Augustin Daumas (1826-1896), sénateur du Var

Augustin Daumas. DR.

Augustin Daumas. DR.

Augustin Honoré Daumas est né à Toulon, dans le Var, le 25 mai 1826. Son premier emploi est celui d’ouvrier mécanicien à la fin des années 1840. Ra­pi­dement séduit par la po­li­ti­que, il prend part activement aux mouvements de révolte qui essaiment le Sud-Est de la France en 1851, ce qui lui vaut d’être arrêté au motif de complot contre l’État, en compagnie de l’ancien maire d’Avignon, Alphonse Gent.
Il est condamné à la déportation mais sa peine est commué en dix ans d’emprisonnement qu’il subit à Belle-Isle, au mont Saint-Michel et en Corse.
En 1859, grâce à une mesure d’amnistie, il est libéré et retrouve Toulon où il devient brasseur. Il renonce temporairement à la politique, du moins jusqu’à la fin du Second Empire.
Ce n’est que le 6 septembre 1870 qu’il est nommé commissaire du gouvernement de la Défense nationale à Toulon, un poste qui ne lui convient guère au point qu’il demande rapidement à en être démis, demande qui lui est refusée.

Député du Var

L’année suivante (2 juillet 1871), il est élu à l’Assemblée nationale en tant que député du Var, sous les couleurs de l’extrême-gauche. Les archives parlementaires permettent de se faire une idée de Daumas qui monta quelquefois à la tribune, notamment lors de la discussion de la loi sur les conseils généraux, proteste contre le principe anti-démocratique de la gratuité de ces fonctions et vote contre la pétition des évêques, contre le pouvoir constituant de l’Assemblée pour le service militaire de trois ans, contre la démission de Thiers, contre l’arrêté contre les enterrements civils, contre le septennat, contre l’admission à titre définitif des princes d’Orléans dans l’armée et contre le ministère de Broglie. Il s’abstient par contre lors du scrutin sur l’ensemble des lois constitutionnelles.
Au fil des années (et de ses réélections), il prend parti dans d’autres dossiers. Ainsi, il se prononce pour les lois sur l’enseignement, pour l’application des décrets aux congrégations, pour l’expulsion totale des princes et prend part à la campagne de l’extrême-gauche contre les divers cabinets qui se succèdent au pouvoir. Dans la dernière session, il vote contre le rétablissement du scrutin d’arrondissement (11 février 1889), contre l’ajournement indéfini de la révision de la Constitution (14 février) et pour les poursuites contre trois députés membres de la Ligue des patriotes (14 mars).

Sénateur du Var

Le 31 mars 1889, il est élu sénateur du Var au troisième tour, par 289 voix, en remplacement de M. Brun, démissionnaire, et prend place à la Chambre haute, dans la gauche radicale.
À l’occasion de ses nouvelles fonctions et bien que n’intervenant pas en séance publique, il se prononce notamment pour la loi sur le recrutement de l’armée (29 mai 1889), la loi sur la responsabilité des accidents du travail (12 mai 1890), la loi sur l’aggravation des peines en cas de récidive et leur atténuation en cas de premier délit (Loi Bérenger du 10 juin 1890), la proposition de loi modifiant les droits de l’époux sur la succession du conjoint prédécédé (2 décembre 1890), contre la proposition de loi rendant aux tribunaux correctionnels la connaissance des délits par voie de presse contre le président de la République, les ministres, etc. (28 février 1890).
Lorsqu’arrive le renouvellement triennal le 4 janvier 1891, il est battu (103 voix sur 472 votants) et se retire de la vie politique en s’installant à nouveau à Toulon. Il devient entreposeur de tabacs et meurt le 11 janvier 1896 à l’âge de 69 ans.

Mandats

Député

  • 02/07/1871 – 07/03/1876 : Var – Extrême-gauche
  • 20/02/1876 – 25/06/1877 : Var – Union républicaine
  • 14/10/1877 – 27/10/1881 : Var – Union républicaine
  • 21/08/1881 – 09/11/1885 : Var – Union républicaine
  • 04/10/1885 – 11/11/1889 : Var – Gauche radicale

Sénateur

  • 01/01/1889 – 01/01/1891

Bibliographie

Jolly Jean, Dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940
Robert Adolphe, Cougny Gaston, Dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889