Duel de gentilshommes (Toulon, 11 août 1828)

Dans les faubourgs de Toulon, le 11 août 1828, Nicolas Alexandre Raynouard et Ambroise Louis Garnerey se retrouvent avec leurs témoins pour un duel au pistolet.
Nicolas Alexandre Raynouard est né le 9 mars 1790 à Bastia. Il est capitaine de frégate, chevalier des ordres Royaux de Saint-Louis et de la Légion d’honneur. Il a combattu en Espagne où il s’est marié en 1814 à Barcelone.
Ambroise Louis Garnerey est né le 19 février 1783 à Paris. D’abord corsaire, il a connu une vie d’aventurier avec Surcouf et Dutertre, avant d’être fait prisonnier par les Britanniques pendant huit ans. Pris en charge par le duc d’Angoulême, il est devenu, après concours, le premier peintre officiel de la Marine, corps qui ne sera constitué que quelques années plus tard.
duel-pistoletLes causes du duel, son déroulement et ses conséquences sont rapportés par Fougeroux de Campigneulles dans son Histoire des duels anciens et modernes* :

« Le 11 août 1828, M. Raynouard, commandant la gabarre la Caravane, se battit au pistolet avec M. Garnerey, peintre du Roi, envoyé à Navarin pour faire un tableau du combat naval qui porte ce nom. Celui-ci croyait avoir à se plaindre de ses relations avec M. Raynouard pendant la traversée, et il régnait beaucoup d’aigreur entre ces deux Messieurs à l’arrivée du bâtiment au lazaret de Toulon. Le capitaine fit mettre à terre son passager qui était malade, et qui, privé de l’assistance du médecin du bord, écrivit pour demander du secours, et ensuite pour se plaindre que les soins indispensables dans sa position lui fussent refusés. Cette dernière lettre écrite dans l’irritation de la fièvre, eut pour réponse une provocation en duel de la part de M. Raynouard. Le rendez-vous fut donné pour l’un des jours qui suivirent la sortie de quarantaine. M. Garnerey, dont l’indisposition n’avait point cessée, eut le triste avantage de tirer le premier, et atteignit son adversaire au flanc droit. Celui-ci néanmoins fit feu à son tour et recommença même sa décharge, le premier coup ayant porté obliquement. Il mourut neuf jours après, des suites de cette blessure. »

Pour sa part le journal Le Provincial situe le duel le 12 août, et précise que Raynouard a eu « le bras traversé d’une balle et une côte fracassée** ».Grièvement blessé, Nicolas Alexandre Raynouard décèdera, le 20 août à 8 heures du matin, dans son domicile, 35 rue Saint-Roch à Toulon.


par MARCEL SARRAZIN, auteur de Montmaur et ses hameaux

* M. Fougeroux de Campigneulles, Histoire des duels anciens et modernes, tome premier, Paris, 1835.
** Le Provincial, n° 40, mercredi 27 août 1828.

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