[Provençal] L’estiéu sus la plaço Jourdan à Miramas / L’été sur la place Jourdan à Miramas

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LA PLAÇO JOURDAN es la plaço la mai celèbro e couneigudo desempièi de generacioun. A la debuto dóu siècle passa èro de bon uno placeto de vilage. Èro encaro de terro batudo e servissié i jo de bocho pèr lis emplega dóu camin de ferre e pèr li miramassen fin que li partido siegon enebido bord que lou chaplachòu di bocho enfetavo li ribeiròu e li boulo estrassavon si muraio. Es de mai la plaço de la glèiso, la plaço dóu marcat semanié dóu dijòu, la plaço di cafè Lahoz e Rex. I’avié tambèn li pissadou publi que se fasien senti que trop mai quand venié li calour.
La place Jourdan et son jeu de boules. DR.

La place Jourdan et son jeu de boules. DR.

Mai aculissié tambèn li pichot cirque que passavon e atrivavon la ninèio pèr soun eisoutisme e si nouvèuta dins lou trin de la vido vidanto. Fau dire que pèr l’enfantugno èro un chale bèn requist, èro uno fèsto quouro s’istalavon : lis ajudavon à mounta lou capitèu coum’acò avien de plaço à gratis !
Pièi èro la voto que ié prenié si quartié l’estièu. Me rapelo dóu viro-viro pèr la ninèio Mariani que falié aganta lou poumpoum, ‘mé de veituro, de batèu, de tourniclet, d’auco, de lioun, de leoupard e que sabe iéu : de vira, au son de la musico amusè de generacioun de pichot ; e pièi i’avié lis autò tampounarello, lou revoulun blanc, lou tir à la carabino, si barbo à papa, poumo d’amour, berlingot e chichi fregi. Cade jour, dóu tèms de la voto, li balèti èron lou rendes-vous de la jouventuro… Li maire, éli, s’assetavon autour de la pisto de danso e tenien à mand li galant parèu que s’aparien : subre tout li chatouneto maridadouiro ! Enfin, la fèsto s’acabavo lou dimecre de sèr, pèr un councert emé l’ourquèstro de Jaume Helian o bèn de Ray Ventura… A la perfin de rèn manca, lou rèire-grand Chastain, tre 5 ouro de vèspre, agantavo SA cadiero, anavo sus la placeto e s’istalavo au pèd dóu poutin. Pièi, esperavo li 9 ouro de sèr pèr la debuto de la musico que s’acabavo à miejonue. E èro pas soulet !
E pièi i’aguè tambèn, li radio-crouchet e lou Zappy Max e soun que noun sai celèbre « quitte ou double ». Au-jour-d’uei, s’apound à tout acò, à la primo, la grand fèsto prouvençalo : Racino e Jitello e pièi lou grand councous de soupo au pistou au mes de juliet !
Martino Bautista

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UNE DES PLACES les plus célèbres et les mieux connues depuis des générations, c’est la place Jourdan. Au début du siècle passé, c’était vraiment une placette de village. Elle était encore de terre battue et servait de boulodrome aux cheminots et Miramasséens jusqu’à ce que les parties soient interdites car le bruit des boules embêtait les riverains et les boules abîmaient aussi leurs murs. C’est aussi la place de l’église, la place du marché hebdomadaire du jeudi, des cafés Lahoz et Rex. Il y avait aussi les toilettes publiques qui se faisaient un peu trop sentir quand les chaleurs arrivaient…
© Martine Bautista.

© Martine Bautista.

Mais elle accueillait aussi les petits cirques de passage qui attiraient les gamins par leur exotisme et leur nouveauté dans le train-train quotidien. Il faut dire que pour la marmaille, c’était une joie exquise, c’était une fête lorsqu’ils s’installaient, ils les aidaient à monter le chapiteau et en retour ils avaient des places gratuites !
Puis c’est la fête votive qui y prenait ses quartiers d’été. Je me rappelle du manège enfantin Mariani où il fallait attraper le pompon, avec des voiture, des bateaux, des tourbillons, des oies, des lions, des léopards et que sais-je encore : de virer, au son de la musique amusa des générations d’enfants ; et puis les autos-tamponneuses, du tourbillon blanc, le tir à la carabine, ses barbes à papa, pommes d’amour, berlingots et chichis. Chaque jour, pendant toute la fête votive, les balèti étaient le rendez-vous des jeunes gens… Les mères, elles, prenaient place autour de la piste de danse et ne perdaient pas des yeux les couples qui se formaient : surtout les jeunes filles en âge d’être mariées ! Enfin, la fête se clôturait le mercredi soir, par un concert avec l’orchestre de Jacques Hélian ou bien de Ray Ventura… Pour ne pas le manquer, l’arrière-grand-père Chastain, dès 17 heures, prenait SA chaise, se rendait sur la placette et s’installait au pied de la scène. Alors il attendait 21 heures le début de la musique qui se terminait à minuit. Et il n’était pas le seul !
Et puis il y eut aussi les radio-crochet avec Zappy Max et son célébrissime « quitte ou double ! » De nos jours, s’ajoute à tout cela, au printemps, la grande fête provençale : Racino e Jitello et puis le grand concours de soupes au pistou au mois de juillet !
Martine Bautista