83 - Toulon Archives - GénéProvence https://www.geneprovence.com/category/83-toulon/ 500 ans de faits divers en Provence Fri, 17 Apr 2026 15:50:17 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.0.2 https://www.geneprovence.com/wp-content/uploads/2024/04/cropped-434541497_912630390609581_141579584347965292_n-32x32.png 83 - Toulon Archives - GénéProvence https://www.geneprovence.com/category/83-toulon/ 32 32 Le mystère du galant homme (Carnoules, 27 mai 1895) https://www.geneprovence.com/le-mystere-du-galant-homme-carnoules-27-mai-1895/ https://www.geneprovence.com/le-mystere-du-galant-homme-carnoules-27-mai-1895/#respond Fri, 17 Apr 2026 15:46:03 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27994 Le soir descendait sur la voie ferrée qui séparait les stations de Carnoules et de Puget-Ville. Il était un peu plus de 6 heures lorsque la quiétude des voyageurs du train…

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Le soir descendait sur la voie ferrée qui séparait les stations de Carnoules et de Puget-Ville. Il était un peu plus de 6 heures lorsque la quiétude des voyageurs du train numéro 336 fut brutalement rompue. Trois détonations successives éclatèrent soudainement, propageant l’émoi parmi les passagers. Les tirs provenaient d’un compartiment de deuxième classe d’un modèle nouveau. Le signal d’alarme retentit aussitôt et le lourd convoi s’immobilisa.
Le sous-chef de train principal, un employé nommé Gelas, se précipita avec bravoure vers la voiture d’où venait le tumulte. Les couloirs étaient déserts, les voyageurs affolés s’étaient barricadés dans leurs cabines. L’agent aperçut alors un individu de haute stature et de belle apparence, lequel brandissait un revolver. À la vue du contrôleur, le mystérieux tireur dirigea l’arme contre lui-même et pressa la détente une nouvelle fois, mais il manqua sa cible mais s’égratigna le cuir chevelu. Gelas bondit sur lui et parvint à le désarmer. Le barillet de l’arme mortelle contenait encore un dernier projectile.
On prodigua les premiers secours au malheureux directement sur les lieux de l’arrêt. Sa blessure à la tête fut pansée grâce à la boîte de pharmacie du train. On le descendit ensuite à Solliès-Pont pour qu’il passât la nuit à l’hôpital. Fort heureusement, une seule balle l’avait touché et son état ne semblait guère critique.
Le lendemain matin, sur ordre du procureur de la République monsieur Vuilliez, la gendarmerie l’escorta jusqu’au parquet de Toulon par le train de huit heures. Face aux magistrats, l’inconnu opposa un mutisme absolu quant à son identité. Il déclara seulement appartenir à la haute société italienne, se contentant d’affirmer qu’il était un galant homme et refusait de livrer son nom. L’enquête révéla que l’individu avait acheté un billet à Cannes pour se rendre à La Bocca. Les fouilles de ses vêtements mirent au jour de petits carnets de roulette et une maigre pièce de dix centimes. Tout portait à croire qu’il s’agissait d’un malheureux joueur, acculé à la ruine par la fréquentation assidue de la rouge et de la noire.
On lui proposa bien entendu d’être soigné à l’hospice civil de Toulon, mais il s’y refusa. Aussi la police finit-elle par le remettre en liberté, dans la mesure où l’individu semblait ne plus vouloir réitérer son geste.
Au lieu d’éprouver le moindre regret pour son acte, il ne cessait de maugréait contre l’armurier qui lui avait vendu une arme, qui, selon lui, « n’aurait pas fait de mal à une mouche ».
  • Sources : La République du Var, 29 mai 1895, p. 3 ; ibid., 30 mars 1895, p. 2.

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La fatalité du sergent Bitterlin (Toulon, 27 janvier 1830) https://www.geneprovence.com/la-fatalite-du-sergent-bitterlin-toulon-27-janvier-1830/ https://www.geneprovence.com/la-fatalite-du-sergent-bitterlin-toulon-27-janvier-1830/#respond Sun, 22 Mar 2026 14:47:38 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27842 Voici l’histoire d’un drame qui, en 1830, émut toute la population de la Provence. Joseph Bitterlin était né à Pont-à-Mousson en 1804. Après avoir reçu une instruction soignée, sa famille…

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Voici l’histoire d’un drame qui, en 1830, émut toute la population de la Provence.
Joseph Bitterlin était né à Pont-à-Mousson en 1804. Après avoir reçu une instruction soignée, sa famille le laissa libre de choisir une carrière. À dix-huit ans, il s’engagea volontairement dans le 3e régiment de ligne. On s’accordait généralement à croire que ce sont des chagrins d’amour qui l’avaient mené à cette résolution, bien que son caractère courageux et son cœur agité par la passion de la gloire lui fissent préférer l’état militaire.

L’ascension et la cible de la vexation

Bitterlin fut distingué par ses chefs, aimé et estimé de ses camarades. Il ne tarda pas à obtenir les galons de sous-officier. Ses sympathies, que lui méritait son caractère doux et hardi, s’augmentaient encore de sa beauté physique. Il était soigné à l’excès dans sa toilette, à laquelle il consacrait la majeure partie de la pension que lui faisait sa famille. Sa toilette était toujours de la plus irréprochable élégance, et les officiers de son régiment étaient fiers de leur beau sergent. Bitterlin avait la taille haute et bien prise, sa tête était belle et expressive, et ses cheveux très blonds donnaient à sa physionomie une apparence juvénile qui le rendait plus intéressant encore.
En janvier 1830, le 3e de ligne tenait garnison à Toulon et occupait la caserne Saint-Louis.
Le sergent avait le malheur d’être la cible de l’adjudant Bec. L’adjudant, dont l’esprit inquiet et minutieux cherchait toujours des motifs de vexations contre les sous-officiers, ne put supporter patiemment le régime de vexations auquel son supérieur voulait le soumettre. Cette résistance valut à Bitterlin un redoublement de sévérité, l’adjudant ne cessant de le réprimander et de le punir. Bec cherchait surtout à vexer le sergent contre le goût excessif que Bitterlin avait pour la toilette.

L’humiliation fatale

Ce système atteignit son paroxysme le 26 janvier 1830 au matin, lorsque Bitterlin voulut quitter la caserne. L’adjudant l’arrêta au passage.
« Sergent, lui dit-il, vous ne sortirez pas avec les épaulettes que vous portez…. »
L’adjudant déclara qu’elles n’étaient pas conformes à l’ordonnance.
Bitterlin rétorqua : « Mais vous passez bien quelques fantaisies aux autres. »
L’adjudant répliqua : « Je fais ce qu’il me plaît. »
Bitterlin répondit : « Et moi aussi », et, passant outre, il quitta brusquement l’adjudant.
Le soir, quand le sergent rentra à la caserne, il apprit qu’il avait été porté au livre des punitions pour quatre jours de salle de police.
Dans sa chambre, il ouvrit silencieusement sa malle. De grosses larmes roulaient dans ses yeux bleus. Il en tira un après l’autre tous les menus objets qu’elle contenait, et les distribua à ses amis qui entraient dans sa chambre, leur donnant à chacun un souvenir, sans prononcer une seule parole. Les sous-officiers furent effrayés.
Un de ses chers amis lui dit : « Eh quoi ! pour quatre jours de salle de police, tu veux te tuer ? »
Bitterlin répondit : « Je l’ai dit à l’adjudant, moi aussi je fais ce qu’il me plaît. »
Il s’échappa de ses amis pour cacher ses sanglots et s’enferma dans sa chambre particulière.
Bitterlin expliqua plus tard que son projet ne venait pas de peines d’argent, mais du chagrin causé par la vexation.

