GénéProvence http://www.geneprovence.com/ 500 ans de faits divers en Provence Mon, 05 Oct 2026 13:31:58 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.1.2 https://www.geneprovence.com/wp-content/uploads/2024/04/cropped-434541497_912630390609581_141579584347965292_n-32x32.png GénéProvence http://www.geneprovence.com/ 32 32 La fièvre maligne du frère Bonadona (Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, 8 septembre 1699) https://www.geneprovence.com/la-fievre-maligne-du-frere-bonadona-saint-maximin-la-sainte-baume-8-septembre-1699/ https://www.geneprovence.com/la-fievre-maligne-du-frere-bonadona-saint-maximin-la-sainte-baume-8-septembre-1699/#respond Mon, 05 Oct 2026 12:55:20 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=29221 Ce décès survenu au couvent des Dominicans de Saint-Maximin en septembre 1699 illustre la fulgurance des pathologies infectieuses sous le règne de Louis XIV. L’expression « fièvre maligne » désignait alors une…

L’article La fièvre maligne du frère Bonadona (Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, 8 septembre 1699) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>

Ce décès survenu au couvent des Dominicans de Saint-Maximin en septembre 1699 illustre la fulgurance des pathologies infectieuses sous le règne de Louis XIV. L’expression « fièvre maligne » désignait alors une atteinte infectieuse aiguë à symptomatologie sévère (telle qu’une forme grave de typhoïde, une méningite ou un état septicémique) entraînant un effondrement hémodynamique rapide. La mort du frère François Bonadona en seulement quatre jours, malgré plus d’un demi-siècle de vie religieuse, met en relief la vulnérabilité des communautés monastiques face aux épisodes épidémiques ou infectieux, où la promiscuité favorisait la contagion. La mention de la délivrance de l’ensemble des sacrements souligne l’accomplissement rigoureux du rituel catholique de la bonne mort (bona mors), garantissant au religieux une fin édifiante consignée par le sous-curé Revest.

« L’an que dessus et le huitième septembre est décédé, muni de tous les sacrements de l’Église, le révérend père François Bonadona, religieux de l’ordre des frères prêcheurs, profès de ce couvent depuis cinquante-cinq ans, âgé de soixante-douze années, étant atteint d’une fièvre maligne qui l’a enlevé de ce monde dans quatre jours, et a été enseveli le neuf.
Présents MM. Jean Baptiste Concordan et Louis Deaux. »
[J. B. Concordan, f. J. Revest, soubcuré, Louis Deaux]
  • Source : Registre paroissial de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, Archives départementales du Var, 2 MI EC2810R1.

L’article La fièvre maligne du frère Bonadona (Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, 8 septembre 1699) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>
https://www.geneprovence.com/la-fievre-maligne-du-frere-bonadona-saint-maximin-la-sainte-baume-8-septembre-1699/feed/ 0
L’odieux matricide à la bêche (Manosque, 21 juillet 1841) https://www.geneprovence.com/lodieux-matricide-a-la-beche-manosque-21-juillet-1841/ https://www.geneprovence.com/lodieux-matricide-a-la-beche-manosque-21-juillet-1841/#respond Sun, 04 Oct 2026 22:07:00 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=29212 L’affaire s’était déroulée dans la campagne de Manosque, au quartier du moulin-Neuf, sous la chaleur lourde de ce mois de juillet 1841. Dans les champs de la commune, une femme,…

L’article L’odieux matricide à la bêche (Manosque, 21 juillet 1841) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>

L’affaire s’était déroulée dans la campagne de Manosque, au quartier du moulin-Neuf, sous la chaleur lourde de ce mois de juillet 1841.
Dans les champs de la commune, une femme, qui, selon nos recherches se nommait Anne Giraudon, 47 ans, travaillait la terre aux côtés de son fils, François Louis Sauvet, 26 ans. Ce dernier, qui exerçait la profession de cultivateur, souffrait depuis quelque temps d’un mal invisible et terrible ; son entourage avait en effet remarqué, à plusieurs reprises, qu’il traversait de violents accès de folie.
Ce jour-là, le mercredi 21 juillet, vers 18 heures, la démence s’empara cruellement du jeune homme. Armé d’une bêche, l’instrument même de leur labeur quotidien, il frappa mortellement sa mère au milieu du champ où elle se trouvait avec lui.
La fureur du matricide ne s’arrêta pas là. Animé par la même rage destructrice, le meurtrier voulut également attenter à la vie de sa propre sœur. Par chance, la brigade de gendarmerie survint à temps. Les militaires s’emparèrent fort heureusement de ce furieux avant qu’il ne pût commettre un second crime, et ils le conduisirent aussitôt en prison.
Anne Giraudon était née à Manosque en 1794 et avait épousé Antoine Sauvat, 49 ans au moment des faits, le 10 février 1812 à Manosque.
  • Sources : Le Mercure aptésien, 1er août 1841, p. 3.
  • État civil de la commune de Manosque, Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, année 1841, no 102.

L’article L’odieux matricide à la bêche (Manosque, 21 juillet 1841) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>
https://www.geneprovence.com/lodieux-matricide-a-la-beche-manosque-21-juillet-1841/feed/ 0
Des billets dans une armoire : la reconstitution des registres paroissiaux de Ménerbes en 1705 https://www.geneprovence.com/des-billets-dans-une-armoire-la-reconstitution-des-registres-paroissiaux-de-menerbes-en-1705/ https://www.geneprovence.com/des-billets-dans-une-armoire-la-reconstitution-des-registres-paroissiaux-de-menerbes-en-1705/#respond Fri, 02 Oct 2026 10:17:34 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=29185 On ouvre le registre des mortuaires de Ménerbes à l’année 1700. Pas de défunt. Cinq pages d’écriture serrée, du latin, une dizaine de signatures : un procès-verbal de 1705, dressé…

L’article Des billets dans une armoire : la reconstitution des registres paroissiaux de Ménerbes en 1705 est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>

On ouvre le registre des mortuaires de Ménerbes à l’année 1700. Pas de défunt. Cinq pages d’écriture serrée, du latin, une dizaine de signatures : un procès-verbal de 1705, dressé chez un prêtre commissaire, le notaire du lieu tenant la plume.
Il commence ainsi :
« L’an mille sept cent cinq et le dix de may sur le midy, dans le lieu de Menerbe et dans la maison de moy Luc Roque, prêtre dud[it] lieu… »
Ces pages disent d’où sortent les actes qui suivent. De la fin de 1700 au début de 1705, le curé n’a rien porté dans les registres. À sa mort on a ouvert une armoire. Dedans, des « petits billets et autres papiers volans ». Pour en tirer des actes valables il a fallu les chanoines d’un chapitre d’Avignon, l’évêque de Cavaillon, un commissaire et le notaire, puis deux hommes qui jurèrent reconnaître les écritures.
Les citations gardent l’orthographe du manuscrit. Les abréviations sont développées entre crochets.

