04 - Montjustin Archives - GénéProvence https://www.geneprovence.com/category/04-montjustin/ 500 ans de faits divers en Provence Tue, 16 Dec 2025 18:31:41 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.8.3 https://www.geneprovence.com/wp-content/uploads/2024/04/cropped-434541497_912630390609581_141579584347965292_n-32x32.png 04 - Montjustin Archives - GénéProvence https://www.geneprovence.com/category/04-montjustin/ 32 32 La mort suspecte du cuisinier de M. de Montjustin (Montjustin, 21 décembre 1701) https://www.geneprovence.com/la-mort-suspecte-du-cuisinier-de-m-de-montjustin-montjustin-21-decembre-1701/ https://www.geneprovence.com/la-mort-suspecte-du-cuisinier-de-m-de-montjustin-montjustin-21-decembre-1701/#respond Sun, 29 Sep 2024 10:23:28 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=22408 L’anecdote se déroule en 1701, en pleine Haute-Provence rurale. Si le pouvoir de Louis XIV est centralisé, l’autorité locale reste essentielle, incarnée par « M. de Montjustin », un notable de la…

L’article La mort suspecte du cuisinier de M. de Montjustin (Montjustin, 21 décembre 1701) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>

L’anecdote se déroule en 1701, en pleine Haute-Provence rurale. Si le pouvoir de Louis XIV est centralisé, l’autorité locale reste essentielle, incarnée par « M. de Montjustin », un notable de la communauté. L’événement met en lumière le statut de serviteur, même qualifié, comme Philibert Ferrasse, cuisinier originaire lointainement du Bourbonnais, dont le sort est lié à la domesticité seigneuriale. Sa « mort inopinée », terme juridique de l’époque, révèle immédiatement la suspicion. Le lieutenant de juge intervient, ordonnant une enquête formelle. Cette intervention, et le délai de deux jours avant l’inhumation, soulignent la nécessité, pour les autorités, d’écarter toute cause criminelle ou de suicide – un acte passible d’infamie, souvent redouté par le clergé local.

 

Difficile de trouver une cause certaine à la mort du cuisinier de M. de Montjustin ce mercredi 21 décembre 1701. Accident ? Meurtre ? Le délai de deux jours entre sa mort et son enterrement laisse songeur. Il semble que les autorités se sont retrouvées à mener une véritable enquête pour expliquer cette « mort inopinée ».

« Le vingt-troisième jour du mois de décembre 1701, a été enseveli dans le cimetière de notre paroisse Philibert Ferrasse, de la ville de Moulins en Bourbonnais, cuisinier de M. de Montjustin,
Ensuite de l’ordonnance rendue par le sieur lieutenant de juge de ce lieu, qui nous a été lue par Maître Ripert, greffier, du jour d’hier, attendu la mort inopinée dudit Ferrasse, arrivée le jour de saint Thomas, vingt-unième du courant,
Sachant d’ailleurs que ledit Ferrasse était très bon chrétien apostolique et romain, vivant moralement bien, satisfaisant aux devoirs de chrétien véritable par l’action de la sainte Messe pendant les dimanches et fêtes et très souvent les jours ouvriers, par piété,
Et ont assisté au convoi Toussaint Antelme et Louis Noat, dudit Montjustin, signé ici avec moi. »
[Dermitanis, vicaire, Louis Noat, T. Antelme]
  • Source : Registre paroissial de Montjustin, Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, 1 MI5/0234.

