ce bas-relief les visages des saintes Maries remontent à la croyance provençale séculaire selon laquelle ces trois femmes, montées dans une barque à Joppé, en Palestine, accostèrent sur le plateau du château des Baux – selon la légende, en effet, la mer bordait la chaîne des Alpilles en ce temps-là.

Description du monument
Le bas-relief des Trémaïé se trouve à 4 mètres au-dessus du niveau du sol, juste au-dessus du toit de la chapelle. Il représente trois personnages : un homme et deux femmes grandeur nature ; les statues mesurent entre 1,75 m et 1,83 m. La tête des deux personnages excentrés est légèrement tournée vers le personnage central.

L'archéologue Isidore Gilles (1870) voyait dans ses figures les statues du consul Marius, sa femme Julia et la prophétesse Marthe, rejoignant en cela une partie de la tradition. Pour Antoine Héron de Villefosse, le personnage au centre est la déesse Diane. Pour Rochetin, il faut voir dans ce personnage une déesse mère.

Une épitaphe a été identifiée en dessous du bas-relief, indiquant avec une certitude absolue qu'il s'agit d'un relief votif gallo-romain. De mauvaise qualité, car effacée par le temps, elle a été lue de deux manières différentes :

  • Christophe de Villeneuve-Bargemon (1824) lit : « [- - -]f Caldus / [- - -]ae posuit P[- - -]. »
  • A. Héron de Villefosse (vers 1880) lit : « [- - -]f Caldus / [- - -]ou pro sal /[- - -]uricus. »
  • M. Janon (1965), lit : « [- - -]f(ilius) Caldus / [- - -]pro salute /[- - -]. »
La lecture faite par Janon, et de manière approchante, celle des deux autres, peut se traduire par : « [...], fils de [...] Caldus, pour le salut de [...]. » Le f de l'épitaphe pouvant aussi se lire filia, il est envisageable que les deux personnages excentrés sont les parents de la jeune fille située au centre, coiffée d'une haute chevelure et voilée, qu'il recommandent à une divinité gallo-romaine.

Bibliographie
« Les bas-reliefs rupestres des Trémaïé et des Gaïé », in Les Alpilles, encyclopédie d'une montagne provençale, G. Barruol, éd. Les Alpes de Lumière, Forcalquier, 2009, p. 160, 161.
* « Les Alpilles et la Montagnette », Carte archéologique de la Gaule, t. 13/2, 1999, p. 124-127.

Licence
Texte et photographies de Jean Marie Desbois, réalisés en avril 2010 pour Wikipédia et placés sous licence Creative Commons.


Tués du tonnerre (Lorgues, 23 août 1626)

« Le 23 août 1626 veille de la St Barthélémy, Barthélémy Mouriès et son fils Nourat sont été tués du tonnerre dans un cabanon au terroir des Trou [?] et sont été enterrés le jour de la St Barthélémy au devant de l'autel de St Éloy. »
[Dalmas sacristain]

  • Registre paroissial de Lorgues.
  • Texte transmis par Claudine Laffitte.
  • Photographie : © Aka, 2005. Creative Commons Paternité – Partage des conditions initiales à l’identique 2.5 générique.


Noyé dans l'étang (Saint-Martin-de-Crau, 7 août 1758)

« L'an mil sept cent cinquante huit et le neuvième jour du mois d'aoust a été ensevely dans le cimetière de cette paroisse un jeune homme nommé Paul (l'on ignore son nom de maison et celuy de sa patrie) natif d'un petit hameau tout près de Clément, diocèse de Sénez, s'étant noyé par son imprudence le sept du sus mois à deux heures après midy dans l'étang de Deseume [1], sur lequel il s'étoit exposé dans un mauvais petit bateau qui faisoit de l'eau pour aller chercher une macreuse. Témoins présents et soussignés Jacques Darmure et Jacques Peyre. »
[DARMURE, PEYRE, MARTIN curé]

  • Registre paroissial de Saint-Martin-de-Crau
  • Photographie : L'étang des Aulnes. © Jean Marie Desbois, 2001.


