13 - Marseille Archives - GénéProvence https://www.geneprovence.com/category/13-marseille/ 500 ans de faits divers en Provence Thu, 26 Feb 2026 22:05:51 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.1 https://www.geneprovence.com/wp-content/uploads/2024/04/cropped-434541497_912630390609581_141579584347965292_n-32x32.png 13 - Marseille Archives - GénéProvence https://www.geneprovence.com/category/13-marseille/ 32 32 La fortune d’un orphelin (Marseille, 1845) https://www.geneprovence.com/la-fortune-dun-orphelin-marseille-1845/ https://www.geneprovence.com/la-fortune-dun-orphelin-marseille-1845/#respond Thu, 26 Feb 2026 22:05:51 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27628 C’est l’histoire véridique d’un pauvre enfant abandonné qui, par la force de ses qualités et l’humanité de quelques âmes charitables, a connu un destin exceptionnel. L’histoire commence en 1845. M.…

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C’est l’histoire véridique d’un pauvre enfant abandonné qui, par la force de ses qualités et l’humanité de quelques âmes charitables, a connu un destin exceptionnel.
L’histoire commence en 1845. M. et Mme D., d’honnêtes rentiers de Marseille, recueillirent un enfant abandonné au coin de leur rue. L’enfant, dont la gentillesse et les bonnes qualités n’avaient pas tardé à se concilier leur affection, fut aimé comme leur fils.
Hélas, une fatalité frappa la générosité : la faillite du banquier où était placée leur fortune obligea M. et Mme D… à travailler pour vivre, et à renoncer à garder le jeune garçon auprès d’eux.
L’enfant fut alors placé en apprentissage dans un grand atelier de menuiserie. Le maître de l’atelier ne tarda pas à remarquer son intelligence et en fit bientôt son factotum.
Lorsque l’enfant devint un jeune homme, la confiance de son maître s’accrut. Il l’envoya voyager au Nord de la France et en Allemagne pour y faire ses achats en bois de toutes sortes. Il accomplit sa mission avec un tel succès et une telle habileté qu’à son retour, il obtint un intérêt dans l’entreprise. Mieux encore, il vint épouser, en juin 1868, la fille de son maître.
Loin d’oublier ses bienfaiteurs, M. et Mme D., le jeune homme eut pitié de leur sort et de ce qu’ils étaient devenus. Il tint à ce qu’ils viennent habiter chez lui.
Plus encore, se souvenant de leur grande misère, il leur constitua une rente qui, à elle seule, suffisait à les rendre indépendants et à les faire vivre dans une honnête aisance.
L’histoire s’arrête là et nous sommes bien désolés de ne pas connaître le nom de ce brave jeune homme.
  • Source : Le Petit Marseillais, 23 juin 1868, p. 3.

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Joseph-Toussaint Avril (1775-1841), le Manosquin qui a donné ses lettres à la langue provençale https://www.geneprovence.com/joseph-toussaint-avril-1775-1841-le-manosquin-qui-a-donne-ses-lettres-a-la-langue-provencale/ https://www.geneprovence.com/joseph-toussaint-avril-1775-1841-le-manosquin-qui-a-donne-ses-lettres-a-la-langue-provencale/#respond Tue, 03 Feb 2026 12:10:40 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27429 Une figure de l’érudition et du commerce à Manosque Né le 1er novembre 1775 à Manosque, Joseph-Toussaint Avril est l’une de ces figures régionales dont l’héritage, bien que fondamental, a…

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Représentation imaginaire de Joseph-Toussaint Avril, en l’absence de portrait le représentant.