L’article La mort suspecte du cuisinier de M. de Montjustin (Montjustin, 21 décembre 1701) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>
https://www.geneprovence.com/la-mort-suspecte-du-cuisinier-de-m-de-montjustin-montjustin-21-decembre-1701/feed/ 0
La régularisation d’un scandale (Montjustin, 25 décembre 1703) https://www.geneprovence.com/la-regularisation-dun-scandale-montjustin-25-decembre-1703/ https://www.geneprovence.com/la-regularisation-dun-scandale-montjustin-25-decembre-1703/#respond Thu, 12 Sep 2024 16:12:02 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=22175 Le 25 décembre 1703 eut lieu un mariage quelque peu inattendu dans la petite église de Montjustin, près de Reillanne, en Haute-Provence. Il faut dire que les deux mariés n’étaient…

L’article La régularisation d’un scandale (Montjustin, 25 décembre 1703) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>

Le 25 décembre 1703 eut lieu un mariage quelque peu inattendu dans la petite église de Montjustin, près de Reillanne, en Haute-Provence.
Il faut dire que les deux mariés n’étaient pas des jouvenceaux et qu’ils avaient déjà un parcours de vie particulièrement long.
Il n’était d’ailleurs pas anodin que les deux tourtereaux aient choisi le 25 décembre, jour de Noël, pour convoler en justes noces, d’autant plus « à l’aube », une heure où peu de gens pourraient se présenter en l’église et causer des problèmes.
Ce matin-là, le marié se nommait Jean Noat. Il était le fils de feus Guillaume Noat et Jeanne Roberte, et était né à Montjustin dans les années 1630.
Celle qu’il allait épouser, Marguerite Rigaud, fille de feus André Rigaud et Anne Givaudan, était elle aussi née à Montjustin, mais était une jeunette en comparaison, puisqu’elle n’avait qu’une quarantaine d’années.
Il se trouvait que les deux étaient en état de consanguinité spirituelle. En effet, Jean avait été le parrain d’une fille que Marguerite avait eu de son précédent époux, Toussaint Vial. Cet état vaut lien familial et il fallait donc solliciter une dispense auprès de l’Église, ce qui fut fait par le vice-légat d’Avignon en date du 28 novembre 1703.
Les époux n’étaient pas des gens aisés. « L’urgente pauvreté des parties qui ne vivent que de leur travail » était une raison d’être dispensés des frais liés à cette demande de dispense.
Une autre question à régler était le fait que les deux nouveaux époux s’étaient déjà connus charnellement et qu’ils avaient même eu une fille. Forcément, Marguerite était déjà veuve quand elle eut cette fille et vivre ainsi seule avec cette enfant dont on ne connaissait le père causait un véritable scandale dans la petite communauté de Montjustin.
Ce mariage venait donc régulariser cette situation qui ne pouvait plus durer. Aussi, le curé du village unit-il les deux personnes et leur permit « de s’épouser en face de notre sainte mère l’Église, sans aucun scrupule de conscience ». Il ajouta que les futurs enfants qui naîtraient de cette union seraient considérés comme légitimes et naturels.
Nous comprenons bien maintenant pourquoi ce mariage fut célébré le matin de Noël à l’aube…

Sources
  • Source : Registre paroissial de Montjustin, Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, 1 MI5/0234.

L’article La régularisation d’un scandale (Montjustin, 25 décembre 1703) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>
https://www.geneprovence.com/la-regularisation-dun-scandale-montjustin-25-decembre-1703/feed/ 0
Mort avec de grandes plaies (Montjustin, 19 août 1705) https://www.geneprovence.com/mort-avec-de-grandes-plaies-montjustin-19-aout-1705/ https://www.geneprovence.com/mort-avec-de-grandes-plaies-montjustin-19-aout-1705/#respond Thu, 15 Aug 2024 10:22:29 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=21812 « Le dix-neuvième jour du mois d’août pr[ése]nte année 1705, est mort environ sept heures de matin, et le même jour sur le soleil couchant, attendu le danger et la puanteur…

L’article Mort avec de grandes plaies (Montjustin, 19 août 1705) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>

« Le dix-neuvième jour du mois d’août pr[ése]nte année 1705, est mort environ sept heures de matin, et le même jour sur le soleil couchant, attendu le danger et la puanteur de ses plaies,
A été enseveli Jacques Criquel, âgé d’environ cinquante ans, de cette paroisse,
Et ont assisté au convoi sieurs Louis Gaspard Noat et Louis de Ferres, dudit Montjustin.
Signé avec moi. »
[L. G. Noat, Louis de Ferres, Dermitanis vicaire]
  • Source : Registre paroissial de Montjustin, Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, 1MI5/0234.