Le projet de vengeance et l’erreur funeste

Pendant un repos, Bitterlin prit son fusil, descendit le long du mur des fortifications et chargea son arme. Dans sa précipitation, il mit un tampon trop fort dans le canon, l’obligeant à s’aider d’une pierre et de sa baguette. Il conçut alors un projet funèbre : se venger, se débarrasser de l’adjudant Bec, et se tuer lui-même en se plantant son sabre dans le cœur.
Pendant les manœuvres, il attendait le moment où l’adjudant passerait devant le front des troupes.
Quelques minutes auparavant, un capitaine, ayant appris ce qui s’était passé la veille, en avait fait part au colonel. Le colonel Charles d’Autane, officier de la Légion d’honneur, chevalier de Saint-Louis et de la Couronne de fer, originaire d’Allons (Basses-Alpes), sachant toute l’amitié que Bitterlin avait pour lui, et s’inquiétant de ses dispositions suicidaires, voulait le consoler lui-même.
M. d’Autane se dirigea à pied vers le pont d’Italie et y arriva au moment où Bitterlin gravissait la berge. En voyant apparaître le pompon blanc (couleur distinctive de l’État-Major), Bitterlin eut un mouvement de joie soudaine, croyant que c’était l’adjudant, et apprêta son fusil.
Alors, il reconnut son colonel. Il perdit la tête, se voyant déjà arrêté, traîné devant un conseil de guerre qui le condamnerait aux bagnes, et il préféra la mort à la honte.
Sans plus de délibération et sans même épauler son arme, il la déchargea à six pas environ dans le ventre du bon colonel.
M. d’Autane tomba foudroyé sans proférer un seul cri, sans faire entendre un gémissement. Ainsi périt, le 27 janvier 1830, à trois heures et demie, un brave officier de quarante-deux ans, qui laissait derrière lui une jeune femme et deux enfants1.
La détonation éveilla l’attention de tous. Le tambour-major se jeta sur lui. Bitterlin, qui avait jeté son fusil, cherchait à s’enfoncer le sabre-briquet dans le cœur, mais les larges buffleteries l’en empêchèrent. Bitterlin s’approcha du cadavre et versa d’abondantes larmes, répétant : « Ce n’est pas à lui que j’en voulais, j’aurais dû suivre mon premier projet et ne tuer que moi… »

Le jugement et le dernier acte

Bitterlin fut envoyé à Marseille où se trouvaient alors les Conseils de guerre. Il fut emprisonné au fort Saint-Jean, où il s’attira la sympathie des soldats vétérans. Le procès fut fixé au 22 février 1830 devant le deuxième Conseil de guerre, siégeant au Campement militaire, à la place Saint-Michel, et il fut condamné à mort.
Le jour de l’exécution, le 5 mars au matin, il était calme. Il fit ses adieux, ayant écrit une lettre à son fils à Strasbourg et à une jeune fille.
Le cortège le conduisit jusqu’à la place de la Tourette. Près du cimetière Saint-Laurent, Bitterlin demanda si c’était son lieu de repos. On lui dit que non. Il répliqua : « Là ou ailleurs, qu’importe ! »
Adossé contre le vieux mur, il consentit, après les instances de l’aumônier, à se faire bander les yeux. Le moment suprême approchait. Bitterlin demanda à commander le feu. D’une voix forte, il cria : « Apprêtez armes !… en joue !… feu!… »
Le courageux sergent tomba, frappé de huit balles. Il tomba la face tournée vers le ciel. Le corps du supplicié fut mis en terre au cimetière Saint-Charles.

L’épilogue tragique

L’histoire ne s’arrêta pas là. L’adjudant Bec était inconsolable des suites terribles des tracasseries qu’il avait exercées contre le sergent. Le marasme s’empara de son âme. Enfin, le 30 mars à six heures, il tira son sabre du fourreau, s’en appliqua la pointe sur le cœur et, prenant le lit pour point d’appui, se laissa tomber sur son arme.
Tel est le récit de cette tragique affaire, qui causa une tristesse générale dans toute la population de Marseille et de Toulon. Le destin tragique du sergent Bitterlin, du colonel d’Autane et de l’adjudant Bec s’est joué à Marseille en 1830. Cette sombre chronique, pleine de vexations, de désespoir et d’une erreur fatale, illustre comment un concours de circonstances peut faire basculer l’honneur dans la tragédie. Même après deux siècles, se souvenir de ces hommes et de leur double drame est essentiel pour comprendre la complexité de nos ancêtres. Nous perpétuons leur mémoire, non pour le crime, mais tout simplement par humanité.
Note
1. Encore jeune au moment de sa mort, Charles d’Autane, connu sous le nom de Comte d’Autane, était entré à 13 ans dans les chasseurs de l’armée de Condé. Nommé capitaine le 21 décembre 1811, il avait fait les campagnes de Dalmatie, du Tyrol, d’Allemagne et d’Espagne, et avait même été blessé à Murviedro le 4 novembre 1811 et avait reçu une balle dans la cuisse lors du combat de Loriol, le 2 avril 1815. Au moment de sa mort, il était colonel au 7e régiment d’infanterie de ligne où il avait été nommé le 28 août 1827 et avait commandé le 3e régiment de ligne dans les Alpes et à Toulon. (source : http://genobco.free.fr/provence/Autane.htm)
  • Source : Le Petit Marseillais, 25-27 juin 1868.

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Tragédie domestique du boulanger (Toulon, 26 mai 1895) https://www.geneprovence.com/tragedie-domestique-du-boulanger-toulon-26-mai-1895/ https://www.geneprovence.com/tragedie-domestique-du-boulanger-toulon-26-mai-1895/#respond Sun, 15 Mar 2026 21:14:01 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27741 Dans le quartier Saint-Antoine, au numéro 18 de la route des Moulins, à Toulon (Var), la vie du sieur Jean-Baptiste Alziari, 51 ans, boulanger de son état, originaire de Sigale…

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Dans le quartier Saint-Antoine, au numéro 18 de la route des Moulins, à Toulon (Var), la vie du sieur Jean-Baptiste Alziari, 51 ans, boulanger de son état, originaire de Sigale (Alpes-Maritimes), était rythmée par le fournil et les tâches quotidiennes. Mais cet homme, laborieux et de bonne santé, avait pour rituel de s’échapper chaque après-midi vers sa campagne au quartier des Pomets, où il s’adonnait aux petits travaux des champs. C’est là, dans cette terre de repos, que le destin l’attendait de la plus cruelle des manières.