Une figure de l’érudition et du commerce à Manosque

Né le 1er novembre 1775 à Manosque, Joseph-Toussaint Avril est l’une de ces figures régionales dont l’héritage, bien que fondamental, a été partiellement éclipsé par les mouvements littéraires ultérieurs. Fils de François Avril, maître menuisier, et de Madeleine Eymar, il grandit rue d’Aubette, au cœur de la ville qui sera le théâtre de toute sa vie.
Après une scolarité locale, le jeune Toussaint se tourne vers le commerce, faisant son apprentissage à Marseille dans le négoce du drap. De retour dans sa ville natale, il s’établit comme marchand drapier. Son succès dans les affaires est notable, puisqu’il accèdera plus tard à la présidence du Tribunal de commerce de Manosque.
En 1802, à l’âge de 27 ans, il épouse Thérèse Lieautaud, issue d’une famille de négociants manosquins, avec qui il aura huit enfants. La famille emménage en 1808 dans une demeure de la rue des Marchands, maison qui sera plus tard signalée par une plaque commémorative.
Acte de naissance de Joseph-Toussaint Avril, Manosque, paroisse Saint-Sauveur, Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, 1MI5/0030.

L’œuvre d’une vie : Le dictionnaire provençal-français

Parallèlement à ses activités professionnelles, Toussaint Avril se consacre à sa passion pour la culture et la langue provençales. En 1826, il publie notamment une chanson descriptive de la fête patronale de Manosque, la Sant Brancaï, célébrée le 12 mai.
Son œuvre maîtresse, celle pour laquelle il est passé à la postérité, est son monumental Dictionnaire provençal-français, suivi d’un Vocabulaire français-provençal.
Publié en 1839 chez un imprimeur d’Apt (E. Cartier), cet ouvrage est un témoignage précieux de l’état de la langue d’Oc au début du XIXe siècle. Avril avait l’ambition de réaliser un outil utile à tout Provençal, quel que soit son lieu de vie. Pour y parvenir, il a cherché à inclure à la fois les termes déjà répertoriés dans les dictionnaires précédents, mais aussi et surtout, ceux qui y étaient omis.

Un regard unique sur l’économie rurale

Ce qui distingue le dictionnaire de J.-T. Avril, c’est son orientation spécifique vers le terrain. L’auteur a intégré un grand nombre de termes en rapport avec l’économie rurale.
Dans son introduction, il indique vouloir ainsi combler l’attente d’une population agricole, qui, selon lui, n’avait pu se satisfaire entièrement dans aucun des dictionnaires provençaux publiés jusqu’alors. L’ouvrage est riche non seulement en définitions, genres et acceptions, mais également en observations relatives à l’histoire naturelle et, bien sûr, à l’économie rurale.
En 1840, Avril enrichit encore son œuvre littéraire avec la publication d’un recueil de chants de Noël provençaux et français, intitulé La Lyre de Judée.
Joseph-Toussaint Avril s’éteint quelques années seulement après la parution de son dictionnaire, le 3 mai 1841, à l’âge de 67 ans, à Manosque.

L’héritage durable

Bien qu’il ait précédé le mouvement du Félibrige, l’effort d’Avril est reconnu par les défenseurs de la langue provençale. En 1892, lors du banquet annuel du Félibrige en Provence, une plaque est posée sur sa maison de la rue des Marchands pour rendre hommage au négociant et érudit.
À noter : Malgré son statut et son importance locale, il ne semble pas exister de portrait ou de gravure formellement identifié de Joseph-Toussaint Avril. Son œuvre reste donc le principal reflet de cet érudit.
Son dictionnaire reste une source de premier ordre pour la généalogie et l’histoire locale, offrant un éclairage unique sur les mots et les usages de la Provence au temps de nos aïeux.
  • Sources : Le Mercure aptésien, 9 mai 1841, p. 3.

