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Janvier 2012 - 11e année - numéro 122

Injures alcoolisées (Aix-en-Provence, 30 mai 1874)


DR
L’an mil huit cent, etc. 
Nous, Jean-Baptiste Finet, commissaire de police de la ville d’Aix, rapportons ce qui suit : Le nommé Cathon Eugène, âgé de 24 ans, menuisier en fauteuil, demeurant en cette ville, rue des Jardins, n°8, né à Châlons (Saône-et-Loire), le 3 décembre 1840, fils de François Cathon et Philiberte Maudot, veuf de Victorine Isouard, avec laquelle il s’était marié à Marseille il y a huit ans, un enfant, vit en concubinage avec la nommée Anne Marlaud
Cette fille qui, de notoriété publique, se livre à la prostitution, a été soumise à la visite sanitaire. 
Hier soir, Cathon s’est présenté au bureau du journal Le National pour y faire insérer un article contre M. le commissaire central qu’il accuse d’avoir mis en carte sa concubine. M. Last ayant refusé de recevoir son article, Cathon s’est mis à l’insulter et refusa de sortir, malgré son invitation réitérée et celle des autres employés. M. Last requit alors deux sergents de ville qui passaient sur la place des Prêcheurs pour être débarrassé des importunités et des injures de cet individu. 
Les agents Daure et Louvière entrèrent mettre dehors Cathon et, trouvant qu’il était en état d’ivresse, ils l’invitèrent à les suivre au bureau de police. Cathon les accompagna en les traitant à haute voix de canailles, cochons, fainéants. Il continua les insultes pendant tout le trajet de la place des Prêcheurs à l’hôtel de ville. 
Arrivé au bureau de police, il dit en parlant à tous les agents : « Vous êtes de la canaille. » L’agent Charbonnier étant entré dans ce moment, il s’adressa personnellement à lui, disant : « Je vous connais, vous ne valez pas grand-chose. Je vous signalerai. Vous êtes de la canaille, il faut que j’en tue six. » 
Il demanda à parler à M. le commissaire central en disant : « Faites-le venir que je lui dise ce qu’il est. C’est une canaille, un ivrogne. Nous avons bu ensemble. Je veux le mettre à sa place. » 
M. le commissaire central, prévenu par les agents, est venu au bureau de police et a fait mettre au violon le dit Cathon. 
Ce matin, cet individu a été plus convenable, s’excusant des sottises dites aux agents et à M. le commissaire central et les attribuant à l’état d’ivresse dans lequel il se trouvait. Cathon a déclaré qu’il était veuf. Il paraît que sa femme est vivante et qu’il l’a abandonnée ainsi que son enfant. 
De tout ce que dessus, nous avons dressé le présent procès-verbal pour être transmis à M. le procureur de la République. Cathon étant domicilié à Aix, a été laissé en liberté. 
Fait à Aix, etc.


* Mettre en carte : répertorier les prostituées sur un fichier de police. 

  • AC Aix-en-Provence


Mort de la rage (Entrevennes, 1er février 1732)

Loup à la lumière de la lune,
Frederic Remington, v. 1909.
« Joseph Armellin, fils de Dominique dit de Parraire et de Dauphine Audric, âgé d'environ vingt et six ans, est décédé enragé en suite de la morsure d'un loup et a été enseveli le premier février de l'an cy dessus [1732] dans le cimetière de la paroisse, ainsi je l'atteste. » 
[HERMIOL, prêtre]
  • Registre paroissial d'Entrevennes (Alpes-de-Haute-Provence)
  • Les loups, dossier de GénéProvence


Faits divers d'Entrevennes (Alpes-de-Haute-Provence)


XVIIIe siècle

Entrevennes - Faits divers


Cigare fatal (Arles, juin 1839)

Un reporter du Mémorial d'Aix annonce un terrible fait divers survenu à Arles en juin 1839 : 
DR
« Deux individus occupés, dans une chambre, à fabriquer des serpenteaux, ont été horriblement mutilés par l'explosion de la poudre qu'ils manipulaient. L'un d'eux, surtout, ne survivra pas, dit-on, aux blessures qu'il a reçues. C'est en voulant allumer un cigare au moyen d'une allumette phosphorique que le feu a été mis à la poudre. Pourquoi fumer lorsqu'on fait des serpenteaux ? Mais surtout, pourquoi faire des serpenteaux ? » 

La victime décédée pourrait être Pierre Paul, marin de 24 ans, fils de feu Claude Paul, marchand de bois, et de vivante Louise Pin, domiciliés rue Baudanoni, à Arles, décédé à l'Hôtel-Dieu-Saint-Esprit d'Arles le 27 juin 1839. 

