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Janvier 2012 - 11e année - numéro 122

Affaires dans une maison de tolérance (Aix-en-Provence, 23 mai 1874)


Prostituées marseillaises. DR.
L’an mil huit cent, etc.
Pardevant nous, Jean-Baptiste Pinet, commissaire de police de la ville d’Aix, etc.
S’est présenté M. Dard Charles, âgé de 36 ans, tenant la maison de tolérance, rue de la Fonderie n°11, lequel a déposé la plainte ci-après :

« J’ai comme fille soumise, depuis le 13 de ce mois, une fille nommée Queyron Marie-Léonie, âgée de 25 ans, née à Cayres (Haute-Loire) ; elle venait d’Arles.
Avant-hier à minuit, elle est partie furtivement, emportant outre tout ce qui lui appartenait et qui avait quelques valeur :
une chemise que ma femme lui avait prêtée pour aller passer la visite ;
une paire de bas en coton ;
un mouchoir de poche.
Avant son départ, elle a emprunté, quoiqu’elle eût trente francs, cinq francs à la domestique et trois francs à une autre fille soumise.
J’ai payé pour elle à Arles 440 F plus le prix de son voyage dans les secondes d’Arles à Aix.
Hier, ayant appris qu’elle s’était retirée chez un homme, rue d’Italie n°63, j’en ai fait la déclaration à la police. »

Lecture faite, Dard a signé avec nous.

Nous, commissaire de police, avons fait rechercher l’individu demeurant rue d’Italie, n° 63.
Conduit devant nous, il nous a déclaré être le nommé Leven Marius, âgé de 38 ans, chapelier, né à Gréoux (Basses-Alpes), le 12 avril 1836, fils d’Antoine et de Praxète Morel, veuf de Marie Millaud, marié à Aix en 1869.
Cet individu, qui ne travaille pas depuis fort longtemps, est un habitué des maisons de tolérance où il fait des dépenses exagérées (18 ou 20 francs trois ou quatre fois par semaine).
Il est toujours accompagné des nommés :
Paneri Antoine, dit Tomy,
Martin Jean-Pascal, dit Le Rouge.
On présume que ces trois individus sont les auteurs de deux vols commis à Aix dans le mois de décembre 1873 et de celui commis [chez] MM. Angelin et Mourgues, au mois de mars dernier.
Ils ont été signalés à la police comme faisant jouer aux trois cartes dans les foires et fêtes.
Leven a donné 20 francs au nommé Nicole Louis, laveur de vaisselle, à l’auberge du Veau-qui-tête, pour aller chercher la fille Queyron dans la maison de tolérance de Dard et la conduire chez lui.
Lorsque Leven a été conduit au bureau de police par les agents Charbonnier et Vuillecard, il a sorti son couteau et a dit : « Je préfère me tuer que de me laisser mettre au violon. »
Leven avait dans son porte-monnaie 68 frs 40 cts composés de 3 pièces de 20 francs, 1 pièce de 5 francs argent, 3 pièces de 1 franc et 40 cts en billon.
Nous avons trouvé dans sa malle, dans une perquisition faite en sa présence une pièce en or de 80 francs à l’effigie du roi de Sardaigne 1830, six pièces de 20 francs et un billet de banque de 100 francs n°589-505.
Il nous a déclaré que cet argent (300 francs) provenait du prix d’immeubles qu’il avait vendus par contrats passés devant Me Guibert, notaire à Gréoux. Il a reçu 900 francs au mois de septembre 1873 et 400 francs à Pâques de 1874.
Il ne connaît Tomy que depuis 15 jours et Le Rouge depuis trois ou quatre mois. Il n’est allé dans la maison de tolérance que depuis un mois. C’est Lerouge qui l’y a conduit.
Sur les 900 francs il a dépensé ou perdu 500 francs dans son affaire avec la femme Meunier qui a été condamnée à Marseille pour escroquerie. Lerouge lui a dit il y a 15 jours qu’il avait un billet de 1000 francs et un de 500 francs. Il ne lui a pas dit d’où venait cet argent.
Il n’a jamais vu d’argent à Tomy quand ils sont allés ensemble dans les maisons de tolérance. Chacun payait son écot.
Nous avons fait rechercher et arrêter :

