Noyé dans le puits (Marseille,
9 novembre 1793)

L’an second de la République française, le vingt du second mois, après midi, pardevant nous, officier public de cette ville de Marseille et dans la maison commune est comparu le citoyen Claude Dunant, premier assesseur suppléant au défaut du juge de paix du cinquième arrondissement du canton de Marseille, lequel, pour se conformer à l’article 8 du titre 5, section 5, de la loi du 20 septembre 1792 (vieux stile), nous a remis ce jourd’huy une expédition en forme de verbal par lui dressé le jour d’hier, par lequel il conste avoir été informé par deux citoyens que, dans la rue des Huguenots, maison numéro 10, il y avait un homme noyé dans un puits.
Il s’y est transporté avec son secrétaire greffier et a requis l’assistance du citoyen Philippe Duchemin, menuisier, et François Chalumeau, ferblantier, demeurant tous les deux rue de la Reynarde, en qualité de citoyen actif, nous avons aperçu effectivement un homme dans le puits, noyé, qu’il a fait retirer et il a fait appeler le citoyen Joseph Thomas Moulard, chirurgien, rue de la Loge, pour visiter le noyé, ce qu’il a fait de suite.
Il n’a trouvé sur lui aucune marque, ni indice de violence exercée sur cet homme, et nous a déclaré sous serment que la seule cause de sa mort était son plongement dans l’eau. Il a ensuite fait appeler la citoyenne Marie Borrelly, épouse de Joseph Jean, maître d’école, vis-à-vis la présente maison, qu’il a déclaré que le noyé s’appelait Étienne Jauffret, cy-devant menuisier, âgé de 40 ans, natif d’Istres, dans le département des Bouches-du-Rhône, époux de Marguerite Goirant, d’après lequel renseignement, nous avons dressé le présent acte pour qu’il en conste et avons signé.

[SIGNATURE]
  • État-civil Marseille, municipalité unique.