I. Le cadre : une paroisse du Comtat au début du XVIIIe siècle

Une terre du pape
En 1705, Ménerbes est terre pontificale. Ce village du Luberon appartient au Comtat Venaissin, aux papes depuis le XIIIe siècle, administré depuis Avignon. Pour le spirituel il relève du diocèse de Cavaillon.
Les ordonnances royales sur les registres, Villers-Cotterêts en 1539, Blois en 1579, le Code Louis de 1667, s’arrêtent à la limite du Comtat. Ici on suit le droit de l’Église romaine.

L’obligation de tenir des registres
Le concile de Trente, en 1563, oblige les curés à inscrire les baptêmes avec le nom des parrains, les mariages avec celui des témoins. Le Rituel romain de Paul V ajoute les sépultures en 1614. Les évêques recopient ces règles dans leurs ordonnances.
La requête de 1705 s’y réfère : il faut enregistrer « conformement aux ordonances de Vostre Grandeur ». Elle nomme aussi « les livres que les curés sont obligés d’avoir pour les batesmes, mariages et mortuaires ». Un livre par sorte d’acte. On les retrouvera vides.

Qui commande à Ménerbes ?
La paroisse dépend du prieuré Saint-Étienne de Ménerbes. Ce prieuré est « uni » au Chapitre de l’« insigne Eglise collegiale de St Agricol » d’Avignon, qui en tient le titre et les revenus. Le doyen et les chanoines de Saint-Agricol sont donc prieurs de Ménerbes. C’est en cette qualité qu’ils agissent d’un bout à l’autre du dossier.
Le partage des rôles se lit dans les actes. Le Chapitre nomme le curé : Falot était « curé nommé par les supplians ». Son successeur sera « presenté et approuvé par Vostre Grandeur », puis « mis en possession de lad[ite] cure par les deputtés dud[it] Chapitre ». Les registres eux-mêmes sortent des mains des chanoines, « baillés a ces fins » au curé.

L’évêque de Cavaillon
La requête est adressée « A Monseigneur Monseig[neu]r l’Ill[ustrissi]me et R[évérendissi]me Evesque et Conseig[neu]r de Cavaillon ». Évêque du diocèse, coseigneur temporel de sa ville.
En 1705 c’est Jean-Baptiste de Sade de Mazan. Il a pris en 1665 le siège de son oncle Richard et y mourra le 19 décembre 1707. Quarante ans d’épiscopat. Au bas de l’appointement, sa signature latine : J. Baptista, Episcopus Cavallicensis.

II. Le curé Falot et ses billets volants

Un Avignonnais envoyé par le Chapitre
Le 10 mai 1705, Messire Jean-Joseph Falot est mort depuis février. De sa main il reste une ligne latine, en tête du registre des baptêmes :

« per me Joannem Josephum Falot avenionensem, missum a Venerabili Capitulo avenionensi priore dicti loci »
« Par moi, Jean-Joseph Falot, Avignonnais, envoyé par le vénérable Chapitre. »

Le procès-verbal lui compte « les neufs dernieres années » de desserte, jusqu’à sa mort. En remontant : arrivé vers 1696.

Le 6 mars 1701
Ce jour-là Falot ouvre le registre des baptêmes fourni par le Chapitre. Il laisse le premier feuillet blanc. Sur le second, un titre :
« Descriptio baptisatorum ecclesiae parochialis Minerbiensis facta ab anno Domini millesimo septingentesimo primo et die sexta mensis Martii »
« Registre des baptisés de l’église paroissiale de Ménerbes, commencé l’an du Seigneur 1701, le sixième jour de mars. »

Dessous, deux versets :
« Marci XVI. Qui crediderit et baptizatus fuerit salvus erit, qui vero non crediderit condemnabitur. Joan. 3° Nisi quis renatus fuerit ex aqua et Spiritu Sancto non potest introire in regnum Dei. »
Marc, chapitre 16 : « Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné. » Jean, chapitre 3 : « Nul, s’il ne renaît de l’eau et de l’Esprit Saint, ne peut entrer dans le royaume de Dieu. »

Trois feuillets
Quatre ans plus tard, le commissaire ne trouvera d’écrits que « les trois feuillets suivans ». Premier baptême inscrit : une Anne Ravoire. Dernier : une Marguerite Sautelle. Les deux noms se lisent mal. Ensuite tout est « en blanc et sans ecriture ».
Le livre des mariages et celui des sépultures, Falot ne les a jamais ouverts.

Les billets
Les actes, il les notait pourtant. Sur des « petits billés et autres papiers volans » qui ne passèrent jamais au registre. Deux écritures s’y mêlent : « la plus grande partie sont ecris de la propre main dud[it] S[ieu]r Falot et quelques uns de la main de M[essi]re Gaspard Niel prêtre son secondaire ». Niel est le vicaire.
Pourquoi rien ne fut recopié pendant quatre ans, le dossier ne le dit pas.

L’armoire fermée à clef
Falot meurt en février 1705. Les billets sont « dans un armoire fermé a clef de la maison claustrale dud[it] Menerbe », la maison du prieuré où logeait le curé.
Le procès-verbal écrit qu’il « a negligé et obmis » d’enregistrer. L’armoire, elle, était fermée à clef.

III. La découverte (printemps 1705)

Un nouveau curé
Le Chapitre nomme Messire Jean-Baptiste Guilheimin, prêtre. Présentation à l’évêque. Approbation. Les députés du Chapitre le mettent en possession de la cure. En mai, le procès-verbal le nomme déjà « prêtre et curé dud[it] Menerbe ».

L’inspection des députés
L’installation faite, les députés restent. Ils veulent, dit la requête, « s’informer de l’estat ou se trouvoit leur Eglise et visiter les livres que les curés sont obligés d’avoir ». Ils ouvrent les livres :
« ils se seroint apperceus que depuis la fin de l’année mille sept cent un led[it] feu S[ieu]r Fallot avoit obmis d’enregistrer dans lesd[its] livres les batêmes, mariages et mortueres »
Ils cherchent plus loin, trouvent les billets. Les chanoines les prennent et les mettent « touts ensemble dans le dessein de les faire enregistrer en bonne et deüe forme ».

Le notaire
La liasse passe chez Maître Joseph Michaelis, notaire à Ménerbes, qui la reçoit « pour la part desd[its] S[ieu]rs dud[it] Chapitre ». Il trie : les billets sont « bien rangés suivant leurs dattes par led[it] S[ieu]r Michaelis ». Sur l’ordre des chanoines il les remet ensuite au nouveau curé.
On le retrouve à chaque séance. Les actes sont dressés « ecrivant led[it] S[ieu]r Michaelis » : il tient la plume.

1700 ou 1701
Deux dates pour le même abandon. La requête du Chapitre : « la fin de l’année mille sept cent un ». Le procès-verbal du commissaire : « depuis la fin de l’année mille sept cent ».
Les pièces décrites en mai ne départagent qu’à moitié. Le livre des baptêmes est tenu à partir du 6 mars 1701 sur trois feuillets, et des billets de baptêmes de 1701 existent quand même. Les billets de sépultures commencent à « la fin de decembre » 1700, face à un livre resté vierge. Ceux des mariages seulement au début de 1702.
Le dossier ne dit pas sur quelle pièce chacun a pris sa date.