L’accident mortel du dimanche

En ce dimanche 26 mai 1895, M. Alziari entreprit une tâche simple, mais dangereuse : il voulut monter une balle de foin jusqu’à son grenier. Pour cette opération, il se hissa sur une échelle.
Soudain, le drame se joua. Il perdit l’équilibre sur l’échelle et tomba brusquement sur le sol. La balle de foin qu’il portait, le suivant dans sa chute, s’abattit lourdement sur lui et lui écrasa complètement le visage.
Le silence qui suivit fut effroyable. Quand les voisins accoururent, alertés par le bruit, ils ne trouvèrent plus qu’un cadavre sur la terre de la campagne.

Le funèbre retour

Le corps sans vie fut aussitôt relevé. Il fallut le transporter à bras jusqu’à son domicile, la boulangerie du quartier Saint-Antoine.
Imaginez l’horreur et l’émotion lorsque le funèbre cortège arriva à cette maison qu’il avait quittée quelques heures plus tôt, plein de santé. On juge aisément le désespoir de Mme Alziari et de sa fille en voyant leur époux et père revenir ainsi, brisé par un accident aussi absurde que terrible.
  • Sources : La République du Var, 29 mai 1895, p. 3.
  • Registre d’état civil de Toulon, année 1895, acte no 839, Archives départementales du Var, 7 E 146_426.

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Une histoire de confiance brisée (Toulon, 14 août 1869) https://www.geneprovence.com/une-histoire-de-confiance-brisee-toulon-14-aout-1869/ https://www.geneprovence.com/une-histoire-de-confiance-brisee-toulon-14-aout-1869/#respond Fri, 06 Feb 2026 21:02:26 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27443 En cette fin d’année 1868, l’octogénaire Antoinette Demerio, une dame visiblement digne de confiance, s’apprête à emménager dans une nouvelle demeure. Âgée de 80 ans, elle a loué une chambre…

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En cette fin d’année 1868, l’octogénaire Antoinette Demerio, une dame visiblement digne de confiance, s’apprête à emménager dans une nouvelle demeure. Âgée de 80 ans, elle a loué une chambre au troisième étage du 14, rue Bastide à Toulon, à compter du 29 septembre. Ce sont les époux Fabry, rencontrés en 1865 alors qu’ils étaient tous logés à la cité Montéty, qui lui ont procuré cette chambre. La confiance est totale, une amitié de voisinage s’est tissée.
Cependant, un imprévu retarde l’installation : la chambre n’est pas prête. Sans hésiter, Mme Demerio prend une décision qui lui sera fatale : elle confie l’intégralité de son mobilier et de ses biens aux Fabry pour un entreposage provisoire.

Les premières ombres

Peu après, alors qu’elle prend possession de son nouveau logis, la vieille dame procède à l’inventaire de son linge. Le compte n’y est pas : trois paires de draps de lit, une nappe et cinq serviettes ont disparu. Interrogés, les époux Fabry opposent une explication simpliste : l’octogénaire a dû égarer le tout lors du déménagement. Étonnamment, Mme Demerio, sans doute par l’effet de sa grande confiance initiale, se contente de cette réponse.
Les relations, pourtant, restent étrangement cordiales et fréquentes d’octobre 1868 à mai 1869. C’est en mai que se produit le premier incident matériellement accablant.
Pour préparer la première communion de leur fils, Mme Fabry accompagne sa bienfaitrice chez un marchand de nouveautés. Mme Demerio règle 40 francs d’achat, remettant deux pièces de 20 francs. Le marchand signale alors une erreur sidérante : l’une des pièces n’est qu’un jeton doré de la même dimension. Vivement étonnée, la victime se voit conseiller par Mme Fabry de rejeter la faute sur le banquier chez qui elle retire ses rentes. Une tentative d’escroquerie déguisée en étourderie bancaire.

La spoliation insidieuse

À partir de ce jour, la prudence s’installe. Mme Demerio retire son argent monnayé de sa garde-robe et le place dans un sac, au milieu de ses titres, dans une commode dont elle garde la clé sur elle.
Ce changement de cachette n’entrave en rien le voleur. Vers le 8 juillet, une première pièce de 20 francs s’évapore, sans aucune trace d’effraction sur la commode. Le 9 août suivant, le même phénomène se reproduit : 80 francs disparaissent.
L’évidence finit par s’imposer. Mme Demerio ouvre enfin les yeux et interdit l’entrée de sa porte aux époux Fabry.

Le coup de grâce et l’éclat du désespoir

Cette interdiction ne fait qu’accélérer le coup final. Le 14 août 1869, entre deux et trois heures de l’après-midi, les Fabry s’introduisent à nouveau dans l’appartement de leur ancienne bienfaitrice, profitant de son absence. Grâce à une fausse clé, ils ouvrent la garde-robe et s’emparent de la totalité de son avoir : 125 francs en pièces d’or et, surtout, 25 000 francs en titres de rente divers, ruinant ainsi la vieille dame.
Ce n’est que le lendemain matin, vers dix heures, que Mme Demerio découvre le vol qui « consommait sa ruine ». Son désespoir éclate en « cris déchirants ». Tandis que son entourage l’exhorte à porter plainte immédiatement, seule Mme Fabry tente de l’en dissuader, prétextant que les bureaux de police seraient fermés en raison de la fête nationale du 15 août. Néanmoins, la victime se rend chez le commissaire.

Le verdict

L’enquête s’accélère. Les soupçons sont rapidement confirmés par une preuve matérielle : la justice découvre que le fameux jeton doré, identifié par la victime en mai 1869, était en possession des accusés dès le mois de janvier.
Face aux preuves matérielles et morales, Mme Fabry (née Masse) finit par avouer sa participation au vol du 14 août, tout en niant l’usage de fausses clés. Son époux, Fabry, refuse de partager la responsabilité du crime, bien que les faits l’impliquent nécessairement dans le complot.
L’affaire est portée devant le jury. Les faits accablants contre les deux époux sont confrontés à une défense acharnée.
Le jury rend un verdict négatif en faveur de Fabry, et l’acquitte, mais il reconnaît la femme Fabry (Masse) coupable de tous les vols qui lui étaient imputés, mais lui accorde des circonstances atténuantes.
Par conséquent, Fabry est acquitté, et son épouse, la femme Masse, est condamnée à cinq ans de réclusion. Un dénouement qui, s’il punit l’une des coupables, laisse planer le doute sur l’implication complète de son mari dans cette sombre histoire de confiance trahie à Toulon.
  • Source : Le Progrès du Var, 15 novembre 1869, p. 3.

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Le cordonnier et la caisse vide (Toulon, 30 mai 1869) https://www.geneprovence.com/le-cordonnier-et-la-caisse-vide-toulon-30-mai-1869/ https://www.geneprovence.com/le-cordonnier-et-la-caisse-vide-toulon-30-mai-1869/#respond Wed, 17 Dec 2025 18:37:06 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27205 C’est devant la Cour d’assises de Draguignan (Var) que fut jugé Joseph Malfatto, un jeune homme de vingt ans, ouvrier cordonnier, natif de Dessecci, en Italie, mais résidant en dernier…

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C’est devant la Cour d’assises de Draguignan (Var) que fut jugé Joseph Malfatto, un jeune homme de vingt ans, ouvrier cordonnier, natif de Dessecci, en Italie, mais résidant en dernier lieu à Toulon. Il était traduit pour abus de confiance au préjudice de son employeur.