L’article Mort avec de grandes plaies (Montjustin, 19 août 1705) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>
https://www.geneprovence.com/mort-avec-de-grandes-plaies-montjustin-19-aout-1705/feed/ 0
Mort en curant un fossé (Montjustin, 15 septembre 1707) https://www.geneprovence.com/mort-en-curant-un-fosse-montjustin-15-septembre-1707/ https://www.geneprovence.com/mort-en-curant-un-fosse-montjustin-15-septembre-1707/#respond Mon, 15 Jul 2024 09:05:34 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=21463 En cette année 1707, au cœur de la Provence rurale, la vie des communautés comme Montjustin repose sur la gestion vitale de l’eau. L’acte qui suit témoigne de la précarité…

L’article Mort en curant un fossé (Montjustin, 15 septembre 1707) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>

En cette année 1707, au cœur de la Provence rurale, la vie des communautés comme Montjustin repose sur la gestion vitale de l’eau. L’acte qui suit témoigne de la précarité du labeur quotidien et du danger inhérent aux travaux d’aménagement hydraulique, essentiels à la subsistance agricole. La mort de Thomas Aufant, simple paroissien enseveli par un éboulement, rappelle la dureté du sort des travailleurs sous le règne de Louis XIV. Le détail « à moitié pourri » dans le registre paroissial, quelques heures seulement après l’accident en plein septembre, souligne soit la rapidité de la décomposition dans le sol provençal chaud, soit l’usage d’une formule dramatisante par le vicaire pour signifier l’état du corps et la nécessité d’une sépulture immédiate.

« Le quinzième jour du mois de septembre, présente année 1707, sur l’heure de midi, […] je me suis porté à une terre dans le terroir de ce lieu de Montjustin, quartier de Craus, appelé la Terre de Flaudin,
Où étant j’ai trouvé plusieurs hommes qui travaillaient à tirer de [la] terre d’un fossé pour conduire de l’eau dans lequel fossé le nommé Thomas Aufant, de cette paroisse, était enseveli par un coup inopiné d’une grosse quantité de terre qui lui tomba dessus son corps,
Et sur le soir du même jour, on enleva ledit Thomas Aufant à moitié pourri et le lendemain a été enseveli dans le cimetière comme un fidèle chrétien et ayant satisfait au devoir pascal, et ont assisté au convoi le sieur Louis Gaspard Noat, dudit Montjustin, et Claude Frapat de Reillanne, résidant audit lieu, signé ici avec moi. »
[Dermitanis vic., L. G. Noat, Frapat]
  • Registre paroissial de Montjustin, Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, 1MI5/0234.

L’article Mort en curant un fossé (Montjustin, 15 septembre 1707) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>
https://www.geneprovence.com/mort-en-curant-un-fosse-montjustin-15-septembre-1707/feed/ 0
Un pauvre passant agonisant dans l’écurie (Montjustin, 9 mars 1720) https://www.geneprovence.com/passant-montjustin-1720/ https://www.geneprovence.com/passant-montjustin-1720/#respond Sat, 28 Jan 2017 09:04:29 +0000 http://www.geneprovence.com/?p=16146 « Le neuvième jour du mois de mars présente année 1720, sur les dix heures de matin, ayant été requis de me porter au quartier de l’hôpital à l’escuyère à grenier…

L’article Un pauvre passant agonisant dans l’écurie (Montjustin, 9 mars 1720) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>

Vue générale de Montjustin dans les années 1960. DR.
Vue générale de Montjustin dans les années 1960. DR.
« Le neuvième jour du mois de mars présente année 1720, sur les dix heures de matin, ayant été requis de me porter au quartier de l’hôpital à l’escuyère à grenier à foin de feu Jean Devoulx, j’ai trouvé un pauvre passant presque à l’agonie, duquel j’ai pu avec peine tirer quelques paroles, l’ayant excité à contrition autant qu’il m’a été possible.
Je lui ai donné les saintes extrêmes onctions, sachant d’ailleurs qu’il était bon chrétien, apostolique et romain, pour lui avoir diverses fois donné l’aumône à ma maison et, quelques heures après, il est décédé, et le lendemain a été enseveli, ne sachant son nom ni surnom, mais seulement qu’il était péri de faim et ont assisté au convoi sieurs Toussaint Antelme et Louis Noat, du présent lieu de Montjustin, signé avec nous. »
  • Registre paroissial de Montjustin