IV. La requête et l’ordonnance épiscopale (avril 1705)

Recopier ne suffit pas
Les billets sont là, classés. Les chanoines refusent pourtant de les faire simplement recopier par le nouveau curé.
En 1705 le registre est la seule pièce écrite qui prouve qu’un enfant est né de tel mariage, qu’un homme est mort tel jour. Les partages de succession s’appuient dessus. Un acte transcrit après coup, par un autre que l’officiant, peut être attaqué.
La requête pose donc deux conditions avant toute écriture :
  • 1. « proceder a la recognoissance et averation de l’escriture tant dud[it] S[ieu]r Falot que de ses secondaires » : établir que les billets sont bien de leur main ;
  • 2. « verifier si on n’a obmis aucun mariages, baptisteres et mortuaires depuis le tems que led[it] S[ieu]r Falot avoit cessé d’en faire l’enregistrement requis ».
Le but est écrit en toutes lettres : que l’enregistrement « puisse estre fait dans toutes les formes canoniques et sans pouvoir estre debatu a l’advenir d’aucune nullitté ».

La requête au prélat
Le doyen et les chanoines de Saint-Agricol écrivent à l’évêque. « Supplient humblem[en]t », en ouverture. En clôture la formule d’usage : ils « prieront Dieu pour la prosperité et elevation de Vostre Grandeur ». Au milieu, une demande : « deputer sur les lieux un commissaire » avec « tout le pouvoir sur ce requis et necessaire ».
Le texte entier est recopié dans le registre.

L’appointement du 22 avril 1705
L’évêque répond au pied de la requête, en latin. Deux mots d’abord : « Attentis narratis », « vu ce qui est exposé ». Puis le nom :
« deputamus in commissarium V[enerabilem] Dominum Roque p[resbyt]erum, ad hoc ut, servatis servandis, procedat ad verificationem et recognitionem scripturarum tam D[omini] D[omi]ni Fallot, quondam parochi ecclesiae Minerbiarum, quam eius secondariorum »
« Nous députons comme commissaire le vénérable sieur Roque, prêtre, afin qu’en observant ce qui doit l’être, il procède à la vérification et à la reconnaissance des écritures tant de feu sieur Fallot, naguère curé de l’église de Ménerbes, que de ses vicaires. »

Roque doit reconnaître les écritures de Falot et des vicaires. Il doit faire enregistrer « fidèlement et soigneusement » tous les mariages et, un par un, les noms des baptisés et des défunts. Et chercher les mariages, baptêmes et décès oubliés depuis que Falot a cessé, « si quae sint » : « s’il y en a ».
Au bas : « Aven[ione], hac die vigesima secunda mensis aprilis, anno millesimo septingentesimo quinto ». « Avignon, 22 avril 1705. » La requête sera enregistrée « penes acta Curiae nostrae Episcopalis », « aux actes de notre cour épiscopale ».

Une copie certifiée
Après la signature de l’évêque, deux mots : « Sic in originali ». Puis la signature de Roque. Ce qu’on lit dans le registre est une copie, certifiée par le commissaire.

V. Le 10 mai 1705 : l’enquête chez Luc Roque

La scène
Dix mai 1705, « sur le midy ». La maison de Luc Roque, « prêtre dud[it] lieu et recteur de la chappellanie de Notre Dame de S[ain]t Sauveur » : un prêtre de Ménerbes, titulaire d’une fondation de messes qui lui rapporte un revenu.
Guilheimin « a comparu et s’est presenté », « pour et au nom des mess[ieu]rs du Chapitre S[ain]t Agricol d’Avignon ». Le notaire Michaelis est là. Les « temoins bas nommés » aussi.
Roque lit d’abord ses pouvoirs. Il a « veu et leu lad[ite] requeste et apointem[en]t d’icelle », reçu la commission « avec deubs honneurs et reverence », et se dit « prêt de proceder ». Le curé lui remet trois registres et la liasse.

L’examen des trois livres
Roque les décrit l’un après l’autre.
Baptêmes d’abord : « un livre tout neuf couvert d’une peau de parchemin blanc avec quatre ataches de peau verdâtre ». « Un doit et demy d’épaisseur, un pan et quart de longueur et un pan [de] largeur. » Le pan provençal fait 25 centimètres environ : 31 sur 25, à peu près, pour 3 centimètres d’épaisseur. En titre, Liber baptisatorum ecclesiae Minerbiae.
Mariages : « aussy tout neuf de la même epaisseur, longueur et largeur que le precedent », même reliure, même attaches. Liber matrimoniorum ecclesiae parochialis loci Minerbiae. Pas une ligne.
Sépultures : « tout neuf, couvert et attaché comme les deux precedens », de mesures « presque » égales. Roque l’ouvre et le visite « d’un bout a autre ». Tout est blanc. En titre, Liber mortuorum parochiae loci Minerbiae.
L’acte est passé devant « mess[ieu]rs Charles François Michaelis et M[aît]re Joseph Roque dud[it] lieu, temoins requis ». L’un porte le nom du notaire, l’autre celui du commissaire. Le texte ne dit rien d’une parenté. Signatures du curé, du commissaire, des témoins, du notaire. Près de celle de Roque, une mention qui semble approuver une rature.

Le décompte des billets
Aussitôt, « au même lieu », le curé met la liasse entre les mains du commissaire. Le procès-verbal compte :
  • Baptêmes : 176 billets, de 1701 à mars 1705.
  • Mariages : nombre non indiqué, du début de 1702 au début de 1705.
  • Sépultures : 130 billets, de la fin décembre 1700 au début de mars 1705.
Pour les mariages le scribe écrit « consistent a », laisse un blanc, continue. Le chiffre ne fut jamais porté.
Cent trente sépultures en un peu plus de quatre ans : une trentaine par an.

Les témoins de l’écriture
Le curé demande que les billets soient « recogneus par deux temoins d’avoir été ecris pour la plus grande partie de la propre main dud[it] S[ieu]r Falot curé et l’autre partie de la main dud[it] S[ieu]r Niel son secondaire ».
Deux hommes sont dans la pièce. Gaspard Niel, l’ancien vicaire, qui « connoit non seulem[en]t son ecriture, mais aussy celle de feu M[essi]re Falot ». Et Maître Benoît La Crolle, « ecclesiastique dud[it] lieu », qui connaît « tant l’ecriture dud[it] S[ieu]r Falot que celle dud[it] S[ieu]r Niel ».

