Annibal Camoux (Péro Anniba)
Portrait d’Annibal Camoux, in Le Socrate marseillais, 1773, gravure de Déjean d’après un dessin d’Henry.
Le centenaire provençal le plus célèbre a peut-être été Péro Anniba (« père Annibal »), surnom d’Annibal Camoux.Il serait né en 1638 dans la vallée de Barcelonnette[1] mais, après avoir servi dans l’infanterie de ligne, il obtint son congé à l’âge de 60 ans et se fixa à Marseille où il avait été pendant longtemps en garnison et avait même été employé dans la construction du fort Saint-Nicolas (1660-1664). Il avait choisi pour son séjour une petite maison de campagne située au bord de la mer. Il cultivait lui-même sa terre et la pêche lui servait de délassement. La paye des invalides qui lui avait été accordée fut doublée lorsqu’il atteint l’âge de 100 ans.
Il fut enterré dans l’église des Picpus de Marseille.
Pour illustrer à quel point Péro Anniba était renommé de son temps, le peintre Joseph Vernet, dans sa Vue du port de Marseille (1754), place le vieil homme à la Fontaine-du-Roi, fumant sa pipe et regardant une contredanse au tambourin. Le portrait est, paraît-il, saisissant de ressemblance.
Voila le cas typique du mythe. La naissance de Camoux n’est prouvée par aucun acte (appel aux généalogistes !) et il semble plus qu’évident que cette longévité ait été exagérée.
Le Père Éternel
On trouve aussi, au hasard de découvertes généalogiques, les sépultures de centenaires, comme :
- Louise Saulse, veuve de Jame Beynet, morte à La Cluse (05) le 2 mars 1684, à 120 ans,
- Louis Sube, mort à Aix (13) le 10 juillet 1678, à 110 ans,
- Marie Olivier, veuve de Jean Julian, morte à Arles (13) le 23 juillet 1757, à 104 ans,
- Nicolas Billon, de Paris, mort à Aix (13) le 16 juillet 1683, à 100 ans,
- Constance Duchière, morte à Gémenos (13) le 6 août 1656, à 100 ans.
[1] Jean Picot et Nicolas Lenglet-Dufresnoy, dans leur ouvrage Tablettes chronologiques de l’histoire universelle, sacrée et profane… (1808), lui prêtent une naissance à Nice le 19 mai 1638.
[2] Son acte de sépulture ne figure pas dans le registre paroissial de Mazargues à cette date. La date semble erronée. Il reste à retrouver la bonne.
