Jeux d'argent Archives - GénéProvence https://www.geneprovence.com/category/jeux-dargent/ 500 ans de faits divers en Provence Thu, 21 May 2026 17:34:06 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.4 https://www.geneprovence.com/wp-content/uploads/2024/04/cropped-434541497_912630390609581_141579584347965292_n-32x32.png Jeux d'argent Archives - GénéProvence https://www.geneprovence.com/category/jeux-dargent/ 32 32 Une nuit de baccara chez Blanc Joseph (Reillanne, 20 septembre 1891) https://www.geneprovence.com/une-nuit-de-baccara-chez-blanc-joseph-reillanne-20-septembre-1891/ https://www.geneprovence.com/une-nuit-de-baccara-chez-blanc-joseph-reillanne-20-septembre-1891/#respond Wed, 20 May 2026 21:49:01 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=28300 Le dossier est conservé aux Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence sous la cote 3 U 2/305. Il porte le numéro 90 du registre de la brigade de gendarmerie de Céreste. Il…

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Le dossier est conservé aux Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence sous la cote 3 U 2/305. Il porte le numéro 90 du registre de la brigade de gendarmerie de Céreste. Il s’ouvre sur une nuit de septembre 1891 et se referme avant le jugement. Entre les deux, une dizaine de pièces — procès-verbaux, lettres, témoignages, télégramme — qui reconstituent avec une précision rare la vie d’une maison de jeu clandestine dans un village des Basses-Alpes.

Minuit, quartier des Tours

Dans la nuit du 20 au 21 septembre 1891, le brigadier Reynaud Gabriel Joseph et le gendarme Fortoul Ferdinand Joseph, de la brigade de Céreste, sont en patrouille à Reillanne. Ils ne sont pas là par hasard. Le maire de la commune les a alertés « à plusieurs reprises » : une maison de jeu est ouverte au public, au domicile d’un certain Blanc Joseph, dit Sergent, cultivateur, demeurant au quartier des Tours.
« Le brigadier Reynaud et le gendarme Fortoul, de la brigade de Céreste, sont en patrouille à Reillanne… »
Les deux hommes trouvent la porte fermée. Les contrevents de la fenêtre donnant sur la rue sont tirés. Mais derrière cette façade close, ils entendent distinctement « le bruit des voix [et] le son de l’argent exposé sur une table ». Ils comptent un grand nombre d’individus à l’intérieur. Ne pouvant pénétrer dans une habitation privée sans mandat, et ne voulant pas se montrer, ils se cachent dans un angle proche de la maison et attendent.
Au bout d’un moment, la porte s’ouvre. Le maître de maison sort pour « explorer les alentours ». Les gendarmes se présentent à lui. L’homme décline son identité : Blanc Joseph, cultivateur, né le 10 mars 1849 à Vachères, domicilié à Reillanne, appartenant à la réserve de l’armée territoriale.
Questionné sur la présence d’un si grand nombre d’individus chez lui à cette heure avancée, il répond :
« Ce sont des amis qui sont venus régler un compte que nous avions ensemble, je ne fais pas jouer et je suis libre de recevoir chez moi qui bon me semble. »
Les gendarmes lui demandent alors de faire descendre dans la rue les personnes présentes, puisqu’il affirme ne pas faire jouer. Blanc remonte au premier étage — où est située la salle de jeu — et redescend accompagné de deux hommes seulement, les frères Peyron, en déclarant :
« Je n’ai que ces deux messieurs chez moi. »
Au même instant, un grand tapage se fait entendre à l’intérieur. Les joueurs restés dans la salle se cachent dans la maison.