1) Paneri Antoine, dit Tomy, âgé de 32 ans, portefaix, demeurant rue des Cardeurs, n° 28, né à Pompeïana (Italie), célibataire.
Il a déclaré qu’il a subi une condamnation et a été expulsé de France où il est revenu sans autorisation. Il ne connaît Leven que depuis trois semaines. C’est Lerouge qui le lui a fait connaître.
Ils sont allés ensemble plusieurs fois dans les maisons de tolérance, mais il n’y ont bu de deux à trois bouteilles de bière, chacun payait son écot. Leven et Lerouge y ont couché plusieurs fois, mais lui se retirait et il ne peut dire si alors ils faisaient d’autres dépenses.
Leven a changé devant lui un billet de banque de 50 francs. Il ne sait s’il avait beaucoup d’argent.

2) Martin Jean-Pascal, dit Lerouge, âgé de 35 ans, journalier, demeurant rue du Bon-Pasteur, n° 2, né à Sénas (Bouches-du-Rhône) le 27 mars 1839, fils d’Olivier Martin et de Rose Légier, célibataire.
Dans une perquisition faite dans sa chambre et en sa présence, nous avons trouvé un billet de banque de 20 francs (n° 609 et W1518), un billet de banque de 50 francs (n° 935 et Q194) et un billet de 500 francs souscrit à Martin par un nommé Candy, cantonnier à Gardanne, en juillet 1873, payable au mois de juillet prochain.
Il a été trouvé dans son porte-monnaie 4 francs 75 centimes et à la prison dans ses chaussettes 13 francs.
Il prétend qu’il a gagné cet argent à Gardanne en juillet 1873 où il a travaillé pendant dix ans, gagnats 40 francs par mois et nourri.
Il a quitté cette localité il y a six mois et n’a pas travaillé depuis.
Il connaît et fréquente Leven depuis trois mois, Tomy depuis un mois et demi.
Il portait autrefois toute la barbe mais il l’a fait raser trois semaines après la Toussaint.
Martin fut arrêté et conduit au bureau de police le 4 décembre dernier. Il dit à M. Hivert qu’il venait de Gardanne, qu’il était malade et qu’il se trouvait sans ressources, qu’il couchait avec un camarade.
Des renseignements recueillis dans la maison de tolérance, il résulte que Leven et Martin fréquentaient ces maisons et y dépensaient beaucoup d’argent.
Ils en donnaient aux femmes avec lesquelles ils couchaient. Deux de la maison Dard en sont parties en disant que Leven et Lerouge qui avaient beaucoup d’argent leur en avaient donné.
Louise Doriadi, femme Cazali, sous-maîtresse, déclare que depuis le 26 avril, jour de son entrée dans cette maison, elle y a vu Leven et Lerouge presque tous les jours ; ils y couchent au moins trois fois par semaine, quelques fois quatre fois. Ils dépensent au moins 7 ou 8 francs chacun sans compter ce qu’ils donnent aux femmes. Quand ils reviennent, ils ont toujours bu et sont presque ivres, ils doivent donc avoir dépensé déjà de l’argent.
Leven paie presque toujours en faisant changer des billets de banque de 20 francs.
La semaine dernière, il a montré son porte-monnaie qui était plein d’or, il y avait deux pièces de 80 francs, il contenait en tout plus de 1000 francs.
La veille, il avait changé un billet de banque de 50 francs. Quand Léonie Peyron est partie, elle avait une pièce de 20 francs et une de 10 francs que Leven lui avait donné.
Le 15 mai courant, Lerouge (Martin) dit qu’il allait à Arles chercher de l’argent qui lui était dû ; il avait également dit qu’il avait des propriétés qu’il voulait vendre.
Leven dit, en parlant de Lerouge : « Il lui est dû 1500 francs. »