La confiance brisée

Malfatto était au service du sieur Marquet, fabricant de chaussures établi place Sainte-Pierre, à Toulon. Il y occupait une position de confiance en tant que commis, chargé de la vente des marchandises dans la boutique proche de la place Royale, pour un salaire de vingt francs par semaine.
L’arrangement dura longtemps, mais Marquet commença à s’apercevoir que les comptes de son employé étaient en déficit considérable, tarissant les bénéfices attendus. Les habitudes de dépense de Malfatto, jugées excessive, n’aidaient pas à dissiper les soupçons.

Le stratagème des dix francs

Pour vérifier la fidélité de son commis, M. Marquet mit au point un ingénieux stratagème.
Le 30 mai 1869, il pria deux de ses amis d’aller acheter des chaussures au magasin de la rue Royale. À chacun, il remit la somme de dix francs. Les amis procédèrent à l’achat et rapportèrent à Marquet le montant exact payé. Le soir, lors du relevé des comptes de la journée, Malfatto ne fit état que de la vente, et avait retenu pour lui la somme de 15 francs 50 centimes.
Il s’agissait là d’un mode opératoire habituel. Une autre fois, au mois de mars, une somme de 37 francs avait été détournée de la même façon. L’employeur estimait que les détournements commis par Malfatto s’élevaient à une somme approximative de 2 000 francs, bien qu’il ne pût préciser tous les faits.

Le procès et l’incroyable verdict

Une perquisition au domicile de Malfatto confirma les soupçons : elle y amena la découverte d’un morceau de veau et d’une empeigne (une partie de chaussure) que le sieur Marquet reconnut formellement comme étant sa propriété.
Tous ces faits furent reprochés à Malfatto devant la cour. Cependant, le jury en délibérant donna un verdict négatif. Contre toute attente, Malfatto, accusé d’abus de confiance, fut acquitté.
  • Source : Le Progrès du Var, 15 novembre 1869, p. 3.

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La mésaventure du receveur du tram (Toulon, 24 mai 1895) https://www.geneprovence.com/la-mesaventure-du-receveur-du-tram-toulon-24-mai-1895/ https://www.geneprovence.com/la-mesaventure-du-receveur-du-tram-toulon-24-mai-1895/#respond Thu, 13 Nov 2025 11:56:13 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=26726 Un grave accident de tramway eut lieu à Toulon (Var). Ce fut Henri Aude, un jeune receveur de la Compagnie des tramways de la ville, qui en fut la victime.…

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Un grave accident de tramway eut lieu à Toulon (Var). Ce fut Henri Aude, un jeune receveur de la Compagnie des tramways de la ville, qui en fut la victime. L’incident se produisit vers 18h30. Henri Aude travaillait alors sur la ligne du Mourillon.
Il se tenait sur le marchepied du tram, près de l’usine Mouraille, quand un platane qui bordait la voie le heurta violemment. La violence du choc le projeta au sol et il demeura sans connaissance pendant un instant.
Des personnes se précipitèrent aussitôt pour l’aider. Elles le relevèrent et le transportèrent à la pharmacie Pélissier. Le docteur Barre, appelé en urgence, examina le jeune homme et constata que son état de santé était des plus graves.
Âgé d’à peine 20 ans, Henri Aude était célibataire. Il vivait avec sa mère au numéro 13 de la place Puget. Il fut ramené chez lui dans la soirée. Par la suite, le docteur Long, médecin de la Compagnie, rendit visite au jeune homme dans la matinée suivante, constatant que son état s’était nettement amélioré pendant la nuit.
  • Source : La République du Var, 26 mai 1895, p. 2.

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L’arrestation de l’assassin de M. Samson (Toulon, 25 septembre 1869) https://www.geneprovence.com/larrestation-de-lassassin-de-m-samson-toulon-25-septembre-1869/ https://www.geneprovence.com/larrestation-de-lassassin-de-m-samson-toulon-25-septembre-1869/#respond Thu, 02 Oct 2025 20:34:18 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=26482 Marius Samson, négociant de 45 ans, fut assassiné dans sa maison, 10, rue du Parti, à Toulon, le 23 septembre 1869. L’assassin avait pris la poudre d’escampette et il fallut…

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Marius Samson, négociant de 45 ans, fut assassiné dans sa maison, 10, rue du Parti, à Toulon, le 23 septembre 1869. L’assassin avait pris la poudre d’escampette et il fallut attendre le surlendemain, 25 septembre, pour que la police arrête le coupable. Celui-ci, du nom de Consauve, arriva de Marseille (Bouches-du-Rhône) un samedi matin, par le train express de dix heures. Une voiture l’attendait sur le quai de la gare. Une foule immense s’était amassée. Tout le monde voulait voir l’accusé.
Consauve semblait terriblement pâle et décomposé. Des gens qui l’avaient vu la veille hésitaient à le reconnaître. Pourtant, il est descendu du wagon avec vivacité, entre deux gendarmes. Il regarda la foule, peu impressionné et jeta autour de lui un regard plein d’assurance. Puis, il monta dans une voiture rapidement sous bonne escorte.
Le véhicule se mit en route. Il était escorté par quatre gendarmes à cheval. Le cortège passa par l’avenue de la Banque où les chevaux prirent le galop. Ensuite, ils longèrent le boulevard. Enfin, ils arrivèrent au palais de justice où Consauve subit son premier interrogatoire.
Un médecin légiste l’examina, constatant qu’il avait subi des blessures en perpétrant son crime.

L’arrestation de Consauve

Pendant deux jours, il s’était rendu au café des Mille-Colonnes. Ce café était situé rue Beauveau. Il lisait les journaux de Toulon et semblait y prêter une attention particulière. L’établissement était très long. Cela lui permettait de s’isoler des autres clients. En outre, de nombreux spectateurs du théâtre voisin allaient dans ce café.
Ses allures étranges intriguèrent toutefois la police. Un agent spécial fut chargé de le surveiller. Le soir du crime, le mercredi, Consauve sortit du café et l’agent l’appréhenda. Consauve résista vivement. Puis, il fut conduit au poste de police le plus proche. Les enquêteurs fouillèrent sa malle, où ils trouvèrent une paire de chaussettes complètement ensanglantées.
L’enquête permit de découvrir d’autres faits. Après avoir tué sa victime, Consauve l’avait dépouillée. Il avait volé une somme d’environ mille francs. On sait que M. Samson gardait ses recettes du jour chez lui. La somme figurait sur ses livres de caisse. Cependant, elle n’avait pas été retrouvée. Par conséquent, l’assassin l’avait sûrement volée. Cela lui avait permis de fuir plus facilement.
Depuis l’arrestation, les parents de Consauve s’étaient retirés à la campagne. Ils ne voulaient pas assister aux scènes douloureuses de la justice. Par ailleurs, Consauve était réputé violent et vindicatif. Pour un rien, il se mettait en colère. Il avait même menacé son père à plusieurs reprises. Quelques années plus tôt, il avait été condamné et le tribunal correctionnel de Toulon l’avait fait emprisonner. Il avait blessé et frappé un honorable négociant de la ville. Peu après, ce négociant s’était suicidé par pendaison. La veuve fut entendue par le procureur et donna des explications sur le passé de Consauve.