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Le mystérieux voyageur du Logis du Pont (Saint-Martin-de-Crau, 12 août 1670) https://www.geneprovence.com/le-mysterieux-voyageur-du-logis-du-pont-saint-martin-de-crau-12-aout-1670/ https://www.geneprovence.com/le-mysterieux-voyageur-du-logis-du-pont-saint-martin-de-crau-12-aout-1670/#respond Wed, 21 Jan 2026 21:36:22 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27403 À l’aube du règne personnel de Louis XIV, la Crau constitue un axe de transit névralgique où circulent les carrosses reliant Marseille, Arles et Aix. Le Logis du Pont sert…

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À l’aube du règne personnel de Louis XIV, la Crau constitue un axe de transit névralgique où circulent les carrosses reliant Marseille, Arles et Aix. Le Logis du Pont sert alors de relais de poste indispensable dans cette steppe aride. Le défunt, marchand facturier de soie, appartient à l’élite artisanale d’Aix, alors capitale parlementaire. Sa « mort subite », probablement un accident cardiovasculaire foudroyant, prive ce voyageur des derniers sacrements, une tragédie spirituelle majeure au XVIIe siècle. L’acte souligne l’importance des réseaux commerciaux textiles et la précision administrative des curés pour identifier les corps anonymes sur les routes de Provence.

« L’an mil six cens septante [j’]ai enseveli un homme qui était d’Aix dans le carrosse, mort de mort subite, au Logis du Pont, pour enseigne Saint-Martin, ayant été averti par Anthoine Bouis, ménager, sans avoir reçu aucun sacrem[en]t, âgé d’environ quarante ans, poil châtain, ayant trouvé sur lui une lettre que Claude Picard lui avait envoyée de Marseille, datée du sixième du courant, l’adresse de laquelle porte a M[onsieu]r de Lédène, marchand facturier de soie, à l’enseigne de Saint-Martin de la Palud, ce douzième août mil six cens septante.
Présents sieurs Claude Paget, bourgeois, et Pierre Clément, fils a M[onsieu]r Jean, procureur au siège d’Arles.
Par moi soussigné. »
[Paget, Clément, Martin curé]
  • Source : Registre paroissial de Saint-Martin-la-Palud, Archives départementales des Bouches-du-Rhône, 203 E 151.

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La pièce de dix centimes (Marseille, 15 juin 1868) https://www.geneprovence.com/la-piece-de-dix-centimes-marseille-15-juin-1868/ https://www.geneprovence.com/la-piece-de-dix-centimes-marseille-15-juin-1868/#respond Wed, 21 Jan 2026 17:59:27 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27384 Le cours Belsunce, lieu de promenade et d’affaires de Marseille, fut à la mi-juin 1868 le théâtre d’une scène qui, par la réaction qu’elle provoqua, fit davantage parler que l’incident…

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Le cours Belsunce, lieu de promenade et d’affaires de Marseille, fut à la mi-juin 1868 le théâtre d’une scène qui, par la réaction qu’elle provoqua, fit davantage parler que l’incident lui-même.
Tout commença lorsqu’une dame, dont le costume et les manières permettaient de la reconnaître facilement comme étant étrangère, parut fortement contrariée. Elle venait de perdre un porte-monnaie qui contenait une somme assez importante. Un petit groupe s’était déjà formé autour d’elle, cherchant à l’aider dans ses recherches.
C’est alors qu’une jeune fille de dix-huit ans s’approcha. Elle s’avança en présentant un porte-monnaie, demandant à la dame si c’était bien celui qu’elle avait perdu. La dame poussa un cri de joie et se hâta de confirmer que la somme contenue était intacte. Les passants purent apercevoir dans le porte-monnaie plusieurs billets de banque et de nombreuses pièces d’or.

L’offrande dérisoire

Alors que la jeune fille, pudique et discrète, s’apprêtait à se retirer, la dame l’interpella : « Attendez, ma fille, je veux vous donner une honnête récompense. »
Après s’être fouillée un moment, la dame retira une simple pièce de dix centimes qu’elle lui offrit.
Mais la jeune fille, l’âme fière et honnête, la refusa en rougissant, affirmant qu’elle n’en avait pas besoin pour vivre.
La dame, sans doute étonnée que l’on reconnaisse si mal sa générosité, s’éloigna au milieu de l’indignation des assistants. L’honnêteté de la jeune fille fut saluée, et la pingrerie de l’étrangère fut blâmée par tous ceux qui avaient assisté à cette scène.
  • Source : Le Petit Marseillais, 19 juin 1868, p. 2.