[1] Ancien nom de l'étang des Aulnes, nom créé par analogie.


Georges David (né en 1863), un avocat marseillais

Georges Léman David-Moyse est né le 14 août 1863 au 28, boulevard Notre-Dame, à Marseille. Il est le fils de Maurice David-Moyse, un négociant marseillais, et de Fortunée Amélie Hélène de Picciotto, même si son nom de naissance est David et ne devient David-Moyse que grâce à une rectification de son acte de naissance par le tribunal civil de Marseille en date du 29 mars 1884. En 1883, Georges David est inscrit comme avocat au barreau de sa ville natale. Il a un frère, Paul Gaston, lui aussi avocat.
Le 26 mai 1891, il épouse à Marseille Allegra Juliette Lumbroso (née en 1872), dont il aura trois enfants, alors qu'il est domicilié au 9, rue Dragon.
Outre son poste de rédacteur à La Revue internationale de droit maritime, il enseigne le droit commercial à la faculté marseillaise libre de droit.
La date et le lieu de son décès sont inconnus (Aix-en-Provence ?).


Photographie : Portrait de Georges David. DR.




Le boulevard central (Salin-de-Giraud)

Le village de Salin-de-Giraud, en Camargue, dépend de la commune d'Arles. Il a été construit à la fin du XIXe siècle pour permettre aux ouvriers des usines Solvay-Péchiney d'avoir un toit à proximité de leur lieu de travail. Le plan architectural est très sommaire et se constitue de trois rues. Le reste a été construit dans les décennies suivantes. La présente carte, datée de 1910, représente, semble-t-il la rue Mistral. Les deux autres rues, rue Mireille et rue Victor-Hugo, présentent la même allure monotone de maisons semblables alignées les unes aux autres. C'est là que des générations d'ouvriers, souvent venus d'Italie, ont vécu.
Consultez les relevés généalogiques de Salin-de-Giraud.


Photographie : coll. pers. Jean Marie Desbois


Photographies anciennes d'Arles - Salin-de-Giraud

Photographies anciennes de Salin-de-Giraud (Arles, Bouches-du-Rhône)

Photographie : coll. pers. Jean Marie Desbois




Note quant à la réutilisation : ces images ont été acquises moyennant paiement, parfois conséquent. Elles peuvent toutefois être réutilisées gratuitement à condition qu'elles soient mises à la disposition de lecteurs à titre tout aussi gratuit et que la mention « collection personnelle Jean Marie Desbois » leur soit attribuée.

Effondrement d'une maison (Lorgues, 22 novembre 1626)

Le 22 novembre 1626 Catherine Mureirys femme en son vivant de feu Peyron Codol et Catherine et Marguerite filles de la sus nommée sont été enterrées sous le pillon de l'autel de purgatoire à la grande nef pour être mortes d'un quartier de sa maison qui tomba [...] la mère et les filles.
[Dalmas sacristain]

  • Registre paroissial de Lorgues
  • Texte transmis par Claudine Laffitte
  • Illustration : DR.

Réfugiés à cause du mal contagieux (Saint-Martin-de-Crau, 29 janvier 1721)

« Jean de Saint-Martin, fils de Monsieur Charles de Saint-Martin et de dame Liluye Villards, est né le vingt-neuf et a été baptisé le trente janvier mille sept cent vingt un, son parrain a été sieur Chabourlet, sa marraine dame Élisabeth Coucheron de la ville d'Arles, réfugiés au mas dit la Taullière à cause du mal contagieux et soussignés avec nous. »

[Alix Cucheron, St Martin, Tourniayre curé]


Registre paroissial de Saint-Martin-de-la-Palud.




