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Janvier 2012 - 11e année - numéro 122

Une colique fort violente (Barcelonnette, 18 octobre 1695)


« Jean Antoine Pélissier, fils d’Antoine, du lieu d’Allos, aagé d’environ trente deux ans, surpris par une colique fort violente qui l’a travaillé pendant 4 heures environ est mort sans sacrement, les prêtres n’ayant eu nul avis de sa maladie, le 18e, et a été enseveli dans l’église de cette paroisse avec les cérém[onies] ord[inai]res le 19e 8bre. »
  • Registre paroissial de Barcelonnette
  • Texte signalé par Géraldine Surian


Deux terribles orages (Aix-en-Provence, 18 juillet 1852)

Le cours Sextius, à Aix-en-Provence.
« Dimanche, deux orages ont fondu tour à tour sur notre ville et sur son terroir. Le premier, qui a éclaté le matin, a déversé, au milieu des tonnerres et des éclairs, une pluie abondante sur nos campagnes altérées. Le second y a semé le désastre et la désolation. Une bourrasque violente s'y est déchaînée à trois heures après midi. La trombe a promené la dévastation partout où elle a passé. Un vent furieux et tourbillonnant courbait les arbres et une nuée, qui marchait avec la rapidité de la foudre, s'est ouverte en dégorgeant des torrents de grêle qui ont haché les récoltes. Cet ouragan a été terrible. Heureusement la moisson n'était plus sur pied, et les céréales étaient entassées en meules sur l'aire. Mais les vignobles ont été abîmés. Dans beaucoup de quartiers, la vigne, dépouillée des feuilles et des raisins, ne présente plus à l'œil attristé que sa tige sarmenteuse, aussi nue qu'à l'époque de la taille. Les amandiers, les oliviers ont perdu presque tous leurs fruits. Les champs de haricots, de melons, de pastèques, de citrouilles ont été ravagés. Dans certains endroits, il ne reste plus trace de légumes. Dans d'autres, on aperçoit à peine quelques débris broyés par la violence de la grêle. Les grêlons énormes, et qui tombaient d'abord sans pluie , n'ont rien épargné. La perte est incalculable, et le dommage irréparable. Nos malheureux cultivateurs sont réduits à la misère. On cite, parmi les quartiers les plus maltraités, ceux de la Doudonne, le Malvallat, la Souque, la Bougerelle, Patheron, la Croix-Verte, le Deffens, Valcros, Saint-
Jean-de-la-Pinelte, Galicy, Encagnane, Saint-Mitre, Pont-Rout, etc.
Espérons que la sollicitude de l'administration sera éveillée par un tel désastre, et qu'elle accordera une indemnité ainsi qu'un dégrèvement d'impôt à ceux dont l'orage de dimanche a détruit la récolte qui s'annonçait sous de si belles apparences. »
  • Le Mémorial d'Aix, 25 juillet 1852


Mort d'un déserteur (Barcelonnette, 6 janvier 1701)

La montée du col de Vars.
« Un déserteur de France âgé d’env[iron] 40 ans, habillé de gris blanc doublé de la même couleur, de haute taille, cheveux pas tout à fait blonds, bien fait d’ailleurs, étant arrivé sur un mulet d’Embrun, ayant eu les pieds gelés sur la montagne de Vars, n’a pu recevoir de sacrement, par une mort imprévue et comme je n’ai pas été averti que dans le temps qu’il étoit aux abois, je n’ai pas eu le temps de luy administrer l’extrême onction, ne luy ayant pu abandonner pour lui à la douleur de ses fautes, il est mort le six et a esté enseveli le septième iour de l’an 1701 avec les cérémonies ordinaires. »
[RAYNAUD curé]

  • Texte signalé par Géraldine Surian
  • Registre paroissial de Barcelonnette

Faits divers de Barcelonnette (Alpes-de-Haute-Provence)


XVIIIe siècle.
XVIIe siècle.

Tiré d'une mare d'eau froide (Tarascon, 18 février 1765)

Cours National. Tarascon. DR.

« L'an mil sept cent soixante cinq et le dix-huit du mois de février, Vincent Rougnon, d'ici cardeur, fils de Guillaume et d'Anne Geniez, âgé d'environ trente-huit ans, a été tiré par des passants d'une mare d'eau extrêmement froide sur le chemin d'Avignon et a été muni du sacrement de l'extrême-onction dans une bastide du terroir de cette ville par monsieur le curé de Sainte-Marthe et ensuite a été transporté dans cet hôpital [Hôtel-Dieu de Tarascon] où il est décédé le même jour et le lendemain a été inhumé dans le cimetière dudit hôpital.
Présents Pierre Faucen et Conrard Mercier, illitérés, ainsi je l'atteste. »

[GUYNAUD prêtre curé de l'hôpital]

  • Registre des sépultures, Hôtel-Dieu de Tarascon


Le noyé du Prado (Marseille, 21 avril 1880)

Le Prado. DR.
« Il résulte d’un procès-verbal dressé par le commissaire de police du 20e arrondissement de la ville de Marseille, en date du vingt-un avril mil huit cent quatre-vingt, que ledit jour, le cadavre d’un individu inconnu paraissant âgé de 30 à 35 ans, a été trouvé noyé dans les eaux de la mer à la plage du Prado, par suite d’un accident ou d’un suicide, ainsi qu’il est constaté par le rapport annexé audit procès-verbal du docteur Gal qui a examiné le corps.
En conséquence, nous maire de la ville de Marseille, avons ordonné l’inhumation dudit cadavre en la manière accoutumée.
L’an mil huit cent quatre-vingt et le dix-huit mai, nous officier de l’état-civil avons transcrit le présent procès-verbal dans les registres courants et avons signé. »

  • Registre des transcriptions, ville de Marseille, année 1880.