L’article Un pauvre passant agonisant dans l’écurie (Montjustin, 9 mars 1720) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>
https://www.geneprovence.com/passant-montjustin-1720/feed/ 0
Naissance de triplées (Montjustin, 12 janvier 1723) https://www.geneprovence.com/naissance-triples-montjustin-1723/ https://www.geneprovence.com/naissance-triples-montjustin-1723/#respond Sat, 24 Sep 2016 14:53:39 +0000 http://www.geneprovence.com/?p=16110 « Le douze jour du mois de janvier de la p[rése]nte année 1723 sont nées d’une ventrée et le lendemain ont esté baptisées les trois gemelles suivantes : Suzanne Deydiere, fille légitime…

L’article Naissance de triplées (Montjustin, 12 janvier 1723) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>

Le château de Montjustin. © Jean Marie Desbois.
Le château de Montjustin. © Jean Marie Desbois.
« Le douze jour du mois de janvier de la p[rése]nte année 1723 sont nées d’une ventrée et le lendemain ont esté baptisées les trois gemelles suivantes :
Suzanne Deydiere, fille légitime et naturelle de Paul et de Marie Anne Aurouze, le parrain s[ieur]r Gaspard Aurouze, la marraine Suzanne Deydiere,
Marie Magdeleine Deydiere, fille dud[it] Paul et de lad[ite] Marie Anne Aurouze, le parrain Jean Deydier, la marraine Ursulle Aurouze,
Jeanne Deydiere, fille dud[it] Paul et de lad[ite] Marie Anne Aurouze, le parrain François Deydier, la marraine d. Marie Magdeleine Sarasin, tous duquel lieu de Montjustin qui ont déclaré ne sçavoir signer, p[rés]ents, led[it] Gaspard Aurouze signé avec nous. »
[Dermitanis, curé, G. Aurouze]

Des trois filles aucune n’a survécu. Marie Magdeleine et Jeanne sont mortes deux jours plus tard, Suzanne est morte au bout de trois jours.

L’article Naissance de triplées (Montjustin, 12 janvier 1723) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>
https://www.geneprovence.com/naissance-triples-montjustin-1723/feed/ 0
Dermitanis : rectification d’une orthographe oubliée (Forcalquier, 11 décembre 1862) https://www.geneprovence.com/dermitanis-rectification-dune-orthographe-oubliee-forcalquier-11-decembre-1862/ https://www.geneprovence.com/dermitanis-rectification-dune-orthographe-oubliee-forcalquier-11-decembre-1862/#respond Sun, 25 Aug 2013 00:01:21 +0000 http://www.geneprovence.com/?p=8910 Le 11 décembre 1862 est un jour où le tribunal de première instance de Forcalquier (Basses-Alpes) siège pour rendre la justice. Ce jour-ci, ce ne sont pas moins de neuf personnes qui viennent demander qu’on leur rende un nom que, par oubli ou méconnaissance, leurs ancêtres immédiats avaient négligé d’écrire correctement.

L’article Dermitanis : rectification d’une orthographe oubliée (Forcalquier, 11 décembre 1862) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>

Le 11 décembre 1862 est un jour où le tribunal de première instance de Forcalquier (Basses-Alpes) siège pour rendre la justice.

Ce jour-ci, ce ne sont pas moins de neuf personnes qui viennent demander qu’on leur rende un nom que, par oubli ou méconnaissance, leurs ancêtres immédiats avaient négligé d’écrire correctement. Outre l’intérêt immédiat pour les familles concernées, ce document a l’avantage de nous plonger dans un pan d’histoire locale.