L’enquête

Il apparut des premiers éléments de l’enquête que Consauve s’était présenté à Marseille, sous un faux nom, à l’hôtel de Vichy, cours Belsunce, où il avait élu domicile dès le lendemain du crime et qu’il prenait ses dispositions pour s’expatrier sur un navire de commerce étranger, au moment où il fut arrêté.
Le samedi 25 septembre, il subit un long interrogatoire à Toulon. On le confronta alors avec le cadavre de M. Samson, qui était resté exposé à l’amphithéâtre du cimetière, dans un état de décomposition avancé. L’effet recherché n’eut pas lieu. L’accusé ne parut ressentir aucune émotion et se borna à dire qu’il ne reconnaissait pas le visage de M. Samson mais qu’il reconnaissait parfaitement les souliers jaunes dont il était chaussé.
Avant d’être conduit on cimetière, Consauve fut transporté sur les lieux du crime, dans la chambre à coucher pour y être soumis à certaines constatations. On nota que cela l’irrita particulièrement, bien qu’il ne se départît pas un instant de son système de défense.
Aussi, lorsqu’on appliqua ses pieds sur les traces de pas du meurtrier dans le sang, on s’aperçut que ceux-ci collaient parfaitement à ceux du coupable. On se rendit même compte que l’empreinte d’une légère difformité d’un doigt du pied droit de l’assassin se retrouvait aussi chez Consauve.
Bien entendu, il rejeta le fait sur le compte de la fatalité et se renferma dans ses dénégations habituelles.
À plusieurs reprises il s’emporta. D’abord, lorsqu’il entendit l’un des parents de M. Samson l’appeler « assassin », il s’emporta avec fougue et faillit perdre tout sang-froid. Il fit même mine un moment de se jeter sur celui qui l’a ainsi appelé et les gendarmes durent le retenir pour l’empêcher de se livrer à des voies de fait.
Il se fâcha également à l’encontre des agents de la force publique sous prétexte que ceux-ci le serraient de trop près et que l’un d’eux lui avait fait mal au bras. Ces incidents ayant produit, sans doute, un effet violent sur son système nerveux, Consauve rentra dans sa prison dans un état d’exaltation indicible.
D’après les constatations des médecins, parmi les blessures dont il portait la trace sur différentes parties du corps, l’une d’elles avait visiblement été produite par une morsure qui avait déchiré une partie de son bras.

Impact de la présence de l’assassin en ville

L’intérêt de curiosité qu’excitait cette affaire dans la ville de Toulon était si grand que, pendant toute la journée du samedi 25, la foule ne cessa de stationner aux différents points où l’on supposait que l’accusé serait conduit.
L’encombrement était même si grand, aux abords du palais de justice et près de la Porte-Neuve où le crime avait été commis, que le fiacre dans lequel l’accusé était monté avait peine à se frayer un passage à travers le flot des curieux.
Le lundi suivant, 27 septembre 1869, Consauve subit un nouvel interrogatoire au cours duquel il persista à nier toute participation au crime dont on l’accusait.
Pour autant, Consauve ne semblait pas réaliser ce qu’il encourait. Une semaine plus tard, on le voyait dans sa cellule, mangeant de fort bon appétit. Tous les jours il sortait et se promenait dans la cour de la prison en compagnie d’enfants arrêtés pour vagabondage et auxquels il adressait de temps à autre un cours de morale.

Le procès

Le mercredi 20 octobre, Consauve fut extrait de sa cellule toulonnaise et conduit à Draguignan pour comparaître devant la cour d’assises dont la session s’ouvrait le 26.
Avant son départ, il demanda à voir son père et eut avec lui un assez long entretien dans lequel il lui demanda de la patience, en ajoutant que son innocence ne manquerait pas d’être reconnue par le jury.

Il sera condamné le 3 novembre aux travaux forcés à perpétuité.

  • Source : Le Progrès du Var, 1er octobre 1869, p. 2 ; 3 octobre 1869, p. 2, 3.

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Amour et tragédie (Toulon, 20 mai 1895) https://www.geneprovence.com/amour-et-tragedie-toulon-20-mai-1895/ https://www.geneprovence.com/amour-et-tragedie-toulon-20-mai-1895/#respond Wed, 03 Sep 2025 19:37:54 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=26253 Dans l’affaire de la rue Saint-Pierre, Toulon avait connu un mois de mai 1895 riche en événements tragiques, ébranlant la quiétude des esprits. Ce 20, au matin, un drame d’une…

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Dans l’affaire de la rue Saint-Pierre, Toulon avait connu un mois de mai 1895 riche en événements tragiques, ébranlant la quiétude des esprits. Ce 20, au matin, un drame d’une intensité rare se déroula dans l’un de ces estaminets discrets qui animaient la rue de l’Armedieu, jetant une ombre sinistre sur la vie quotidienne.

Les tourments d’un cœur jaloux

Au cœur de cette tragédie se trouvait Désiré Vieville, un colporteur de vingt-neuf ans, originaire de Neufchâtel, dans l’Aisne. Ses liens avec Delphine Dravinet avaient été anciens et complexes, marqués par la naissance d’un enfant deux ans plus tôt. Cependant, le quotidien de ce foyer avait été assombri par la jalousie et la paresse de Vieville, deux défauts qui, loin de favoriser l’harmonie, alimentaient des disputes incessantes.
Épuisée par cette existence tumultueuse, Delphine avait fini par rompre, cherchant l’indépendance en devenant ménagère au Café du Louxor Rose, sis au numéro 16 de la rue de l’Armedieu. Mais Vieville, consumé par ses sentiments, ne cessait de la poursuivre de ses assiduités, s’installant même à proximité, chez la mère Laurent, qui tenait des garnis modestes dans la même rue. Ses supplications, puis ses menaces, étaient incessantes, dans l’espoir vain de la convaincre de reprendre leur vie commune.

La scène fatale à la fontaine

Ce matin, vers 8h30, le destin les avait de nouveau réunis. Delphine, insouciante, puisait de l’eau à la fontaine, le chant aux lèvres. Cette image de liberté retrouvée avait ravivé chez Vieville ses sentiments passés, mais surtout ses profondes jalousies. De nouvelles propositions furent formulées, auxquelles Delphine opposa de nouveaux refus. Les menaces succédèrent aux paroles, et le dédain répondit aux injonctions.
C’est alors que l’impensable se produisit. Une voisine, Madame M. A., fut témoin de la scène : Vieville, le bras levé, brandissant un couteau, menaçait Delphine. La question se posait : son esprit tourmenté avait-il déjà basculé vers des intentions meurtrières ?