Un bébé à deux faces (Vidauban, 21 juin 1848)

DR
À la date du 15 juillet 1848, le journal marseillais L'Impartial du Midi, n° 3, rapporte l'anecdote suivante :

« On nous communique une lettre de Vidauban, annonçant un fait fort extraordinaire. Une jeune femme est accouchée d'un enfant ayant une seule tête, mais avec deux figures ; l'une avait deux yeux et l'autre un seul au milieu du front ; il avait de plus quatre oreilles, quatre bras et quatre jambes. Cet enfant n'a vécu que quelques minutes, mais il a été soigneusement conservé par M. Bernard, médecin, qui a l'intention de transmettre à l'Académie de médecine ce phénomène remarquable. »

Après examen des registres d'état-civil de Vidauban de l'année 1848, il apparaît que le bébé concerné était une fille, sortie du sein de Catherine Rato, épouse de Benoît Buscayo, cultivateur, le 21 juin 1848.




Réception de reliques (Reillanne, 18 avril 1791)

« Le dix-huit avril mil sept cent quatre-vingt onze, nous avons reçu dans cette paroisse les reliques des bienheureux compagnons de saint François, que le révérend père Pouthion, prêtre supérieur du couvent des ci-devant Cordeliers de Manosque, nous a envoyées. Cette précieuse relique appartenait aux ci-devant Cordeliers de la maison établie autrefois à Reillanne et fut transportée à Manosque lors de la vente de cette maison, parce que cette paroisse devait la posséder. » 
[BEDOS curé]

  • Registre paroissial de Reillanne

Morte en odeur de sainteté (Reillanne, 12 février 1792)

Étude de tête de femme,
Antoine Watteau, c. 1710.
Musée de l'Hermitage.
« Jeanne Isoard, vulgairement appelée Clairon, âgée d’environ quarante-quatre ans, fille à feu Jean Isoard, bastier, et de feue Delphine Eyriès, après une vie des plus exemplaires, est morte munie de tous les sacrements, en odeur de sainteté, le jour d’hier, et a été ensevelie dans le cimetière de cette paroisse aujourd’hui, treizième février mil sept cent quatre-vingt douze. 
Ont été présents Elzéas Viguier, notre clerc, signé avec nous, et François Luc, illitéré. »
[E. VIGUIER, BEDOS, curé]
  • Registre paroissial de Reillanne


Le mariage mouvementé de Louis et Marguerite (Lambruisse, 20 décembre 1883)