Les frères Peyron parlent

Les gendarmes interrogent les deux hommes sur le trottoir. Peyron Célestin, 35 ans, cultivateur à Reillanne, déclare :
« Ce soir vers onze heures et demie je suis allé chez le sieur Blanc accompagné de mon frère pour y régler un compte ; je n’ai pas joué, mais on avait commencé la partie. Nous étions huit à dix. Je ne puis dire de combien était composé l’enjeu et ce que prenait à chaque partie le maître de la maison. Je ne connais pas ces joueurs. »
Son frère Maurice, 25 ans, est plus précis :
« Ce soir, vers onze heures et demie j’étais avec mon frère chez le sieur Blanc pour régler un compte. On y jouait au baccara à 05 et 10 centimes la partie depuis peu, lorsque le sieur Blanc est venu dire que la gendarmerie était devant sa porte. Je n’ai pu retirer aucune somme à ce dernier des enjeux, mais il est à ma connaissance qu’on lui donne habituellement une certaine somme à la fin. Elle varie suivant que l’on joue à grosse ou petite partie. Nous étions huit à dix et je ne connais pas les autres. Nous n’avons pas joué, ni moi, ni mon frère. »
Le brigadier Reynaud notifie à Blanc qu’il est en contravention à l’article 410 du Code pénal et qu’un procès-verbal sera dressé contre lui. Le dossier est transmis dès le lendemain au procureur de la République à Forcalquier.

Blanc Joseph, dit Sergent

« Dans les premiers temps qu’il était ici arrivé à Reillanne c’était un bon travailleur, un bon citoyen et un honnête garçon… »
Qui est cet homme ? Les pièces du dossier en dressent un portrait cohérent, sinon flatteur.
Joseph Blanc a 43 ans en 1891. Natif de Vachères, il est arrivé à Reillanne depuis environ trois ans. Il est marié, sans enfant, et ne possède aucune propriété. Il travaille comme journalier, à 1,50 ou 2 francs par journée — quand il travaille, c’est-à-dire environ un quart de l’année. Le juge de paix suppléant Audibert, dans son rapport au procureur daté du 24 septembre, note avec une certaine bienveillance : « Dans les premiers temps qu’il était ici arrivé à Reillanne c’était un bon travailleur, un bon citoyen et un honnête garçon, c’est en fréquentant ces joueurs qu’il s’abrutit et il trouve le moyen de vivre mesquinement sans guère travailler. Sa femme serait plus travailleuse que lui. »
Le maire de Reillanne, le vicomte Sébastien de Salve, est moins indulgent. Dans sa lettre au procureur du même jour, il écrit que « son principal moyen d’existence consiste dans le jeu de boules et autres au moyen desquels il vit aux dépens des dupes qu’il exploite, et dans la tenue habituelle des jeux de hasard ». Il précise que Blanc fait l’objet de la surveillance de la mairie et de la gendarmerie depuis plus d’un an, et réclame une répression ferme : « Ce serait une œuvre de bien public que de fermer par une répression nécessaire cette maison clandestine de jeux. »
La fiche de renseignements établie par l’adjoint au maire Martin, le 15 octobre, confirme que Blanc « ne vit que du jeu » et que ses moyens d’existence sont : néant.

