.blog-posts h2 { border-bottom: 3px solid #FFFFFF; color: #8B0000; font: 2.5em/1.33em Helvetica,Arial,Helvetica,sans-serif; margin-bottom: 18px; padding: 10px 0 3px; }
Janvier 2012 - 11e année - numéro 122

Des braconniers tueurs de gendarmes


Les Braconniers, Louis Kramp (1804-1871).

La loi a toujours puni le crime de braconnage. Pourtant, l'histoire atteste que, au fil des siècles, sa pratique n'a jamais cessé. Ainsi, le jeu du gendarme et du braconnier s'est régulièrement perpétué, le premier arrêtant le second et le jetant en prison ou lui faisant payer une forte amende.
Pourtant des faits divers issus des journaux locaux ou des registres d'état-civil montrent que de nombreux braconniers ne comptaient pas laisser la force publique les empêcher de commettre leurs forfaits. Le XIXe siècle permet de retrouver des événements tragiques qui ont endeuillé des villages entiers.
Dans le journal aixois Le Mémorial d'Aix, en date du 7 novembre 1852 (n° 45), le journaliste Aubin se livrait à une véritable lamentation quant aux mœurs de son temps, où l'on « ne respecte pas même la vie de son semblable ».
Laissant exprimer sa colère lorsque des braconniers, pour échapper à une amende de 30 ou 40 francs, n'hésitent pas à mettre en joue des gendarmes, voire à les abattre, « voilà de quoi faire réfléchir, dit Aubin, et c'est là un thermomètre, qu'on nous passe ce mot, bien peu satisfaisant de la moralité publique. » Faisant allusion à un crime récent perpétré sur le terroir d'Aix-en-Provence, il s'écrit : « Mais c'est reculer en pleine barbarie, et c'est faire autant, peut-être mieux, que les sauvages eux-mêmes ; non, jamais tant de cruauté ne se vit en pleine Kabylie... Et nous sommes en France, dans cette nation renommée par la douceur de ses mœurs et qui marche en tête de la civilisation ; mais c'est là une honte pour notre pays et c'est le signe de sa démoralisation, imprimé trop visiblement à son front. Oh ! il faut reconnaître partout que nous sommes encore les enfants de Voltaire et que les vieux principes de vertu et de morale s'en vont tous les jours de plus en plus, et qu'on ne respecte plus rien, plus rien, pas même la vie de son semblable. » Coup de colère et dégoût d'une société plus dépravée chaque jour...
Quels événements peuvent être évoqués pour illustrer les méfaits sordides de braconniers sans foi ni loi qui écument alors les campagnes provençales ? En voici quelques exemples.

Le gendarme Amiot (Vauvenargues, 12 septembre 1841)

Le registre d'état-civil de Vauvenargues signale l'assassinat de François Xavier Amiot, 34 ans, originaire du Doubs, gendarme à cheval de la 2e brigade d'Aix, fils de Pierre Joseph et d'Athanase Billot. On y apprend qu'il « est décédé aujourd'hui [12 septembre 1841] sur les neuf heures du matin par suite d'une arme à feu en faisant son service à la poursuite d'un chasseur à la propriété de M. Corse, dite les Adrèches. » Ce gendarme a reçu un coup de fusil en pleine poitrine et est tombé mort dans un taillis de Vauvenargues, au pied de la montagne Sainte-Victoire.

Les chasseurs de Saint-Antonin (Saint-Antonin-sur-Bayon, 1841)

La même année, c'est une bande entière d'une cinquantaine de chasseurs qui va causer des sueurs froides à deux gendarmes. Ses membres, réunis autour d'un feu où s'apprêtait leur repas du matin, dans les solitudes de Saint-Antonin, s'excitaient les uns les autres à la joie lorsque deux gendarmes parurent devant eux. Ces chasseurs étaient en infraction car ils avaient franchi les limites dune propriété privée. Les gendarmes les sermonnent donc et les rappellent au respect de cette propriété et c'est alors que les choses dégénèrent : tous d'une voix, ces chasseurs s'écrient qu'ils avaient juré haine aux riches et qu'ils voulaient jouir à leur tour. 
Les gendarmes jugent préférables de se retirer, sans avoir dressé de procès-verbal.

Autres cas

Peu de temps après, dans le Var, un jeune chasseur fait face au gendarme qui le poursuivait et le vise de son fusil puis appuie sur la détente. Par chance, le coup ne part pas. 
Un autre jour, non loin de la forêt de la Sainte-Baume, un pauvre gendarme tombe assassiné par un chasseur.
De façon similaire, dans les Basses-Alpes, un garde forestier est abattu par les chasseurs qu'il venait verbaliser.