Village de Lambruisse. DR.
Louis Reboul, fringant cultivateur de trente et un ans, originaire de La Bâtie, un hameau de Thorame-Basse (Alpes-de-Haute-Provence), a un jour rencontré cette jolie fille de Lambruisse, de l’autre côté de la montagne de l’Issole, Marguerite Chailan. Quelle jolie demoiselle ! Et rapidement, les deux jeunes gens se sont entendus pour se prendre en mariage. À peine âgée de vingt-cinq ans, Marguerite est du genre que l’on appelle volontiers un beau brin de fille. Si belle d’ailleurs que le brave Louis se met à regarder d’un bien mauvais œil tout individu de sexe masculin qui s’approche un peu trop près de sa conquête.
Mais le mariage va finir par arriver et, par un petit matin de mi-décembre 1883, notre paysan débarque dans sa future famille pour y achever les préparatifs de l’union. Son futur beau-père, Jean-Baptiste Chailan, cultivateur comme lui, veuf depuis six ans, prête à son futur gendre une chambre à l’étage dans laquelle il pourra stocker ses affaires qui serviront au mariage. Qu’il est agréable de voir que les choses prennent forme ! Louis pense à sa chance d’épouser la belle Marguerite, sort de sa poche les deux cents francs qu’il a patiemment économisés ces derniers mois et les cache sous le matelas. « Ah, il va être étonné, le père Chailan de voir ma dot ! » Puis il sort de sa valise son beau complet et sa superbe paire de bottes. Il les regarde un long moment, fier de lui. Marguerite a bien de la chance d’épouser un si bel homme !
Puis il ferme le loquet, redescend au rez-de-chaussée et prend le repas en compagnie des Chailan. Enfin, il prend congé et rentre à La Bâtie y vivre ses derniers jours de célibataire.
Le 20 décembre, jour du mariage, est arrivé. Voici Louis arrivant sur son mulet, accompagné de ses amis (ses pauvres parents ne sont plus de ce monde) et d’une bonne partie des habitants de son hameau. Pendant que les présentations se font, Louis s’éclipse quelques instants, glisse un baiser dans le cou de la belle Marguerite puis monte quatre à quatre les marches de l’escalier pour aller s’habiller. Il défait le loquet et, dans un mouvement d’horreur, s’aperçoit que son complet a disparu, ainsi qu’une botte (une seule !). Il soulève le matelas et constate, en manquant de se pâmer, que ses deux cents francs ne sont plus là.
L’événement n’aura pas empêché le brave Louis et la jolie Marguerite de se marier, mais le pauvre paysan avait bien piètre allure dans ses frusques usées, face à Antoine Granier, l’adjoint au maire. Et pendant longtemps, il disait à qui voulait l’entendre que le voleur était forcément un jaloux qui voulait épouser Marguerite à sa place.



Nouveautés du mois d'août 2011



Faits divers

L'hygiène à Aix-en-Provence en 1875

Dans son édition du 12 septembre 1875, le journal républicain Le National d'Aix, fondé en 1871, fait un rappel à tous les habitants de la ville d'Aix-en-Provence pour leur rappeler les règles d'hygiène auxquelles ils sont tenus de se soumettre. Ce texte est l'occasion de se rendre compte que, si les moyens sont loin d'être les normes aujourd'hui en vigueur, le XIXe siècle n'est pas non plus le siècle de la crasse. On imagine, à la lecture des mots qui suivent, le bon vivre qui règne alors dans la ville.