Leur identité ?

  • Julie d’Ermitanis, femme dûment autorisée de M. Polydore Délestrac, chevalier de la Légion d’honneur, ingénieur des ponts et chaussées, domiciliée et demeurant à Nice (Alpes-Maritimes),
  • Martin Eugène d’Ermitanis, avocat avoué près le tribunal de Forcalquier, y domicilié,
  • Camille d’Ermitanis, propriétaire à Banon (Basses-Alpes), y domicilié,
  • Ernest d’Ermitanis, percepteur des contributions directes à Thoard, y demeurant et domicilié,
  • Thérèse Marie Émilie d’Ermitanis, femme dûment autorisée de M. Ernest de Gyves, receveur de l’enregistrement et des domaines à Poitiers (Vienne), y demeurant et domiciliée avec lui,
  • Mlle Marie Amélie Élodie d’Ermitanis, propriétaire demeurant chez Mme veuve d’Ermitanis, sa mère, à Reillanne (Basses-Alpes),
  • Marie Suzanne Mélanie d’Ermitanis, femme dûment autorisée de M. Pierre Théodore Jean-Baptiste Sardou, commandant de gendarmerie en retraite, chevalier de Saint-Louis et de la Légion d’honneur, demeurant et domiciliée avec lui à Marseille (Bouches-du-Rhône), rue Sénac, numéro 41A,
  • Magloire Ferdinand d’Ermitanis, capitaine d’infanterie en retraite, chevalier de la Légion d’honneur, domicilié et demeurant à Manosque,
  • Mlle Reyne Dorothée d’Ermitanis, fille majeure, demeurant à Reillanne.

reillanne

Ce collectif familial s’est donné un représentant en la personne de l’avocat Martin Eugène d’Ermitanis qui va prendre la parole au nom de tous les exposants.

Voici la transcription des mots qu’il prononce :

« Messieurs,
Dès l’année 1600, dans tous les actes civils et privés, actes dont un grand nombre sera mis sous vos yeux, le nom de notre famille est signé d’Ermitanis, avec une apostrophe et un E, et, quelque fois, avec une apostrophe et un H (mais rarement et presque toujours dans les actes écrits en latin ou par des clercs).
Cette orthographe fut continuée sans interruption jusqu’à la Révolution. À cette époque, par des motifs qu’il est inutile d’expliquer, l’orthographe en un seul mot prévalut, quoique dans les actes de baptême des membres de la famille alors vivants, le nom et particulièrement les signatures fussent toujours écrits avec une apostrophe.
Messieurs André et Auguste Joseph et Madame Sardou, qui avaient eu le malheur de perdre leur père en 1788, se contentant de la notoriété et de l’honorabilité attachée à leur nom, continuèrent de signer en un seul mot.
Mais la loi de 1854, en règlementant la matière, appela l’attention de M. Auguste Joseph, survivant, sur les origines de la famille ; il regretta de les avoir un instant oubliées et, quand nous avons eu le malheur de le perdre, il avait réuni tous les documents propres à réparer son oubli et nous avait recommandé de ne rien négliger pour atteindre ce but.
C’est l’accomplissement de ce devoir qui nous amène devant vous et non le futile désir de nous parer d’une distinction sociale à laquelle ne sont plus attachés ni droits ni prérogatives exceptionnels.
Nous venons vous prier de nous rendre le nom de nos pères, nom auquel est attaché pour nous le souvenir de trois siècles bientôt d’honorables services rendus à la cité et au pays, dans les modestes fonctions du consulat et de la mairie, de même que dans celles plus relevées de la magistrature.

Au XVIIe siècle, un d’Ermitanis avait l’honneur de posséder à ce siège l’office de Conseiller secrétaire du roi ; à la fin du XVIIIe, notre aïeul était avocat en la Cour et juge des villes de Reillanne et de Manosque.
Enfin, depuis 1540, on trouve presque toujours un d’Ermitanis au corps de ville de Reillanne ; on le voit représenter cette communauté aux États de 1717, 1746, 1773, 1787 et 1788.