Le suicide de M. Rousset (Aix-en-Provence, 17 mai 1874)

L’an mil huit cent, etc.
Pardevant nous, Hivert Pierre-Antoine, commissaire central de la ville d’Aix, etc.
A comparu l’agent de police Dalmas, lequel nous a informé que le sieur Rousset Julien, âgé de 76 ans, rentier, domicilié rue de Lacépède n°15, à Aix, s’était suicidé le 17 courant à 5 heures du soir en se tirant un coup de pistolet sous le menton pendant l’absence des membres de sa famille qui se trouvaient à la procession de Notre-Dame de la Seds.
Des renseignements recueillis, il résulte que depuis longtemps le sieur Rousset, qui était atteint d’une maladie nerveuse dont il souffrait beaucoup, avait manifesté l’intention de se donner la mort, qu’il était l’objet d’une surveillance assidue et qui a profité du seul moment où il était laissé seul pour mettre son projet à exécution, ce qu’il a reconnu lui-même avant de mourir, la mort n’ayant pas été instantanée.
Fait à Aix, etc.

  • Registre de police, archives communales d'Aix-en-Provence

Châteaurenard et les moutons

Voici une carte postale datée d'avant 1920. Elle représente une vue générale de la petite ville de Châteaurenard (Bouches-du-Rhône) et illustre une des caractéristiques de cette région du nord-ouest du département : l'élevage ovin. En 1911, la commune compte 800 moutons. Avec les années, cet « art ovin » va s'amenuiser (plus que 300 en 1930). Cette image est en tout cas le reflet de ce à quoi ressemble une activité humaine majeure au début du siècle entre les Alpilles et la Durance.


Photographie : coll. pers. Jean Marie Desbois


Photographies anciennes de Châteaurenard

Photographies anciennes de Châteaurenard


Photographie : coll. pers. Jean Marie Desbois




Note quant à la réutilisation : ces images ont été acquises moyennant paiement, parfois conséquent. Elles peuvent toutefois être réutilisées gratuitement à condition qu'elles soient mises à la disposition de lecteurs à titre tout aussi gratuit et que la mention «collection personnelle Jean Marie Desbois » leur soit attribuée.

Un enfant déchiré par des chiens (Arles, 11 décembre 1750)

Charnaigre de Provence.
« L’an mil sept cens cinquante et le onze décembre a été enseveli dans cette église un enfant âgé d’environ huit ans qui a été trouvé au bord du Rhône, déchiré par les chiens, et dont on ignore le nom des parents. En présence de François Chabanier qui n’a pas sçu écrire, et de Joseph Jouve, qui a signé avec nous. »
[J. JOUVE]
[PICHON curé]

Anecdote signalée par Géraldine Surian
Registre paroissial de Camargue

Trouvés morts dans une baume (Saint-Chamas, 28 avril 1775)

Baumes de Saint-Chamas.
© Dominique Pipet, 2009,
avec son aimable autorisa-
tion.

« L’an mil sept cens soixante-quinze et le vingt-huit avril ont été ensevelis dans le cimetière un homme et une femme dont les noms nous sont inconnus qu’on a trouvé morts dans une caverne ou baume du Rocher, quartier des Moulières, et auxquels nous n’avons donné la sépulture qu’après l’ordonnance de Mre Leydet, juge de ce lieu, qui nous a été signifiée, présents et témoins Balthasar Gide, fossoyeur, illitéré, et Joseph Donet, sacristain, qui a signé. »
[J. DONET]
[RAYMOND curé]
 
Texte signalé par Géraldine Surian
Registre paroissial de Saint-Chamas


Henri Bernard s'est noyé dans le canal (Saint-Chamas, 16 août 1775)

« L’an mil sept cent soixante et quinze et le dix-sept août a été enseveli dans le cimetière Henri Bernard, fils naturel et légitime de Louis Bernard, travailleur, et de Marguerite Bertrand, âgé d’environ six ans, que l’on a trouvé hier au matin noyé dans le canal de la Poudrière et auquel nous avons donné la sépulture que, d’après l’ordonnance de maître Leidet, juge de ce lieu, qui nous a été signifiée, présents Baltasard Gide, fossoyeur, illitéré, et Nicolas Peire, sacristain, qui a signé. »

  • Registre paroissial de Saint-Chamas
  • Texte signalé par Géraldine Surian
  • Photographie : Port de Saint-Chamas. DR.


Nouveautés du mois de janvier 2011



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