L’affaire des ar­bres mu­ti­lés (Saint-Remy-de-Pro­vence, 15 juillet 1838)

« La com­mune de Saint-Remy vient d’être le théâ­tre d’un grave évé­ne­ment. Tout le monde con­naît les nom­breu­ses dé­vas­ta­tions et mu­ti­la­tions d’ar­bre qui, de­puis plus de qua­tre an­nées, ré­pan­daient l’ef­froi et la dé­so­la­tion par­mi les ha­bi­tants de cette com­mune.
Jus­qu’ici tou­tes les recherches de l’autorité pour découvrir les malfaiteurs paraissaient infructueuses, lorsque, dans la nuit du 15 de ce mois, entre 9 et 10 heures, une patrouille du 22e de ligne, stationné en cette ville, guidée par un garde champêtre, surprit en flagrant délit un individu occupé à ébrancher des plants de mûriers et de jeunes oliviers.

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Sommé de se rendre, le délinquant a tenté de s’enfuir ; il allait déjà échapper aux poursuites lorsque, pour l’arrêter, les soldats se virent dans la pénible nécessité de faire usage des armes à feu, et il a été frappé d’un coup mortel.
Transporté de suite dans une maison de campagne voisine, il a expiré peu de temps après, sans avoir pu proférer une seule parole.
Il s’appelait Jean Gazan, était âgé de 22 ans, et vivait depuis son enfance avec un de ses oncles, nommé Audibert, dans une campagne près de Saint-Remy. Ce dernier, ainsi que sa femme Marie Loubaud, soupçonnés d’instigation et de complicité, ont été remis entre les mains de la justice. »
  • Le Mémorial d’Aix, 21 juillet 1838, p. 3.