Le décès de Marie Marcellin (Sigoyer, 20 avril 1810)

  • AD05 2E 173/4
  • Texte transmis par Marie-Françoise Allouis
« L’an dix huit cent dix et le vingt un jour du mois d’avril à onze heures du matin pardevant nous Jean Sabatier, adjoint faisant les fonctions d’officier public de l’état-civil de la commune de Sigoyer, département des Hautes-Alpes, sont comparus le dit sieur François Baudin, du quartier du Village, accompagné de François Sabatier, tous majeurs, et m’ont déclaré que Marie Marcellin, femme à François Baudin et fille de Joseph Marcellin et de Marie Vilard, et née à Corré, commune de la Roche, a été trouvée morte au devant de la maison de monsieur le curé au bord d’un cloaque qui se trouve à la tête du jardin de monsieur le curé, ainsi qu’il conste du certificat de visite de procédure faite par sieur Pierre Brun, suppléant de la justice de paix du canton de Tallard et du certificat de visite de monsieur Laugier, médecin à la résidence dudit Tallard, le tout en date du 20 avril présent mois et dont la teneur suit :
Du 20 avril 1810, à dix heures du matin, nous Pierre Brun, suppléant de la justice de paix du canton de Tallard, domicilié au hameau d’Aups, terroir de la commune du Sigoyer, sur l’avis qui nous a été donné par M. Jaquemet, juge de paix de ce canton, qu’on avait trouvé le cadavre de la nommée Marie Marcellin, femme de François Baudin, habitant à Sigoyer, avec invitation à nous faite par M. Jaquement d’aller faire de suite la levée de ce cadavre, ne le pouvant lui-même à raison de ses occupations à son bureau.
Sur quoi nous se sommes transporté de notre demeure ordinaire au village de Sigoyer, assisté de M. Joseph Antoine Laugier, docteur en médecine résidant à la commune de Tallard, que nous avons requis de nous accompagner pour procéder avec nous à cette opération et, étant arrivés au village de Sigoyer au devant de la maison appartenant à sieur Laurent Paul, actuellement occupé par le recteur succursal et au-devant de la maison, en tête d’un coin de jardin, il se trouve une voute par-dessus le chemin allant à l’église paroissiale, fixant ladite route au midi, nous avons trouvé par-dessous un cadavre renversé à côté d’une petite citerne, au font de ladite route, servant à y prendre de l’eau pour arroser le jardin, lequel cadavre était gardé par Pierre Nicolet et Jean Baptiste Rambaud et François Rambaud, tous habitant audit village de Sigoyer, que tous ont reconnu ce cadavre pour être celui de ladite Marie Marcellin, femme de François Baudin, âgée d’environ trente ans et d’après les renseignements que nous avons pris, il en résulte que ladite Marie Marcellin était partie le jour d’hier de sa maison, sur les environs de 9 heures du matin pour se rendre à l’église paroissiale de Sigoyer dans l’intention de remplir son devoir pascal, après avoir resté environ deux heures à l’église, elle en était sortie.
Une femme lui ayant demandé si elle se trouvait malade, à qui elle a répondu que non.
Différents particuliers l’ayant vu passer au nord de l’église, elle vint reprendre le chemin allant au ci-devant château. Après avoir descendu, elle reprit le chemin qui conduit à l’église et, étant au-devant de la maison dudit Paul, elle descendit par des degrés* qui conduisaient par-dessous ladite voute.
Environ deux heures après, la servante dudit François Baudin étant venue pour la demander, il lui fut répondu qu’elle s’était en allée et, d’après plusieurs demandes, deux femmes répondirent qu’elles l’avaient vue descendre sous la voute dudit Paul et qu’elle leur avait paru bien contente.
On y fut la chercher, l’ayant trouvée dans la citerne, tête première, avec sa coiffe à côté de ses pieds, dont elle fut retirée par plusieurs personnes, en croyant la rappeler à la vie, mais en vain.
En conséquence, toujours assisté de M. Laugier, nous avons fait la vérification et examen de ce cadavre que nous avons fait retirer de dessous ladite voute et déshabiller. Nous n’y avons reconnu aucune plaie, contusion ni frutuize et nous pensons que la mort de ladite Marie Marcellin n’a été occasionnée que par le fait d’être tombée dans ladite citerne tête première enfouie d’environ deux pieds dans l’eau.
Le tout quoi se trouve plus complètement rapellé dans le rapport qui a été dressé à cet effet par M. Laugier, qui sera joint, et, annexé au présent. En conséquence, nous avons ordonné l’inhumation** aux formes ordinaires… Ainsi a été (fait) par nous, proche au dit lieu de Sigoyer, le jour, an que dessus et avons signé , avec nous Laugier médecin, Brun suppléant, Laugier médecin. Constaté par nous Jean Sabatier adjoint faisant les fonctions d’officier public de l’état civil et ont signé avec nous. »

* Marches d’escalier.
** Humanation.