Le cafetier insulté chez lui (Aix-en-Provence, 30 décembre 1802)

Ce jourd’huy dix nivôse an onze de la République française, pardevant nous com[missair]es de police et dans notre bureau s’est présenté le citoyen Joseph David, caffetier place ditte du palais, lequel nous a déclaré que hier neuf, un citoyen appelé Étienne Gautier, se trouvant dans son café assis autour d’une table avec plusieurs autres personnes, le déclarant craignant que, profitant encore une fois de son absence… le jeu de reste, crut devoir dire à ces citoyens, et entre autres, au c[itoye]n Gautier que cet arrangement de table ne luy convenoit pas et qu’il exigeoit qu’on se séparât. Le c[itoye]n Gautier, prenant alors la parole, traita le plaignant de coquin, de cocu, de brocheteur, luy jurant sur sa tête qu’il fairoit tout pour détruire sa société, qu’il employeroit même la calomnie et le mensonge, donnant pour témoins de ce délit qui porte atteinte à son honneur et qui ne peut entraîner que sa ruine, les c[itoy]ens Roux, cordier, pas porteur de contrainte, Daumas, Charrier, perruquier, Sumian et Paris nous requérant de verbaliser sur cette plainte et de poursuivre le coupable, de tout ce que dessus avons dressé le présent procès-verbal pour être envoyé au magistrat de sûreté, être par luy ordonné ce qu’il appartiendra et avons signé avec le c[itoy]en David, plaignant.
  • Archives communales d’Aix-en-Provence, I1-1.