Le village témoigne

Le 25 septembre, le procureur de la République commande un supplément d’enquête. Il veut savoir : admettait-on des mineurs ? Jouait-on tous les soirs ? Combien de personnes ? Quels enjeux ? Quel bénéfice pour Blanc ?
Le 29 septembre, le brigadier Reynaud, accompagné de trois gendarmes, interroge treize habitants de Reillanne et Vachères. Les déclarations forment un tableau saisissant.
Bourgue Joseph, 48 ans, tuilier, reconnaît avoir joué au baccara chez Blanc « il y a environ un an ». L’enjeu habituel était de 50 centimes, et Blanc « prélevait un bénéfice de 50 centimes par partie ». Ils étaient sept ou huit, et « il n’y avait pas de mineur ».
Fayet Félix, 50 ans, beau-frère de Blanc, admet avoir joué chez lui « presque tous les dimanches pendant l’hiver dernier », avec des enjeux de 25 à 50 centimes. Il précise ne jamais avoir admis de joueurs de moins de 20 ans chez lui, et dit jouer chez lui aux « repas ou autres friandises, mais jamais de l’argent ».
Roux Adolphe, 40 ans, est d’une franchise désarmante : « Dans la soirée du 20 septembre courant, je me rendais chez Blanc, pour voir ce qui se passait et pour faire la partie au besoin. Ayant appris que la gendarmerie était dans le quartier, je fus me coucher. » Il confirme avoir joué au baccara chez Blanc, avec des enjeux de 50 centimes ou un franc, et un bénéfice variable prélevé par le tenancier — « parfois de 50 centimes, de 25 centimes et par moment, rien du tout. On ne joue dans cette maison que le dimanche », précise-t-il.
Jean Léon, 20 ans, est le témoin le plus éloquent. Il déclare avoir souvent joué au baccara chez Blanc, « une ou deux fois par semaine ». Les enjeux, dit-il, « varient de 10 centimes à 50 francs » — cette dernière somme se jouant rarement, « mais nous l’avons eu mise sur le jeu ». Il conclut avec un détail inoubliable : « Il n’y avait personne de plus jeune que moi dans cette maison où l’on me gagna même une fois le chapeau que j’avais sur la tête. »
Le jeune Landrin Émile, 17 ans, affirme n’avoir jamais joué mais être allé « deux fois voir ce qui se passait ». Il a observé des enjeux de 25 à 75 centimes, et un bénéfice de 50 centimes prélevé par Blanc à chaque partie.
Clément Philippe, 48 ans, venu de Vachères, reconnaît avoir été présent le soir du 20 septembre. Il jouait au Cinq-Cents avec les frères Peyron et Jean Eugène, à un franc la partie — « et Blanc n’a prélevé aucun bénéfice à ma table ». Il signale néanmoins avoir joué au baccara chez Blanc « il y a environ deux ans », avec un prélèvement de 25 centimes par partie.
Le seul témoin à évoquer une précédente affaire est Abaccus Hippolyte, 50 ans : « Depuis environ trois ans que nous jouions à Reillanne chez le sieur Fassati Joseph et que nous fûmes pris par la gendarmerie, je n’ai jamais plus joué ni fréquenté les joueurs. » Une autre maison de jeu, donc, avait déjà été démantelée à Reillanne quelques années plus tôt.
Face à l’accumulation des témoignages, Blanc est interrogé à nouveau. Il maintient sa version : « Très souvent après la fermeture des établissements publics de Reillanne, il recevait des amis chez lui avec lesquels il jouait des châtaignes, biscuits et diverses consommations, et non de l’argent. »
Les gendarmes concluent sèchement dans leur rapport : « Il résulte des renseignements recueillis que le susdit Blanc n’a pas de ressources, qu’il travaille très rarement et qu’il vit presque uniquement du produit de la tenue des jeux de hasard. »

La mécanique judiciaire

Le 30 septembre, le procureur Benjamin S. transmet au juge de paix de Reillanne une assignation à prévenu et des invitations à témoins, avec une instruction précise : si Blanc consent à renoncer aux délais légaux, les témoins seront convoqués pour le 3 octobre. Dans le cas contraire, tout sera retourné au parquet pour une procédure dans les formes.
En droit correctionnel de l’époque, tout prévenu avait droit à un délai minimum de trois jours francs entre la signification de la citation et l’audience. Renoncer à ce délai permettait d’accélérer la procédure. L’huissier Denis Arniaud se rend à Reillanne le 1er octobre. Blanc accepte. Le télégramme du juge de paix au procureur, expédié le même jour à 11h45, est laconique : « Blanc a renoncé aux délais, informe par suite brigadier de gendarmerie et ferai assigner les témoins pour trois octobre. »

L’assignation formelle inculpe Blanc d’avoir « à Reillanne, dans la nuit du vingt septembre 1891, tenu une maison de jeux de hasard, et d’y avoir admis le public soit librement soit sur la présentation des intéressés » — délit prévu et puni par l’article 410 du Code pénal.

La peine encourue

L’article 410 du Code pénal de 1810, toujours en vigueur en 1891, punissait le tenancier d’une maison de jeux de hasard ouverte au public de six jours à six mois d’emprisonnement, d’une amende de 16 à 300 francs, et de la confiscation des fonds et instruments de jeu saisis. Seul le tenancier était visé : les simples joueurs ne commettaient aucun délit en participant, ce qui explique la relative franchise de plusieurs témoins.
Dans le cas de Blanc, les éléments à charge sont lourds : activité habituelle et non occasionnelle, prélèvement systématique sur les parties, clientèle nombreuse, notoriété publique établie depuis plus d’un an. Seule la récidive formelle n’est pas documentée — les antécédents demandés à la mairie de Vachères n’ont jamais été fournis à temps.
En pratique, les tribunaux correctionnels de province prononçaient dans ce type d’affaire des peines situées entre quinze jours et deux mois d’emprisonnement, assorties d’une amende de 50 à 100 francs. Pour Blanc, dont les moyens d’existence sont qualifiés de « néant » par l’adjoint au maire, une amende de cet ordre représentait l’équivalent de vingt-cinq à cinquante journées de travail — une somme considérable. La loi Bérenger sur le sursis, votée en 1891, aurait pu théoriquement s’appliquer, mais son usage était encore très hésitant dans les premières années suivant son adoption.
Quant aux joueurs entendus comme témoins — Fayet Félix, explicitement blanchi faute de preuves par le brigadier Reynaud, ne sera pas poursuivi. Aucun des autres habitués ne risquait de poursuites pénales.