« Le maire d'Aix (Eugène de Mougins de Roquefort, N.d.É.) a l'honneur de rappeler aux habitants de la ville les prescriptions suivantes contenues dans les arrêtés municipaux des 4 décembre 1867, 13 juillet 1874, 6 août 1874 et 28 août 1875 :
Il est interdit de jeter ou de déposer sur la voie publique urbaine les immondices, débris, résidus, balayures et tous autres objets, sans exception, quelles que soient leur nature et leur provenance.
Tombereau.
Fir0002, flagstaffotos.com.au
GNU Free Documentation License
version 1.2
Tous les objets provenant de l'intérieur des maisons seront déposés dans des caisses ou récipients en bois ou en métal munis d'anses, qu'on placera à l'entrée des maisons, du 1er mai au 30 septembre, depuis 5 heures jusqu'à 8 heures du matin ; du 1er octobre au 30 avril, depuis 6 heures jusqu'à 9 heures du matin. Ces récipients pourront avoir une capacité de 50 litres au plus. Leur contenu sera versé, tous les jours, dans les tombereaux de l'entreprise du nettoiement, par les agents de ce service ; chaque tombereau sera muni d'une clochette à bascule pour annoncer son passage aux habitants.
Il est expressément défendu de déposer au-delà des heures indiquées ci-dessus n'importe quoi sur la voie publique et à l'entrée des maisons. L'enlèvement général de fous ces objets devra être effectué a 10 heures du matin dans la période d'été et à 11 heures dans celle d'hiver.
Les habitants des maisons bordant la voie publique seront tenus de faire nettoyer et balayer, tous les matins, les trottoirs établis au devant de leurs habitations, ou la portion de la voie publique qui s'étend jusqu'au ruisseau, là où il n'y a pas de trottoirs, pour que cet espace soit toujours entretenu en état de propreté, et complètement débarrassé des boues, neiges, glaces et inégalités quelconques du sol. Il est défendu de placer, entre la maison et le ruisseau, aucun objet qui gêne la circulation et oblige les piétons à se détourner de leur chemin, et d'y jeter de l'eau en temps de gelée.
Les ruisseaux qui passent devant les maisons doivent être également purgés et balayés, tous les matins, par les soins des habitants. Les neiges, glaces et immondices provenant du balayage et des ruisseaux seront déposés en tas au bord des ruisseaux ; elles ne pourront être jetées en avant dans la rue.
Défenses sont faites et réitérées aux habitants de jeter par les fenêtres, sur la voie publique et dans les cours, des eaux propres ou sales, urines, matières fécales et tous objets de quelque nature qu'ils puissent être.
La Balayeuse,
V. van Gogh, 1885
Musée Kröller-Müller.
Il est défendu de secouer, par les fenêtres et les portes, les peaux, tapis et balais, etc., après 9 heures du matin.
Il est permis de faire écouler sur la voie publique les eaux ménagères au moyen d'éviers couverts arrivant au niveau du pavé ou débouchant dans le ruisseau, là où il existe des trottoirs, à la charge par les habitants de tenir constamment en état de propreté les plombs et tuyaux d'écoulement.
Il est défendu de jeter ou de déverser sur la voie publique les eaux provenant de fabriques ou d'usines et les eaux sales et savonneuses des lavoirs. Ces eaux doivent être conduites souterrainement dans l'égout le plus voisin, aux frais des propriétaires. Il est également interdit de répandre sur la voie publique les eaux où l'on a fait tremper les morues et celles qui ont servi au lavage des abatis et des tonneaux vinaires.
Il est interdit de déposer des ordures sur la voie publique, à l'intérieur et à l'extérieur de la ville, dans les anciens fossés et sous les talus qui bordent l'esplanade de la Rotonde. Il est défendu d'uriner ailleurs qu'aux urinoirs publics.
Les décombres et autres matériaux provenant des démolitions et les matériaux pour constructions pourront être déposés sur la voie publique, après autorisation préalable, afin qu'il soit prescrit les mesures nécessaires pour assurer la circulation et la sécurité des habitants. Mais ils devront être enlevés dans les 24 heures, un plus long séjour sur la voie publique devant être considéré comme fait sans nécessité. Les emplacements occupés par ces décombres devront toujours être arrosés et balayés avec soin.
Il est fait défense à toute personne de laver des voitures, du linge, des hardes et des herbages aux fontaines publiques, d'y rincer des tonneaux et autres ustensiles, en un mot, d'altérer de quelque manière que ce soit, la limpidité et la pureté des eaux.
Il est pareillement défendu d'abandonner sous le tuyau ou le jet d'eau des fontaines, des seaux, cruches, baquets et autres vases ou récipients.
Il ne pourra être pris de l'eau aux fontaines, dans des tonneaux ou des bennes dites cornues, qu'avec notre autorisation préalable.
Défense expresse est faite à toute personne de dégrader les fontaines ou de toucher à leurs appareils.
Il est expressément défendu d'abreuver aux fontaines publiques les chevaux attelés. Les chevaux non attelés devront être placés de manière à ne pas nuire à la circulation .
Cours Mirabeau d'Aix. DR.
Chaque habitation devra être pourvue d'un lieu convenablement disposé pour le dépôt des urines et matières fécales : fosses d'aisance, latrines découvertes ou fermées, appareils portatifs dits cornues, barriques, tinettes, etc.
Ces lieux devront être tenus en état de propreté et être blanchis avec un double lait de chaux. Les cornues el barriques seront fermées hermétiquement par des bouchons s'adaptant parfaitement aux orifices, et leur contenu ne devra jamais se répandre sur le sol.
Les appareils portatifs pourront être placés en des vides pratiqués dans l'épaisseur des murs des façades, munis de portes bien conditionnées, bien closes, ouvrant sur la voie publique, avec des conduites en fonte ou en poterie, également bâties dans l'épaisseur des murs.
On pourra même, après autorisation préalable et en se conformant aux prescriptions de celte autorisation, établir des privés semblables ; mais le récipient ne devra jamais empiéter, sur la voie publique.
En aucun cas, le contenu des appareils ne devra se répandre sur la voie publique.
Les propriétaires des maisons, sauf leur recours contre leurs locataires, seront tenus de faire vider les latrines et enlever les récipients portatifs toutes les fois que ce sera nécessaire et aux heures suivantes :
Du 1er avril au 30 septembre, avant 6 heures du matin ; du 1er octobre au 31 mars, avant 8 heures du matin.
L'enlèvement du fumier des écuries pourra se faire :
Du 1er avril au 30 septembre, jusqu'à 10 heures du matin ; du 1er octobre au 31 mars, jusqu'à 11 heures du matin. »

