83 - Signes Archives - GénéProvence https://www.geneprovence.com/category/83-signes/ 500 ans de faits divers en Provence Wed, 10 Dec 2025 16:03:26 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9 https://www.geneprovence.com/wp-content/uploads/2024/04/cropped-434541497_912630390609581_141579584347965292_n-32x32.png 83 - Signes Archives - GénéProvence https://www.geneprovence.com/category/83-signes/ 32 32 Une demande de pension alimentaire (Signes, 30 octobre 1573) https://www.geneprovence.com/demande-de-pension-alimentaire-signes-30-octobre-1573/ https://www.geneprovence.com/demande-de-pension-alimentaire-signes-30-octobre-1573/#respond Tue, 06 Aug 2019 12:37:57 +0000 http://www.geneprovence.com/?p=17035 1573. L’acte dévoile une réalité sociale et judiciaire de la Provence à une époque marquée par les troubles et les guerres de religion. On y observe le sort tragique d’une…

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1573. L’acte dévoile une réalité sociale et judiciaire de la Provence à une époque marquée par les troubles et les guerres de religion. On y observe le sort tragique d’une chambrière itinérante, Sibille Carbonel, opposée à son ancien employeur, Jean Beau, le fermier, un homme de relative aisance. Cette affaire d' »aliments » révèle le dilemme des filles-mères sans ressources, obligées de quémander l’aide du viguier et de la communauté de Signes. La faible somme allouée (un sou par jour) puis l’exposition de l’enfant près du domicile du père présumé soulignent l’extrême précarité et le risque de mortalité infantile. L’intervention communautaire témoigne d’une justice locale, cherchant à la fois la charité et l’allègement de la charge publique.

30 octobre 1573 : la demande

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Supplication de Sibille Carbonel, d’Aix, jadis chambrière de sire Jean Beau, fermier du présent lieu de Signes, pleurant à chaudes larmes, de lui vouloir pourvoir et faire justice, attendu le refus du viguier, là présent, étant enceinte des œuvres dudit fermier; injonction du consul Venel qu’elle se gardât bien de mettre en danger le fruit du ventre, et réquisition par le même au viguier, au nom de tout le conseil, de vouloir pourvoir à ladite Carbonel et informer et faire justice à icelle, attendu sa pauvreté… et lui faire pourvoir d’une provision pour vivre, aux dépens que il « conoistroit apertenir »… et de la faire mettre en maison sûre.
Ordonnance du viguier portant que, « jusques à ce que soit déclairé à qui apertient led enfant, sera pourvu par ladite communauté et luy sera baillé un sou le jour… », maintien de ladite ordonnance, nonobstant l’appel émis par le conseil « attendu qu’il s’agit d’aliments ».

12 avril 1574 : l’exposition de l’enfant

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Avis donné par un habitant que Sibille Carbonel aurait exposé sont enfant « sur le bancal du château », où demeure Jean Beau qui l’aurait fait porter par son laquais « dans une seuille, exposé à la pluie et en danger d’être mangé par les pourceaux », où ledit habitant, qui se trouvait là avec plusieurs autres, ému de pitié, aurait pris ledit enfant pleurant, et mis entre les bras de sa femme pour l’allaiter où est encore » ; délibéré de signifier au viguier de faire justice et y pourvoir, comme est le dû de sa charge; ordonnance de ce dernier portant qu’il sera alloué audit habitant 2 sous par jour par l’hôpital, jusqu’à plus ample informé; maintien de ladite ordonnance, nonobstant l’appel émis.

16 avril 1574 : renouvellement de la demande

Députation à Aix afin de poursuivre le père de l’enfant, porté depuis à l’hôpital, et mis à la charge de la commune par ordonnance du viguier.

Nous ne connaissons hélas pas la fin de cette histoire mais elle illustre bien les difficultés des filles-mères pour faire reconnaître le père lorsque celui-ci n’y était pas favorable.

  • Signes BB (délibération communale) 5, p. 768, 894, 904.
  • Illustration : (h) Jeune femme réfléchissant, Marc-Antoine Raimondi (1480?-1534?), graveur, d’après Raphaël, éd. entre 1506 et 1534, BnF. (b) De partu hominis, Eucharius Roeslin, Euchaire Rodion, éd. Christian Egen, Francfort, 1556. DR.
  • Texte transmis par Stéphanie Dick

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Un terrible accident (Plan-d’Aups-Sainte-Baume, 5 septembre 1796) https://www.geneprovence.com/un-terrible-accident-plan-daups-sainte-baume-5-septembre-1796/ https://www.geneprovence.com/un-terrible-accident-plan-daups-sainte-baume-5-septembre-1796/#respond Sun, 01 Jul 2007 01:00:00 +0000 http://s430202914.onlinehome.fr/geneprovence/?p=989 Registre d'état-civil de Plan-d'AupsTexte transmis par Michèle Trémolière-BarrosL'an quatrième de la République française une et indivisible et le vingt fructidor, à cinq heures du matin, nous Jean Pierre Barthélemy, assesseur du juge de paix, officier de police judiciaire de cette commune et canton de Saint-Zacharie, département du Var, en absence du citoyen François Négrel, juge de paix, ayant été averti

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Rédigé en l’an IV de la République (1796), ce procès-verbal éclaire les réalités rurales du plateau de la Sainte-Baume. À cette époque post-Terreur, le droit civil républicain s’impose, nécessitant l’intervention d’un « officier de santé » pour un diagnostic médico-légal précis, même dans des lieux reculés comme le Pas de Lay. L’examen minutieux révèle la mort violente par chute d’un adolescent de quatorze ans, dont le balluchon ne contenait qu’un couteau et un liard. L’inhumation sur place du corps décomposé, décidée pour des raisons pratiques et sanitaires, souligne à la fois la rudesse de la vie dans cette Provence intérieure et la mise en place d’une administration rigoureuse.