L’issue tragique dans la cuisine

Terrifiée, Delphine s’enfuit à toutes jambes vers le café, cherchant refuge dans ce qu’elle espérait être un asile sacré. Mais Vieville, incarnant la vengeance elle-même, la poursuivit sans relâche, son bras levé, menaçant. Elle atteignit le Café du Louxor Rose et se dissimula derrière les rideaux fleuris. Mais son poursuivant, implacable, la suivit jusque dans la cuisine.
Une altercation encore plus virulente éclata. Une nouvelle fois, il brandit son arme funeste. Cependant, la peur décuplant ses forces, Delphine parvint à le désarmer. Mais, comme si sa veste recelait un arsenal entier, Vieville en tira un pistolet. Cette fois, l’arme fut dirigée contre lui-même. D’un coup, il se fit sauter la cervelle, s’écroulant raide mort sur le sol. La mort avait été instantanée.
Les cris déchirants de Delphine alertèrent tout le quartier. La rue fut instantanément noire de monde. Des femmes, encore mal réveillées, les yeux gonflés de sommeil, les cheveux en désordre, accoururent. Des commissionnaires partirent en hâte prévenir Monsieur Bernardini, commissaire de police du canton-Ouest, qui, à peine remis de son enquête sur le drame de la rue Saint-Pierre, aspirait à un repos bien mérité. L’efficace fonctionnaire arriva aussitôt, accompagné de son secrétaire, et commença son enquête. Il fut bientôt rejoint par Monsieur le docteur Guiol, venu procéder aux constatations médico-légales.
Le corps, gisant dans la cuisine obscure au milieu de caillots de sang, fut transporté sur une table de marbre du café, exposée aux regards. Les rideaux relevés révélèrent l’horreur de la blessure : un orifice béant, la balle ayant creusé un trou béant, le crâne soulevé d’environ cinq centimètres, telle une soupape, laissant échapper une matière cérébrale en bouillie, noire de poudre. La balle n’avait pas traversé la tête. Aucune autre blessure ne fut constatée par le médecin légiste. Le coup avait été donné à bout portant, la main du défunt portant les marques de la brûlure de l’arme. Le corps, mis à nu, ne présentait aucune autre trace de violence. L’inhumation fut donc autorisée et le corps transféré au dépositoire sans délai.

L’écho persistant du drame

Tout au long de la matinée, les curieux affluaient, leurs têtes avides se pressant à travers la porte, désireux de contempler le corps nu, plus pâle encore que le marbre sur lequel il reposait.
Delphine, dont l’émotion était palpable, fut éloignée de ce spectacle. Des amies l’accompagnèrent jusqu’à sa chambre, où elles lui prodiguèrent leurs soins. Des agents furent postés dans la rue pour contenir la foule, qui ne cessa de commenter, durant toute la matinée, les diverses circonstances de ce drame, chacun prétendant en avoir été témoin.
  • Source : La République du Var, 20 mai 1895, p. 2.
  • État civil de Toulon, livre des décès de 1895, Archives départementales du Var, 7 E 146_426, no 802.
  • Image conçue par intelligence artificielle.

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Un négociant assassiné chez lui (Toulon, 23 septembre 1869) https://www.geneprovence.com/un-negociant-assassine-chez-lui-toulon-23-septembre-1869/ https://www.geneprovence.com/un-negociant-assassine-chez-lui-toulon-23-septembre-1869/#respond Wed, 27 Aug 2025 13:49:12 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=26209 Toulon fut le théâtre d’un drame sanglant le 23 septembre 1869. Un assassinat eut lieu au domicile de Marius Étienne Eustache Samson, 10, rue du Parti, dans des circonstances particulièrement mystérieuses. M.…

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Toulon fut le théâtre d’un drame sanglant le 23 septembre 1869. Un assassinat eut lieu au domicile de Marius Étienne Eustache Samson, 10, rue du Parti, dans des circonstances particulièrement mystérieuses. M. Samson était un honorable négociant en vins, âgé de 45 ans, né à Toulon, fils de Jean-Pierre Samson, un musicien de la Marine, et d’Adélaïde Marie Gimelli. Il était en outre l’époux de Claire Justine Cavalier.
M. Samson avait coutume de passer les jeudis soir d’été à la campagne avec sa famille. Retenu par ses affaires, il ne put s’y rendre cette semaine-là. Il demeura donc seul dans sa résidence principale.
Le vendredi matin, ses amis s’étonnèrent de son absence habituelle au café du Commerce, où il prenait son chocolat chaud. Personne ne soupçonna d’abord la tragédie. Cependant, Mme Samson, revenant de la campagne, découvrit la porte de sa maison fermée de l’intérieur. Inquiète, elle fit appeler un serrurier. L’artisan parvint à ouvrir la porte à l’aide d’un crochet et Mme Samson pénétra alors chez elle.
L’horreur l’attendait dans la chambre de son mari. Le corps de M. Samson gisait sur le sol, sans gilet ni paletot, baignant dans une mare de sang. La scène révélait une lutte d’une violence inouïe, M. Samson était connu pour être doté d’une force peu ordinaire. Les meubles étaient renversés, la chaîne de la montre brisée, les objets éparpillés sur le carreau. Tout indiquait que M. Samson avait résisté de toutes ses forces. Il portait des blessures terribles au cou, à la nuque et au crâne. Ces coups furent fatals.
Selon les premières constatations, le mobile du crime ne semblait pas être le vol. En effet, des billets de banque furent retrouvés à des endroits bien visibles. En revanche, un grand portrait peint sur toile de M. Samson et plusieurs photographies furent lacérés à coups de couteau. Les enquêteurs privilégièrent donc la piste d’une vengeance personnelle. Les causes exactes de ce déchaînement de violence demeuraient inconnues pour l’heure, laissant le quartier dans l’effroi.

Pour lire la suite de l’affaire, cliquez ici : L’arrestation de l’assassin de M. Samson (Toulon, 25 septembre 1869)

  • Source : Le Progrès du Var, 24 septembre 1869, p. 2.
  • État civil de la ville de Toulon, année 1869, no 1528, Archives départementales du Var, 7E 146_295.

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Drame au 1, rue Saint-Pierre (Toulon, 18 mai 1895) https://www.geneprovence.com/drame-au-1-rue-saint-pierre-toulon-18-mai-1895/ https://www.geneprovence.com/drame-au-1-rue-saint-pierre-toulon-18-mai-1895/#respond Sun, 17 Aug 2025 21:51:37 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=26127 En 1895, un drame familial ébranla Toulon. L’action se déroulait rue Saint-Pierre, une petite voie entre la place Gambetta et le quai, jouxtant l’église éponyme. C’est là que se trouvait…

