Chute mortelle dans les escaliers (Saint-Clément-sur-Durance, 29 mai 1755)

  • Texte transmis par Marie-Thérèse Rostan

Du vingt neuf may mil sept cent cinquante cinq par devant nous Pierre Agnel, chatelain de Saint-Clément, ecrivant sieur Lauran Agnel que nous avons pris pour greffier auquel nous avons fait preter le serment …tel car requis levant la main aux formes ordinaires, fut comparu Antoine Charrière, originaire du lieu d’Orcières, habitant aud(it) Saint-Clément, lequel nous a exposé que ce jour d’hui sur les quatre heures, Marie Orrias, feu Jacques, originaire de la ville d’Embrun, sa femme, étant allée à la cave qui est en dessous de la maison de feu Me Reymond Rouxard [?] que le comparaissant habite comme elle, en retombant ayant une bouteille de verre à la main, pleine de vin, en montant le degré qui va à la cuisine, qui est fort rapide, le pied lui a manqué et elle est tombée à la renverse sur le seuil de la porte de la ditte maison qui est sise à la fontaine, et a donné un grand coup de la tête quelle est restée morte sur place, nous requérant de nous y transporter pour dresser procèse verbal, de tout ce que dessus, dont il a requis acte et avons signé avec notre greffier non ledit Antoine Charrière qui a declaré ne le sçavoir de ce enquis et requis Agnel chatelain Agnel graffier substitut [?].
Et nous Chatelain avons donné actes du comparaissant cy dessus et intresequement nous sommes de suite transporté dans la maison de feu Me Reymond Rouxard [?] advocat , habitée par le nommé Antoine Charrière, où étant avons vu la nommée Marie Aurrias, sa femme étendue sur un lit, étant encore habillée, morte et que, malgré tous les remedes que beaucoup de personnes que cet accident avoit rassemblé ont fait, laditte Aurrias n’a donné aucun signe de vie, et ayant interogé grand nombre de ces mêmes personnes qui ont été témoins de cet accident, elles ont dit que laditte Marie Orrias venat de la cave ayant une bouteille de vin a la main pleine de vin, et comme elle montait le degré qui conduit à la cuisine les pieds lui ont manqué et elle est tombée à la renverse sur le seuil de la porte qui est à coté de la fontaine, que tout de suite ils ont accourus pour lui donner quelque secours mais inutilement, n’ayant donné aucun signe de vie, de tout quoi avons dréssé ledit procès verbal pour servir de valoir avec que de raison et pour quil plaise à Mr le juge permettre l’inhumation dud(it) cadavre, ainsy procédé avons signé avec notre greffier Agnel, chatelain, Agnel, greffier subst.
Soit montré au procureur fiscal à Embrun le 30 may 1755 Tholozan de la Madelene, juge

Vu le présent procès verbal et empêchons l’inhumation du cadavre dont s’agit sauf d’être informé le cas y écheant à Embrun ledit jour.

Isoard, procureur fiscal
Vu le present procès verbal et les conclusions du procureur fiscal avons permis d’inhumer la nommée Marie Orrias femme d’Antoine Charrière aux formes ordinaires sauf d’etre informé ce quoy extrait à Embrun le trente may mil sept cent cinquante cinq

Tholozan de la Madelene, juge extrait du procès verbal remis au greffe

[suit sur la page suivante :]

Marie Orrias feu Jacques originaire d’Embrun epouse d’Antoine Charriere en cette paroisse (Saint-Clément) decedée le 29 may mil sept cent cinquante cinq agée d’environ cinquante cinq ans a été inhumée le lendemain dans le cimetière de cette paroisse en suite de la permission obtenue de Mr le juge des chateaux suivant son decret au bas du verbal signé de la Madeleine, juge et contresigné par Martin, greffier.

[Louis EYMONY, J. SAUREL, curé]