Tué dans le tramway de l’Estaque (Marseille, 8 août 1904)

Le 8 août 1904, un drame survient dans un tramway marseillais qui fait la navette entre Saint-Henri et Mirabeau, au moment où il passe dans le quartier de l’Estaque. Le journal Le Rappel1Le Rappel, 14, r. du Mail, Paris, no 12571, jeudi 11 août 1904. relate le fait en ces termes :

« Un coup de feu tiré de la route entre Saint-Henry et Mirabeau a tué, dans le tramway de l’Estaque à la place Carnot, un jeune homme de 25 ans, Fernand Labeyrie, demeurant rue des Marteguls. Le meurtrier est inconnu. On croit à une vengeance. »

Le terminus du tramway à l'Estaque. DR.

Le terminus du tramway à l’Estaque. DR.

Malheureusement, les recherches visant à retrouver l’assassin vont prendre du temps mais le travail de la police va finir par payer. Quatre mois plus tard, on apprend enfin qui est l’assassin, même si la presse se montre peu loquace sur les raisons du drame. C’est dans le journal Le Petit Parisien2Le Petit Parisien, 18, r. d’Enghien, Paris, no 10279, lundi 19 décembre 1904. que l’on apprend la nouvelle :

Marseille, 18 décembre.

« Deux captures importantes ont été opérées par le service de la sûreté. Celle des frères Giusfredi : Eugène, âgé de 16 ans, et Cardagno, âgé de vingt-trois ans.
« Ce dernier est le chef avoué de la fameuse bande de Saint-Mauron.
« Entre autres crimes on lui reproche l’assassinat du gardien de la paix Silvani, le 28 août dernier, une agression à main armée le 7 août sur une dame de Chauterac, l’assassinat de Fernand Labeyrie le 8 août dans un tramway de l’Estaque et l’agression d’une brigade d’agents cyclistes le 13 août.
« Cardagno Giusfredi est en outre inculpé de vols à Tarascon et à Aix.
« Son frère Eugène est également un malfaiteur des plus connus. Il est sous le coup d’une condamnation par contumax à dix ans de travaux forcés pour une affaire de meurtre et de vol, auquel son frère fut d’ailleurs mêlé.
« Les deux malfaiteurs ont été arrêtés chez une femme, Noémie Lassayette, maîtresse de Cardagno Giusfredi et la sœur d’un individu récemment condamné à vingt ans de travaux forcés pour le double assassinat des époux Gallot, commis dans les environs d’Aix. »

Notes   [ + ]

1. Le Rappel, 14, r. du Mail, Paris, no 12571, jeudi 11 août 1904.
2. Le Petit Parisien, 18, r. d’Enghien, Paris, no 10279, lundi 19 décembre 1904.