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Le premier mort de la Peste (Salon-de-Provence, 13 septembre 1720) https://www.geneprovence.com/le-premier-mort-de-la-peste-salon-de-provence-13-septembre-1720/ https://www.geneprovence.com/le-premier-mort-de-la-peste-salon-de-provence-13-septembre-1720/#respond Fri, 02 Jan 2026 13:39:23 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27256 En 1720, la Provence affronte l’épidémie de peste bubonique, propagée depuis le port de Marseille par le navire Grand-Saint-Antoine. À Salon, les autorités appliquent rigoureusement les mesures sanitaires de l’époque…

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En 1720, la Provence affronte l’épidémie de peste bubonique, propagée depuis le port de Marseille par le navire Grand-Saint-Antoine. À Salon, les autorités appliquent rigoureusement les mesures sanitaires de l’époque : le billet de santé et la quarantaine. Guillaume Delerse, ancien artisan chapelier, incarne ces exclus confinés hors des murs, dans des abris précaires, pour protéger la communauté. Sa mort solitaire et son inhumation immédiate en terre profane, ordonnées par le juge Michel Tourre, témoignent de la suspension des rites funéraires chrétiens face au risque de contagion, transformant une gestion administrative en tragédie humaine.

L’acte qui suit semble fait état du premier décès officiel à Salon du fait de la Peste de Marseille :

« L’an que dessus [1720] et le treize, a été enseveli à la campagne Guillaume Delerse, jadis chapelier, âgé de quarante ans, lequel faisant quarantaine à cause qu’il venait de Marseille où la mal contagion règne depuis environ deux mois, serait décédé dans sa cabane et aurait été trouvé mort, et ensuite enseveli dans un champ, par ordre de Messire Michel Tourre, juge de cette ville de Salon. »
[Pignard chanoine et curé]

  • Registre paroissial de Salon, année 1720, Archives départementales des Bouches-du-Rhône, 202 E 275.

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Drame sur les quais du Vieux-Port (Marseille, 24 mars 1865) https://www.geneprovence.com/drame-sur-les-quais-du-vieux-port-marseille-24-mars-1865/ https://www.geneprovence.com/drame-sur-les-quais-du-vieux-port-marseille-24-mars-1865/#respond Thu, 18 Dec 2025 14:46:51 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27226 Le 24 mars 1865, on apprit que venait d’avoir lieu un terrible accident dans le Vieux-Port, à Marseille. Il était entre 19 heures et 20 heures et trois jeunes femmes,…

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Le 24 mars 1865, on apprit que venait d’avoir lieu un terrible accident dans le Vieux-Port, à Marseille. Il était entre 19 heures et 20 heures et trois jeunes femmes, dont le nom n’a malheureusement pas été retrouvé, se rendaient en voiture en suivant la ligne des quais du Vieux-Port au Grand Théâtre, où l’on donnait la dernière représentation des Vieux Garçons.
Lorsque celle-ci arriva à la hauteur de la place Neuve, le cheval s’emporta soudain et, malgré les efforts du cocher pour le retenir, il entraîna avec lui la voiture et ses occupants dans l’eau.
Bien sûr, plusieurs personnes avaient assisté à l’accident et aussitôt on organisa le sauvetage.
Mais, malgré la promptitude des secours, on ne retira du coupé que trois cadavres. Le cocher, lui, avait pu se sauver à la nage.
Les quais du Vieux-Port sont toujours dangereux, mais particulièrement à ces époques où les transports se faisaient à cheval et où la rapidité de l’animal pouvait se révéler fatale. La disparition de ces trois jeunes femmes, à la veille d’une soirée de plaisir, laissa le quartier en état de choc.
  • Sources : L’Annonciateur, édition du 8 avril 1865, p. 2.

