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Janvier 2012 - 11e année - numéro 122

Morte de la lèpre (Martigues, 20 décembre 1703)


Le vingt de décembre de l’année 1703, Marie Bastide, âgée d’environ quarante-cinq ans, femme de Jean Bruneu, matelot, est décédée dans la communion de notre s[ainte] mère Église et a esté ensevelie le même jour dans le cimetière de Saint-Lazare, étant atteinte de la lèpre, après avoir été munie des sacrements, en présence de mestre Fabre, curé, et de messire Tourve, prêtre et secondaire de cette paroisse.
[Signatures]

  • Registre paroissial de Martigues - Jonquières
  • Texte signalé par Géraldine Surian


Attaque cérébrale (Aix-en-Provence, 22 avril 1874)

L’an mil huit cent soixante, etc.
Nous, Hivert Pierre Antoine, commissaire de police de la ville d’Aix, etc.
Informé par les soins du sieur Freccero Jean Baptiste, employé à la fabrique de laine de M. Fageon, au quartier des Infirmeries, à Aix, que sa belle-mère, la nommée Venturini Madeleine, veuve Debenedetti, âgée de 55 à 60 ans, demeurant avec lui et sa femme dans un local dépendant de la susdite fabrique au premier étage, avait été relevée mourante à la suite d’une chute qu’elle avait fait à deux heures de l’après-midi dans les escaliers en pierres conduisant du rez-de-chaussée à leur domicile commun et qu’elle était morte quelques instants après, sans avoir pu prononcer d’autres paroles que ces dernières : « Je ne puis plus parler », dites du voix éteinte.
Nous nous sommes de suite transporté sur les lieux, assisté de M. le docteur Rimbaud, requis à cet effet, lequel a constaté que la mort était le résultat d’une attaque d’apoplexie foudroyante.
Il résulte en outre des renseignements que nous avons recueillis sur les lieux que la défunte vivait en bonne intelligence avec son gendre et sa fille, qu’elle n’était pas malade et que, dans la matinée, elle avait encore déjeuné gaiement avec les autres ouvrières de la fabrique et qu’il n’existe aucun indice pouvant attribuer la mort à un crime.
Fait à Aix, etc.

  • Archives communales d'Aix-en-Provence
  • Illustration : La Folle ou La Monomane de l'envie, Théodore Géricault, c. 1822, musée des Beaux-Arts de Lyon


L'avenue de la Place-de-la-République (Maussane-les-Alpilles)

Voici une photographie postée écrite le 10 septembre 1909 représentant l'avenue de la Place-de-la-République (aujourd'hui avenue de la Vallée-des-Baux), à Maussane-les-Alpilles. Elle a été envoyée par un habitant de Maussane dont le nom reste inconnu. On sait seulement qu'il fabriquait de l'huile d'olive, activité séculaire dans la vallée des Baux et encore très présente aujourd'hui. La carte, envoyée de Maussane à Lignan (Hérault), se lit ainsi : « Chère Délicia. Rien de nouveau à Maussane et en ce moment nous sommes en train de goûter un repos bien mérité... J'ai oublié en partant de demander à ton papa s'il désirait l'huile de l'année dernière ou bien celle de cette année qu'on va faire bientôt. Si vous ne voulez pas attendre, je vous l'enverrai de suite. »


Photographie : coll. pers. Jean Marie Desbois



Photographies anciennes de Maussane-les-Alpilles

Le noyé de la Durance (Champcella, 13 mai 1868)

« L’an mil huit cent soixante huit et le treize du mois de mai à cinq heures du soir par devant nous Pons Jacques, maire et officier de l’état civil de la commune de Champcella, canton de Guillestre, département des Hautes-Alpes, sont comparu Clément Jouberjean, âgé de 30 ans, et Jean-Pierre Pascal, âgé de 35 ans, tous deux propriétaires cultivateurs habitant sur la commune de Champcella, le premier au hameau du Collet, et le second au hameau Deville, lesquels nous ont déclaré qu’un individu à eux inconnus, du sexe masculin, paraissant âgé de 25 ans, revêtu d'un habit ou veste drap marron et d'un gilet drap marron velours et une cravate carrelée rayée en rouge sur les bords et portant sur lui deux livrets, dont l'un portant le nom de Chirin Hypolitte, natif du Val-des-Prés (en Briançonnais) et visé à Marseille le deux mai et l'autre portant les noms de Rose Gay, deux lettres à lui adressées par son épouse et dont l'une est signée Rose Chirin, et autres papiers, a été trouvé mort sur les bords de la Durance, dans la plaine de Rame, terroir de ladite commune, le treize du susdit mois courant à dix heures du matin, sur quoi nous officier de l’état civil, après avoir pris les renseignements que nous avons pu nous procurer sur la personne décédée et nous être assuré du décès, avons dressé le présent acte que nous avons signé avec les déclarants après lecture faite. »

