Distribution illégale de journaux (Aix-en-Provence, 1er mars 1873)

  • Sources : Archives municipales d’Aix-en-Provence, I1-15, n°198

L’an mil huit cent, etc.
Nous, Etienne Delignac, commissaire de police, etc.

Plusieurs individus vendaient et distribuaient des journaux sans autorisation. Ils furent obligés de se pourvoir d’une autorisation de M. le Préfet et ceux qui ne l’obtinrent pas reçurent l’ordre de cesser leurs vente et distribution de journaux.
Le nommé Hubeau Antoine, âgé de 51 ans, tailleur d’habits, disant être né à Bailleul, arrondissement d’Arras (Pas-ce-Calais), le 13 janvier 1822, fils d’Emmanuel et de Catherine Héquet, demeurant actuellement à Aix, rue Porte Peinte (1), n°40, était l’un des colporteurs de journaux sans autorisation. On le toléra pendant longtemps, Hubeau disant qu’il attendait l’extrait de son cahier judiciaire (sic) pour se faire autoriser, mais Hubeau a des antécédents judiciaires qui ne lui auraient pas permis d’obtenir l’autorisation.
Enfin, le 10 février dernier, après de nombreux délais, cet homme mis en demeure une dernière fois de faire cesser la situation illégale dans laquelle il se trouvait, déclara qu’il renonçait au commerce des journaux. Défense lui fut alors faite de distribuer les dits journaux.
Peu de jours plus tard, Hubeau reprit clandestinement, chez lui, sur la voie publique et au domicile des personnes la vente, le colportage et la distribution des journaux qu’il avait soin de dissimuler sous sa blouse dès qu’il apercevait un agent.
Ce jour d’hui, premier mars à huit heures du soir, les agents de police Dalmas et Fournier, ayant vu Hubeau porter de la sorte des journaux dans plusieurs maisons, notamment, en dernier lieu, rue d’Italie, n°35, au débit de liqueurs tenu par le sieur Coste Victorin, âgé de 26 ans, auquel il vendit un exemplaire du journal Égalité, invitèrent Hubeau à se rendre au bureau de police où il fut trouvé porteur de trente-trois journaux, savoir: vingt-un exemplaires de l’Égalité, six du National et six de La Jeune République.
Hubeau a reconnu faire le colportage clandestin de ces journaux.

En foi de quoi nous avons dressé le présent procès-verbal que nous adressons à M. le Procureur de la République.


(1) Actuelle rue Campra, dans le bourg Saint-Sauveur.