Le serment
Roque leur fait « commandement en face » de dire la vérité sous serment, « avec deüe comination » : la menace des peines du faux serment.
Niel jure ad pectus, la main sur la poitrine, comme jurent les prêtres. La Crolle « sur les S[ain]ts Ecris ».
Roque leur met les billets en main. Ils les ont « veus et leus l’un apres l’autre », devant le commissaire et le notaire. Puis :
« que lesd[its] billés ont été ecris la plus grande partie de la main dud[it] S[ieu]r Falot, pour connoitre bien et deüement l’ecriture d’icelluy, et une petite partie de la main dud[it] S[ieu]r Niel, pour connoitre led[it] S[ieu]r Niel sa propre ecriture »
La Crolle reconnaît de même. Au bas : « Niel prestre », « Lacrolle ecclesiastique », Roque, Michaelis.

VI. Le 15 mai 1705 : donner force de loi au passé

La transcription ordonnée
« L’an susd[it] et le quinze may. » Guilheimin revient chez le commissaire avec la déclaration des deux témoins. Il demande qu’on passe à l’écriture : « enregistrer et escrire lesd[its] billés ».
Chaque billet dans son livre, « chascun suivant sa datte ». Et sous chaque acte recopié, la signature de Roque : il doit « les signer au bas de chascun comme commissaire susd[it] ».
Roque accepte. « A quoy je me suis offert de proceder comme se verra dans chaque livres. » La suite est dans les pages du registre, après le préambule.
Les actes de 1700 à 1705 qu’on y lit n’ont donc pas été écrits par le prêtre qui a baptisé, marié ou enterré. Ils ont été recopiés à partir de 1705, sous l’autorité de Luc Roque. C’est son nom qu’ils portent au bas.

L’ordonnance du commissaire
Puis Roque ordonne, en vertu des pouvoirs reçus de l’évêque :
« ay ordoné et ordonne qu’a l’advenir sera adjousté foy auxd[its] registres tout comme s’ils avoient été escris dans leur tems et signés par led[it] S[ieu]r Falot et led[it] S[ieu]r Niel »
En droit, les copies de 1705 valent des actes faits le jour même.
Des actes ainsi enregistrés « l’on pourra faire a l’advenir des extraits et les signer pour servir et faire foy en jugement et dehors ». Un extrait de baptême tiré de ces pages pourra être produit devant un juge.

Pour l’avenir
Dernier article : « led[it] S[ieu]r Guilheimin, ses secondaires et succeseurs continueront de mettre successivement et a l’advenir dans lesd[its] livres respectivement les baptistaires, mariages et mortuaires de lad[ite] parroisse ».
Les trois livres en parchemin blanc restent en service. Après les copies doivent venir les actes du nouveau curé.

VII. Le 10 octobre 1705 : la porte laissée ouverte

Une mission en suspens
L’évêque demandait aussi de rechercher les actes omis. Les procès-verbaux de mai n’en disent pas un mot.
Pour un baptême que personne n’a noté, il n’y a pas de billet à reconnaître.

En marge
Dix octobre 1705. Cinq mois ont passé. Guilheimin comparaît une dernière fois devant le commissaire, « au même lieu que dessus », toujours au nom du Chapitre. Il demande :
« que si a l’advenir on s’apercevoit qu’il manquat quelque baptistaire, mariage ou mortuaire qui fussent été obmis par led[it] S[ieu]r Falot ou ses secondaires, aud[it] cas, que lesd[its] baptistaires, mariages et mortuaires manquans et deffaillans fussent en leur rang ecris et enregistrés respectivem[en]t a la marge desd[its] trois livres »
Un acte oublié qui reparaît ira donc dans la marge, à sa date, « en leur rang ». Le commissaire le signera « de même que les autres billés », pour qu’il fasse « entiere foy en jugement et dehors ». Roque accorde.
Ce qui a provoqué la demande entre mai et octobre, le dossier ne le dit pas.

VIII. Lire le registre après 1705

Les mots du dossier
Dans ces cinq pages, personne ne s’inquiète des sacrements. Les mots qui reviennent sont des mots de procédure : « nullitté », « formes canoniques », « faire foy en jugement et dehors », « temoins requis », « acte concedé ».
Chaque étape passe par les mêmes gestes. Comparution du curé. Réquisition. Acte accordé par le commissaire. Signatures au bas, et le notaire qui écrit.

Pour qui consulte aujourd’hui le registre des mortuaires
De fin décembre 1700 au début de mars 1705, ce sont des copies. Transcrites en 1705 ou après, à partir d’environ 130 billets, et non rédigées au jour de l’inhumation.
La signature est celle de Roque. Falot et Niel, qui ont enterré, ne signent pas.
Le contenu peut être maigre. Ce que portait chaque billet, le dossier ne le décrit pas : âge, filiation, témoins peuvent manquer.
Regarder les marges. Un acte inscrit en marge pour ces années a été ajouté après le 10 octobre 1705, sur déclaration, parfois longtemps après le décès.
Une absence ne prouve rien. Un décès que Falot n’a pas noté, et que personne n’a signalé ensuite, n’a laissé aucune ligne.
Autres pièces à croiser : les minutes du notaire Joseph Michaelis, à rechercher dans les fonds notariaux des Archives départementales de Vaucluse, pour les testaments, contrats de mariage, inventaires après décès. Et les registres des paroisses voisines, pour une inhumation faite hors de Ménerbes.

Conclusion

Le 10 mai 1705, chez Luc Roque, il y avait trois livres neufs en parchemin blanc, fermés par des attaches de peau verdâtre. Et une liasse classée par date par le notaire : cent septante-six billets de baptêmes, cent trente de sépultures. Pour les mariages, un blanc.

Annexes

A. Chronologie
  • Vers 1696 : Jean-Joseph Falot, Avignonnais, devient curé de Ménerbes, nommé par le Chapitre de Saint-Agricol.
  • Fin décembre 1700 : début des billets de sépultures ; le registre des mortuaires ne sera jamais tenu.
  • 6 mars 1701 : Falot ouvre le registre des baptêmes, qu’il abandonne après trois feuillets.
  • Début 1702 : début des billets de mariages.
  • Février 1705 : mort de Falot ; billets retrouvés dans une armoire de la maison claustrale.
  • Printemps 1705 : nomination et installation de Jean-Baptiste Guilheimin ; les députés du Chapitre découvrent les registres vides ; billets confiés au notaire Michaelis, qui les classe.
  • 22 avril 1705 : à Avignon, l’évêque de Cavaillon nomme Luc Roque commissaire.
  • 10 mai 1705, à midi : chez Roque, constat des trois registres, décompte des billets, serment de Niel et La Crolle sur les écritures.
  • 15 mai 1705 : ordre de transcription ; ordonnance donnant pleine valeur aux actes recopiés.
  • 10 octobre 1705 : décision d’inscrire en marge les actes omis découverts plus tard.
  • 19 décembre 1707 : mort de l’évêque Jean-Baptiste de Sade.