[C. JOUBERJEAN, P. PASCAL, PONS maire]

  • Texte transmis par Brigitte Albert
  • Registre d'état-civil de la commune de Champcella


Faits divers de Champcella (Hautes-Alpes)


XIXe siècle.


Champcella - Faits divers


Noyé dans le bassin de la Joliette (Marseille, 18 mars 1880)

« Il résulte d'un rapport dressé le dix-huit mars dernier, à deux heures du soir, par M. Isidore Saint-Jean, commissaire des ports de la ville de Marseille, que le même jour le cadavre d'un individu a été retiré du bassin de la Joliette, en face le quai des Forges. Ledit cadavre était attaché par une corde.
Voici son signalement : paraissant âgé de trente-deux ans, taille moyenne, figure ronde et pleine, cheveux et moustaches bruns, vêtu d'une vareuse en drap bleu, pantalon du même, chemise rouge à raies bleues, flanelle bleue, caleçon rouge, ceinture à raies rouges, bleues et jaunes et chaussé d'une paire de bottines mi-usées.
N'ayant rien trouvé sur ledit cadavre pour établir son identité, il a été transporté à la morgue où le docteur Fauré, après examen, a déclaré que la mort était accidentelle et remontait à un mois environ et que le corps ne portait aucune trace de violence.
L'an mil huit cent quatre vingt et le trois avril, nous officier de l'état-civil avons transcrit le présent procès-verbal dans les registres courants et avons signé. »

  • Registre des transcriptions, état-civil de Marseille
  • Photographie : Port de la Joliette. DR.


Un dessin à Saint-Chamas (1686)

Sur le registre paroissial de Saint-Chamas, un dessin apparaît sous l'année 1686.

  • Dessin signalé par Géraldine Surian

Un Marseillais mort dans le naufrage du Nil

 Illustration du naufrage du Nil, in L'Univers illustré, n° 995 (DP)

Le 20 mars 1874, un drame terrible se déroule en mer du Japon. Le paquebot Le Nil, un des plus beaux navires de la compagnie des Transports maritimes, commandé par M. Samat, lieutenant de vaisseau, est ballotté par le gros temps. Jeté sur des récifs, il coule avec une telle rapidité que l'on n'a pas le temps de mettre les canots à flot. 
142 personnes perdent la vie ce jour-là. On ne dénombre que 4 survivants, repêchés par un navire de passage, Le Basurayn.
La nouvelle mettra près d'un mois à se répandre en France. C'est le journal L'Univers illustré, publié à Paris qui annonce le drame, le 18 avril. Pendant un temps, des rumeurs courent selon lesquelles la commission japonaise de l'Exposition de Vienne était à bord et figure parmi les victimes. Il n'en est rien.
Parmi les 142 morts lors du naufrage se trouve un Marseillais. Il se nomme Jean-Baptiste Marius Aragnan, premier chauffeur à bord du paquebot. Il était né à Marseille le 19 mai 1837, de Jean-Baptiste Marius Aragnan et de Rosalie Honorine Icard. Âgé de 37 ans, il était l'époux de Lucie Roux.
Ce n'est que six ans après le drame, le 12 mars 1880 que le Tribunal de première instance de Marseille considérera Aragnan officiellement décédé et ordonnera l'inscription de son décès sur les registres de la commune.