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En 1895, un drame familial ébranla Toulon. L’action se déroulait rue Saint-Pierre, une petite voie entre la place Gambetta et le quai, jouxtant l’église éponyme. C’est là que se trouvait le Bar des Îles-d’Or, un établissement tenu par Rosalie Rieu. Cette femme de 34 ans, d’une forte corpulence, en sous-louait la gérance.
Depuis plusieurs années, Rosalie, mère d’un fils de 15 ans, vivait avec Mathurin Droualen. Ce charpentier de l’arsenal avait le même âge qu’elle. Leur union fut officialisée le 10 avril 1895. Mathurin reconnut alors l’enfant. Toutefois, cette officialisation ne calma en rien les tensions persistantes. En effet, des querelles violentes éclataient fréquemment entre eux.
« Mathurin Droualen […] devenait léthargique sous l’effet du vin… »
Mathurin Droualen, connu pour sa consommation d’alcool, surtout les jours de paie, devenait léthargique sous l’effet du vin. Il s’asseyait et s’endormait. Rosalie, quant à elle, avait une habitude déconcertante. Elle le dépouillait souvent, puis le mettait dehors. Un voisin rapporta qu’il fut maintes fois retrouvé dans la rue, les poches vides et à peine habillé.
Le 10 avril, jour de leurs noces, une nouvelle dispute éclata pendant le repas de mariage. Rosalie lança violemment un verre au visage de Droualen. Il fut gravement blessé. La police dut intervenir, et le couple s’expliqua au poste. Cette agitation perdura après le mariage. Ni l’écharpe du maire ni la bénédiction religieuse ne modifièrent la situation. Les confrontations violentes continuèrent. À plusieurs reprises, la police fut contrainte d’intervenir. Parfois même, Rosalie, son fils et la domestique du café le frappaient avec un bâton.

La nuit du 18 mai : un appel et une découverte macabre

Le samedi 18 mai, vers 21 heures, Rosalie Droualen alerta en urgence le docteur Daspres. Elle déclara à ce praticien que son mari s’était suicidé. Selon elle, Mathurin Droualen, sous l’emprise de l’alcool, s’était donné la mort durant le dîner.
Le docteur Daspres arriva rapidement. Il découvrit le corps de Mathurin horriblement pâle et ensanglanté. Une large plaie béait sur le côté gauche de son cou. Le médecin constata qu’il ne pouvait plus rien faire. Il fit alors appel au docteur Guiol, médecin légiste. La justice fut également informée du drame.

L’environnement du drame et les premières constatations

La chambre du couple Droualen était modeste. Située au deuxième étage, juste au-dessus du café, elle était accessible par un escalier étroit et périlleux. En entrant, on faisait face à la cheminée, installée dans l’angle sud. À droite de la porte, une coiffeuse et le lit étaient séparés par un espace restreint, d’environ 50 à 80 centimètres. Cet interstice menait à une sorte de cabinet sombre ou d’alcôve. Devant la coiffeuse, recouverte d’une plaque de marbre, se dressait une table en bois verni. Elle prolongeait la première et servait pour les repas. Quelques chaises et de petits meubles complétaient l’ameublement.
Lorsque la justice arriva, la scène était terrible à voir. Le cadavre de Droualen, étendu sur une chaise longue, était pâle et sanglant. Le sol, les tables et les murs étaient maculés de sang. Une large mare gluante s’étendait même sur le plancher.
Vers 22 heures, M. Dagallier, juge d’instruction, arriva sur les lieux. Il débuta son enquête, assisté du docteur Guiol et du commissaire de police Bernardini.

L’interrogatoire de Rosalie et les zones d’ombre

Face au magistrat, Rosalie Droualen raconta sa version des faits. Vers 19 heures ce soir-là, son mari était rentré de l’arsenal. Il lui avait remis l’argent de sa quinzaine, mais il manquait un franc. Dès qu’il fut entré, elle alluma la lampe et servit le repas : de la soupe et du bœuf. Ils s’assirent ensuite à table.
Soudain, selon Rosalie, Droualen se serait levé, une bouteille d’une main et son couteau de l’autre. Il s’enfonça alors dans l’obscurité du cabinet, gesticulant « comme un fou ». Elle affirma n’y avoir pas prêté attention. Puis, elle l’aurait vu ressortir, les yeux hagards. Son visage et ses mains étaient couverts de sang. Le flot rouge jaillissait de loin. Il gesticulait toujours en traversant la chambre. Enfin, il s’affaissa au sol. Il perdait son sang par une large blessure sur le côté gauche du cou. Puis il s’écroula en râlant. Rosalie envoya aussitôt l’enfant chercher un médecin.
Pendant que Mme Droualen faisait son récit, le docteur Guiol examinait la blessure. Le coup avait été porté par un instrument tranchant, vraisemblablement un couteau de table. La direction du coup était de haut en bas et d’arrière en avant. L’hémorragie fut très violente. L’odeur âcre du sang était saisissante dès l’entrée dans l’appartement. Le docteur Guiol supposa qu’une artère avait été sectionnée. Cependant, il ne put se prononcer définitivement avant l’autopsie.
« [Le couteau] était fraîchement, mais imparfaitement, lavé. »
Malgré le témoignage de Rosalie, les constatations soulevaient des questions. Elle affirmait que son mari s’était blessé lui-même. Pourtant, l’arme n’avait pas été retrouvée à proximité. La table avait été soigneusement débarrassée. Tout était en ordre devant le cadavre. Rosalie, quant à elle, ne versait aucune larme. Aucune émotion ne déformait ses traits. Son visage ne pâlissait pas. Elle conserva un sang-froid étonnant et évoqua les mauvais traitements subis de son mari.
M. Dagallier l’interrogea longuement. Il tenta, en vain, d’obtenir des précisions. Il chercha surtout des renseignements sur l’arme. Le fils de Rosalie fut également interrogé. Il répondit de manière évasive. Pourtant, il était présent dans la pièce et avait assisté à la scène. Le juge d’instruction examina attentivement les lieux. Il s’enquit minutieusement des moindres détails. La police, de son côté, fouilla chaque recoin.
Dans le cabinet noir, derrière la porte, ils découvrirent une bouteille de vin ensanglantée. Puis, dans la cheminée, derrière un paravent, un couteau de table apparut. Il était fraîchement, mais imparfaitement, lavé. Il s’agissait, selon toute probabilité, de l’arme du crime.

Contradictions et hypothèse des enquêteurs

Rosalie, interrogée sur ce couteau, déclara ne pas savoir pourquoi ni comment il s’y trouvait. Elle affirma l’avoir essuyé machinalement. Il est d’ailleurs notable que cet esprit d’ordre anima les acteurs de cette scène jusqu’au bout. La table avait été débarrassée des restes du repas, et tout avait été remis en place.
Après avoir passé la nuit et la journée de dimanche sous surveillance policière, Rosalie Rieu fut placée en cellule. Le docteur Guiol la visita dimanche matin, vers 11h30. Il examina les contusions et les ecchymoses qu’elle portait sur tout le corps. Le médecin nota une excoriation récente sur la paume de sa main droite. Rosalie ne put fournir aucune explication à ce sujet. Elle prétendit ignorer quand cela s’était produit.
Les déclarations du fils de Rosalie comportaient également des incohérences. Interrogé le matin même, lors de la descente de justice, il fit une déposition globalement similaire à celle de sa mère. Cependant, des détails importants différaient. L’enfant raconta que Droualen, sortant de l’alcôve ensanglanté, avait dit : « Je me suis fait mal ! » avant de s’écrouler en râlant. Or, Rosalie Droualen affirmait qu’il s’était assis sur une chaise près du lit, sans rien dire. Elle expliqua qu’elle avait tenté d’arrêter le sang. Ce n’est qu’après qu’il serait tombé au sol.
De plus, un broc rempli d’eau sous la coiffeuse contenait une petite quantité de sang. L’eau était légèrement rosée. L’enfant expliqua qu’il avait mouillé une serviette pour arrêter le sang de son « oncle ». On lui fit alors remarquer que la serviette n’aurait pas pu être ensanglantée à ce moment-là. Elle n’avait pas encore servi. L’enfant rétorqua qu’il l’avait transportée une seconde fois. L’enquêteur insista : si la serviette avait été trempée ailleurs, cet endroit n’aurait pas dû être maculé. Si elle n’avait pas changé d’endroit, et que la serviette était entièrement rouge, la quantité de sang dans le broc aurait dû être bien plus importante.