B. Les personnages
  • Jean-Joseph Falot : prêtre avignonnais, curé de Ménerbes (vers 1696-1705). Néglige les registres, laisse les billets.
  • Gaspard Niel : prêtre, « secondaire » (vicaire) de Falot. Auteur d’une partie des billets ; témoin sous serment.
  • Jean-Baptiste Guilheimin : prêtre, nouveau curé de Ménerbes. Agit au nom du Chapitre, requiert chaque acte.
  • Luc Roque : prêtre de Ménerbes, recteur de la chapellenie Notre-Dame de Saint-Sauveur. Commissaire épiscopal.
  • Joseph Michaelis : notaire de Ménerbes. Conserve et classe les billets ; greffier de la procédure.
  • Benoît La Crolle : ecclésiastique de Ménerbes. Témoin sous serment sur les écritures.
  • Charles-François Michaelis : habitant de Ménerbes. Témoin du 10 mai.
  • Joseph Roque : maître, habitant de Ménerbes. Témoin du 10 mai.
  • Le doyen et les chanoines de Saint-Agricol : Chapitre de la collégiale d’Avignon, prieurs de Ménerbes. Requérants.
  • Jean-Baptiste de Sade de Mazan : évêque et coseigneur de Cavaillon (1665-1707). Signe l’appointement du 22 avril 1705.

C. Glossaire
  • Appointement : décision d’une autorité, écrite au bas d’une requête.
  • Avération : action de vérifier, d’établir l’authenticité d’une écriture.
  • Baptistaire : acte de baptême.
  • Billet : petite feuille volante, ici note prise par le curé.
  • Chapellenie : fondation pieuse dotée de revenus, à charge de messes ; son titulaire en est le recteur.
  • Chapitre : collège de chanoines attaché à une église cathédrale ou collégiale.
  • Commination : menace des peines encourues, notamment en cas de faux serment.
  • Doigt : mesure de longueur, environ 2 cm.
  • Maison claustrale : maison attachée au prieuré, servant ici de presbytère.
  • Mortuaire : acte de sépulture.
  • Pan : mesure provençale de longueur, environ 25 cm.
  • Prieuré uni : prieuré dont le titre et les revenus sont rattachés à une autre institution, ici le Chapitre de Saint-Agricol.
  • Secondaire : vicaire, prêtre qui seconde le curé.
  • Ad pectus : « sur la poitrine », forme du serment des ecclésiastiques.

D. Lectures incertaines
Le manuscrit présente quelques passages de lecture difficile, en raison de taches d’humidité ou d’une écriture rapide.
  • Guilheimin : la forme Guilhermin n’est pas exclue.
  • La Crolle : lu d’après la signature « Lacrolle ecclesiastique » ; une autre lecture reste possible.
  • Anne Ravoire et Marguerite Sautelle : noms de la première et de la dernière baptisées inscrites par Falot, de lecture incertaine.
  • La fin de la page où sont décrits les trois feuillets de baptêmes est abîmée.
  • La mention près de la signature du commissaire, le 10 mai, est probablement une approbation de rature.
  • « Contre tout témoin » (10 mai) et « sans double inspection » (15 mai) sont des lectures probables, non certaines.

Sources

L’article Des billets dans une armoire : la reconstitution des registres paroissiaux de Ménerbes en 1705 est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>
https://www.geneprovence.com/des-billets-dans-une-armoire-la-reconstitution-des-registres-paroissiaux-de-menerbes-en-1705/feed/ 0
L’énigme d’Alleins : quand la prononciation du nom du village défie l’écrit https://www.geneprovence.com/lenigme-dalleins-quand-la-prononciation-du-village-defie-lecrit/ https://www.geneprovence.com/lenigme-dalleins-quand-la-prononciation-du-village-defie-lecrit/#respond Wed, 23 Sep 2026 19:52:12 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=29169 Qui s’est déjà aventuré au cœur du massif des Costes, entre la Durance et la chaîne des Alpilles, s’est un jour heurté à une curiosité locale qui déroute l’observateur extérieur.…

L’article L’énigme d’Alleins : quand la prononciation du nom du village défie l’écrit est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>

Qui s’est déjà aventuré au cœur du massif des Costes, entre la Durance et la chaîne des Alpilles, s’est un jour heurté à une curiosité locale qui déroute l’observateur extérieur. Le village d’Alleins, élégante commune des Bouches-du-Rhône, s’entend bien différemment qu’il ne se lit. Là où les règles usuelles du français moderne nous inciteraient à rendre muet le -s suffixe, le nom s’affirme haut et fort dans la bouche des anciens comme des habitants actuels, en faisant claquer la sifflante finale à la manière d’un « Alince » bien marqué.

Un grand écart entre la mémoire des actes et l’usage du terroir

L’étude des archives médiévales et modernes réserve pourtant une surprise au chercheur. Dans nombre d’actes notariés, de registres paroissiaux ou de cartes anciennes, la commune apparaît fréquemment sous la forme « Alein », totalement dénuée de sa consonne finale. Cette apparente contradiction entre un écrit mutilé et un oral bien ancré soulève une question fondamentale pour l’histoire locale : comment les habitants de cette terre, dont le provençal était la langue véhiculaire et quotidienne, prononçaient-ils réellement le nom de leur terroir ?
Carte de Cassini © BnF / IGN.
Pour comprendre ce phénomène, il convient d’observer les mécanismes de la langue d’oc et la manière dont les scribes en transcrivaient les sonorités. La forme « Alein » dérive d’un suffixe gallo-romain très répandu dans le Midi, souvent lié à un domaine antique. En provençal, le groupe vocalique combinant le son nasal et le -s final répond à des règles phonétiques d’une stricte régularité. Si le français du Nord a progressivement mué ses consonnes finales pour ne conserver que la voyelle nasale, le provençal maritime et rhodanien a toujours maintenu une articulation vigoureuse du -s après une nasale.

La résistance de la phonétique provençale face au papier

Ainsi, l’absence de la lettre -s dans certains documents anciens relève le plus souvent d’un artifice d’écriture ou d’une francisation maladroite par des rédacteurs formés hors de la communauté du village. Sur le terrain, l’habitant de la région n’a jamais cessé de faire entendre la sifflante. La rencontre entre le son nasal et le -s produit naturellement une transition consonantique très nette pour une oreille francophone, transformant la terminaison orale en ce fameux « -ince » caractéristique.
Le passage officiel de la graphie vers « Alleins » dans l’état civil moderne et les cartes administratives n’a donc rien d’une invention ou d’une altération contemporaine. Au contraire, le rétablissement du -s graphique est venu corriger une erreur de transcription pour réaligner enfin l’écrit sur la parole. La prononciation que l’on entend aujourd’hui au détour d’une ruelle ou sur la place du village est la mémoire vivante de la phonétique provençale, transmise intacte à travers les siècles.
© Jean Marie Desbois, 2026.