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L’art de l’escroquerie selon M. Portel (Marseille, 15 juin 1868) https://www.geneprovence.com/lart-de-lescroquerie-selon-m-portel/ https://www.geneprovence.com/lart-de-lescroquerie-selon-m-portel/#respond Wed, 10 Dec 2025 15:02:53 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27116 Dans le monde des escrocs, où l’ingéniosité se mêle souvent à l’audace, un certain nommé Portel possédait une spécialité nouvelle, singulière par le choix de ses victimes. Loin de s’attaquer…

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Dans le monde des escrocs, où l’ingéniosité se mêle souvent à l’audace, un certain nommé Portel possédait une spécialité nouvelle, singulière par le choix de ses victimes. Loin de s’attaquer aux grandes maisons de commerce, Portel visait les petits commerçants dont les patentes ne dépassaient pas le chiffre modeste d’une cinquantaine de francs.

Le piège du faux encaisseur

Le mode opératoire de Portel, révélé par les témoins devant le tribunal, ce 15 juin 1868, était d’une simplicité désarmante et reposait sur la confiance des gens simples.
Le premier témoin, un aubergiste de 35 ans, décrivit sa mésaventure. Le prévenu était venu chez lui, se présentant comme le commis encaisseur de la Compagnie d’assurance la Prudence. Il s’était fait remettre la police d’assurance et avait dit à l’aubergiste : « Vous devez treize francs seize sous ». Le commerçant lui avait dit qu’il ne pouvait pas payer à cette heure. Portel ajouta alors que l’assurance de l’aubergiste avait diminué, puis, selon la victime, l’escroc lui avait finalement extorqué quatorze francs.

La ruse de l’interlope des contributions

Un second témoin, une femme, vint ensuite déposer contre Portel. Il s’était présenté chez elle, faisant d’abord semblant d’écrire. Puis, il était sorti de la maison et avait demandé à la fille de la dame la feuille de patente, se disant employé aux contributions.
L’escroc lui avait déclaré : « Vous devez cinquante-trois francs, mais comme les patentes ont diminué, vous allez me donner quinze francs cinquante centimes. » Il prit ensuite une plume et, ayant empoché l’argent, fit un reçu.
Un vieillard se présenta pour témoigner, interrogé par le président Mougins de Roquefort. Le vieillard, avec vivacité, affirma être « sûr de dire la vérité ». Il montra le prévenu, qui baissait la tête, disant que cet individu était venu chez lui, disant qu’une femme habillée de noir s’intéressait à lui, voulant faire diminuer sa patente. Le vieillard n’écouta pas, s’apprêtant à « aller à [s]es affaires ». Portel profita de cette absence pour lui faire donner neuf francs, moins quatre sous, sous prétexte que la patente était réduite de dix francs. Le témoin ajouta que, par la manière dont il parlait, il aurait été impossible de ne pas reconnaître un homme de bureau.
Le prévenu avoua alors qu’il avait été employé dans une agence d’assurances comme commis interlope, mais contesta le reste des accusations.
Une femme vint déposer, déclarant qu’elle avait eu « beaucoup de peines » avec lui. Il lui avait dit : « Vous avez beaucoup de peines, je vois que vous êtes de braves gens ! Eh bien ! moyennant quinze francs, je vous sortirai d’affaires ». Elle ajouta qu’elle voudrait bien adresser un geste menaçant au prévenu, mais ne le pouvait, à cause de « la sphéricité de sa taille », se contentant de le menacer des yeux.
Un deuxième témoin féminin, commerçante, déclara que Portel s’était introduit dans son magasin, se faisant passer pour un agent du Ministre des Finances, voulant venir en aide aux malheureux commerçants, et qu’il avait considérablement réduit les impôts des patentes. Le témoin ajouta : « Il en a fait bien d’autres. »
La conclusion fut donnée par le président : « C’est évident ! Quinze mois de prison sont la digne récompense de ce commis interlope des contributions directes ».
  • Source : Le Petit Marseillais, 18 juin 1868, p. 3.