Nous déposons sur la barre à l’appui de cette requête deux liasses de pièces justificatives, l’une composée de trente extraits en forme ou expéditions régulières d’actes de baptême ou autres, établissant, depuis l’année 1633 et sans interruption, la filiation de notre famille. L’autre, contenant pièces diverses, démontrera, comme la première, le continuel usage de l’apostrophe et la possession plus que séculaire de notre nom en cette forme : d’Ermitanis.

Nous ne voudrions pas abuser des moments du tribunal. Cependant nous croyons indispensable d’appuyer notre demande d’une rapide analyse de toutes ces pièces et d’entrer dans quelques détails pour lesquels nous réclamons toute son indulgence.

D’après une tradition conservée dans la famille, elle serait originaire du Piémont, d’un village appelé Roccasparvera1 et serait établie à Reillanne depuis 1340, époque à laquelle un cadet, écuyer de la reine Jeanne et appelé de Arémitanis, serait venu s’y fixer.
Aux archives de Reillanne, au livre de la directe due au seigneur en cette communauté, on trouve au numéro 514, sous la date du 6 septembre 1418, une vente d’un mollin sous la directe du sieur vicomte notaire Alexis de Aremitanis.
Au même livre en 1493 et 1513, il est mention d’autre Alexis d’Armitanis.
Un certificat de M. le maire de Reillanne atteste qu’au cadastre de cette commune, année 1542, folios 189 à 193, on trouve le relevé des propriétés appartenant à Esprit et Antoine de Arémitanis. Plus tard, au cadastre, ce nom se transforme en 1590. Il s’écrit d’Armitany. Le 26 mai 1599 à la paroisse de Forcalquier a été baptisée Loyse d’Armitanis, fille d’André.
La langue française exige l’élision à la rencontre de ceux voyelles. En se francisant, de Arémitanis devait devenir d’Armitanis et, comme en langue romane chacun sait combien d’un village à l’autre la prononciation des voyelles est différente, personne ne s’étonnera qu’en 1600 le nom ne soit écrit d’Ermitanis, avec l’apostrophe, signe indispensable de l’élision ; ici, la grammaire et la logique justifient et confirment les faits.

roccasparvera

À partir de 1600, plus de changement si ce n’est quelque fois mais très rarement l’emploi de l’H devant l’E. Cela s’explique par l’origine latine que les clercs durent donner au nom, mais cela n’a plus de raison d’être quand on songe à l’origine italienne de la maison. L’H n’existe pas en italien et depuis Voltaire le français y a renoncé dans les mots ermite, ermitage.
Gaspard d’Ermitanis était notaire royal à Reillanne de 1590 à 1615 ; il y fut remplacé par son fils Esperit de 1616 à 1655. Leurs minutes sont à l’étude de Maître Miane.

La deuxième pièce de la première liasse est l’acte de baptême d’Antoine d’Ermitanis, fils d’Esperit et de Catherine Poussin (le texte dit Poussine en féminisant).

Avant d’aller plus loin, nous croyons devoir faire remarquer que, si dans le corps des actes par l’ignorance ou l’incurie des scribes, le nom est parfois écrit Dermitanis en un seul mot, ces mêmes actes sont toujours signés d’Ermitanis avec l’apostrophe et la jurisprudence est bien fixée sur ce point que c’est la signature qui fait la loi des familles en cette matière.

