La guérison de Sylvie Julien
(Lincel, 1847)

Lincel, sur la carte de Cassini. DR.

Lincel, sur la carte de Cassini. DR.

En 1846, deux enfants de quinze et onze ans, Mélanie Mathieu et Maximin Giraud, sont les témoins d’une apparition miraculeuse près de La Sallette-Fallavaux, en Isère. Ils rapportent, au milieu de l’après-midi du 15 septembre, avoir vu une belle dame surgir d’une vive lumière et s’adresser à eux en pleurant.
Rapidement, le curé du village, bouleversé par le témoignage, se fait le porteur des dires des enfants et la nouvelle de ce que beaucoup appellent un miracle se répand dans toute la France et notamment dans le Sud-Est. Des nombreuses personnes affluent à La Sallette dans l’espoir de trouver un remède ou une guérison à leurs maux.
Au moins quatre Bas-Alpins sont du voyage. L’un d’eux est une jeune femme dénommée Sylvie Julien qui vit à Lincel. Le docteur Savy, qui exerce à Forcalquier, confirme que sa science n’est jamais venu à bout des troubles nerveux qui accablent Mlle Julien depuis son enfance. Entre la danse de Saint-Guy qui l’a dévastée à l’âge de huit ans et les terribles douleurs gastriques et intestinales qu’elle ressent chaque jour de manière plus intense, les remèdes antispasmodiques qu’il lui a dispensés ne lui ont apporté que peu de soulagement. Seules les saignées étaient plus efficaces. Mais celles-ci épuisaient la patiente qui en venait à vomir tous les aliments qu’elle prenait. Alors on s’en remettait au Ciel, voyant que la mort semblait approcher à grands pas.
C’est alors que la jeune femme entend parler du miracle de La Salette. Sa décision est prise : elle partira en Isère chercher ce que la science du docteur Savy n’a pu lui donner. Le curé Maurel qui officie à Lincel dira d’elle : « Je la regardais comme perdue lorsqu’elle voulut entreprendre ce pieux pèlerinage. Depuis deux mois, elle gardait le lit ; je l’avais administrée et, en lui donnant l’extrême onction, j’interrompis les cérémonies de ce sacrement, croyant qu’elle avait cessé de vivre. »
Un habitant du village lui apporte alors de l’eau et le curé bénit le liquide au moyen d’une courte prière. Dès qu’elle boit le contenu du verre, Sylvie Julien semble retrouver des forces, se lève de son lit et embrasse son père en lui disant : « Partons demain et je serai guérie ».
Le curé de Saint-Sorlin (Rhône) affirme quelques jours plus tard que Sylvie Julien a été transportée mourante au sommet de la montagne de La Salette, sur le dos d’un cheval, et qu’elle en est descendue à pied et parfaitement guérie. Revenue à Lincel, elle est devenue une célébrité locale.