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Fureur sur le canal de Marseille (27 janvier 1840-11 février 1840) https://www.geneprovence.com/fureur-sur-le-canal-de-marseille-27-janvier-1840-11-fevrier-1840/ https://www.geneprovence.com/fureur-sur-le-canal-de-marseille-27-janvier-1840-11-fevrier-1840/#respond Mon, 08 Dec 2025 22:05:11 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27055 En ce début d’année 1840, les grands travaux du canal de Marseille transformaient la Provence, attirant à Coudoux, près de Ventabren (Bouches-du-Rhône), une main-d’œuvre venue d’Italie. L’air y était chargé…

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En ce début d’année 1840, les grands travaux du canal de Marseille transformaient la Provence, attirant à Coudoux, près de Ventabren (Bouches-du-Rhône), une main-d’œuvre venue d’Italie. L’air y était chargé de la poussière du chantier et, bientôt, de la fureur des hommes.

Le premier assaut : 27 janvier 1840

Les premières alarmes retentirent le 27 janvier 1840. Une rixe d’une violence extrême, menaçant de dégénérer en scènes déplorables, éclata soudainement. Elle opposait les ouvriers sardes attachés au canal aux habitants de Coudoux. Des coups de poing furent échangés, et la querelle fut si générale que presque toute la population locale y prit part.
L’irritation était portée au comble. Heureusement, des personnes sensées, exerçant leur influence, purent s’interposer et ramener le calme.
À l’époque, une amère observation s’imposait devant ce chaos : on regrettait que ces hommes, auxquels la France accordait généreusement du pain et du travail qu’ils ne trouvaient probablement pas chez eux, comprenaient si peu la position que l’hospitalité leur imposait, et cherchaient querelle à une population connue pour sa nature paisible.

L’affaire Dao-Caste

Mais avant que la tension n’atteigne son paroxysme, un acte encore plus sombre avait marqué les esprits.
Dans les jours qui précédèrent la grande émeute, une tentative de meurtre avait été commise sur un certain Dao-Caste, un ouvrier piémontais employé sur le canal. Un dimanche, une rixe avait éclaté dans un cabaret entre lui et son compatriote, un certain Gourillo, dit Carmagnole. En le quittant, Carmagnole avait lancé une menace claire à Dao-Caste : il l’écraserait bientôt dans son logement.
Dao-Caste, négligent, ne prêta que peu d’attention à cette parole. Rentré chez lui, il ressortit pour se mettre sur le seuil de sa porte. À peine quelques minutes s’étaient écoulées qu’il reçut deux coups de feu, tirés presque à bout portant. Il tomba, grièvement atteint. Pourtant, il eut la force, au milieu des accourus, de désigner formellement Carmagnole comme l’auteur de l’assassinat.
Les secours lui furent prodigués sur-le-champ et l’espoir de sa guérison était permis. Le juge de paix, bien entendu, se porta immédiatement sur les lieux pour dresser procès-verbal. Carmagnole, lui, fut arrêté sans délai par le brigadier de gendarmerie et se retrouva incarcéré dans les prisons d’Aix.