Ce que le dossier ne dit pas

Le dossier 3 U 2/305 s’arrête là. Le jugement du 3 octobre 1891 n’y figure pas. On ne sait pas si Blanc Joseph, dit Sergent, a été condamné à l’emprisonnement ou si le tribunal a fait preuve d’indulgence. On ne sait pas davantage ce qu’il est advenu de lui après cette affaire — s’il a cessé de tenir maison, s’il a quitté Reillanne, ou s’il a continué, comme avant, à recevoir des amis le dimanche soir au premier étage du quartier des Tours, pour jouer des châtaignes et des biscuits.
Le jugement, s’il a été conservé, se trouverait dans les registres correctionnels du tribunal de Forcalquier, aux Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence.
  • Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, cote 3 U 2/305.

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Le mystère du galant homme (Carnoules, 27 mai 1895) https://www.geneprovence.com/le-mystere-du-galant-homme-carnoules-27-mai-1895/ https://www.geneprovence.com/le-mystere-du-galant-homme-carnoules-27-mai-1895/#respond Fri, 17 Apr 2026 15:46:03 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27994 Le soir descendait sur la voie ferrée qui séparait les stations de Carnoules et de Puget-Ville. Il était un peu plus de 6 heures lorsque la quiétude des voyageurs du train…

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Le soir descendait sur la voie ferrée qui séparait les stations de Carnoules et de Puget-Ville. Il était un peu plus de 6 heures lorsque la quiétude des voyageurs du train numéro 336 fut brutalement rompue. Trois détonations successives éclatèrent soudainement, propageant l’émoi parmi les passagers. Les tirs provenaient d’un compartiment de deuxième classe d’un modèle nouveau. Le signal d’alarme retentit aussitôt et le lourd convoi s’immobilisa.
Le sous-chef de train principal, un employé nommé Gelas, se précipita avec bravoure vers la voiture d’où venait le tumulte. Les couloirs étaient déserts, les voyageurs affolés s’étaient barricadés dans leurs cabines. L’agent aperçut alors un individu de haute stature et de belle apparence, lequel brandissait un revolver. À la vue du contrôleur, le mystérieux tireur dirigea l’arme contre lui-même et pressa la détente une nouvelle fois, mais il manqua sa cible mais s’égratigna le cuir chevelu. Gelas bondit sur lui et parvint à le désarmer. Le barillet de l’arme mortelle contenait encore un dernier projectile.
On prodigua les premiers secours au malheureux directement sur les lieux de l’arrêt. Sa blessure à la tête fut pansée grâce à la boîte de pharmacie du train. On le descendit ensuite à Solliès-Pont pour qu’il passât la nuit à l’hôpital. Fort heureusement, une seule balle l’avait touché et son état ne semblait guère critique.
Le lendemain matin, sur ordre du procureur de la République monsieur Vuilliez, la gendarmerie l’escorta jusqu’au parquet de Toulon par le train de huit heures. Face aux magistrats, l’inconnu opposa un mutisme absolu quant à son identité. Il déclara seulement appartenir à la haute société italienne, se contentant d’affirmer qu’il était un galant homme et refusait de livrer son nom. L’enquête révéla que l’individu avait acheté un billet à Cannes pour se rendre à La Bocca. Les fouilles de ses vêtements mirent au jour de petits carnets de roulette et une maigre pièce de dix centimes. Tout portait à croire qu’il s’agissait d’un malheureux joueur, acculé à la ruine par la fréquentation assidue de la rouge et de la noire.
On lui proposa bien entendu d’être soigné à l’hospice civil de Toulon, mais il s’y refusa. Aussi la police finit-elle par le remettre en liberté, dans la mesure où l’individu semblait ne plus vouloir réitérer son geste.
Au lieu d’éprouver le moindre regret pour son acte, il ne cessait de maugréait contre l’armurier qui lui avait vendu une arme, qui, selon lui, « n’aurait pas fait de mal à une mouche ».
  • Sources : La République du Var, 29 mai 1895, p. 3 ; ibid., 30 mars 1895, p. 2.

