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Janvier 2012 - 11e année - numéro 122

Meurtre à Rabou (Rabou, 18 août 1887)


Texte de Marcel Sarrazin, 2011,
webmaster du site Montmaur et ses hameaux.

Le journal national La Croix dans son édition du 21 août 1887 signale [1] :

« Un fratricide.
Dans la nuit de jeudi, à Rabou, près de Gap, à la suite d'une violente discussion d'intérêts avec son frère, Orcier, s'élança sur celui-ci et lui coupa la gorge avec un rasoir.
La victime put se traîner jusqu'à la chambre de sa mère, qui se trouvait à l'extrémité de la maison ; des soins lui furent aussitôt prodigués, mais le malheureux succomba quelques heures après.
L'assassin a été arrêté dans une grange où il s'était caché. »

La victime est Joseph Alexandre Orcière, âgé de 24 ans, assassiné par son frère le 18 août 1887, et décédé à 5 heures du matin [2]. Il a trouvé refuge dans la chambre de sa mère, Marie Valentin, alors âgée de 52 ans. En 1886, il n'était pas recensé au village de Rabou, et devait donc habiter et travailler dans un autre village.
La dispute est banale. Elle porte sur l'héritage du père, Jacques Alexandre, meunier, décédé l'année précédente, le 1er juillet.
Le meurtrier semble être Vincent, âgé de 22 ans, qui lui est resté auprès de sa mère et de son jeune frère Séverin.
Après cette triste affaire la famille Orcière quittera le village de Rabou.

[1] Site de la BNF : http://gallica.bnf.fr
[2] Site des Archives départementales des Hautes-Alpes : http://www.archives05.fr



Meurtre à Beaudument (Beaudument, 25 août 1909)

Texte de Marcel Sarrazin.

Au début du XXe siècle le village de Beaudument se meurt. Des 34 habitants recensés en 1901, il n'en reste plus que 18 cinq ans plus tard*. Est-ce que l'un des jumeaux Delaye, Louis Fortuné ou Louis Camille, désire quitter le pays alors que l'autre refuse de le faire ? Est-ce la raison de leur mauvaise entente ? D'autant plus qu'ils sont de plus en plus pauvres : alors que jusqu'en 1896, ils employaient un domestique et un berger, ils vivent désormais seuls. Leur désaccord se manifeste aussi au niveau des recensements. En 1901, Louis est déclaré chef de famille ; mais au recensement suivant, Camille a pris l'ascendant sur son frère : c'est lui qui est signalé comme le chef de famille. En 1909, il ont 56 ans - ils sont nés le 26 août 1853 - et toujours célibataires. Ces 56 ans de vie commune vont se terminer tragiquement le 26 août. Le Journal de la gendarmerie de France, dans son édition du 5 septembre 1909 rapporte le drame** :

« Poursuite mouvementée

SISTERON, 26 août. — Au village de Beaudument, près de Sisteron, deux frères jumeaux, Louis et Camille Delaye, vivaient en mauvaise intelligence.

La gendarmerie de Volonne, avisée que Camille était disparu depuis plusieurs jours, se rendit auprès de Louis pour l'interroger, mais celui-ci s'enfuit à travers les bois et les rochers.

Au moment où il allait être capturé, le fuyard essaya de se tuer à coup de couteau, puis il se jeta sur le gendarme Jullien, pour le frapper ; le brigadier voyant son camarade en danger, tira sur le fugitif qu'il atteignit à la main, et le désarma ensuite.

Delaye fut conduit au village de Sourribes où il refusa de dire où était son frère. »

Ces événements se passent probablement dès les premières heures du jour. Car à 16 heures, deux cultivateurs domiciliés à Sourribes, Simon Rougier et Adrien Féraud, se présentent à la mairie de Beaudument et déclarent que Louis Camille est décédé dans sa maison d'habitation, le 25 août, à une heure de l'après-midi.


* Site des Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence : http://archives04.fr.
** Site de la BNF : http://gallica.bnf.fr.



Faits divers de Sourribes (Alpes-de-Haute-Provence)


XXe siècle
XIXe siècle



Sourribes - Faits divers


Seyne (Alpes-de-Haute-Provence)

Vue sur Seyne. J.-C. Gabillet.
Creative Commons.
Commune des Alpes-de-Haute-Provence,
Provence-Alpes,
1.427 hab. en 2007,

84,27 km2

Voici quelques liens qui vous pourront vous guider si votre généalogie vous mène à Seyne.

HISTOIRE LOCALE

  • Les sinistrés de la grêle de 1774. Le 28 juin 1774, un orage de grêle à l'ampleur rare ravageait le village de Seyne provoquant des dégâts terribles sur l'économie locale.