Le chaos général et l’appel aux troupes : 11 février 1840

Le point de non-retour fut atteint le 11 février 1840, lorsque de nouvelles scènes de désordre, d’une gravité sans précédent, ensanglantèrent Coudoux.
Cette fois, les ouvriers sardes s’étaient soulevés pour une affaire de salaires en retard avec leur chef de division. Ils se portèrent en masse, armés de pistolets et de poignards, vers la maison de l’employé. Ils tentèrent de pénétrer de force, enfonçant portes et volets. Un employé qui sortait fut saisi et terrassé ; il aurait été tué sans l’intervention rapide d’un voisin qui parvint à le mettre à l’abri.
L’anarchie fut finalement contenue par le maire de Ventabren, qui arriva sur les lieux, assisté de quatre gendarmes. Ils parvinrent à dissiper cette troupe de forcenés et plusieurs furent désarmés. La justice engagea immédiatement une enquête.
Face à la crise, le préfet sollicita sans attendre du lieutenant-général un détachement de trente hommes de troupe de ligne. Ces soldats furent immédiatement dirigés sur Ventabren. Ils devaient être logés provisoirement chez les habitants, en attendant qu’une maison soit louée aux frais de la ville de Marseille pour les établir dans les environs de Coudoux, seule solution pour ramener durablement l’ordre sur le chantier et dans la région.
  • Sources : Le Mémorial d’Aix, 1er février 1840, p. 3 ; ibid., 15 février, p. 4.

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Poignardé pour avoir défendu une femme (Marseille, 14 juin 1868) https://www.geneprovence.com/poignarde-pour-avoir-defendu-une-femme-marseille-14-juin-1868/ https://www.geneprovence.com/poignarde-pour-avoir-defendu-une-femme-marseille-14-juin-1868/#respond Tue, 18 Nov 2025 18:50:29 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=26773 Une rixe mortelle ensanglanta la Place Neuve, à Marseille, suscitant l’effroi parmi les habitants. Cet incident tragique se déroula le dimanche 14 juin 1868, aux alentours de 18 heures. Il…

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Une rixe mortelle ensanglanta la Place Neuve, à Marseille, suscitant l’effroi parmi les habitants. Cet incident tragique se déroula le dimanche 14 juin 1868, aux alentours de 18 heures. Il impliqua deux marins grecs, tous deux employés sur un navire au port.
De fait, la querelle concernait une jeune femme. Celle-ci travaillait dans l’une des buvettes qui animaient le quartier. L’un des marins, emporté par la rage, tenta de frapper la demoiselle. Alors, son camarade, dénommé Pierre Ephestion, 36 ans, s’interposa avec courage. Il voulait protéger la jeune femme des coups. Toutefois, cet acte de bravoure lui fut fatal. L’agresseur lui asséna plusieurs coups de couteau dans la poitrine. L’homme tomba sur le trottoir.
L’assassin s’enfuit aussitôt. Il courut le long du port, en direction de la Canebière. Puis, il sauta dans un canot, cherchant désespérément à gagner le large.
Cependant, une foule en colère le prit en chasse. Face à la pression, l’homme abandonna son embarcation et se jeta à la mer. Il fut rapidement maîtrisé et appréhendé par les poursuivants.
Finalement, les autorités transportèrent le corps de la victime à l’hospice Saint-Pierre où il rendit l’âme à l’aube le lendemain. Le capitaine du navire vint personnellement réclamer la dépouille. De plus, il prit en charge l’intégralité des frais d’inhumation du marin grec.
  • Source : Le Petit Marseillais, 17 juin 1868, p. 2.
  • Registre d’état civil de la ville de Marseille, juin 1868, 201 E4775, no 194.

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Le gang des confiances brisées (Sainte-Maxime, 26 février 1868) https://www.geneprovence.com/le-gang-des-confiances-brisees-sainte-maxime-26-fevrier-1868/ https://www.geneprovence.com/le-gang-des-confiances-brisees-sainte-maxime-26-fevrier-1868/#respond Thu, 06 Nov 2025 11:06:32 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=26677 Le 26 février 1868, Marie Brun entrait au service d’une femme veuve, Madame Cauvy, propriétaire à Sainte-Maxime (Var). Cette dame ayant bientôt remarqué que sa domestique entretenait des relations trop…