Le gendarme Pecot mort en service

Monument funéraire du gendarme Pecot. 
Cimetière Saint-Pierre d'Aix-en-Provence.
© Jean Marie Desbois, 2010.

Qui visite le cimetière Saint-Pierre d'Aix-en-Provence sera surpris de voir une tombe, non loin de celle du peintre Paul Cézanne, représentant un bloc de pierre surmonté d'un lion couché, avec l'inscription « Ici repose le gendarme Pierre Pecot, tué par un braconnier, 1852. La ville d'Aix reconnaissante à élevé ce monument à la gloire de la gendarmerie et lui a concédé ce terrain à perpétuité. » L'acte de décès du militaire ne donne pas beaucoup d'éléments, hormis quelques indications généalogiques qui nous apprennent que l'homme, gendarme à cheval, avait 29 ans, était originaire de Gétigné (44), fils d'Ambroise Frédéric Pecot et Marguerite Durant, boulangers, mais qu'il vivait à Aix, 14, rue du Louvre, et qu'il rencontra la mort au quartier de Valabre le 31 octobre 1852 à 11 heures du matin.
Le journal Le Mémorial d'Aix relate le drame de façon laconique mais indique que l'événement avait provoqué deux assassinats. Le registre des décès de la ville d'Aix n'indique pourtant que celui du gendarme Pecot. On peut dès lors supposer que le deuxième gendarme n'a subi qu'une tentative d'assassinat. Seul Pecot y laissa la vie, ce qui explique que le monument funéraire offert par la ville ne soit dédié qu'à lui.

Si vous avez connaissance d'autres faits de ce genre, n'hésitez pas à les signaler en laissant un commentaire ci-dessous.

Noyade d'un enfant (Miramas, 2 juillet 1793)

« L’an mil sept cent nonate trois, l’an deuxième de la République française et le … jour du mois de juillet, à quatre heures du matin, en notre demeure et devant nous, Jean Estournel, juge de paix de la ville et canton de Saint-Chamas, est comparu le citoyen Joseph Henri Bernard, greffier du lieu de Miramas, lequel nous a représenté une lettre du citoyen Saint-Estève, demeurant à Moulières, terroir de Miramas, en date du deux du courant, adressée au maire de Miramas, par laquelle il lui apprit un malheur qu’il étoit arrivé d’un petit enfant qui s’étoit noyé dans un fossé tout près la bastide dite Moulières et que, ayant piché ledit cadavre, on l’avait transporté dans la bastide dans l’attente qu’il n’étoit point mort pour leis employer les remèdes... »
  • Registre d'état-civil de Miramas
  • Texte signalé par Géraldine Surian
  • Photographie : DR


La vengeance d'une jeune fille sur son amant (Marseille, 30 juin 1843)

Un récit en direct des Assises d'Aix-en-Provence (30 juin 1843)