Assassinat d'un berger (Saint-Martin-de-Crau, 16 janvier 1766)

« L'an mil sept cent soixante six et le vingt-un du mois de janvier a été ensevely dans le cimetière de cette paroisse Pierre Pourchier, berger, assassiné pendant la nuit du seize au dix-sept dud[it] mois, et inhumé en vertu de l'ordonnance à nous faite par monsieur le lieutenant criminel au siège de la ville d'Arles, témoins présents et soussignés, M. Charles Pouillard, ménager, et Jacques Peyre, maréchal à forge. »

[C. POUILLARD, J. PEYRE, MARTIN curé]

  • Registre paroissial de Saint-Martin-de-Crau
  • Photograhie : L'avenue d'Arles, Saint-Martin-de-Crau, début du XXe siècle. Coll. part.


Un mois à Aix : janvier 1850

Retrouvez dans cette nouvelle rubrique 
les principaux événements qui ont fait parler à Aix.

2 janvier. Dans la délibération du conseil municipal, il est rappelé que la démolition toute récente de la porte d'Orbitelle a provoqué une plus-value aux maisons adjacentes. La municipalité a donc réclamé aux propriétaires concernés une somme correspondant à cette plus-value (généralement estimée à un montant compris entre 25 et 50 francs), un montant qui pourrait aider à supporter les coûts de la démolition. Farouche opposition de plusieurs propriétaires bien décidés à ne pas payer, clamant qu'il n'y a pas de plus-value, alors que des mois plus tôt, ils imploraient la mairie de démolir ce « tas de pierre offrant l'aspect d'une prison ». Le conseil enjoint donc le maire à ne pas lâcher l'affaire et, mieux, à entreprendre la démolition d'une autre porte, celle des Cordeliers.

Semaine du 1 au 6 janvier. Arrestation d'une bande de 4 à 5 hommes qui volaient les objets placés aux devantures des magasins, le linge étalé au soleil au moment de la lessive et les roulières des paysans.
5 janvier. Depuis aujourd'hui et jusqu'au 31 décembre 1855 inclus, les tarifs de l'octroi d'Aix augmentent, notamment pour les matières suivantes :
  • jeu de 32 cartes à jouer, 10 cts ;
  • jeu de 52 cartes à jouer, 20 cts ;
  • le myriagramme de coke, 6 cts ; 
  • le myriagramme de charbon de bois, de charbon de bois et de charbon à brûler, 3 cts ;
  • l'hectolitre de bière, 10 fr ;
  • le kilo de bougies, cierges, etc., venant de l'extérieur, 20 cts ;
5 janvier. Un important incendie ravage la maison de MM. Bédarride et Crémieu, rue Papassaudi. Dégâts importants, mais pas de victime, grâce à la prompte intervention du voisinage.

26 janvier. En milieu de journée, Gustave Boyer s'éteint. Cet homme, originaire de Seignon (Vaucluse) était un ancien pharmacien d'Aix qui venait de prendre sa retraite et avait fait fortune de son travail. Éminent spécialiste en sciences naturelles, en botanique, en minéralogie, en conchyliologie et en enthomologie, il disparaît à 49 ans. 

Fin janvier. Un arbre de la liberté, venu de Lambesc et planté place de la Madeleine (place des Prêcheurs), n'aura guère voulu prendre racine. Quelques décennies après sa plantation, il est mort et la municipalité l'a fait ôter. Au même moment, plus arbres de la liberté étaient enlevés à Paris où il gênaient la circulation.

Le mort du corridor (Marseille, 15 février 1880)


« Il résulte d'un procès-verbal en date du 15 février 1880, dressé par le commissaire de police du 8e arrondissement qu'un inconnu paraissant âgé de soixante-cinq ans, taille un peu au-dessus de la moyenne, cheveux et sourcils blonds, barbe idem et grisonnante, front ordinaire, menton rond, nez et bouche moyens, visage ovale coiffé d'un chapeau feutre noir, pantalon et gilet même drap et cravate noire pointillée de blanc, chemise en couleur deux raies rouges, a été trouvé mort le jour précité dans le corridor de la maison sise en cette ville, rue d'Aubagne, 26, et que, d'après le rapport médico-légal de M. Susini, docteur en médecine à Marseille, l'individu dont s'agit a succombé d'une mort naturelle.
L'an 1880 et le 26 février, nous officier de l'état-civil avons transcrit le présent procès-verbal dans les registres courantes et avons signé. »
[Signature]

  • Registre des transcription, mairie de Marseille, année 1880.
  • Photographie : Port de Marseille. DR.