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Descente dans une maison de jeu (Aix-en-Provence, 25 décembre 1873) https://www.geneprovence.com/descente-dans-une-maison-de-jeu-aix-en-provence-25-decembre-1873/ https://www.geneprovence.com/descente-dans-une-maison-de-jeu-aix-en-provence-25-decembre-1873/#respond Tue, 01 Jan 2008 14:31:00 +0000 http://s430202914.onlinehome.fr/geneprovence/?p=906 Sources : Archives communales, cote I1, art. 16, n°42 L'an mil huit cent soixante, etc. (sic)Nous, Etienne Delignac, commissaire central de police à Aix, etc.

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Paul Cézanne, Les joueurs de carte, 1892-1895, Courtauld Institute of Art
Paul Cézanne, Les joueurs de carte, 1892-1895, Courtauld Institute of Art
L’an mil huit cent soixante, etc. (sic)
Nous, Étienne Delignac, commissaire central de police à Aix, etc. (sic)
Rapportons que le nommé Bellot, Félicien, âgé de 60 ans, né à Saint-Saturnin (Vaucluse), le 17 août 1813, fils de Joseph Bellot et de Rose Vanel, demeurant à Aix, rue Mont-Perrin, à l’ancienne brasserie, lequel, en 1872, a été condamné par le tribunal correctionnel d’Aix pour tenue, au même lieu, d’un débit de boissons non autorisé et qui avait toujours, clandestinement, fait jouer à son domicile, continuait, malgré tout ce que l’autorité avait pu lui dire jusqu’à présent à ce sujet, de tenir une maison de jeu où, après la fermeture des établissements publics, les individus se rendaient pour jouer pendant le reste de la nuit, ainsi que les agents de police et nous-même en avons eu souvent la preuve en voyant entrer ou sortir de l’établissement les joueurs pendant la nuit.
Afin de faire cesser cet état de choses, nous nous sommes transporté, assisté de l’inspecteur de police Laché, des agents Courbon, Charbonnier et autres, à deux heures et demie du matin de la nuit du 24 au 25 décembre courant, au domicile sus-indiqué du dit Bellot et, profitant du moment où l’un des joueurs sortait, nous avons pénétré dans le corridor avant que la porte n’en fut refermée puis, ayant ouvert une seconde porte, sommes entrés dans une chambre du rez-de-chaussée où dix individus étaient assis autour de deux tables réunies, couvertes de tapis et tenaient les cartes à la main, cherchant à les faire disparaître, comme ils avaient déjà eu le temps de la faire pour les enjeux, dès qu’ils avaient entendu le bruit de notre entrée.
Les joueurs ont, sur notre interpellation, avoué qu’ils avaient joué de l’argent, et dit se nommer :
  • Paneri, Antoine, âgé de 32 ans, vernisseur, logeant rue des Cardeurs, n°28 ;
  • Carrier, Fortuné, âgé de 43 ans, brindeur, logeant rue Verrerie, n°32 ;
  • Fabre, Marius, âgé de 55 ans, jardinier, domicilié rue des Pénitents Noirs, n°9 ;
  • Vert, Léon, âgé de 48 ans, sans profession, demeurant rue de l’Opéra, n°2 ;
  • Panelli, Charles, âgé de 24 ans, commis négociant chez M. Rose et logeant rue des Cardeurs n°28 ;
  • Morel, Frédéric, âgé de 49 ans, journalier, demeurant rue des Guerriers, n°7 ;
  • Jouynes, Joseph, âgé de 60 ans, tailleur d’habits, rue Beauvezet, n°20 ;
  • Gilly, Lazare, âgé de 49 ans, cultivateur, rue des Guerriers, n°17 ;
  • et Arnaud, Casimir, âgé de 47 ans, journalier, rue Boulegon, n°15.
L’inculpé Bellot nous a avoué que de temps à autre les joueurs susnommés ou d’autres jouaient chez lui et que cela lui rapportait cinq à six francs par nuit, mais qu’au moment de notre entrée, il n’avait pas été payé encore par les joueurs pour la nuit courante. Bellot a reconnu notamment que le 4 décembre courant, jour de foire, il avait fait jouer pendant la nuit et que le jeu le plus usité était le chemin de fer.
Nous avons saisi et emporté, comme pièces de conviction, les deux jeux de cartes et les tapis de table servant aux joueurs au moment de notre descente, et avons de plus saisi entre les mains de Bellot, pour être représenté par lui à la justice, tout le mobilier de la salle de jeu, consistant en : six tables dont trois à dessus de marbre, une avec tapis et deux ordinaires ; quatorze chaises ; un bureau ; une pendule de cheminée ; deux globes de cheminée et une lampe avec abat-jour.
En foi de quoi, nous avons rédigé le présent procès-verbal que nous adressons à monsieur le Procureur de la République.
Fait à Aix, etc. (sic)
  • Source : Archives communales, cote I1, art. 16, n°42.
  • Illustration : Paul Cézanne, Joueurs de cartes, v. 1890, The Metropolitan Museum of Art.