Magdelaine Amiel, fille d'un honnête fabricant tanneur de Marseille, avait 15 ans lorsqu'elle fit connaissance avec Baptistin Stariolo.
Ils demeuraient vis-à-vis l'un de l'autre; et, comme Magdelaine avait perdu sa mère, et que son père infirme ne pouvait lui procurer aucune des distractions que son jeune âge permettait, la jeune fille s'était liée d'amitié avec la mère et les sœurs de Baptistin et passait avec elles une partie des moments que lui laissaient les soins de son ménage.
Les deux jeunes gens s'aimèrent bientôt ; cet amour ne fut pas longtemps un mystère pour la famille de Baptistin qui, loin d'y mettre obstacle, le favorisa. Le père et la mère du jeune homme n'appelèrent bientôt plus Magdelaine que du nom de belle-fille.
Magdelaine, trop confiante dans l'amour de Baptistin céda à ses désirs ; elle devint enceinte. Il fallut alors songer au mariage ; les deux pères donnèrent leur consentement ; le jeune homme seul résista.
Il était trop jeune, disait-il : il fallait attendre. La jeune fille le pressait vivement, et, s'étonnant de sa résistance, puis de sa froideur, elle soupçonna qu'une rivale lui enlevait le cœur de son amant.
Elle apprit en effet, que Stariolo ayant fait un baptême avec une jeune fille du voisinage, lui avait, dès le même jour, fait l'offre de son cœur, offre qui avait été agréée.
Cette nouvelle excita sa jalousie, et pour l'augmenter encore, une de ses amies lui rapporta que Baptistin avait dit à sa nouvelle conquête qu'il ne se croyait pas le père de l'enfant que Magdelaine portait dans son sein.
C'est dans ce moment qu'elle conçut la funeste pensée de se venger de son amant ; elle fit acheter par un ouvrier de son père du vitriol et, à l'heure où Baptistin rentrait chez lui à la fin du jour, Magdelaine lui jeta à la figure un verre de ce liquide corrosif.
Arrêtée bientôt après, la jeune fille avoue avec sincérité au commissaire de police le crime qu'elle vient de commettre, en disant pour se justifier, qu'elle avait voulu défigurer son amant, pour qu'il ne pût pas épouser sa rivale.
C'est par suite de ce fait que Magdelaine Amiel comparaît devant la Cour d'assises.
L'accusée qui a aujourd'hui 17 ans et demi tient dans ses bras une petite fille dont elle est accouchée dans la prison depuis un mois. Sa figure est douce et pleine d'expression.
Elle répond affirmativement à toutes les questions que M. le. président lui adresse.
Stariolo s'est porté partie civile à l'ouverture dès débats.
Les témoins appelés par l'accusation ne font que confirmer les faits avoués par la prévenue.
Stariolo fils avait fait assigner trois témoins contre Magdelaine Amiel, pour établir que cette jeune fille, avant de le connaître, avait fui la maison de son père avec un jeune homme nommé Sicard et que ce n'était que plusieurs jours après sa disparition qu'elle avait été ramenée chez son père par le sieur Benet.
Ce témoin a déposé qu'en effet il y trois ans, Magdelaine avait quitté la maison de son père pour aller chez sa sœur mariée, à Marseille, où le sieur Benet fut la chercher quelques jours après.
Le défenseur de la fille Amiel, ayant demandé au témoin le motif qui avait porté la prévenue à fuir la maison de son père, celui-ci déclare que Magdelaine ayant un excellent cœur et ne sachant rien refuser aux malheureux, distribuait à ses plus pauvres voisins les provisions de la maison, du riz, du pain, de l'huile, que son père, pour mettre un terme à une charité trop onéreuse pour lui, avait enlevé à Magdelaine la clef de la dépense et que, de dépit, la jeune fille était allée chez sa sœur.
Cette déposition , si contraire à celle que Stariolo attendait, a produit une grande sensation dans l'auditoire.
Le sieur Sicard père, ayant fait aussi une déposition avantageuse à la prévenue, le défenseur de Stariolo à renoncé à faire entendre Mad. Sicard.
La défense avait aussi appelé quelques témoins qui ont déposé des relations journalières qui existaient entre la fille Amiel et la famille Stariolo.
Me Bedarrides, avocat, a prêté l'appui de sa parole chaleureuse à la partie civile.
Me Marguery, avoué licencié près la Cour, a plaidé pour la prévenue avec un véritable talent et une émotion communicative.
M. l'avocat-général Darnis, a soutenu l'accusation.
Après une réplique de Me Bedarrides et de Me Marguery, M. le président a résumé l'affaire.
Les jurés entrés dans la chambre de leur délibération en sont ressortis quelques instants après avec un verdict d'acquittement.
Me Boucherie, avoué, a pris alors pour le sieur Stariolo, des conclusions en 3000 francs de dommages-intérêts.
Me Bedarrides a plaidé sur le mérite de ces conclusions.
Me Marguery, en sa double qualité, a repoussé cette demande en dommages-intérêts, se fondant surtout sur le préjudice considérable que la conduite de Stariolo faisait éprouver à sa cliente qui restait chargée d'un enfant.
Le ministère public a conclu dans le même sens ; seulement il a demandé la condamnation de la fille Amiel et de son père, aux frais pour tous dommages-intérêts.
La Cour, après en avoir délibéré, les a condamnés à 400 francs de dommages-intérêts envers la partie civile et aux frais.
  • Source : Le Mémorial d'Aix, n° 67, 2 juillet 1843.
  • Illustration : Spilt Milk, Thomas Pritchard Rossiter (1818-1871), détail



Noyé par imprudence (La Barben, 3 mai 1731)

« L’an que dessus et le troisieme mai a été tiré noyé dans le gros goust par son imprudence Jacques Marotte, laquais de M. le marquis susnommé Bourguignon, du lieu de… [sic] et a été enseveli dans le cimetière S[ain]t-Sauveur le même jour, présent M. Buech, agent de M. le marquis, présent Jean Baptiste Figuières et autres, les deux ci-dessus nommés signés avec moi. »
[OLLIVIER curé]