Mort d'un étranger (Céreste, 25 mars 1695)

« Lan susdit et le vingt cinq mars dans le susdit cimetiere a esté enterré un pauvre passant decédé a l'hopital qui disoit estre du lieu de Simianne, a qui l'on a trouvé des heures et un billet de Rosaire par lequel il appert qu'il se nommoit Pierre Stelle, paroissant aagé d'environ cinquante cinq ans en presence des soubzsignes. »
BESSIERES vicaire
S. RIPERT prebtre
S. TREMOLIER
    Commentaire de Marie-Françoise Allouis :
    Les « heures », c'est un livre de prières. On peut rencontrer des « heures en latin », des « heures en français », des « heures bien reliées », etc. Un billet de Rosaire, ça se décompose ainsi :
    - un billet : ici, c'est un certificat de pauvreté, souvent délivré par une communauté, par exemple, un passeport dont se munissaient ceux qui mendiaient leur pain de village en village.
    - un rosaire : normalement, c'est un grand chapelet, mais ici, je pense qu'il s'agit de la confrérie du Rosaire (c'est pourquoi je lui ai mis une majuscule). Une confrérie est une association de laïques à but de dévotion, de charité ou de secours mutuel.
    Donc, je pense que ce brave homme avait sur lui un billet donné par la confrérie du Rosaire de son village pour le recommander aux confréries ou aux consuls des villages qu'il traverserait. En quelque sorte, un sésame pour ne pas inquiéter les populations, certifier de ses bonnes mœurs et éventuellement lui donner droit à une aide, s'il y avait une confrérie du Rosaire. Et forcément son nom y était inscrit. C'est pour cette raison que le curé dit : « dont il appert qu'il se nommait Pierre Stelle. »
    Lorsqu'un pauvre mendiant décédait dans un village, les curés avaient ordre de fouiller leurs poches ou leur corps pour voir s'ils trouveraient un quelconque indice de sa catholicité, afin de pouvoir l'inhumer en terre chrétienne. J'ai souvent croisé ce genre de description lors de sépulture d'« étrangers ». En les notant dans leurs registres, les curés se mettaient prudemment à l'abri d'éventuels reproches de leur évêque qui pourrait se fâcher s'ils inhumaient un non-catholique en terre consacrée.
    • Registre paroissial de Céreste
    • Anecdote signalée par Frédéric de Solliers


    Faits divers de Céreste (Alpes-de-Haute-Provence)


    XVIIe siècle.

    Le quartier de Plaisance (Saint-Martin-de-Crau)

    Photographie de 1904 représentant une rue du centre de Saint-Martin-de-Crau, l'actuelle avenue de Plaisance, alors quartier de Plaisance. À cette époque, Saint-Martin-de-Crau est encore une dépendance d'Arles.

    Photographie : coll. pers. Jean Marie Desbois


    Photographies anciennes de Saint-Martin-de-Crau

    Les sinistrés de la grêle de 1774 à Seyne (Alpes-de-Haute-Provence)

    Vue sur Seyne. J.-C. Gabillet.
    Creative Commons.
    Le 28 juin 1774, un orage de grêle à l'ampleur rare ravageait le village de Seyne-les-Alpes (Seyne selon la forme officielle de la commune) provoquant des dégâts terribles sur l'économie locale. Une fois l'événement terminé et les comptes faits, les habitants du lieu déposaient une requête faisant état de leurs pertes. Ce role, conservé aux archives départementales des Bouches-du-Rhône, laisse apparaître une liste de 263 chefs de famille qui est un remarquable témoignage d'histoire locale face à un moment d'adversité.
    Vous pouvez retrouver la liste de ces personnes sur un fichier mis en ligne par GénéProvence et consultable librement en cliquant ici.

    Un vol à l'auberge du Cours (Aix-en-Provence, 17 janvier 1803)