Un cadavre dans la Durance (Cabannes, 14 juillet 1826)

« L'an mil huit cent vingt-six et le quatorzième jour du mois de juillet, à cinq heures du soir, nous François Perrin, maire de la commune de Cabannes, officier de police auxiliaire de M. le procureur du roi, ayant été instruit par le nommé Gleize, cultivateur demeurant sur le terroir de cette commune, au mas de Duprat, qu'un cadavre se trouvait gisant sur un gravier aux Isles de la Durance, vis-à-vis dudit mas, nous sommes tout de suite rendus sur le bord de cette rivière, accompagné du sieur Francony, notre secrétaire et greffier, et de M. Pontannier, officier de santé, pour procéder à l'examen dudit cadavre ; après avoir traversé dans un bateau un bras de la Durance, avons reconnu sur un gravier depuis peu à sec, couché la face contre terre le corps d'un homme mort depuis longtemps, intérieurement tombé en putréfaction, n'ayant que peu de cheveux à la partie inférieure de la tête, sur le derrière, ayant la peau des mains et des pieds détachée des chairs, étant d'une taille moyenne, paraissant âgé d'environ trente ans, cheveux châtain clair, vêtu d'une veste de drap grisâtre doublée de toile blanche, gilet paraissant de velours, le derrière en gros drap appelé cadis de couleur verte, pantalon en filoselle rayée verte, n'ayant ni bas ni souliers.
Reconnaissant par l'odeur infecte qui s'exhalait de ce corps qu'il a été impossible de le faire transporter au cimetière public, en avons ordonné l'inhumation sur les lieux mêmes, à quoi a été procédé par le fossoyeur, lequel, en le tournant pour le mettre dans la fosse, nous a donné lieu d'apercevoir que, outre la cravate qu'il avait au col, il se trouvait encore sur la bouche un mouchoir qui paraissait y avoir été là à dessein. Il était entièrement défiguré, ce qui nous a empêché de reconnaître s'il avait reçu des coups avant d'avoir été entraîné par les eaux.
Ensuite, le fossoyeur, toujours en notre présence et des susdits, ayant fait la vérification de ses poches, autant que l'infection pouvait le permettre, il n'y a absolument rien trouvé. Après quoi le corps a été couvert de terre et de gravier et nous nous sommes retirés.
De tout quoi avons dressé le présent procès-verbal que nous avons signé avec lesdits Pontannier et Francony. »
  • Registre d'état-civil de Cabannes

Guillaume Garçonnet (1541-1543), premier président du Parlement de Provence

Guillaume Garçonnet (ou Garçonet) exerçait deux charges au Parlement de Provence, celles d'avocat général et de Garde des Sceaux [1], lorsqu'il fut élevé à la présidence, de laquelle il fut pourvu par lettres patentes de François Ier émises à Châtellerault le 18 juin 1541. Ce magistrat était de Poitiers et avait été conseiller au Parlement de Turin, avant de venir en Provence. Il avait été le premier des trois sujets que le Parlement avait nommés au roi pour remplir cette charge, comme cela se pratiquait alors. Les deux autres étaient Jean de Maynier, conseiller au Parlement, et Jean de Vega, avocat général au Parlement de Toulouse. Quant à Garçonnet, il était célibataire ce qui lui permettait de se consacrer exclusivement à sa profession.
Possédant des qualités qui pouvaient faire de lui un bon premier président, les témoignages contemporains évoquent la « grande tranquillité de son génie parmi les traverses des esprits inquiets, fâcheux et violents ». Il se retrouva opposé à ce genre d'individus, notamment en la personne de l'avocat général Guérin, contre lequel il n'opposa qu'un flegme qui se trouva à l'épreuve de toutes les saillies violentes du personnage. Ce Guérin, qualifié par César de Nostradamus d'« homme noir ainsi de corps que d'âme, autant froid orateur que persécuteur ardent et calomniateur effronté », finira pendu à Aix. Guillaume Garçonnet avait acquis de cet épisode le surnom de « Président pacifique ».
Sa réputation vint aux oreilles du roi qui le choisit pour présider les États du Languedoc. Il mourut à Montpellier le 5 octobre 1543.


Bibliographie
Portraits ou Éloges historiques des Premiers Présidents du Parlement de Provence, Pierre-Joseph de Haitze, Avignon, impr. D. Chastel, 1727.