  • Registre paroissial de La Barben
  • Texte signalé par Géraldine Surian


Le Grand Café Dinard à Maussane-les-Alpilles

Il faut attendre le milieu du XIXe siècle pour voir le côté droit de l'actuelle avenue de la Vallée-des-Baux, à Maussane-les-Alpilles, se doter de bâtiments. Ce « Grand Café Dinard » est plus qu'un lieu où l'on boit après la journée de travail. C'est surtout le centre de la vie culturelle maussanaise. De nombreuses représentations théâtrales y sont organisées. Notez au premier plan à droite ce râtelier à bicyclettes. Nous sommes en 1913, la Guerre n'a pas encore éclatée. Les habitants du village vivent leurs derniers mois de quiétude.

Coll. pers. Jean Marie Desbois


Naufrage d'un bâtiment italien (Fos-sur-Mer, 27 mai 1760)

« En vertu de l’ordonnance rendue par monsieur Maurel, lieutenant général en l’amirauté du Martigues le vingt-sept mai mil sept cent soixante nous avons enseveli dans le cimetière de Nostre Dame six cadavres noyés à la plage, scavoir celui d’une femme âgée d’environ dix-huit ans appelée Antonia Serana, native de Naples, celui de Leonard Astorita, âgé de douze ans, fils de Thomas, matelot, natif de Sorrento et quatre autres cadavres soldats espagnols, passagers sur le bâtiment naufragé commandé par le capitaine Gabriel de Martino de Sorrento dans le royaume de Naples, en présence de sieur François Moine, chirurgien, et sieur Jean Joseph Sauvaire, signés avec nous. »
[F. MOINE, J. SAUVAIRE, PETIT curé]

« En vertu de l’ordonnance rendue par monsieur Maurel, lieutenant général en l’amirauté du Martigues le vingt-huit du mois de mai mai mil sept cent soixante nous avons enseveli dans le cimetière de Nostre Dame le cadavre d’un soldat espagnol trouvé sur le rivage de la plage, en présence de sieur François Moine, chirurgien, et sieur Jean Joseph Sauvaire, signés avec nous. »
[F. MOINE, J. SAUVAIRE, PETIT curé]

  • Registre paroissial de Fos
  • Fait divers signalé par Géraldine Surian


La voleuse de raisins (Puyricard, 22 septembre 1771)