Reconstitution et conclusions médico-légales

Les enquêteurs tentèrent une reconstitution de la scène, basée sur l’état des lieux. Les trois convives auraient été assis autour de la petite table. Rosalie était au centre, son fils à sa droite, et son mari à sa gauche. Droualen était ainsi dos tourné au lit, près de la porte du petit cabinet sombre. La dispute se serait envenimée. Elle aurait débuté à cause d’une visite prolongée du charpentier dans une buvette tenue par une compatriote, au 36 de la rue Neuve. Droualen, probablement sous l’effet de l’alcool, aurait affirmé sa domination. Voyant la querelle s’intensifier, il aurait menacé sa femme.
Dans ce contexte, Rosalie, qui tenait son couteau, l’aurait levé. Elle aurait porté un coup vers l’épaule gauche de son mari. Il était très probablement assis à ce moment-là.
D’ailleurs, la partie supérieure du col de sa veste présentait une entaille. L’arme n’avait fait qu’effleurer et rabattre le col de la chemise. Cela indiquait que Droualen était assis et recroquevillé. Son col de veste était donc plus haut que celui de sa chemise.
Frappé au cou et inondé de sang, Droualen se serait alors levé. Il serait allé s’effondrer un peu plus loin, en râlant. Cette hypothèse parut très vraisemblable, voire plus juste que les versions de Rosalie et de son fils. L’aspect des lieux et l’examen en firent une certitude. Devant la place de Droualen, un jet de sang avait éclaboussé le bois de mille gouttes projetées avec force. La bouteille de vin était inondée. Très peu de sang se trouvait dans l’alcôve où il aurait, selon Rosalie, tenté de se frapper. Le milieu de la chambre, en revanche, était couvert.
Le couteau, fraîchement mais imparfaitement lavé, fut retrouvé dans la cheminée. Il était dissimulé derrière un paravent. Ce fut l’arme avec laquelle Droualen reçut la mort, selon toute probabilité. Rosalie, interrogée sur le couteau, déclara ne pas savoir pourquoi ni comment il avait été nettoyé. Cet esprit d’ordre, remarquable, semble avoir persisté chez les protagonistes. La table avait été débarrassée des restes du repas et tout remis en place.

Procédure judiciaire et conclusion de l’affaire

« Le fils de Rosalie Droualen fut de nouveau interrogé. »
Le commissaire Bernardini saisit le couteau, ainsi que les vêtements de la victime (veste, chemise, gilet, chapeau de paille). Le broc d’eau rougie, la bouteille de vin ensanglantée et la table en bois maculée furent également confisqués. Ces éléments furent transférés au poste de police du canton Ouest, puis au greffe. De nouveaux scellés furent apposés sur l’appartement.
Vers 3h30 du matin, deux employés des pompes funèbres avait transporté le corps de Mathurin Droualen. Escorté par quatre agents, il avait été conduit au dépositoire du cimetière. Le docteur Guiol y procéda à l’autopsie ce matin-là, assisté du substitut Machemin.
À 7 heures, le docteur Guiol examina la blessure du cou. L’arme avait pénétré de haut en bas et d’arrière en avant, coupant une artère. Cela expliquait l’hémorragie externe massive. L’œsophage avait également été atteint, et le sang avait envahi l’estomac. Le coup fut porté avec une grande violence. La plaie mesurait environ un centimètre et demi de long. Sa profondeur ne put être estimée en raison de la délicatesse des tissus. Cette hémorragie externe causa une mort très rapide. Une hémorragie interne aurait retardé le décès. Le docteur Guiol constata également une contusion à la tête. Il pratiqua une incision cruciale dans le cuir chevelu pour exposer la boîte crânienne. La masse cérébrale, une fois la calotte sectionnée, apparut absolument intacte. Cependant, la violence du coup rendait difficile l’hypothèse d’une blessure auto-infligée par Droualen. Vers 8h30, le docteur Guiol se retira et le corps fut mis en bière.
Ce matin-là, à 9 heures, MM. Dagallier, Machemin et Bernardini se rendirent de nouveau rue Saint-Pierre. Après avoir levé les scellés, ils poursuivirent l’enquête. Le fils de Rosalie Droualen fut de nouveau interrogé. Il raconta que le samedi soir, en rentrant à la maison, sa mère l’avait envoyé chercher Mathurin. Il ressortit puis revint peu après. Il trouva Mathurin déjà arrivé. Il dressa alors la table : trois assiettes, trois verres, une carafe, une bouteille de vin et deux couteaux, dont un pointu et un cassé. Une fois la soupe servie, ils s’assirent.
Les témoignages, cependant, contredisaient l’idée que Droualen était saoul. La querelle éclata rapidement entre lui et Rosalie. Avant l’arrivée de l’enfant, il lui avait remis l’argent de sa quinzaine. Rosalie lui reprocha d’être allé voir « la payse », où il s’enivrait. Le charpentier rétorqua qu’il était libre de faire ce qu’il voulait. C’est alors qu’il était entré dans l’alcôve pour se frapper, selon Rosalie.
Mme Droualen fut donc fort logiquement remise à la justice et on l’inculpa de meurtre.

Deux jours après, on apprit que Rosalie n’était pas une sainte. Dagallier apprit en effet de la police de Béssèges, la ville natale de la suspecte, que celle-ci avait subi deux condamnations par le passé : l’une pour avoir lancé du vitriol au visage de son amant, le père de son enfant, l’autre pour coups et blessures.

Informations généalogiques

D’après leur acte de mariage en mairie de Toulon, Mathurin Louis Droualen était né à Quimperlé (Finistère) le 12 décembre 1860 et était ouvrier à l’arsenal de la marine. Lui et sa future épouse allaient vivre au no 1, rue Traverse-Saint-Pierre. Il était le fils de Connogan Droualen, jardinier à Ploemeur (Morbihan) et de Marie Catherine Corn, décédée à Lorient (Morbihan).

  • Source : La République du Var, 20 mai 1895, p. 2 ; 21 mai 1895, p. 2 ; 23 mai 1895, p. 2.
  • État civil de Toulon, livre des mariages de 1895, Archives départementales du Var, 7 E 146_425_1, no 166.
  • État civil de Toulon, livre des décès de 1895, Archives départementales du Var, 7 E 146_426, no 801.

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