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Le 26 février 1868, Marie Brun entrait au service d’une femme veuve, Madame Cauvy, propriétaire à Sainte-Maxime (Var). Cette dame ayant bientôt remarqué que sa domestique entretenait des relations trop intimes avec ses voisins, les époux Piovant, dont la réputation était mauvaise, elle avertit les parents de la jeune femme qui la rappelèrent chez eux à Monêtier, près de Briançon (Hautes-Alpes), sous le prétexte d’une prétendue maladie de son frère.
Quelques heures après qu’elle fut partie, le 21 avril, Mme Cauvy constatait la disparition d’une somme de 600 francs, de plusieurs châles, et autres effets mobiles renfermés dans un placard.
Deux jours plus tard, Mme Cauvy dut recourir à l’aide d’un serrurier pour en ouvrir un second, où l’on avait pris 25 mètres de percaline sans toucher cependant à une somme de 150 francs laissée là pour les dépenses courantes. La serrure d’une garde-robe placée dans la chambre de Madame Cauvy était dérangée. Là encore le secours du serrurier devint nécessaire. Une somme de 3200 francs déposée à l’intérieur du meuble dans un tiroir fermé à clef avait disparu, ainsi que des dentelles, des jupons et plusieurs pièces d’étoffe. On avait également ouvert deux tiroirs d’une commode fermés à clef et l’on s’est emparé d’une montre en or, et d’une chaîne du même métal, à laquelle étaient attachées deux croix d’argent. Enfin, plusieurs autres soustractions de linge ou effets mobiliers furent aussi constatées.

Le rôle des complices

La justice informée fit immédiatement opérer au domicile de Marie Brun à Monêtier une perquisition qui amena la découverte d’une partie des objets volés. Dès son premier interrogatoire, l’accusée fit des aveux. D’après ces aveux, le vol avait été commis par elle de concert avec les époux Piovant et à leur instigation.
Le 20 avril, Marie Brun, qui devait s’absenter avec sa maîtresse, avait enfermé dans la maison la femme Piovant. Celle-ci, après avoir ouvert au moyen de crochets les différents meubles dévalisés, avait fait un paquet de tous les objets soustraits et les avait laissés à sa complice en lui disant que son mari viendrait le prendre le soir du même jour. Il s’était en effet présenté à l’heure indiquée et avait emporté les objets volés dans son domicile.
Après le vol, Marie Brun, au lieu de rentrer directement dans son pays, s’était arrêtée à Marseille où Piovant lui avait apporté une malle contenant une partie du butin, plus une somme de 600 francs.
À la suite de ces aveux, la justice fit une perquisition au domicile des époux Piovant, où furent trouvés un coupon d’étoffe et six serviettes dont cinq démarquées et la sixième aux initiales B. C. que Mme Cauvy a déclaré lui appartenir. Après de nombreuses dénégations, la femme Piovant fit elle aussi des aveux. Ses déclarations concordaient en général avec celles de Marie Brun sur les points principaux, mais elle rejeta sur sa complice l’idée première du vol.
Les crochets employés par elle pour forcer les serrures avaient été soustraits par son mari chez un maréchal-ferrant. Quant à Piovant, il repoussa mais en vain toute culpabilité. Il finit par convenir seulement de sa rencontre à Marseille avec Marie Brun.

Le verdict de la justice

À l’audience du 27 octobre 1869, il avoua aussi que sa femme lui avait remis sur le produit du vol, soit 200 francs.
Le jury reconnut les époux Piovant coupables du vol qui leur était imputé et Marie Brun complice de ce crime. Il écarta toutefois les circonstances aggravantes de la fausse clé et admit enfin des circonstances atténuantes en faveur de la jeune femme et de l’épouse Piovant. En vertu de ce verdict, la cour condamna Piovant à six ans de réclusion, sa femme à deux ans de prison et Marie Brun à quinze mois de prison.
  • Source : Le Progrès du Var, 10 novembre 1869, p. 3.

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