Logogriphes du XIXe siècle

Le XIXe siècle affectionnait particulièrement les jeux de l’esprit, même si l’on ne parlait pas encore de sudoku. Le logogriphe était un de ces jeux particulièrement appréciés par les lecteurs de journaux.
Un logogriphe est, d’après le Petit Larousse, une énigme dans laquelle il faut deviner un mot à partir duquel on compose d’autres mots qu’il faut deviner également (ex. avec le mot orange, on peut former orage, orge, ange, onagre, organe, etc.)
Voici quelques-uns de ces logogriphes comme le journal d’Aix, Le Mémorial, en publiait dans les années 1830. Amusez-vous à résoudre ces énigmes.

1.

Je suspends, sur cinq pieds, les combats inhumains ;
Sur quatre, le sommeil me sème à pleines mains ; 
Et sur trois, je deviens la mère des humains.
2.
Quoique souvent réclamé par l’adresse,
Je ne suis sur sept pieds que l’enfant du hasard.
Je fais gémir, mon chef à part,
Femme soigneuse et petite maîtresse.
Deux pieds de moins et je deviens,
Sous une forme peu jolie,
Le plus fidèle des gardiens
Pour l’objet que l’on me confie.
Ôtez mon chef encor’ grâce à moi maints châteaux
De leurs fiers ennemis bravèrent les assauts.
3.
Sans être une jeune fillette,
Sans être un jeune damoiseau,
Je porte toujours un anneau,
Mais je le place sur ma tête ;
C’est là, j’espère, du nouveau !
Ce qui peut te paraître rare
Et te surprendre, ami lecteur,
C’est qu’à l’instant où je n’ai plus mon coeur,
Pour peu qu’une dame s’égare
Et tombe droit sur mon chemin,
Heureux vainqueur, je m’en empare,
Et j’en augmente mon butin.
Tout cela, diras-tu, ne me fait pas connaître ; 
Apprends donc, cher lecteur, qu’à la fois je puis être :
Une jeune beauté qui déplut à Junon
Parce que son époux la trouvait fort mignonne ;
Ce qu’un élégant toujours donne ;
Ce qu’on trouve dans maint sermon ;
Un fleuve puissant et rapide ;
Ce qui sert à le traverser ;
Et ce qui contient le liquide
Qui doit servir à ton dîner.
Tu ne devines pas ? Ma surprise est extrême…
Comment, je t’aurais enfoncé !
D’un rôle aussi nouveau tu me vois étonné,
Car jusques à ce jour tu m’enfonças toi-même.
4.
Coupez la queue à mon entier,
Qui de bon ton se pique,
Soudain vous le verrez entier,
Dans la musique.
 Avez-vous trouvé la solution à ces quatre logogriphes ?