Mme Dard déclare que Leven, Lerouge et Tomy fréquentent sa maison depuis deux mois et demi. Depuis quinze jours, ils y viennent tous les jours et y couchent (Leven et Lerouge) trois ou quatre fois par semaine.
Elle ajoute : « Il y a un an et demi Lerouge avait pour maîtresse une fille soumise de la maison de tolérance tenue par Mme Lacroix. Cette fille avait beaucoup d’argent et en envoyait à ses parents. Elle disait que quand elle voulait 20 francs elle n’avait qu’à les demander à Lerouge.
Marie Peyrat, domestique de la maison de tolérance, déclare qu’il y a un mois Lerouge avait toute sa barbe. Un jour, l’ayant saisie par son chignon, elle lui dit : « Si tu ne me lâches pas, je t’arrache ta barbe. »
Depuis cette époque il ne vient plus dans cette maison. Avant il y venait tous les samedis et les dimanches. Il dépensait chaque fois 3 ou 4 francs, et 7 ou 8 francs quand il y couchait.
Nous avons fait écrouer à la maison d’arrêt les nommés Leven, Martin et Paneri, pour être mis à la disposition de M. le Procureur de la République.
De tout ce que dessus, nous avons dressé le présent procès-verbal pour servir et valoir ce que de droit.

  • Registre de police, I1
  • Archives communales Aix-en-Provence


Infanticide au boulevard du Musée (Marseille, 27 avril 1880)


Le Splendid Bar, boulevard du Musée. DR.
« Il résulte d’un procès-verbal dressé le vingt-sept avril dernier par le commissaire du 8e arrondissement de Marseille que ledit jour le nommé Biamonti Antoine, égoutier, demeurant rue Négrel 16, au 5e étage, a découvert le cadavre d’un enfant nouveau-né du sexe masculin paraissant être né à terme, enveloppé dans un torchon non marqué dans un égout du boulevard du Musée, situé en face des entrepôts du sieur Tardif, commissionnaire en fruits.
Le docteur Rampal. DR.
M. Rampal, docteur en médecine requis à l’effet de visiter ledit corps à la morgue, a déclaré qu’il était né à terme, qu’il avait vécu et que sa mort est le résultat d’un crime, ainsi qu’il résulte du rapport médico-légal annexé audit procès-verbal.
En conséquence, nous Maire* de cette ville de Marseille, avons ordonné l’inhumation dudit cadavre en la manière accoutumée. »

  • Registre des transcriptions, Marseille, 1880.


* Le maire de Marseille est alors Simon Ramagny.


La noyade de Gabriel Patras (Saint-Martin-de-Crau, 7 mai 1887)

La Cluse (Hautes-Alpes),
pays d'origine de Gabriel Patras.
Gabriel Patras est né à La Cluse, le 29 septembre 1833, de Gabriel et de Marie Laurens.
Adolescent, comme beaucoup de sa région, il devient berger en Provence. Sa vie se partage alors entre Aureille et les pâturages du Dévoluy.
En 1870, à Aureille, son épouse Rosalie Olivier donne naissance à un fils, Gabriel Casimir, qui décède dans l'année. Elle même perd la vie l'année suivante.
En 1887, alors qu'il hiverne à Aureille, on retrouve Gabriel noyé dans le canal de Craponne à Saint-Martin-de-Crau, à 19 km de son domicile :
« L'an mil huit cent-quatre-vingt-sept et le sept mai à huit heures du matin, Nous Bernaudon César, adjoint au Maire d'Arles, soussigné, faisant par délégation les fonctions d'officier public de l'Etat-civil, à Saint-Martin-de-Crau, banlieue d'Arles, avons rédigé l'acte de décès de Patras Gabriel, berger, hivernant à Aureille, (Bouches-du-Rhône), domicilié à La Cluse, canton, de Mandovins [1], (Hautes-Alpes), trouvé mort dans le canal de Craponne à Saint-Martin-de-Crau, terroir d'Arles, le six mai courant à deux heures du soir, âgé de cinquante cinq ans né à La Cluse, canton de Mandovins, département des Hautes-Alpes (sans autres renseignement)
sur la déclaration à nous faite par le sieur Colomb Barthélemy, garde champêtre, âgé de cinquante-un ans, domicilié à Arles, qui a dit avoir vu le défunt et par le sieur Morand Jacques, ménager, qui a dit aussi avoir vu le défunt, Nous étant assurés du décès.
Après que lecture du présent a été donnée par nous aux susnommés, nous avons signé
Signé Morand, Colomb, Bernaudon »

