Les Astier molestent la famille Gontrand (Montgardin, 28 octobre 1746)

  • Source : Archives départementales des Hautes-Alpes, B755

A Monsieur le Juge du lieu de Montgardin

Supplient humblement Antoine Gontrand et Marguerite Rougny, mariés, Jacques Gontrand et Marie Martel, aussi mariés, tous habitants au dit Montgardin,

Représentent que le jour d’hier vendredi, sur environ les quatre à cinq heures du soir, Antoine Gontrand, l’un des suppliants, étant auprès de sa maison où il préparait une pièce d’un traîneau, il s’aperçut que les nommés Étienne et Dominique Astier, frères, et Joseph Astier dit Bagage, tous du lieu de Montgardin conduisaient des pièces de bois après avec leurs boeufs, et qu’ils passaient avec leur attelage sur une pièce de terre appartenant aux suppliants, nouvellement ensemencée de blé froment et, ayant voulu représenté aux dits Astier qu’ils pouvaient suivre le chemin et ne pas passer sur ledit fonds, ni lui porter aucun préjudice, les dits Astier bientôt (un mot ill.) contre ledit Gontrand auquel ils jetèrent plusieurs pierres dont quelques-unes l’atteignirent et lui firent diverses contusions.

La femme, le fils de la belle-fille du dit Gontrand ayant entendu la dispute se rendirent sur l’endroit d’où venait le bruit et, ayant voulu délivrer leur père et mari des cruelles mains de ses ennemis, ils ne furent pas plus épargnés que lui en ce que les dits Astier, au nombre de trois, se jetèrent d’abord sur Jacques Gontrand fils, auquel ils voulurent ôter un bâton qu’il avait entre les mains, pour le frapper, après quoi ils donnèrent plusieurs coups de pierre, de bâton et de poings tant à la femme de Gontrand père qu’à celle de Gontrand fils qui se trouve enceinte de trois mois, lesquels coups les dites femmes furent renversées et restèrent évanouies, de telle sorte que si les dits Astier n’avaient craint l’approche de personnes qui accoururent aux cris des suppliants, ils les auraient infailliblement massacrés et, comme une pareille voie de fait mérite représentation, les suppliants demandent

A ce qu’il vous plaise, Monsieur, ordonner qu’il soit informé pardevant vous des faits contenus en la présente tant à charge que décharge circonstances (un mot ill.) il vous plaira vous transporter au lieu de Montgardin avec votre greffier pour prendre la dite information et (un mot ill.) le premier chirurgien juré pour procéder à la vérification des blessures faites aux suppliants.

Des témoins seront produits pardevant nous aux fins de la présente et au surplus est octroyée la commission requise à Gap, le 29 octobre 1746.

[Thomé]