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Évé­ne­ments de la se­mai­ne du 5 jan­vier (Arles, 5 janvier 1857) https://www.geneprovence.com/evenements-de-la-semaine-du-5-janvier-arles-5-janvier-1857/ https://www.geneprovence.com/evenements-de-la-semaine-du-5-janvier-arles-5-janvier-1857/#respond Thu, 01 Feb 2007 21:10:00 +0000 http://s430202914.onlinehome.fr/geneprovence/?p=1141 Sources : Archives communales d'Arles, J3, liasse. Ville d'Arles (Bouches-du-Rhône) Rapport du cinq au douze janvier 1857. Crimes et délits Ce matin, vers les deux heures, accompagné de nos agents, nous avons surpris plusieurs individus qui s'étaient réunis dans une chambre affermée par le n[omm]é Simon Trinquier, cafetier, où se tenait une maison clandestine de jeux.

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Sous le Second Empire, Arles demeure une cité de contrastes où la rigueur administrative du préfet de police côtoie la ferveur populaire des arènes. La surveillance des marginaux et des aliénés, souvent relégués aux hospices, s’intensifie pour garantir l’ordre public cher à Napoléon III. Dans ce quartier de la Roquette au tissu social serré, le quotidien est rythmé par les risques du fleuve et la surveillance des mœurs. Ces rapports de police témoignent de la transition vers une gestion moderne de la déviance, où le diagnostic médical commence à l’emporter sur le simple enfermement.

  • Sources : Archives communales d’Arles, J3, liasse.

Ville d’Arles (Bouches-du-Rhône)

Rapport du cinq au douze janvier 1857.

Crimes et délits

Ce matin, vers les deux heures, accompagné de nos agents, nous avons surpris plusieurs individus qui s’étaient réunis dans une chambre affermée par le n[omm]é Simon Trinquier, cafetier, où se tenait une maison clandestine de jeux.
Malgré la condamnation qui a été dernièrement prononcée contre ledit Trinquier pour semblable délit, cet homme, au mépris des lois qui régissent la matière, persiste toujours dans cet esprit de cupidité pour lui et occasionne la ruine et la désolation de bien des familles. Je crois qu’il serait d’une bonne et sage mesure de lui faire fermer son établissement. Il n’y a, je crois, que ce seul moyen qui puisse l’arrêter et le faire renoncer à continuer plus longtemps un commerce des plus dangereux pour la société.
Quai de Trinquetaille, bateaux à la décharge.
Quai de Trinquetaille, bateaux à la décharge. DR.

Faits et événements divers

Le 7, un incendie a éclaté vers les neuf heures et demi du soir au mas d’Artaud, territoire de la Crau, à Arles, et a détruit une écurie renfermant deux bêtes de somme, le fourrage et tous les instruments aratoires, propices au travail de labour du mas.
Suivant le rapport du prop[riétai]re, qui est Marie Anne André, veuve de Roux, la perte est évaluée à 8.000 francs d’or, les deux bêtes de somme, tout était assuré à la compagnie du Phénix.

Spectacle

Très suivi et, malgré la foule, la tranquillité n’a pas été un seul instant troublée.

Salubrité, éclairage

La salubrité est assez satisfaisante. L’éclairage n’a pas eu lieu, attendu que la lune donnait.

