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Janvier 2012 - 11e année - numéro 122

Un loup tueur (La Motte, 28 juin 1656)


« L'an mil six cent cinquante six et le vingt et huit juin a été enseveli Pierre Bauchière âgé de 17 ou 18 ans qui la nuit en dormant dans un pré de ce lieu de La Motte en compagnie de son père où était tenu son bétail qui consistait en treize ou quatorze bœufs et deux de pied redon* a été étranglé par un loup lui ayant mangé toute une cuisse et toutes les fesses et emporté son bas gauche avec étonnement de tout le village qui a accouru à cet accident. »
[J. FAUCHIER, vicaire]


* Mot provençal ped redon ou peredoun, « pied-rond », au sens de difforme, arrondi. Peut-être un échassier.

  • Registre paroissial de La Motte
  • Anecdote découverte par Marc de La Cadière


Faits divers de Vidauban (Var)

XIXe siècle.

Vidauban - Faits divers

Un mort chez Joseph Sose (La Roque-d'Anthéron, 9 avril 1864)

La Roque d'Anthéron
au début du siècle dernier. DR.
L'an mil huit cent soixante-quatre et le neuf avril à quatre heures du soir,
Pardevant Nous, Redortier Jules, Maire, Officier de l'État-Civil de la Commune de la Roque-d'Anthéron, Canton de Lambesc, Département des Bouches du Rhône, ont comparu à la maison commune les sieurs Jacquèmes Joseph Louis, perruquier, âgé de quarante trois ans, et Deluy Joseph, épicier, âgé de trente cinq ans, tous deux domiciliés et demeurant en cette commune, ni voisins ni parents du défunt, lesquels nous ont déclaré qu'un individu à eux inconnu de sexe masculin, paraissant âgé de trente-huit ans, taille d'un mètre soixante -huit centimètres, cheveux châtain, front découvert, sourcils châtain, yeux bleus, nez ordinaire, bouche moyenne, barbe châtain (moustaches et impériale), menton rond, visage ovale, teint blond, sans marques particulières, ayant pour vêtements un pantalon bleu, une veste de napolitaine, une casquette en drap noir et de mauvais souliers et se trouvant sans papiers, est décédé ce jourd'hui à trois heures de relevée dans la maison d'habitation du sieur Sose Joseph, surveillant de travaux, sise en cette commune de la Roque d'Anthéron dans la rue du Temple. 
Sur quoi, nous, Officier de l'État-Civil, après avoir pris les renseignements nécessaires sur l'individu décédé, et nous être assuré de son décès, avons dressé le présent acte, que nous avons transmis et signé sur les deux registres, avec les témoins après lecture faite les jours, mois et an susdite.

[JACQUÈMES, DELUY, REDORTIER]

  • État-civil de La Roque-d'Anthéron
  • Texte transmis par Daniel Tertian

Les remparts de Céreste

Cette photographie représente les remparts du village de Céreste (Alpes-de-Haute-Provence) tels qu'ils existaient en 1910. Plus abîmés aujourd'hui, ils sont un témoignage de l'architecture médiévale du village.

Photographie : coll. pers. Jean Marie Desbois


Photographies anciennes de Céreste

Photographies anciennes de Céreste


Photographie : coll. pers. Jean Marie Desbois




Note quant à la réutilisation : ces images ont été acquises moyennant paiement, parfois conséquent. Elles peuvent toutefois être réutilisées gratuitement à condition qu'elles soient mises à la disposition de lecteurs à titre tout aussi gratuit et que la mention «collection personnelle Jean Marie Desbois » leur soit attribuée.

Accouchement et ver solitaire (La Motte, 3 octobre 1616)

Taenia solium
Johann Gottfried Bremser,
1831
« L'an que dessus et le 3 octobre fut enterrée Bourthomiene Guillesse âgée d'environ 35 ans étant en couche d'un enfant laquelle quatre jours après son baptème elle fit un gros serpent par la gorge l'ayant nourri selon qu'elle dit quelques mois dans son ventre lui donnant de grand peyne et douleurs et mourut ladite femme cinq jours après que le serpent fut sorti. »

  • Registre paroissial de La Motte (Var)
  • Texte transmis par Marc Borodur


Faits divers de la Motte (Var)


XVIIe siècle.

Un drame de la jalousie (Marseille, 7 mars 1839)

L'Assassinat de Przemysł II à Rogoźno.
WojciechGerson (1881)
Musée national de Varsovie (Pologne)
« Un ouvrier tonnelier, âgé de 32 ans, Jubelin Fournier, demeurant 13, rue Sainte-Catherine, pris de jalousie pour sa femme, a mis à exécution un dessein formé depuis plusieurs jours, mais qui fut hâté par une pancarte injurieuse pour son honneur, qu’il trouva affichée à sa porte. Vendredi, à cinq heures du matin, il se leva de son lit avec précaution et, saisissant un large couteau, il en frappa plusieurs fois sa femme au sein : celle-ci, réveillée par la douleur et baignant dans son sang, se précipita vers la porte, appelant du secours. Alors le frénétique Fournier reporta sa vengeance sur sa petite fille âgée de trois ans et la frappa à la gorge.
Ayant entendu les voisins accourir, il se frappa lui-même à la poitrine et se jeta de la fenêtre : en tombant sur le pavé, il se cassa le bras gauche et se fit une plaie assez forte à la tête. Transporté à l’hôpital, il expira deux heures après. 
On espère sauver la femme et l’enfant. »

  • Mémorial d'Aix, éd. du 16 mars 1839


La disparition de Chaudun (Hautes-Alpes)

© Marcel Sarrazin, 2011,
webmaster du site Montmaur et ses hameaux.