Ah ! il en voulait à la veuve Garcin, le Joseph Coulet. On ne sait pourquoi ; elle-même d’ailleurs ne se l’expliquait pas. « Une haine des plus implacables, disait la pauvre femme, dans l’objet seulement de me nuire. » Georges, son mari fort âgé, était mort en novembre et Coulet avait progressivement déversé toute sa hargne sur la vieille veuve. Quand elle passait devant chez lui, il la suivait et l’accusait des pires vilénies. Il allait même la calomnier auprès des autres, mettant ses voisins en garde contre les rapines de la veuve. Dans l’été, il jurait l’avoir vue passer avec un drap rempli de pois chiches. La voleuse ! Où avait-elle chapardé cela ? Il l’avait suivie jusque dans ses vignes où il était certain qu’elle s’était cachée pour échapper à sa colère. Alors, pour la débusquer comme un lapin, il avait jeté quantité de pierres au milieu de ses arbustes, certain que l’une d’elles l’atteindrait bien. Mais elle s’était éclipsée. Et Joseph Coulet ruminait sa rage…
Alors, quand cette fin d’après-midi du dimanche 22 septembre arriva, l’occasion fut belle de régler son compte à la veuve. Elle vint à passer devant la bastide du fermier, au quartier de Roussier, avec un panier plein de fruits rouges. Son raisin, elle lui a volé son raisin ! Aussitôt, Coulet sortit à grands pas de sa bastide, vociférant ses accusations : « Voleuse de raisins, je vais te dénoncer ! Non seulement les miens, mais aussi les raisins de mon voisin… » Mais cette fois-ci, Marguerite Garcin ne voulait plus se laisser faire. Elle versa une bonne partie du contenu de son panier sur son tablier pour bien montrer ce qu’il contenait : des mûres, des mûres sauvages, comme on en ramasse dans les broussailles, dans les terrains qui n’appartiennent à personne. Mais Coulet ne voulait pas perdre la face : elle s’était débarrassée des raisins qu’elle avait volés dans quelque buisson.
C’en était trop pour Mme Garcin. Elle sortit de ses gonds : « Marria, coquin… Soutiendras-tu que je t’ai pris des raisins ? » - « Mais oui, parfaitement ! Et tu les as jetés dans une haie… » Les mains sur les hanches, chacun toisait l’autre du regard, mais la veuve Garcin fut la première à bouger : « Malheureux, coquin », cria-t-elle en se baissant et en ramassant des pierres. Elle en jeta bien quatre ou cinq sur Coulet qui se contenta de crier son dépit : « Ah ! Il ne t’est pas difficile de nourrir des cochons chez toi, puisque c’est aux dépens de tes voisins… » Mais il dut battre en retraite et rentrer en toute hâte dans sa bastide, alors que des cailloux l’accompagnaient jusque dans son intérieur.
Le lendemain matin, Coulet attela son mulet et partit pour la ville d’Aix. Il lui fallait de l’aide pour faire un sort à la vieille. Son voisin avait des vignes et la veuve Garcin y avait sans doute chapardé. Ce voisin qui, par un curieux hasard, portait les mêmes noms que lui, vivait à Aix, près de la rue des Trois-Ormeaux, non loin de la place des Prêcheurs. On parlait de Joseph Coulet d’Aix pour ne pas le confondre avec le vindicatif Joseph Coulet de Puyricard.
Joseph Coulet de Puyricard, donc, débarqua de grand matin, à sept heures à peine, chez son homonyme aixois et l’assura que la veuve Garcin lui avait volé quantité de raisins. « Vous comprenez bien, cette coquine volait votre raisin. Je peux aller faire une dénonce en votre nom », proposa Coulet de Puyricard, dans sa grande générosité. Mais Coulet d’Aix était un homme sage. Il allait vérifier ce qu’on lui disait et partirait le soir même voir ses terres à Puyricard. Alors Coulet de Puyricard était parti mécontent et était allé trouver l’huissier pour le prier de consigner sa dénonce. Et, retourné chez son voisin d’Aix, il l’informa qu’il avait fait les choses pour son compte et que celui-ci verrait bien ce qu’il voudrait faire.
Or, quand Coulet d’Aix arriva à Puyricard dans la soirée, il vit que ses vignes étaient intactes et que personne n’y avait pénétré. La terre était humide et en cas d’intrusion, il y aurait eu des traces de pas. Personne de qui se plaindre, en somme. Le mardi matin, Coulet de Puyricard revint à Aix :
« Alors, ces vignes ?
- Intactes... Elle était âgée cette femme ?
- Très avancée en âge, oui. C’est une coquine qui s’occupe à voler pendant toutes les nuits les fruits de la campagne. Tellement qu’une fois, je la vis passer… » et bla bla bla…
Coulet d’Aix avait compris le genre de voisin qu’il avait à Puyricard. Quand il lui dit qu’il ne dénoncerait personne, Coulet de Puyricard partit en bougonnant : « Puisqu’il en est ainsi, on pourra vous voler tous vos fruits que je ne vous avertirai plus ! »
Mais jamais on ne vola de fruits à Coulet d’Aix sur sa terre de Puyricard…

  • Photographie : Une campagne de Puyricard. © Jean Marie Desbois,  2003.

Jules Vence (né en 1839), un consul à La Ciotat

Jules Antoine Joseph Paul Vence, connu sous le nom de Jules Vence, est né le 4 mars 1839 au n° 19 de la rue du Four-Vieux, à La Ciotat, de Joseph Édouard Vence (né en 1804), constructeur de navires, et de Marie Baptistine Alexandrine Gonnet (née en 1820). Le milieu de la marine dans lequel il grandit va le guider dans le choix de ses études : c’est la profession d’ingénieur maritime qu’il exerce, d’abord aux ateliers des Messageries maritimes, où il est inspecteur, puis au Lloyd’s Register à Marseille.
Mais il se fait surtout connaître comme vice-consul de Suède et de Norvège à La Ciotat. Fait chevalier de la Couronne d’Italie en 1886, il est aussi chevalier du Sauveur de Grèce et officier du Nicham-Iftikar. Parmi ses nombreuses fonctions, il est aussi administrateur de la Caisse d’épargne des Bouches-du-Rhône.
Jules Vence est l’auteur d’un ouvrage lié à la marine : La Construction et la Manœuvre des bateaux et embarcations à voilure latine (éd. Challamel, Paris, 1897), médaille d’argent de l’Union du Yacht français.