Cet Antoine, notaire royal (minutes chez Maître Miane), il épousa Marguerite Moynier, Monier ou Monyer. Ils eurent dix enfants, dont l’un, Antoine, deuxième du nom, né le 15 septembre 1661, fut prieur de Saint-Antoine et vicaire général de Montjustin.
Un autre Esperit, deuxième du nom, né le 5 juin 1670, fut plusieurs fois maire et consul de Reillanne et député aux États de Provence, à Lambesc, en 1717. Un de leurs filles, Magdelaine, née le 26 février 1680, épousa le 10 septembre 1704 Ange Maure, avocat au Parlement. Elle fut la mère de Suzanne Victoire Maure, mariée le 24 novembre 1748 à Jean Antoine du Virail (nobiliaire d’Artefeuil, tome 2, page 530, numéro 1534 du catalogue).
Enfin, leur sixième enfant, François, premier du nom, né le 11 février 1668, fut pourvu d’un office de conseiller au Siège de la ville de Forcalquier, par lettres patentes données à Versailles le 2 juillet 1693, et reçu en cette qualité par le Parlement de Provence suivant arrêté du 16 octobre 1693.
De la pièce C, certificat du greffier de ce tribunal, il appert que toutes les minutes et autres pièces de procédure où il a figuré sont signées d’Ermitanis, le certificat en mentionne quatre, notamment l’arrêt de mort Chabat du 7 octobre 1723. […] François Dermitanis paya le 23 mai 1695 la taxe sur les nobles et vivant noblement, il épousa le 17 décembre 1693 Jeanne de Gueidan, fille de feu monsieur François de Gueidan, avocat au Parlement, et nièce de monsieur Pierre de Gueidan, président à la chambre des comptes de Provence. Ils n’eurent que deux filles et deux fils ; François, deuxième du nom, né le 21 janvier 1714, ne laissa qu’une fille. L’aîné, Antoine, deuxième du nom, né à Forcalquier le 3 novembre 1704, fut maire de Reillanne en 1729, 1744, 1746 et 1749. Il assista en cette qualité à l’assemblée de la viguerie de Forcalquier tenue en 1746.
Il épousa le 6 juin 1736 Suzanne Victoire Devoulz, dont il eut plusieurs enfants.

  • L’aîné, François, troisième du nom, épousa le 5 février 1776 Marguerite Jeanne Delacroix, fille de Bernard Delacroix, seigneur du Roussillet (contrat de mariage reçu par Maître Viguier et Gabriel, notaires royaux de Babiès et Saléran). Il était maire de Reillanne en 1790 et le fut encore en l’an douze, après le rétablissement de l’ordre. On n’a pas encore oublié à Reillanne les services qu’il rendit dans ces jours difficiles.
  • Le second, Dominique, né le 30 mai 1737, fut curé d’Esparron-de-Pallières, prieur de Saint-Antoine et de Saint-François et installé à la cure de Reillanne le 24 août 1784.
  • Le troisième, Antoine, troisième du nom, né le 16 décembre 1838.
  • L’une de leur fille, Anne Suzanne, née le 15 mai 1745, fut mariée à monsieur de Raspaud, avocat au Parlement, enfin leurs septième et dixième enfants furent Joseph et Louis, auteurs des exposants.
  • Joseph d’Ermitanis, né le 12 mai 1744, fut reçu avocat à la cour de Parlement le 30 mars 1772, député de Reillanne aux États de Provence assemblés à Lambesc les 28, 29 et 30 novembre 1773, juge de Manosque le 14 janvier 1755, juge de Reillanne pour les années 1783, 1785 et 1787. Investi de la coseigneurie de Vachères le 17 juin 1779, il fit hommage au roi dans la Cour des comptes de Provence ledit jour 17 juin 1779. Il avait épousé le 21 juillet 1778 Victoire Marguerite Reyne Plantat, du lieu de Simiane.

De ce mariage naquirent :

  • Trois filles : le 31 mai 1780 Pétronille Rose Victoire Thérèse, mariée à monsieur Madon , notaire à Viens. Le 5 mai 1783, Thérèse Julie Suzanne, décédée le 9 germinal an douze. Et le 5 septembre 1784 Marie Suzanne Mélanie, mariée le 11 novembre 1818 à monsieur le commandant Sardou et exposante.
  • Dominique Antoine, mort en bas âge ; le 19 janvier 1787 André, marié le 13 décembre 1820 à Mme Pauline Sarrasin, dont il eut le 1er février 1827 Julie, mariée le 19 janvier 1847 à monsieur Étienne Polydore Délestrac, aussi exposante.
  • Le 3 avril 1788 Auguste Joseph, né la veille de la mort de son père, ce qui explique comment son acte de naissance n’est pas signé et comment les scribes ont pris pour un H le grand E particulier à la signature de Joseph d’Ermitanis.

