Miraculée de la foudre (Meyreuil, 12 avril 1840)

  • Sources : « Le Mémorial d’Aix », 18 avril 1840.

« Encore un événement singulier occasionné par le tonnerre ! L’orage de dimanche dernier que nous avons éprouvé à Aix a éclaté avec une violence extrême sur le territoire de Meyreuil, la foudre est tombée sur la maison de campagne appartenant au sieur Vert, ancien passementier. Après avoir laissé plusieurs traces visibles de son action, elle s’est pratiqué un passage dans une chambre où se trouvait couchée et endormie une jeune fille d’environ sept ans, qu’elle a aussitôt apportée, enveloppée de ses couvertures et déposée dans un grenier à foin sans lui faire le moindre mal.
« Au même instant, la toiture de l’édifice s’est écroulée avec fracas sur le plafond, qui à son tour a cédé et s’est affaissé sur la cuisine. Le mur du côté du midi s’est également écroulé. La porte de la cuisine que l’on a remarquée avoir donné issue à la foudre est à moitié brûlée et plusieurs éclats de bois d’une certaine dimension, ainsi que des morceaux de verre, ont été trouvés à plusieurs mètres de distance de l’habitation. La vaisselle d’étain du méger a été fondue, sauf une cuiller qui a été retrouvée parfaitement intacte.
« Ce n’est pas sans avoir éprouvé un sentiment de terreur suivi d’une joie indicible que la mère de la pauvre petite fille dont les jours ont été si miraculeusement conservés par la providence, et qui se trouvait pour ainsi dire spectatrice de la catastrophe, étant à laver du linge dans un ruisseau non loin de la maison, a retrouvé son enfant pleine de vie. Elle la croyait tuée par la foudre et ensevelie sous les décombres.
« Nous apprenons avec plaisir que des personnes bienfaisantes se proposent de faire une quête dans la ville et à la campagne pour indemniser le malheureux méger des pertes que ce sinistre lui cause. Une demande de secours sera aussi adressée à M. le ministre du commerce; mais comme il sera certainement insuffisant, nous engageons vivement les personnes charitables de la ville, à s’intéresser à la position de ce malheureux père de famille, que cet événement réduit à la plus profonde misère. »