Désastre aux vergers (Saint-Restitut, 1709)

« En l'année 1709, tous les bleds semés au mois d'octobre de l'année passée 1708 sont tous morts ensemble ; les oliviers et figuiers et la plupart des amandiers et noyers. »

  • Registre paroissial de Saint-Restitut
  • Texte signalé par Frédéric de Solliers
  • Photographie : Vue générale de Saint-Restitut (26). DR.


Faits divers de Saint-Restitut (Drôme)


XVIIIe siècle.

Saint-Restitut - Faits divers


Nouveautés du mois de novembre 2010



Dessin ancien

Faits divers
Naufrages

Photographies anciennes
Un mois à Aix

    Morts enlacés (Aix-en-Provence, 14 mars 1874)

    L’an mil huit cent, etc., à cinq heures du soir.
    Pardevant nous, Hivert, Pierre Antoine, commissaire de police de la ville d’Aix, etc.
    S’est présenté le sieur Degurce François, maître d’hôtel, rue des Grands-Carmes, n° 3, à Aix, lequel nous a déclaré ce qui suit :
    Le 2 février dernier, j’ai loué une chambre garnie dans mon hôtel au troisième étage à un jeune homme et à une femme plus âgée qui est enceinte de six ou sept mois. Le jeune homme travaille en qualité d’ouvrier chez M. Lobin, fondeur au chemin de Vauvenargues, tandis que la femme ne sort que très rarement.
    Ne les ayant pas vus sortir depuis mercredi dernier, 11 courant, je suis monté il y a un instant pour savoir ce qu’ils étaient devenus. J’ai frappé à la porte sans recevoir de réponse et j’ai constaté que la porte était fermée intérieurement et que la clef se trouvait dans la serrure à l’intérieur. Craignant un accident je viens vous faire ma déclaration et vous prier de faire ouvrir la porte.
    Nous, commissaire de police, nous sommes de suite transporté sur les lieux, assisté des agents Dalmas et Vuillecard, où étant et après avoir fait forcer la porte, nous avons trouvé le jeune homme et la femme morts, entrelacés et couchés dans le même lit.
    La cheminée est bouchée hermétiquement avec du linge, la croisée et la porte sont calfeutrées et un petit fourneau placé au milieu de la chambre contient des débris éteints de charbon de bois.
    Sur une petite table à manger sont placées en évidence deux lettres écrites au crayon et de la même main avec les adresses suivantes :
    Pour Monsieur mon très cher père
    Mancardi, Alexandre, à Marseille
    Chemin de Toulon, n° 170.
    À mes chers enfants qui sont à La Ciotat, à la cité ouvrière
    Tempier lettre C.
    Ces deux lettres signées l’une Mancardi Marius et l’autre simplement Apollonie font connaître l’intention de l’un et de l’autre de se donner la mort.
    Après les constations faites par M. Le docteur Rimbaud requis à cet effet, nous avons fait transporter les deux corps à l’hôpital de cette ville.
    Il résulte de la déclaration de M. Lobin, fondeur, que Mancardi a travaillé chez lui du 6 au 28 février dernier, qu’il était muni d’un livret qu’il a visé et de certificats délivrés à La Ciotat comme ouvrier serrurier.
    Nous trouvons en outre dans la chambre un extrait de naissance au nom de Mancardi Alexandre Marius François, né à Marseille le 3 janvier 1854, fils d’Alexandre et de demoiselle Françoise Templier, non mariés, un porte-monnaie contenant 3 francs, 50 est centimes, une cassolette paraissant être en or.
    Dans les effets de la femme il est trouvé une lettre en date de 1872 adressé à Marie Tempier, rue Grande, n° 3, à La Ciotat.
    Ces deux lettres sont entre les mains de la gendarmerie qui a refusé, par l’organe du maréchal des logis à pied, de nous les communiquer.
    Deux bagues, qui ne paraissent pas être en or, ont été retirées des doigts de la suicidée, et une troisième n’a pu lui être enlevée.
    Fait à Aix, etc.
    Registre de police d'Aix.


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