« L’an quatrième de la République française une et indivisible et le vingt fructidor, à cinq heures du matin, nous Jean Pierre Barthélemy, assesseur du juge de paix, officier de police judiciaire de cette commune et canton de Saint-Zacharie, département du Var, en absence du citoyen François Négrel, juge de paix, ayant été averti la veille à la nuit par le citoyen Jean Joseph Émeric, adjoint municipal de la commune du Plan-d’Aups, dépendante de ce canton, qu’il avait été trouvé dans le terroir de ladite commune au pied du rocher de Saint-Cassien, dit lou Pas de Lay, un homme mort.
Nous nous sommes rendu au lieu désigné avec le citoyen Toussaint Graille, notre greffier, et citoyen Benoît Maloye, officier de santé. Nous y avons trouvé à l’indication dudit Émeric, de Louis Brest, de la commune de Nans, et François Tortin, de la commune de Mazaugues, résidant à la commune du Plan-d’Aups, un cadavre masculin gisant par terre, couché sur son ventre, la tête tourné du côté du midi.
Auprès du cadavre étaient Jean Joseph Gassier, fermier de la bastide de Saint-Cassien, et Jean Antoine Bonifay, berger résidant à la Cadière, quartier de Saint-Cyr, casuellement au Plan-d’Aups, lesquels nous ont dit qu’à l’invitation de Jacques Bazau, boucher du lieu de Signes, qui, en passant la veille pour se rendre de Signes au Plan-d’Aups, avait découvert ce cadavre, le gardait à vue jusqu’à ce que le justice eût accédé. Tous les dits citoyens présents requis par nous de nous déclarer s’ils reconnaissaient ledit cadavre ont répondu individuellement ne pas le connaître.
Il a paru être celui d’un jeune homme de quatorze à quinze ans, couvert d’un gilet sans manche, d’un gros drap blanc, et culotté du même, ayant des guêtres sans souliers, lesquels ont été retrouvés sur la partie supérieure du rocher, à quelque distance du cadavre, la chemise de toile écru et grossière, n’ayant rien trouvé dans ses poches, sa tête était contusée sur la partie supérieure, ainsi que la mâchoire et l’œil droit, y ayant plusieurs contusions à diverses parties du corps, nous avons parcouru aux environs du cadavre et avons trouvé sur la partie supérieure du rocher un havresac tout déchiré dans lequel étaient une pièce de deux liards, un petit couteau et un morceau de pain et, tout auprès, quelques pierres teintées de sang.
Et, de suite, sur notre réquisition, ledit citoyen Maloye, officier de santé de la commune de Saint-Zacharie, lequel, après avoir prêté serment entre nos mains, duquel nous lui avons concédé acte ayant visité et examiné ledit cadavre, nous a dit et rapporté avoir trouvé sur icelui une plaie à la partie intérieure du coronal, mettant le cerveau à découvert, qu’il y apparut avoir été fait par une pierre taillante une plaie avec perte de substance à la partie supérieure du pariétal droite avec une autre plaie contuse à la partie inférieure de l’occipital, une forte ecchymose à l’œil droit, la mâchoire inférieure fracturée et plusieurs contusions à diverses parties du corps, le tout lui ayant paru occasionné par la chute et roulement du cadavre du haut du rocher.
Ledit citoyen Maloye a déclaré de plus que ce cadavre appartenait à un homme de quatorze à quinze ans, ayant lieu de le croire mort depuis deux ou trois jours par l’état actuel de putréfaction.
Et ledit citoyen Maloye, signé avec nous et notre greffier. »
[Signé B. Maloye, J. P. Barthélemy, ass., Graille, greffier.]

« Et, de suite, attendu l’état du cadavre, l’éloignement de plus de trois heures de route du lieu où il est gisant du cimetière de la commune du Plan-d’Aups et l’impossibilité du transport à cause du mauvais chemin et, après en avoir averti le citoyen Émeric, adjoint de la commune du Plan-d’Aups, présent à notre accédit, avons ordonné que ledit cadavre serait inhumé sur le lieu avec tous les vêtements et qu’extrait du présent procès-verbal serait de suite expédié à l’officier de la commune du Plan-d’Aups pour être joint et inséré à la suite de l’acte du décès qui serait dressé par lui conformément à la Loi, et avons signé avec notre greffier le citoyen Émeric, requis de signer a dit ne savoir signer. »
[J. P. Barthélemy, ass., Graille, greffier.]

« Et de tout ce que dessus avons fait et dressé le présent procès-verbal pour servir et valoir à ce que de raison.
Fait au lieu, l’an et jour que dessus, et avons signé avec notre greffier. »
[J. P. Barthélemy, ass., Graille, greffier.]
  • Registre d’état-civil de Plan-d’Aups.
  • Texte transmis par Michèle Trémolière-Barros.
  • Photographie : La Sainte-Beaume et le plateau du Plan-d’Aups, vers 1910.

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