L’accident du capitaine d’Antoine (Aix-en-Provence, 22 avril 1732)

  • Sources : Archives communales d’Aix-en-Provence, BB109, f°10.

rue-frederic-mistral-aixM. Lagery, seigneur de Thorame, assesseur de cette ville d’Aix, procureur du pays a encore dit que Canolle1 fut chargé du prix fait de la conduite du [illis.] de la source d’eau que la ville à la maison du sieur Porchier pour la porter à la Ruerie, que l’horsqu’il travailloit à cette conduite, il survint une si grande quantité d’eau qui démolit les voûtes de cette conduite en sorte que le carrosse de M. d’Antoine, capitaine, venant à passer au-dessus d’icelle, la voûte s’affaissa, les chevaux de son carrosse tombèrent dans la conduite, l’un de ses chevaux y fut estropié, l’autre était moribond, le cocher tomba aussy dans la conduite, le corps du carrosse fut brisé.
Le lendemain de cet accident, M. d’Antoine donna requette pour avoir l’adjudication des dommages subis. Il y eut rapport des chirurgiens, des maréchaux, Canolle fut appellé comme y ayant donné lieu pour deffandre sur cette demande. Il prétandit que le cocher auroit été adverty de ne point passer par cet endroit, qu’en tout cas c’étoit un cas fortuit dont il n’estoit pas tenu, à qui on répondit que si Canolle avoit mis des bornes pour barrer la rue comme il étoit obligé, l’accident ne seroit pas arrivé.
Enfin, pour terminer ce procez et en suite de ces frays, Canolle a donné trois cens livres. Il demande d’être remboursé de ces frays qu’il n’ait en quelque manière payé que pour être dégagé d’un procez qui, quoyque fondé de sa part, ne laissoit pas que cela l’engage à des dépanses extraordinaires et à l’issue d’un procez toujours incertain; qu’ainsy il se confie uniquement à la bonté du Conseil et aux égards qu’il peut avoir aux services qu’il rend à la ville, luy et son père, depuis plus de quarante années, étant au Conseil à délibérer.


1. De toute évidence, un « employé municipal » ou un ouvrier travaillant de concert avec la ville, en tout cas, quelqu’un de bien connu du Conseil de la ville.

Photographie : Une rue d’Aix aujourd’hui (rue Frédéric-Mistral) © Jean Marie Desbois, 2002.

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