  • Photographie : DR

L'étrange découverte d'un enfant mort-né (Marseille, 12 mars 1880)

« Il appert d’un procès-verbal du douze mars dernier par le commissaire de police du neuvième arrondissement de cette ville de Marseille que le corps d’un enfant du sexe féminin a été trouvé attaché aux sangles sous un canapé dans la maison n° 12 de la rue des Minimes au 1er étage, que cet enfant ayant été apporté au dépositoire de l’hospice de la Conception, M. le docteur Rampal en a fait l’autopsie et a déclaré par un rapport écrit adressé à monsieur le Procureur de la République que cet enfant était mort-né.
L’an mil huit cent quatre-vingt et le trois avril, nous officier de l’état-civil avons transcrit le présent procès-verbal dans les registres courants et avons signé. »

[Signature]

  • Registre des transcriptions de la mairie de Marseille


Mort après avoir abjuré (La Barben, 13 août 1670)

Le 13 aoust 1670 Claude Clot de Mérindol âgé d’environ septante ans est décédé en la communion de n[ot]re s[ain]te mère Église dans le chasteau de La Barben, après avoir abjuré son hérésie, le corps duquel a esté inhumé dans le cimetière de l’église paroissiale de La Barben, s’estant iceluy confessé à moy curé de lad[i]t[e] église et receu le s[ain]t sacrem[en]t de l’extrême onction par mes mains, en foy de quoy me suis soussigné.
[RIPERT curé]

  • Registre paroissial de La Barben
  • Fait divers signalé par Géraldine Surian
  • Photographie : Château de La Barben, © Jean Marie Desbois, 2007. Creative Commons.


Un prieur mort de la peste (Avignon, 17 juin 1722)

« Ce 17 juin obiit à Avignon le r[évére]nd père Benoît Gollier de la peste le jour de la Pentecoste y ayant été éleu et reconneu prieur la veille ; il était affilié au couvent d'Avignon. »

  • Texte signalé par Frédéric de Solliers
  • Registre des décès des Grands Augustins d'Aix


Faits divers d'Avignon (Vaucluse)


XVIIIe siècle

Avignon - Faits divers



Jean Marie Desbois
L'Hôpital des Aveugles d'Aix
ISBN 978-2-918754-00-8
32 pages. Paru en août 2010.
6,65 €




L'hôpital des Aveugles, à Aix, est l'œuvre d'un homme, Jacques de Laurans (ou de Laurent) qui, en 1760, fonda cette institution qui avait pour vocation le soin et la prise en charge des aveugles de la ville d'Aix. Outre un historiques de cette institution, la présente brochure propose un relevé exhaustif des sépulture de cet hôpital de 1764 à 1792, consultable par le nom ou par la date. Qui sait si vous n'aurez pas le plaisir d'y croiser un de vos ascendants.


Jean Marie Desbois est passionné d’histoire et de généalogie provençales et plus particulièrement de la ville d'Aix-en-Provence. 


Extraits (cliquez sur les images pour les agrandir) 


 


Jean Marie Desbois
Les Petites Histoires de Maussane-les-Alpilles
ISBN 978-2-918754-01-5
40 pages. Paru en septembre 2010.
7,5 €




Maussane-les-Alpilles est une commune nichée sur le piémont sud du massif des Alpilles. Aujourd’hui fierté de ses habitants et délice pour les nombreux visiteurs qu’elle accueille, elle tire son caractère insolite de la riche histoire qui en a fait le village incomparable qu’elle est devenue.
L’auteur revient sur cette histoire qui sert de toile de fond aux nombreux faits divers qu’il a dénichés dans les archives de la commune et qu’il présente chronologiquement. Le lecteur découvre ainsi le mode de vie des anciens Maussanais et les événements auxquels ils ont assisté ou dont ils ont été les acteurs.
On verra alors les quartiers du village où ont eu lieu ces histoires d’un autre œil, avec le désir de garder intact tous ces petits moments d’une vie révolue, où chacun cultivait sa terre et se déplaçait en charrette ou à dos de mulet.


Jean Marie Desbois est passionné d’histoire et de généalogie provençales. Vivant à proximité des Alpilles, il arpente souvent le village de Maussane à la recherche des traces du passé.

Extraits (cliquez sur les images pour les agrandir) 


 


Nouveautés du mois de décembre 2010


Biographies

Faits divers
Blog Widget by LinkWithin

Derniers relevés généalogiques en ligne

Articles les plus consultés la semaine dernière