L’article L’énigme d’Alleins : quand la prononciation du nom du village défie l’écrit est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>
https://www.geneprovence.com/lenigme-dalleins-quand-la-prononciation-du-village-defie-lecrit/feed/ 0
Mort d’une centenaire (Valensole, 8 avril 1633) https://www.geneprovence.com/mort-dune-centenaire-valensole-8-avril-1633/ https://www.geneprovence.com/mort-dune-centenaire-valensole-8-avril-1633/#respond Wed, 23 Sep 2026 12:34:53 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=29158 Ce cas de longévité exceptionnelle consigné à Valensole en avril 1633 témoigne de la rareté des centenaires sous le règne de Louis XIII et de la fascination qu’ils suscitaient déjà.…

L’article Mort d’une centenaire (Valensole, 8 avril 1633) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>

Ce cas de longévité exceptionnelle consigné à Valensole en avril 1633 témoigne de la rareté des centenaires sous le règne de Louis XIII et de la fascination qu’ils suscitaient déjà. L’estimation de l’âge (« environ cent ans »), bien que souvent sujette à une approximation due à l’absence de registres paroissiaux systématiques à la fin du XVIe siècle, souligne le statut singulier de la défunte au sein de la communauté. L’inhumation de Digne Espérite de Tornatory dans la chapelle du Saint-Sacrement constitue une marque d’honneur considérable, réservée aux familles de la noblesse ou de la haute bourgeoisie locale. Ce lieu de sépulture privilégié reflète tant le rang social de la famille Tornatory que le respect accordé à une existence d’une longueur si inhabituelle pour l’époque.

« Le 8 avril, à la chapelle du Saint-Sacrement, fut ensevelie Digne Espérite de Tornatory, âgée d’environ cent ans. L’office fut fait par moi. »
[p. Alvery, vicaire]
  • Source : Registre paroissial de Valensole, Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, 1MI5/0130.

L’article Mort d’une centenaire (Valensole, 8 avril 1633) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>
https://www.geneprovence.com/mort-dune-centenaire-valensole-8-avril-1633/feed/ 0
L’audace malheureuse d’un teinturier (Raphèle [Arles], 4 septembre 1881) https://www.geneprovence.com/laudace-malheureuse-dun-teinturier-raphele-arles-4-septembre-1881/ https://www.geneprovence.com/laudace-malheureuse-dun-teinturier-raphele-arles-4-septembre-1881/#respond Sun, 30 Aug 2026 15:39:25 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=29099 La nuit du dimanche 4 au lundi 5 septembre 1881 fut agitée aux abords du hameau de Raphèle, appartenant à la commune d’Arles (Bouches-du-Rhône). Vers 2 heures et demie du…

L’article L’audace malheureuse d’un teinturier (Raphèle [Arles], 4 septembre 1881) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>

La nuit du dimanche 4 au lundi 5 septembre 1881 fut agitée aux abords du hameau de Raphèle, appartenant à la commune d’Arles (Bouches-du-Rhône). Vers 2 heures et demie du matin, Monsieur Bourges, garde-champêtre, présentait au bureau de police un individu nommé Agricol Hilarion Audibert, surpris en flagrant délit de cambriolage. L’homme, un teinturier de 27 ans né à Avignon (Vaucluse) et établi à Arles, s’était attaqué à la demeure de Monsieur Félicien Lambert, maçon de son état.
L’aventure du jeune Audibert avait pourtant débuté sous des hospices plus tranquilles. Après avoir passé son dimanche après-midi à Raphèle, il s’était mis en route vers 10 heures du soir pour rejoindre Moulès. C’est en passant devant le mas Lambert, situé près du sentier de Moulès, que l’idée du crime germa dans son esprit. Il affirma plus tard avoir d’abord frappé à la porte pour demander son chemin. Le silence des occupants lui inspira soudain le dessein de s’introduire dans les lieux.
L’effraction fut laborieuse et bruyante. Armé d’un vieux couteau rouillé trouvé sur place, le malfaiteur tenta vainement de forcer l’espagnolette d’une fenêtre. N’y parvenant pas, il s’empara d’un marteau de maçon de quatre à cinq kilos qui gisait près d’un mur en construction. À coups redoublés, il entreprit alors d’arracher les gonds de la fenêtre.
Le fracas finit par attirer l’attention de deux jeunes gens qui se rendaient à Moulès. Si Audibert parvint une première fois à se dissimuler derrière un rideau pour les laisser passer, il eut l’imprudence de reprendre sa besogne trop tôt. Le bruit du marteau rappela ses témoins qui, cette fois, se lancèrent à sa poursuite et s’emparèrent de lui.
Le mobile de ce méfait semblait d’une banale nécessité. Issu d’une honnête famille de Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône), le teinturier avoua qu’il lui manquait quarante francs pour régler un billet. Il ignorait sans doute que sa victime, Monsieur Lambert, portait sur lui une somme bien plus importante. Le matin même, à Arles, le maçon avait échangé publiquement dans un café trois à quatre cents francs contre des billets, une fortune qu’il avait gardée sur lui en rentrant à son mas.
Quelques jours plus tard, le juge décida de libérer Audibert, innocenté de l’accusation de tentative d’effraction.
  • Sources : L’Homme de bronze, 11 septembre 1881, p. 4 ; ibid., 18 septembre 1881, p. 4.

L’article L’audace malheureuse d’un teinturier (Raphèle [Arles], 4 septembre 1881) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>
https://www.geneprovence.com/laudace-malheureuse-dun-teinturier-raphele-arles-4-septembre-1881/feed/ 0
Le coup de froid d’août 1784 (La Mure-Argens, 10 août 1784) https://www.geneprovence.com/le-coup-de-froid-daout-1784-la-mure-argens-10-aout-1784/ https://www.geneprovence.com/le-coup-de-froid-daout-1784-la-mure-argens-10-aout-1784/#respond Sat, 29 Aug 2026 15:58:45 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=29090 Cette observation météorologique rédigée en août 1784 par le curé Périer témoigne des extrêmes climatiques qui ont frappé la Haute-Provence à la fin du XVIIIe siècle. La survenue d’une gelée…

L’article Le coup de froid d’août 1784 (La Mure-Argens, 10 août 1784) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>

Cette observation météorologique rédigée en août 1784 par le curé Périer témoigne des extrêmes climatiques qui ont frappé la Haute-Provence à la fin du XVIIIe siècle. La survenue d’une gelée blanche au cœur de l’été, détruisant les cultures sensibles comme les haricots et les citrouilles dans le plan de La Mure et à Saint-André, constitue un phénomène d’inversion thermique saisissant. L’épisode s’inscrit dans un contexte mondial d’anomalies atmosphériques majeures, consécutives à l’éruption du volcan islandais Laki en 1783, qui avait engendré des perturbations thermiques violentes à travers toute l’Europe. Malgré cette sécheresse marquée et l’avancement des moissons de deux semaines, la rigueur de la terre sèche a paradoxalement préservé la qualité des céréales, garantissant un grain bien nourri.

« Cette année 1784, la nuit du 9 au 10 d’août, il a tellement fait froid que les haricots et citrouilliers ont été gelés dans tout le plan et à Saint-André ; j’ai vu moi-même de la gelée blanche dans mon jardin, et au pied de l’astre ; et le 24 de ce même mois, j’ai vu des citrouilles gelées dans le jardin de Saint-Roch, au-devant les Chaillan à Saint-André. La terre était très sèche et les chaleurs excessives. On a fait la moisson quinze jours plutôt que les autres années à cause de la sécheresse. La récolte a pourtant été bonne et le grain bien nourri. »
[Périer, curé]
  • Source : Registre paroissial de La Mure-Argens, Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, 1MI5/0308.