Cet acte de décès ne signale pas les causes présumées de la mort. Est ce le résultat d'un accident, d'un suicide ou d'un acte de malveillance ?

(Texte de MARCEL SARRAZIN)

[1] C'est une erreur, La Cluse fait partie du canton de Saint-Étienne-en-Dévoluy.


Sauvé du canal (Peyrolles-en-Provence, 9 août 1843)

Peyrolles. Place des Tilleuls. DR.
« Hier à huit heures du soir, un enfant de 2 ans et demi est tombé dans le canal d’irrigation de Saint-Roch, sur les bords duquel il jouait. Entraîné par le courant d’eau, il a parcouru une distance d’environ 80 mètres. 
Sa mère qui s’était précipitée à sa poursuite parvint enfin à le saisir et le retira du canal ; mais l’enfant ne donnait plus aucun signe de vie. 
Les cris de la mère attirèrent promptement un grand nombre de personnes. 
Le gendarme Trinquenaux de la résidence de Peyrolles étant accouru comme les autres perça la foule et, voyant qu’on tenait l’enfant suspendu les pieds en l’air pour lui faire rendre l’eau qu’il avait bue, il le prit dans ses bras, malgré la résistance que lui opposait une foule grossière et ignorante. 
Il lui releva la ête, lui ouvrit la bouche qui était fortement contractée, serra les lèvres de l’enfant contre les siennes en respirant fortement et lui insufflant l’air de ses poumons vigoureux. L’enfant ne tarda pas à revenir à la vie ; il ouvrit les yeux, le pouls recommença à battre et tous les signes de mort qui avaient désespéré la mère disparurent comme par enchantement. 
Rien ne saurait peindre la joie de la pauvre mère et sa reconnaissance pour ce brave et intelligent militaire qui venait de lui rendre son fils. »

  • Le Mémorial d'Aix, 13 août 1843, 6e année, n° 79.


Faits divers de Peyrolles-en-Provence (Bouches-du-Rhône)


XIXe siècle.

Peyrolles-en-Provence - Faits divers

Rupture d'anévrisme (Aix-en-Provence, 8 avril 1901)

Place des Prêcheurs. DR.
« Lundi après-midi, M. Paul Orsini, clerc de notaire, âgé de 16 ans environ, est mort subitement en passant sur la place des Prêcheurs à la suite d'une rupture d'anévrisme.
On s'empressa autour de lui et des soins immédiats lui furent prodigués par des passants. Transporté dans une pharmacie, le pauvre garçon ne tarda pas à rendre le dernier soupir. »
  • Le Mémorial d'Aix, n°29-30, 64e année, 14 avril 1901


Naufrage sur l'étang de Berre (Port-de-Bouc, 30 avril 1873)