    Ce jourd’huy vingt huit nivôse an onze de la République française, pardevant nous, commissaires de police et dans notre bureau, s’est présenté le citoyen Louis Benet, propriétaire domicilié à Marseille, lequel nous a déclaré que hier, vingt-sept sur les six heures du soir, arrivant de Marseille dans une voiture conduite par le nommé Brémond, garçon voiturier résidant à Marseille, arrivés dans la basse-cour de l’auberge dite du Cours* où ledit Brémond conduisit la voiture, luy déclarant ainsi que les autres personnes qui étoient dans la voiture après en être descendu s’occupa du bord à faire retirer de devant ladite voiture une petite caisse destinée pour le citoyen Dubreuil**, homme de loi. Le nommé Brémond, voiturier, fut chargé par luy de sortir de la voiture où il entra seul, observant que cette caisse se trouvoit placée sous le caisson à côté d’un sac contenant 426 francs en écus de 6 francs, sac que ledit Brémond ne peut avoir évité de voir et même de toucher en prenant la susdite caisse.
    Le Cours, dix ans environ avant les faits.
    Le déclarant, occupé dans le moment de l’envoi de cette caisse à son adresse, oubliant son sac d’écus, la prend des mains dudit Brémond et entre dans un des salons de l’auberge pour y déposer l’adresse dessus et la confier à un portefaix qu’il charge du transport chez le citoyen Dubreuil. Cette première opération terminée, le déclarant retourne dans la basse-cour pour reprendre le sac qu’il avoit encore laissé dans la voiture. Le voiturier ne s’y trouvant point et un portefaix se présentant à luy chargé de son sac de nuit, oubliant encore une fois le sac d’écus qu’il avoit laissé dans la voiture et se disposant à s’acheminer dans son logement, ledit Brémond paroit alors et, semblant accourir à l’appel que le déclarant luy avoit déjà plusieurs fois fait, reçoit de luy la somme de 75 centimes d’étrennes et le déclarant sort de l’auberge suivi du portefaix chargé de son sac de nuit et accompagnant la citoyenne Thérèse Plauche, avec laquelle il devoit aller loger à cent pas*** de l’auberge.
    Le déclarant, se rappelant avoir laissé son sac d’écus dans la voiture, retourne avec précipitation dans l’auberge, se lance dans la voiture que Brémond avoit déjà rangée sous le hangar, veut prendre son sac d’écus et ne le trouve plus. Par un mouvement bien naturel et sans quitter la voiture, il appelle à grands cris ledit Brémond. Celuy-cy répond du fond d’une écurie : « Je suis à vous » et, après avoir resté presque un quart d’heure d’arrivée, il paroit enfin, tenant une lampe en main. Le déclarant luy ayant fait part de son oubli, celuy-cy répond qu’il n’a point vu de sac d’écus et jure d’être seul pourtant.
    Entré dans la voiture, les menaces du déclarant ne l’intimident point. Il nie toujours d’avoir vu le sac quoiqu’il ait été impossible qu’il ait retiré la caisse sans le voir ny ne le toucher. Toutes les personnes qui étoient venues dans cette voiture et instruits de ce fait veulent fouiller un soldat invalide qui étoit déjà couché et qui s’y trouvoit aussy presque accusé par le voiturier à en juger, disoit-il, par sa misère. On le fouille, il facilite luy-même la recherche en exposant en vue tous ses effets et rien n’est trouvé.
    Le déclarant sort de nouveau de l’auberge. On luy conseille d’appeler la gendarmerie. Le citoyen Mauche, maréchal des logis, s’y rend de nouveau avec luy, accompagné d’un gendarme. De nouvelles perquisitions sont faites en vain. On appelle Brémond qui, après un intervalle assez long, reparoit, venant du dehors. Il accompagne les gendarmes dans ses visites. On va de nouveau chez l’invalide chez lequel on ne trouve pas davantage et le déclarant, avant de se retirer en présence des gendarmes et de toutes les personnes venues avec luy, qui sembloient convaincues que l’auteur du vol étoit le voiturier. Le déclarant, disons-nous, avant de se retirer, soutient audit Brémond qu’il étoit l’auteur du vol qui luy étoit fait, qu’étant seul entré dans la voiture, ayant pris de son ordre la caisse qui étoit dans le caisson, le dessus duquel ne pouvoit se lever qu’en remuant le sac d’écus que le déclarant avoit laissé sous le coussin.
    Sur cette déclaration, nous commissaires de police après avoir observé au déclarant qu’il auroit dû nous instruire de ce vol au moment où il s’en est plaint, qu’il étoit temps alors d’officiellement interroger le voiturier, de le faire traduire pardevant le magistat de sûreté, nous étant rendus dans l’auberge dite du Cours et ayant appris que ledit Brémond en étoit party ce matin, avons dressé le présent procès-verbal pour être envoyé au magistrat de sûreté et être par luy ordonné ce qu’il appartiendroit et avons signé avec le citoyen Benet.
    Signature de Benet.







    * L’hôtel d’Estienne-d’Orves, au 25 du cours Mirabeau, est alors dénommé « auberge du Cours ». On le retrouve quelques années plus tard sous le nom d’« auberge du Soleil ».
    ** Il pourrait s’agir de Joseph Dubreuil (1747-1824), avocat et maire d’Aix-en-Provence en 1815.
    *** Environ 75 mètres.

    • Registre de police, archives communales d'Aix-en-Provence, I1-1.


    L'enfant trouvé de Notre-Dame-de-la-Garde (Marseille, 20 août 1880)

    DR
    « Il résulte d’un procès-verbal en date du 20 août 1880 dressé par le commissaire de police du 14e arrondissement de Marseille que ledit jour, la femme Simeria Marie, âgée de 24 ans, demeurant rue Fort-du-Sanctuaire, s’est présentée, portant un enfant de naissance du sexe masculin et a déclaré audit fonctionnaire quelle venait de retirer cet enfant des mains des nommés Bourguignon et Marecha, tous deux demeurant 7, boulevard Vauban, lesquels venaient de trouver cette petite créature déposée sur un tas de pierres sur la colline Notre-Dame-de-la-Garde, au lieu-dit La Croix.
    Que l’auteur de cette exposition n’ayant pu être découvert, l’enfant a été placé d’urgence à l’hospice de la Conception.
    Il était porteur d’un maillot gris, d’un lange marqué aux initiales M. R., d’une petite chemise blanche, d’un caraco noir avec points noirs, d’une sangle à petits points bleus et blancs, d’un bonnet blanc piqué. La tête était recouverte d’un mouchoir blanc aux initiales E. B.
    Nous avons reconnu que cet enfant est du sexe masculin et lui avons donné les noms de Marius Lagarde. »
    • État civil de Marseille, registre des transcriptions

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