L’article Le coup de froid d’août 1784 (La Mure-Argens, 10 août 1784) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>
https://www.geneprovence.com/le-coup-de-froid-daout-1784-la-mure-argens-10-aout-1784/feed/ 0
Massacre par des brigands (Saint-Saturnin-lès-Apt, 31 juillet 1578) https://www.geneprovence.com/massacre-par-des-brigands-saint-saturnin-les-apt-31-juillet-1578/ https://www.geneprovence.com/massacre-par-des-brigands-saint-saturnin-les-apt-31-juillet-1578/#respond Tue, 25 Aug 2026 20:25:42 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=29066 Ce massacre perpétré à Saint-Saturnin-lès-Apt en juillet 1578 met en lumière la grande insécurité des grands axes routiers provençaux à la fin du XVIe siècle. En plein cœur des guerres…

L’article Massacre par des brigands (Saint-Saturnin-lès-Apt, 31 juillet 1578) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>

Ce massacre perpétré à Saint-Saturnin-lès-Apt en juillet 1578 met en lumière la grande insécurité des grands axes routiers provençaux à la fin du XVIe siècle. En plein cœur des guerres de Religion, les zones frontalières avec le Comtat Venaissin sont fréquemment écumées par des bandes armées et des brigands qui s’attaquent indistinctement aux voyageurs et aux travailleurs isolés. L’assassinat d’Anthoni Paret, d’Anthoni Lombard et d’Aiman Arnaud près de la bastide de Clémain illustre la vulnérabilité des populations rurales face à cette violence endémique. La mention par le curé de ces hommes tués « comme pauvres innocents » souligne la sidération de la communauté paroissiale devant cet acte de brigandage gratuit qui prive la paroisse de trois de ses membres le même jour.

« Du mois de juillet.
L’an que dessus et le dernier dudit mois, ont été ensevelis Anthoni Paret, Anthoni Lombard, Aiman Arnaud, lesquels sont été meurtris par les brigands auprès de la bastide dite de Clémain, sur le grand chemin venant du comté de Venise1, tués comme pauvres innocents. »

1. Comtat Venaissin (Coumtat de Venisso en provençal).

  • Source : Registre paroissial de Saint-Saturnin-lès-Apt, Archives départementales de Vaucluse, AD84 1MIEC118.
  • Transcription avec l’aide de Stéphanie Dick et Sébastien Avy.

L’article Massacre par des brigands (Saint-Saturnin-lès-Apt, 31 juillet 1578) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>
https://www.geneprovence.com/massacre-par-des-brigands-saint-saturnin-les-apt-31-juillet-1578/feed/ 0
L’attaque de Peyrolles : récit d’un drame oublié (Peyrolles-en-Provence, 12 septembre 1800) https://www.geneprovence.com/lattaque-de-peyrolles-recit-dun-drame-oublie-peyrolles-en-provence-12-septembre-1800/ https://www.geneprovence.com/lattaque-de-peyrolles-recit-dun-drame-oublie-peyrolles-en-provence-12-septembre-1800/#respond Fri, 21 Aug 2026 10:25:03 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=29029 En ce mois de septembre 1800, la Provence hésite encore entre les reliques de la Terreur et les promesses d’ordre du Consulat. Dans l’ombre des collines du Val de Durance,…

L’article L’attaque de Peyrolles : récit d’un drame oublié (Peyrolles-en-Provence, 12 septembre 1800) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>

En ce mois de septembre 1800, la Provence hésite encore entre les reliques de la Terreur et les promesses d’ordre du Consulat. Dans l’ombre des collines du Val de Durance, le brigandage politique fait rage. Le 25 fructidor an VIII, la terreur frappe aux portes de Peyrolles en pleine journée. Entre l’emphase sanglante des gazettes d’époque et la sécheresse poignante d’un registre d’état civil rédigé dans la panique, retour sur une tragédie provinciale.

L’écho des gazettes : la rumeur et le sang

Il faut imaginer la scène à travers les yeux des contemporains. En ce début d’automne, une dépêche rédigée depuis Marseille circule dans les cabinets de lecture et les feuilles publiques. On y dépeint une véritable horde : quatre-vingts hommes en armes, fondus sur le village de Peyrolles pour y semer le chaos.
Le tableau dressé par la presse est apocalyptique. On y parle d’une garnison terrassée, de caisses publiques pillées, de l’arbre de la liberté abattu dans un geste de défiance républicaine, et d’autorités locales jetées sur les chemins dans une fuite éperdue. Au milieu de ce tumulte, le journal égraine le bilan des cadavres : sept militaires fauchés sur la place ou à l’entrée du bourg, et le sort odieux réservé à la fille du commissaire du gouvernement, violée et exécutée dans la demeure paternelle.
L’émotion est telle que le préfet des Bouches-du-Rhône frappe la commune d’une amende collective, sanctionnant la « grande apathie » des habitants face aux assaillants, tout en tressant des louanges aux voisins de Meyrargues, accourus trop tard, le fusil à l’épaule.
  • L’identité et la filiation : L’acte confirme la filiation de la victime. Âgée de 23 ans et née à Jouques, Marie Ricard était la fille du commissaire Jean-Joseph Ricard et de feue Thérèse Ricard. Son nom et son âge, d’abord oubliés lors de la première rédaction, ont été rajoutés précipitamment dans la marge.
  • Le drame consigné : Si la presse mentionne explicitement le viol et l’assassinat subis par la jeune femme, le registre d’état civil emploie une pudeur administrative poignante : elle est déclarée « décédée d’une mort violente » dans l’habitation de son père, constatée après autopsie par le juge de paix du canton, le citoyen Catholici.

Le silence des registres : la vérité au bout de la plume

Pourtant, lorsque l’historien ou le généalogiste pousse la porte des archives départementales et délie les registres de l’an VIII (cote AD13 202 E 244), le vacarme de la presse s’éteint pour laisser place à une réalité plus sourde, plus intime.
Nulle trace, sur le papier de chiffon de la municipalité de Peyrolles, de l’hécatombe de soldats annoncée par les journaux. Les militaires tués lors des escarmouches n’appartenaient pas à la communauté ; leurs corps ont été pris en charge par les ambulances des troupes, leurs noms consignés dans les registres matricules ou oubliés dans un hôpital d’Aix. À moins que le chiffre de la presse n’ait cédé à cette surenchère dramatique si coutumière des temps de crise.
Au milieu de ce registre muet, une seule ombre s’incarne. Un acte unique, mais terrifiant par ce qu’il laisse deviner : celui de Marie Ricard.