Le journal Le Gaulois en date du 25 novembre 1891 signale à la France entière la disparition programmée de la commune de Chaudun :

« GAP. La commune de Chaudun, composée de 120 habitants, va disparaître. L'administration forestière vient de l'exproprier en entier, maisons, terres et pâturages, pour la somme de 180 000 francs. »

Après plusieurs siècles d'occupation, les habitants de Chaudun, l'une des communes les plus pauvres du département des Hautes-Alpes, ont jeté l'éponge.
Leur curé, l'abbé Robert est témoin de leur misère extrême. Lui même est logé dans un presbytère absolument inhabitable. La toiture en chaume, en grande partie détruite, laisse passer la pluie et la neige, et l'humidité a rongé les murs [1]. Il conseille à ses ouailles de s'expatrier tous ensemble et d'aller fonder un autre Chaudun sous un climat moins rigoureux, sur un sol moins ingrat.
Le 28 octobre 1888, les 41 propriétaires adressent au gouvernement une pétition dans laquelle ils déclarent : « Vaincus par l'indigence nous avons l'honneur de proposer au gouvernement l'achat du territoire de notre commune [2] ». Et pour favoriser leur demande auprès d'un État qui facilite les départs pour l'Algérie, ils promettent : « Nous n'hésiterons pas, M. le Ministre à émigrer vers le sol si fertile de l'Afrique française. »
L'affaire va durer quelques années [3].
L'année suivante, des négociations sont engagées avec l'Administration forestière et l'État pour que celui-ci acquière le territoire de la commune de Chaudun et le soumette au reboisement. L'abbé Robert sert d'intermédiaire entre les habitants et l'Administration des forêts.
Une décision du Ministre de l'Agriculture en date du 10 mai 1892, reconnaît l'utilité et la convenance du territoire de Chaudun pour le reboisement.
Le Conseil d'État ayant émis l'avis qu'il y avait lieu de réunir la commune à une commune voisine, le Préfet fait procéder à l'instruction réglementaire. Le Conseil municipal de Chaudun, par délibération du 19 mars 1895, demande à ce que son territoire soit uni à la commune de Gap, ce que le Conseil municipal de Gap accepte dans sa délibération du 31 mars.
Les deux Conseils municipaux intéressés, les 13 juillet et du 14 août, règlent les conditions auxquelles la réunion doit s'effectuer. Le Conseil d'arrondissement de Gap émet un avis favorable au projet.
La délibération du Conseil général est rendue exécutoire par arrêté préfectoral du 22 octobre, puis approuvé par décision du ministre de l'intérieur : la remise du service communal sera faite le 23 décembre.
Le lendemain, les journaux nationaux Le Gaulois et Le Matin font état de la disparition de la commune de Chaudun :

« UNE COMMUNE QUI S'EXILE
Cette commune qui, il y a deux ou trois ans, quittait son pierreux sol natal des Hautes-Alpes, ruiné par les avalanches et les débordements de torrents, pour la terre promise africaine, c'était la commune de Chaudun. Un acte officiel vient de consacrer la disparition de ce centre communal haut-alpin.
Une décision du conseil général du département, approuvée par le ministère de l'intérieur, a réuni le territoire de Chaudun à celui de la ville de Gap. »

Entre temps, la vente des biens communaux et des propriétés privées a été réalisée le 6 août 1895. Les 41 propriétaires se partagent la somme de 180 000 F. La somme la plus importante, 12534 f, est touchée par le cardeur Chabre qui possède 17,69 hectares, alors que le plus petit propriétaire Jean Pierre Aubert reçoit seulement 100 f. Le maire Joseph Taix, pour sa part, obtient 8 227 f.
Les habitants quittent leur village le 1er avril 1896. Les auteurs signalent que certains partiront effectivement en Algérie, d'autres aux États-Unis, mais il semble qu'un grand nombre resteront dans la région ou émigreront dans des départements voisins [4].


[1] - Rapports et délibérations - Conseil général des Hautes-Alpes, Gap, 1885.
[3] - Le déroulement de la disparition de Chaudun est rapporté dans le Bulletin de la société d'études des Hautes-Alpes, n° 16, Gap, 1895.
[4] - La majorité des annotations en marge des actes de naissance des années 1880, donc rédigés bien plus tard, signalent des mariages et des décès dans les départements français. D'autres part nous n'avons pas trouvé trace des propriétaires cités dans le Bulletin de la société d'études des Hautes-Alpes sur le site des archives d'Algérie (http://anom.archivesnationales.culture.gouv.fr/caomec2/).

Nouveautés du mois de juillet 2011



Faits divers
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