Esprit public et situation politique

Satisfaisant.

Service des agents de police

On ne peut plus meilleur, et ils m’ont très bien secondé dans le service.

Arles, le 12 janvier 1857,

[Le commissaire de police du 1er arrondissement, Gruat]
[M. le commissaire central de l’Arrondissement]

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Evénements de la semaine du 29 décembre (Arles, 29 décembre 1856) https://www.geneprovence.com/evenements-de-la-semaine-du-29-decembre-arles-29-decembre-1856/ https://www.geneprovence.com/evenements-de-la-semaine-du-29-decembre-arles-29-decembre-1856/#respond Sat, 13 Jan 2007 11:36:00 +0000 http://s430202914.onlinehome.fr/geneprovence/?p=1204 Sources : Archives municipales d'Arles, J3, liasse.

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Rapport du 29 décembre 1856 au 5 janvier 1857

Crimes et délits : Le 3 du courant, arrestation des nommés Michel Auguste, âgé de 29 ans, menuisier, né à La Ciotat, ancien condamné soumis à la surveillance, en résidence à Arles, et de Berlandier Jean Baptiste, âgé de 34 ans, cultivateur, né et demeurant à Boulbon, comme prévenus de vol, ou de complicité de vol, commis dans plusieurs maisons de la ville et principalement chez un sieur Maroc où il a soustrait une certaine quantité de bijoux, s’élevant à la somme de huit cents francs environ.
D’après l’aveu de Berlandier, Michel Auguste avait cherché à recruter une bande pour tenter de commettre les méfaits.
Je crois qu’il est très heureux que ce dangereux et adroit voleur soit arrêté et mis à la disposition de la justice.

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Ce matin, vers les deux heures et demi, accompagné de tous mes agents, j’ai opéré une descente dans une maison de la rue Giraud ou avait lieu un tripot, où dix-sept personnes de la classe assez inférieure de la ville s’étaient réunies pour jouer au bacara. Une somme de 163,15 F a été saisie, six jeux de cartes, ainsi que tout le mobilier renfermé dans la salle de jeu.
Le chef de cet établissement clandestin, qui est le nommé Frot Eugène, a été arrêté et mis à la disposition du parquet.

Faits et événements divers : Néant.

Spectacle : Très tranquille, a été terminé à minuit et demi.

Salubrité, éclairage : Assez satisfaisant.

Esprit public et situation politique : Aucun symptôme fâcheux ne se fait remarquer dans la population. néanmoins, la nouvelle produite par les journaux sur l’assassinat de Monseigneur l’Archevêque de Paris a produit une grande sensation dans la ville.

Service des agents de police : Très satisfaisant et je ne peux que me louer de leur service qui a été très pénible et très fatigant pendant cette huitaine.

Arles, le 5 janvier 1857

Le commissaire de police

  • Sources : Archives municipales d’Arles, J3, liasse.

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L’ordonnance sur les cabarets (Aix-en-Provence [Puyricard], 13 janvier 1774) https://www.geneprovence.com/lordonnance-sur-les-cabarets-aix-en-provence-puyricard-13-janvier-1774/ https://www.geneprovence.com/lordonnance-sur-les-cabarets-aix-en-provence-puyricard-13-janvier-1774/#respond Sun, 29 Jun 2003 15:27:00 +0000 http://s430202914.onlinehome.fr/geneprovence/?p=1466 Sources : Archives départementales des Bouches-du-Rhône, dépôt d'Aix-en-Provence, 6B/2927 [Ordonnance de police] Le treize janvier mil sept cens soixante quatorze, nous greffier soussigné, avons procédé à l'enregistrement d'une ordonnance de police concernant les cabarets, les jeux prohibés et les cloaques dont la teneur suit:Sur la réquisition à nous verbalement faite par le Procureur juridictionnel contenant que les arrêts de règlement concernant

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  • Sources : Archives départementales des Bouches-du-Rhône, dépôt d’Aix-en-Provence, 6B/2927

[Ordonnance de police]