Joseph Auguste, décédé le 5 octobre dernier, épousa le 15 février 1819 Mme Victoire Sarrasin dont il eut :

  • Eugène d’Ermitanis, avocat, né le 23 octobre 1823.
  • Jules, décédé.
  • Camille, né le 5 juin 1832.
  • Ernest, né le 9 février 1836.
  • Thérèse Marie Émilie, née le 19 août 1820, mariée à Ernest de Gyves.
  • Et Marie Aurélie Élodie, née le 21 mars 1838.

Tous les cinq exposants.

Louis d’Ermitanis, dixième fils d’Antoine et de Suzanne Victoire Devoulz, né le 27 février 1755, après avoir servi dans l’artillerie de marine, épousa en 1801 Mme Marie Dorothée Noat, dont il eut deux fils :

  • Magloire Ferdinand, né le 17 thermidor an 10 (5 août 1802), capitaine d’infanterie, l’un des exposants.
  • Louis Mathieu, né le 25 vendémiaire an douze (18 octobre 1803), décédé en 1834.

Ce Louis Mathieu avait épousé le 18 avril 1826 Mme Élisabeth Pétronille Miane, dont il eut le 11 mai 1831 Mlle Reyne Dorothée d’Ermitanis, aussi exposante.

Après cette longue énumération et ce long historique de la famille, l’avocat supplie le tribunal de vouloir bien ordonner que le nom des d’Ermitanis avec une apostrophe sois substitué à celui des Dermitanis en un seul mot. Cette demande concerne 13 actes d’état civil, demande à laquelle le tribunal accède.

Les actes concernés sont :

Note

1. La commune de Reillanne est jumelée à Roccasparvera (737 habitants en 2010) depuis 1996.

Photographies

1. Vue générale de Reillanne.
2. Vue de Roccasparvera. Par Béotien lambda (Travail personnel) (GFDL ou CC-BY-SA-3.0-2.5-2.0-1.0), via Wikimedia Commons.

Familles de Provence

L’article Dermitanis : rectification d’une orthographe oubliée (Forcalquier, 11 décembre 1862) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>
https://www.geneprovence.com/dermitanis-rectification-dune-orthographe-oubliee-forcalquier-11-decembre-1862/feed/ 0
Photographies de Montjustin (Alpes-de-Haute-Provence) https://www.geneprovence.com/photographies-de-montjustin-alpes-de-haute-provence/ https://www.geneprovence.com/photographies-de-montjustin-alpes-de-haute-provence/#respond Sun, 15 Sep 2002 13:48:00 +0000 http://s430202914.onlinehome.fr/geneprovence/?p=1476 Vue sur la plaine de Reillanne, depuis Montjustin. © 2002 Jean Marie Desbois.La mairie de Montjustin. © 2002 Jean Marie Desbois. Un mur du château de Montjustin. © 2002 Jean Marie Desbois. Église Notre-Dame-des-Anges (XVIe siècle). © 2002 Jean Marie Desbois. Intérieur de l'église Notre-Dame-des-Anges. © 2002 Jean Marie Desbois.

L’article Photographies de Montjustin (Alpes-de-Haute-Provence) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>

montjustin-1Vue sur la plaine de Reillanne, depuis Montjustin.
© 2002 Jean Marie Desbois.montjustin-2La mairie de Montjustin.
© 2002 Jean Marie Desbois.

montjustin-3Un mur du château de Montjustin.
© 2002 Jean Marie Desbois.

montjustin-4Église Notre-Dame-des-Anges (XVIe siècle).
© 2002 Jean Marie Desbois.

montjustin-5Intérieur de l’église Notre-Dame-des-Anges.
© 2002 Jean Marie Desbois.

L’article Photographies de Montjustin (Alpes-de-Haute-Provence) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>
https://www.geneprovence.com/photographies-de-montjustin-alpes-de-haute-provence/feed/ 0