L’acte de la terreur : l’écriture de la précipitation

L’acte dressé le jour même, le 25 fructidor à trois heures du soir, porte dans sa chair de papier les stigmates de la journée tragique :
  • Un timing révélateur : L’acte ayant été dressé et l’autopsie réalisée le 25 fructidor dès 15 h 00, l’assaut et le drame se sont déroulés quelques heures plus tôt, en pleine journée (durant la matinée ou le tout début de l’après-midi).
  • Un rédacteur incertain : Le texte s’ouvre au nom de l’adjoint Gaspard-Henri Bernard, mais la signature finale est celle de l’officier J. Marit. Le maire a fui, la municipalité est dispersée ; la plume hésite, se trompe, rature et surcharge dans le désordre d’une maison de commune désertée.
  • Le constat du drame : Il a fallu qu’un juge de paix, le citoyen Catholici, vienne procéder à l’autopsie du corps pour consigner cette formule pudique et terrible : « décédée d’une mort violente ». Le drame s’est joué là, entre les quatre murs de l’habitation du commissaire Jean-Joseph Ricard, où la jeune femme née à Jouques s’est éteinte.
  • Des témoins impuissantes : Pour valider la déclaration, l’administration désemparée ne trouve que deux voisines, Marie Sauveur et la veuve Figuière. Toutes deux déclarent ne savoir signer.

Du fait divers à l’histoire locale

Cette page d’archives nous rappelle avec force la vocation de la recherche historique locale : traverser la grande histoire, celle des décrets préfectoraux et de la propagande politique, pour restituer la mémoire des êtres effacés. Derrière les fracas du brigandage provençal sous le Consulat, reste le souvenir de Marie Ricard, vingt-trois ans, fauchée chez elle en plein jour au bord de la Durance.
  • Archives départementales des Bouches-du-Rhône, AD13 202 E 244.
  • La Clef du cabinet des souverains, 5 oct. 1800, p. 5.

L’article L’attaque de Peyrolles : récit d’un drame oublié (Peyrolles-en-Provence, 12 septembre 1800) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>
https://www.geneprovence.com/lattaque-de-peyrolles-recit-dun-drame-oublie-peyrolles-en-provence-12-septembre-1800/feed/ 0
Une chute dans le puits (Gap, 9 décembre 1800) https://www.geneprovence.com/une-chute-dans-le-puits-gap-9-decembre-1800/ https://www.geneprovence.com/une-chute-dans-le-puits-gap-9-decembre-1800/#respond Tue, 11 Aug 2026 15:39:15 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=29008 La noyade tragique de Mathieu Dunat à Gap en frimaire an IX (décembre 1800) met en relief les dangers d’accidents nocturnes liés à l’alcoolisme et au manque de sécurisation des…

L’article Une chute dans le puits (Gap, 9 décembre 1800) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>

La noyade tragique de Mathieu Dunat à Gap en frimaire an IX (décembre 1800) met en relief les dangers d’accidents nocturnes liés à l’alcoolisme et au manque de sécurisation des infrastructures publiques au début du XIXe siècle. La combinaison de l’état d’ivresse de la victime, du verglas hivernal et de la faible hauteur de la margelle du puits de la porte Garcine a provoqué une chute mortelle, entraînant un traumatisme crânien contre la maçonnerie puis une asphyxie par submersion rapide. Le rapport détaillé du commissaire Dourneau et l’examen médical du sieur Blanc, officier de santé, illustrent la formalisation des procédures de police judiciaire sous le Consulat : la reconstitution précise des faits et le constat des blessures visent à exclure formellement l’homicide et à confirmer le caractère purement accidentel du drame.

La porte Garcine, à Gap. XIXe s., auteur inconnu © Gallica/BnF.
« L’an IX de la République française, le 18 frimaire, je Jean-Pierre Dourneau, commissaire de police de la commune de Gap, soussigné, rapporte que le jour d’hier, vers les huit heures du soir, la nommée Magdeleine Dunat, fille de Mathieu, cultivateur habitant cette commune, vint chez moi éplorée, en me priant de vouloir bien me porter de suite près le puits de porte Garcine pour lui prêter secours afin d’en retirer Mathieu Dunat, son père, qui devait s’y être précipité.
Aussitôt, j’engageai le nommé Joseph Espia à descendre par le moyen d’une corde dans ledit puits, ce qu’il fit. Arrivé près de l’eau, et par le moyen d’une lanterne pour apercevoir un bonnet rouge et un chapeau qui flottaient sur ladite eau, mais lequel Joseph Espia criait qu’il ne voyait personne et demanda qu’on le retirât dudit puits. Il me parut dans cet intervalle voir un homme étendu au fond du puits, dont la face était tournée vers le sol. Aussitôt, j’invitai et engageai de nouveau ledit Joseph Espia à redescendre encore dans ledit puits, à quoi avec peine il s’exécuta. L’ayant muni d’un grappin, il découvrit un homme qui s’était noyé. Une partie des personnes qui étaient présentes firent leurs efforts de concert avec ledit Espia pour l’en retirer, à quoi ils parvinrent. Ayant placé près ledit puits le corps de cet homme, il fut reconnu par presque tous les assistants et par moi que c’était le nommé Mathieu Dunat, cultivateur habitant le terroir de cette commune, âgé d’environ soixante-cinq ans.
Ce qui obligea de requérir le sieur Étienne Blanc, officier de santé, d’examiner le corps. Ce qu’il a heureusement examiné et nous assura qu’il était mort. Qu’en outre, il portait sur la partie supérieure gauche du front une plaie transversale d’environ trois pouces, laquelle nous parut avoir été occasionnée par la chute dudit Dunat dans ledit puits, en heurtant avec la tête avant que d’aller à fond, contre les murs qui l’environnent. Ce qui persuada ledit sieur Blanc à croire que sa mort ne provenait que par l’effet de la suffocation qu’outre le temps d’éprouver pendant l’intervalle de plus d’une heure qu’il avait séjourné dans ledit puits.
Par mes renseignements que je me suis procurés pour savoir de quelle manière était survenu ce triste accident, j’ai appris que ledit Mathieu Dunat avait bu dans la journée dans deux différentes tavernes, dont le dernier lieu était chez la nommée Garnier, dite Fontaine. Que la paix et l’union avaient régné avec son frère et, qu’étant tous deux gris de vin et se retirant ensemble, mais s’éloignant de plus de dix pas l’un de l’autre, aussi que le font deux ivrognes, ledit Mathieu Dunat, passant près dudit puits, glissa sur la glace qui l’environne. Et comme le treuil qui soutient le seau n’a que deux pieds de hauteur, cela fit qu’il a pu tomber facilement dans ledit puits, qui pour lors était sans couverture. Tout quoi, je certifie véritable, ensemble les soussignés. »
[Blanc, officier de santé, Barrachomadel, Dourneau, commissaire]
  • Source : Archives départementales des Hautes-Alpes (AD05), série 2 E, registre d’état civil de Gap (an IX), cote 2 E 65/21/1, pièce isolée (feuille volante).

L’article Une chute dans le puits (Gap, 9 décembre 1800) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>
https://www.geneprovence.com/une-chute-dans-le-puits-gap-9-decembre-1800/feed/ 0