Le treize janvier mil sept cens soixante quatorze, nous greffier soussigné, avons procédé à l’enregistrement d’une ordonnance de police concernant les cabarets, les jeux prohibés et les cloaques dont la teneur suit:
Sur la réquisition à nous verbalement faite par le Procureur juridictionnel contenant que les arrêts de règlement concernant les jeux prohibés, l’ouverture des cabarets à des heures indues et la construction des cloaques aux approches des lieux habités, qui ont été si sagement rendus pour la conservation de la santé et la fortune des habitants, sont si expressément négligés au lieu et terroir de Perricard qu’il voit avec regret qu’on ne fait pas difficulté de tenir les cabarets ouverts bien avant dans la nuit, qu’on y joue et qu’on construit des cloaques dans les rues mêmes du lieu, qui empêchent les habitants de passer librement dans lesd[it]es rues et le long des chemins, ce qui, outre l’infection qu’elles exhalent et qui pourroit donner des maladies contagieuses, met même tous les jours des enfants et même des personnes dans la nuit à tomber dans lesd[its] cloaques et s’estropier,
Mais, comme le zèle dudit Procureur juridictionnel ne scauroit être excité plus justement dans des occasions si essentielles et si pressantes, il nous requiert d’y pourvoir.
Et nous, juge de Perricard (1), avons ordonné que, conformément aux arrêts de règlement, inhibitions et deffenses seront faites à tous cabaretiers dudit lieu de Perricard et son terroir de tenir leurs cabarets ouverts après huit heures du soir et d’y donner à jouer à [des] jeux prohibés, à quelle heure que le soir, à peine de cinquante livres d’amende pour la première fois et, en cas de récidive, d’être poursuivi extraordinairement contre eux, suivant l’exigence des cas, et punis suivant la rigueur des règlements, et, en outre, que pareilles inhibitions et deffenses seront faites à toute personne de construire des cloaques, fors dans la distance portée par les arrêts de règlement, à peine de trente livres d’amende, et qu’injonction sera faite à tous ceux qui sont en contravention et notamment dans les rues ou passages publics dudit lieu et le long des chemins, et qui prennent sur eux de les combler dans les trois jours précisément, à compter du jour de la publication de notre ordonnance, autrement permis au requérant de les faire combler à leurs frais et dépens pour lesquels ils seront contraints sur la quittance des ouvriers et, pour que personne ne prétende cause d’ignorance de notre présente ordonnance et qu’elle ait son entière exécution, nous ordonnons qu’à la diligence du requérant elle sera publiée et affichée audit lieu et son terroir aux formes ordinaires.
Fait à Aix, terroir permis dans l’auditoire du Bourg Saint-André, le treize janvier mil sept cent soixante quatorze.
Signé Agier, juge à l’original.

Pour enregistrement à Aix, le sus jour et an.

[Boyer, greffier]


L’an mil sept cens soixante quatorze et le dix huitième jour du mois de janvier et à la requête de M. le Procureur jurisdictionnel de la jurisdiction du lieu de Perricard et son terroir, nous sergent ordinaire dudit lieu reçu et immatriculé au greffe dudit lieu domicilié en la ville d’Aix soussignés, venus exprès en ce lieu de Perricard et son terroir où, estant, avons affiché l’ordonnance cy-contre à la porte paroissiale dudit lieu et à deux cabarets qui sont attenants, à Pontès et à la Calade, à la porte de Poutu, hoste (2) dudit lieu, demeure qu’à la Magdelaine, Font-Rousse, Couteron, Ganay et autres lieux et carrefours tous terroir de Perricard où; estant, avons placardé et affiché l’affiche attachée cy-contre, portant inhibitions et deffenses pour les jeux et autres choses mentionnées dans lesdites affiches aux fins que le public ne prétende cause d’ignorance, ainsi le certifions-nous du sergent ordinaire de ladite jurisdiction soussigné.
Signé Bourrelly, … à Aix le 21 janvier 1774.
Signé Icard à l’original.


1. C’est sous cette forme (Perricard) que le nom « Puyricard » est le plus souvent écrit (et, partant, prononcé) jusqu’à la Révolution. Pour plus de renseignement sur l’histoire de Puyricard, cliquer ici.
2. « Hoste (hôte) » est à prendre ici au sens d’aubergiste, de cabaretier. D’autres pièces du même document présentent André Poutu (ou Pouttu) comme un négociant (et non uniquement un cabaretier) en procès avec plusieurs personnes, et notamment avec « Marguerite Soulier, épouse libre dans ses actions du sieur Martin, négociant du lieu de Lourmarin ».

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