« Le trente avril dernier, le sieur Carbonne François, patron pêcheur demeurant à Martigues, plus amplement dénommé ci-après, s’embarqua malgré une bourrasque effroyable sur son bateau appelé La Famille. Un matelot et un mousse l’accompagnaient.
À peine était-il parvenu à la hauteur du Port-de-Bouc qu’un coup de vent des plus violents faisait chavirer l’embarcation.
Vainement de nombreux marins que l’imminence du danger couru par La Famille avait attirés sur ce point tentèrent-ils de sauver les malheureux pêcheurs, leurs efforts demeurèrent inutiles et amenèrent seulement le sauvetage quand la mer fut redevenue plus calme du bateau désemparé au fond duquel fut trouvé le cadavre du mousse. Quant aux corps de Carbonne et de son autre compagnon, ils ne purent être découverts.
Ces faits qui sont de notoriété publique à Martigues et qu’ont attesté spécialement quatre témoins entendus par M. le juge de paix de cette localité, établissent péremptoirement la mort de Carbonne à la date susmentionnée.
En conséquence, le soussigné :
Attendu qu’il est d’ordre public aussi bien que de l’intérêt de la dame Espanet veuve Carbonne et de ses deux enfants que le décès de Carbonne soit régulièrement constaté ;
Vu les articles 46, 99 et 101 du code civil, la loi du 10 décembre 1850, les certificats prouvant l’indigence des parties et les autres pièces jointes au dossier ;
Fort de Bouc, sur l'étang de Berre (commune de Port-de-Bouc).
Pymarie, 2006. DP.

Requiert à ce qu’il vous plaise prononcer que le sieur Carbonne François, patron pêcheur, né à Martigues le 14 janvier 1838, de François Napoléon et de Mance Marie Rosine, veuf en premières noces de la dame Ginata Antoinette Élizabeth Baptistine, marié en secondes noces avec la dame Espanet Thérèse Virginie, père de deux enfants, domicilié audit Martigues, est décédé en mer le 30 avril 1873.
Ordonner que le présent jugement tiendra lieu d’acte de décès.
Etc. »

Jugement prononcé à Aix au palais de justice en audience publique le 30 juin 1873.

  • Registre des transcriptions de Martigues, année 1873 

Faits divers de Port-de-Bouc (Bouches-du-Rhône)


XIXe siècle.


Port-de-Bouc - Faits divers

L’abandon de Rose Printemps (Marseille, 19 mai 1880)

Mère abandonnant son enfant.
DR.
Il résulte d’un procès-verbal en date du 19 mai courant dressé par M. Ambrogi Joseph, commissaire de police du 8e arrondissement de Marseille que ledit jour la nommée Honorine Fourne, veuve Galache, âgée de 38 ans, logeuse en garni, demeurant rue Mazagran, 10, s’est présentée devant le susdit officier judiciaire et lui a fait la déclaration suivante :
« J’habite le premier étage de la maison n° 10, rue Mazagran. Ce matin, vers 7 heures, j’ai entendu de mon lit les vagissements d’un enfant nouveau-né paraissant venir du vestibule. Je me suis immédiatement levée et j’ai en effet trouvé par terre dans le vestibule derrière la porte à ce moment fermée l’enfant du sexe féminin que je vous présente. Elle était dans l’état actuel, c’est-à-dire emmaillotée dans un morceau de drap de lit et un autre morceau de nappe et enveloppée dans un tablier avec deux poches, le tout non marqué.
« Marie Collino, épouse Rovero, demeurant au 4e étage, étant intervenue à mon appel, a ramassé l’enfant et l’a emportée chez moi pour la soigner. Je n’ai vu personne dans le vestibule ni dans la rue pouvant être soupçonnée d’être l’auteur de cet abandon.
« Mme Hosté, accoucheuse appelée en toute hâte, a coupé et noué le cordon ombilical qui n’était ni coupé ni attaché. L’enfant est très bien portante comme vous le voyez. Elle a dû être exposée à l’endroit où je l’ai trouvée un moment auparavant car Mme Volle Marie étant sortie à 7 heures nous a déclaré n’avoir vu dans le vestibule ni l’enfant ni d’autre personne et elle aurait laissé la porte du vestibule ouverte tandis que je l’ai trouvée fermée, je le répète. »
Lecture faite, la veuve Galache a persisté dans sa déclaration et signé avec ledit officier judiciaire qui a ouvert une enquête mais il n’a pas été possible jusqu’à ce jour de connaître la mère de cette enfant ni la personne qui l’avait déposée.
Nous avons reconnu que cet enfant était du sexe féminin.
Nous lui avons donné les noms de Rose Printemps et l’avons fait apporter à l’hospice de la Conception.
L’an 1880 et le 27 mai, nous officier de l’État-civil avons transcrit le présent procès-verbal d’abandon dans les registres courants et avons signé.