Le noyé sans nom (La Roque-d'Anthéron, 15 décembre 1865)

Le canal à La Roque. DR.
L'an mil huit cent soixante-cinq et le quinze décembre à une heure après midi par-devant nous Crespin Jacques Benoit, en l'absence du maire, adjoint à la mairie de La Roque-d'Anthéron, canton de Lambesc, département des Bouches-du-Rhône, s'est présenté a notre domicile le sieur Giot Simon, Tuilier, agé de quarante cinq ans, domicilié et demeurant en cette commune, lequel nous a déclaré qu'en passant ce jourd'hui sur la berge du canal de Craponne, dont les eaux ne sont plus en activité dans cette saison, il avait aperçu dans le lit même du canal à environ quatre-vingt mètres de la campagne de la Borde, sur un point où il y avait encore de l'eau, le cadavre d'un homme vêtu qui avait la face dans la boue, et qu'il venait nous donner cet avertissement.
Nous étant immédiatement transporté sur les lieux, accompagné des gendarmes Bardit et Coquillard, qui se trouvaient dans le pays, à cause de la foire, ainsi que du garde champêtre Deluy et du cantonnier communal Vacheron, nous avons trouvé en effet le cadavre d'un homme dans une mare d'eau du canal, dans la situation qu'il nous avait décrite, nous l'avons fait retirer du canal pour le placer sur la berge, et l'avons confié a la garde des quatre personnes qui nous avaient accompagnés pour
cette opération, nous avons informé immédiatement monsieur le juge de paix du canton et s'assurer s'il ne se trouvait pas dans les poches de ses habillements quelque papier à faire connaitre son nom, ses qualités et son pays.
Rien n'y ayant été trouvé que sept pièces de monnaie de cinq centimes chaque, un couteau et du fil, nous avons pris immédiatement le signalement de cet homme ainsi décrit : paraissant âgé d'environ de trente ans, taille d'un mètre septante centimètres, cheveux et sourcils châtains clairs, très long et bien tenu d'habitude, en apparence, front haut et fuyant, yeux gris, nez court et bien fait, bouche grande, menton pointu et saillant, visage rond et blond, vêtu d'un paletot de drap marron foncé, d'un gilet de drap marron tacheté de blanc, garni de boutons noirs, ronds et un peu larges ; de deux pantalons, le premier, de drap marron foncé rayé, le second, de velours gris, à petites cotes ; d'une chemise fond blanc à carreaux rouges, d'une cravate en laine noire avec fleurs violettes, nouée avec élégance, chaussé d'une paire de bottines en veau, avec caoutchouc sur les côtés, d'une paire de chaussettes blanches en coton, il avait la tête nue.
Monsieur le juge de paix ayant ordonné la vérification du cadavre à monsieur le docteur Auphan pour savoir s'il y avait des coups et blessures, et aucune trace de violence n'ayant été trouvée sur le corps, nous avons ordonné immédiatement son inhumation.
De tout quoi avons dressé acte en présence du garde champêtre Deluy Joseph, âgé de trente-six ans, et du cantonnier communal, Vacheron André, âgé de quarante ans, domiciliés et demeurant en cette commune, qui l'ont signé avec nous, après lecture faite, le dix-sept du courant à neuf heures du matin.

[VACHERON, DELUY, CRESPIN]

  • Registre d'état-civil de La Roque-d'Anthéron
  • Texte transmis par Daniel Tertian


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