Voir aussi



[1] À la nomination de Garçonnet à la tête du Parlement, la fonction de Garde des Sceaux est confiée à Balthazard de Jarente, évêque de Vence et grand président en la Chambre des Comptes.


Une toux violente à en tomber (Marseille, 31 décembre 1793)

« L'an second de la république française, le douze nivôse après-midi, pardevant nous officier public de Marseille et dans la maison commune, est comparu le citoyen Jean-Louis Boyer, assesseur en empêchement du premier arrondissement, canton de Marseille, lequel, pour se conformer à l'article huit du titre cinq, section cinq, de la loi du vingt septembre mil sept cent nonante-deux (vieux stile), nous a remis ce jourd'huy une expédition en forme d'un verbal par lui dressé le jour d'hier, par lequel il conste avoir accédé, accompagné de son secrétaire greffier, dans l'appartement où est décédé subitement le nommé Jacques Roche, maquignon, âgé d'environ soixante-deux ans, natif du Puy, département de la Haute-Loire, dans la rue des Chapeliers, île quatre cent cinquante trois, maison dix-sept au premier étage et, assisté des citoyens Jean-Pierre Gueyrard et Jean-Baptiste Imbert, locataires dans ladite maison, qui ont dit que cet homme se trouvant à dîner sur les onze heures chez le citoyen Amphoux, il lui a pris une toux violente, à la suite de laquelle il est tombé ; ayant fait appeler un chirurgien du voisinage pour lui donner de secours qui lui ont été inutiles, il a de suite requis le citoyen Jean-François Benoit, chirurgien, pour procéder à la visite du cadavre, lequel a dit qu'il croyait que sa mort avait été produite par une commotion au cerveau, y ayant reconnu au haut du temple droit l'impression d'un coup, d'après lequel renseignement et n'ayant pu en avoir d'autre, nous avons dressé le présent acte pour qu'il en conste et avons signé.
[GARRET M., off. pub.]

  • Registre d'état-civil de Marseille, municipalité unique

Nouveautés du mois de juin 2010


Biographies
Faits divers

La mort du sieur Noël (Aix-en-Provence, 7 février 1874)

L'an mil huit cent, etc.
Par devant nous, Hivert, Pierre-Antoine, commissaire de police de la ville d'Aix, etc.
S'est présenté le sieur Garès Antoine, âgé de 40 ans, tenant le Café américain, sur le cours, n° 17 bis, à Aix, lequel nous a fait la déclaration suivante :
Le sieur Noël, Pierre-Pons, âgé de 77 ans, né à Lunel (Hérault), agent d'assurances, domicilié à Aix, fréquentait habituellement mon établissement. Hier, dans l'après-midi, il paraissait indisposé, mais il ne se plaignait pas, lorsque, vers six heures du soir, il est allé aux lieux de ma maison. Un instant après, un autre consommateur se rendant également aux lieux, l'a trouvé étendu dans le couloir et pouvant à peine parler. Des soins empressés lui ont été immédiatement prodigués, puis il a été transporté au bureau de police et, de là, à l'hospice civil où il est mort peu de temps après son entrée, sans avoir pu prononcer une parole.
Nous, commissaire de police, nous sommes de suite transporté à l'hospice, assisté de M. le docteur Rimbaud, requis à cet effet, qui a constaté que la mort était le résultat d'une attaque d'apoplexie.
Nous avons trouvé en sa possession un passeport qui constate son identité, délivré à Nîmes le 27 juin 1861, et divers papiers parmi lesquels des lettres de son fils Gustave qui serait employé chez le sieur Guichard Prosper, limonadier à Sétif (Algérie) et d'un beau-frère nommé Vampère, qui habite Paris.
Il résulte en outre des renseignements recueillis que le sieur Noël était dans une position de fortune très médiocre, qu'il laisse beaucoup de dettes à Aix, et qu'il était sans domicile fixe depuis quelque temps par suite de la difficulté qu'il éprouvait de trouver un logeur qui voulut l'accepter.


Photographie : Le bas du cours Mirabeau au début du siècle dernier. Coll. J. M. Desbois


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