  • Registre des transcriptions, Marseille

Alphonse Angelin (1815-1907), peintre aixois

Alphonse Angelin (Aix-en-Provence, 30 octobre 1815–id., 20 janvier 1907) est un peintre français.

Biographie
Il obtient une médaille d'or au salon de 1840 pour sa toile L'Ecce Homo, mais il apparaît deux autres fois sur le livret : en 1842 pour les Prisonniers arabes de la Sikkak à Marseille[1] et en 1847 pour Le Sacrement du mariage[2]. C'est pourtant à Aix-en-Provence qu'il meurt, le 20 janvier 1907[3], après être revenu dans sa ville natale vers 1860 et abandonné la peinture[2].

Angelin est un peintre exposé dans plusieurs édifices religieux, comme la cathédrale Saint-Sauveur ou l'église du Saint-Esprit, à Aix-en-Provence. Formé en même temps que Jean-François Millet par le maître Paul Delaroche, on remarque dans sa peinture d'histoire une nette influence de Pierre-Henri de Valenciennes (1750-1819), marquée par le souci de restituer une nature idéalisée[3].

Il fait partie du groupe des peintres aixois vivant à Paris, comme François Latil ou Emmanuel Massé[4]. C'est pourtant à Aix-en-Provence qu'il meurt, le 20 janvier 1907[3].

Œuvres
  • La vision de saint Jérôme, église du Saint-Esprit, Aix-en-Provence.
  • Le Sacrement du mariage, cathédrale Saint-Sauveur, Aix-en-Provence.
  • Mme Latil, musée de Versailles.
  • Bailli de Suffren, id.
  • Ladislas Berchery, id.
  • J.-F. Chastenet Puységur, id.
  • Jeune voyageur dépouillé et assassiné, musée de Toulouse.
  • Scène de naufrage, id.
Franck Baille[3] (1981) cite aussi d'autres œuvres dont Angelin est l'auteur :
  • Portrait de M. le comte de L. P..
  • Portrait de M. M.
  • Rêverie.
  • Joueur de violoncelle.
  • Cuirassier.
  • Aurore.
Notes et références
1. Selon Le Mémorial d'Aix du 27 mars 1842, la ville d'Aix est cette année abondamment représentée au Salon par ses peintres. Hormis Angelin, on retrouve des œuvres de François Latil, Émile Loubon, Antoine Coutel, Prosper Grésy, Léon de Lestang-Parade. Le sculpteur Joseph Marius Ramus y participe aussi.
2. Paul Masson (éd.), Les Bouches-du-Rhône. Encyclopédie départementale, t. XI, « Biographies », Marseille, 1913, p. 18.
3. Franck Baille, « Alphonse Angelin » in Les Petits Maîtres d'Aix à la Belle Époque, éd. Paul Roubaud, Aix-en-Provence, 1981, p. 17.
4. Paul Masson (éd.), Les Bouches-du-Rhône. Encyclopédie départementale, t. VI, « La vie intellectuelle », Marseille, 1914, p. 447.

Texte écrit par Jean Marie Desbois pour Wikipédia et placé sous licence Creative Commons paternité-partage des conditions initiales à l'identique 3.0 et GFDL.



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