84 - Méthamis Archives - GénéProvence https://www.geneprovence.com/category/84-methamis/ 500 ans de faits divers en Provence Fri, 11 Apr 2025 06:07:07 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.1 https://www.geneprovence.com/wp-content/uploads/2024/04/cropped-434541497_912630390609581_141579584347965292_n-32x32.png 84 - Méthamis Archives - GénéProvence https://www.geneprovence.com/category/84-methamis/ 32 32 Un terrible orage (Méthamis, 15 mai 1868) https://www.geneprovence.com/un-terrible-orage-methamis-15-mai-1868/ https://www.geneprovence.com/un-terrible-orage-methamis-15-mai-1868/#respond Fri, 11 Apr 2025 05:30:42 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=25019 Dans la journée du vendredi 15 mai 1868, un orage très violent éclata sur Méthamis. La foudre tomba en plusieurs endroits. Elle frappa d’abord le clocher de l’église où, suivant…

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Dans la journée du vendredi 15 mai 1868, un orage très violent éclata sur Méthamis. La foudre tomba en plusieurs endroits.
Elle frappa d’abord le clocher de l’église où, suivant une déplorable habitude, on sonnait les cloches dans le but de disperser les nuages. Sébastien Cartoux, qui remplissait alors les fonctions de sonneur, fut violemment renversé à terre. Il eut la jambe droite noircie et brûlée, et, fait assez curieux, il eut son bas et son soulier enlevés.
Quant à l’église, elle subit quelques dégâts matériels. Une lézarde se produisit sur le mur sud. Une cloison de la sacristie fut dégradée et la couronne d’une vierge fut enlevée. Les dommages furent évalués à une cinquantaine de francs.
La foudre tomba aussi dans la cuisine de l’établissement des religieuses. Il y avait alors dans cette pièce la sœur Saint-Gervais avec quatre petites filles. Cette religieuse fut renversée, reçut plusieurs brûlures et eut la jambe paralysée.
La petite Zoé Roux, âgée de douze ans, une des élèves qui se trouvaient là, fut renversée avec une violence telle qu’elle resta sans connaissance et qu’on la crut morte pendant un instant. Par chance, à force de soins, elle fut ramenée à la vie.
Les trois autres petites filles présentes n’eurent pas de mal et en furent quittes pour la peur.
De plus, dans la maison d’un nommé Véran Saunier, attenante à l’église, la foudre tomba dans l’écurie et tua une chèvre. Un mulet, qui se trouvait très près, ne fut pas atteint.
Enfin, trois ouvriers maçons, qui travaillaient à côté de l’habitation de Saunier, furent violemment renversés par la décharge électrique mais se relevèrent sans blessures ni contusions.
Les récoltes, fort heureusement, n’eurent pas à souffrir de cet orage.
  • Source : Le Petit Marseillais, 28 mai 1868, p. 3.

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Joseph Leydier, jeté sous un pont (Bédoin, août 1892) https://www.geneprovence.com/joseph-leydier-jete-pont-bedoin-aout-1892/ https://www.geneprovence.com/joseph-leydier-jete-pont-bedoin-aout-1892/#respond Sun, 02 Feb 2020 15:44:46 +0000 http://www.geneprovence.com/?p=17536 Une tentative d’assassinat a été commise à Bédoin, petite commune vauclusienne au pied du Mont Ventoux, durant l’été 1892. Joseph Leydier, 45 ans, né à Mirabel-aux-Baronnies (Drôme), était un ouvrier…

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Une tentative d’assassinat a été commise à Bédoin, petite commune vauclusienne au pied du Mont Ventoux, durant l’été 1892. Joseph Leydier, 45 ans, né à Mirabel-aux-Baronnies (Drôme), était un ouvrier employé aux mines de charbon de Méthamis (Vaucluse).
Alors qu’il avait obtenu un congé, il prit à pied la route pour rentrer voir les siens dans son village. Quarante kilomètres nécessitent bien neuf heures de marche, sans compter les pauses. Arrivé à Bédoin en fin de journée – Bédoin qui est presque à mi-chemin –, il décida de faire une halte pour se reposer de son long chemin.
Il trouva un cabaret ou il put se restaura et ne reprit la route qu’à une heure du matin.
Ce fut une jeune bergère qui le retrouva presque inanimé, au quartier de la Madeleine, sous le pont de Pattris. Lorsqu’on l’interrogea, il dit qu’il avait été arrêté par trois individus qui lui avaient donné de violents coups de bâton et l’avaient jeté sous le pont.
On le transporta donc à l’hôpital de Bédoin où il reçut de premiers soins. Le parquet de Caprentras fut chargé de l’enquête. Nous n’avons malheureusement pu en connaître l’issue.
  • Source : Le Rappel, 29 août 1892, p. 3.

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La petite enfance dans la Provence d’hier https://www.geneprovence.com/la-petite-enfance-dans-la-provence-dhier/ https://www.geneprovence.com/la-petite-enfance-dans-la-provence-dhier/#respond Sun, 02 Jan 2005 11:41:00 +0000 http://s430202914.onlinehome.fr/geneprovence/?p=1445 [caption id="attachment_3256" align="alignleft" width="175"] Petit enfant en Provence (1932). © Marcel Arduin.[/caption] Quiconque s’intéresse aux registres de baptêmes et de sépultures et aux registres d’État civil des siècles passés a tôt fait de remarquer que l’espérance de vie moyenne de nos ancêtres était particulièrement basse.

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Petit enfant en Provence (1932). © Marcel Arduin.
Petit enfant en Provence (1932). © Marcel Arduin.
Quiconque s’intéresse aux registres de baptêmes et de sépultures et aux registres d’État civil des siècles passés a tôt fait de remarquer que l’espérance de vie moyenne de nos ancêtres était particulièrement basse. S’il est vrai que l’homme de petite condition vivait nettement moins longtemps que nous aujourd’hui, il n’est pas moins vrai que, pour une bonne part, la moyenne de l’espérance de vie devait sa faiblesse à l’effroyable mortalité infantile qui ravageait la jeunesse française. Un nouveau-né n’avait qu’environ 80 % de chance d’atteindre l’âge de deux ans et à peine plus de 60 % de chance de devenir adolescent.
Si la médecine était loin de bénéficier des avancées de ces dernières années, il convient aussi d’avancer d’autres raisons à cet état de fait. On ne surprendra personne en affirmant que les nouveau-nés d’autrefois n’étaient pas entourés des mêmes soins qu’aujourd’hui. La mère étant, comme le père, affairée aux travaux des champs toute la journée, elle ne pouvait guère s’occuper de son enfant qu’à midi et dans la soirée. Dans l’intervalle, si celui-ci pleurait, peu l’entendaient ni ne s’en souciaient. Allongé dans un drap tendu entre deux arbres non loin de ses parents, le bébé pouvait crier ou se salir, on ne se déplaçait pas pour si peu.
Cette attention étant moins soutenue que de nos jours, le début d’une maladie infantile passait souvent inaperçu, et il était souvent bien tard lorsque le docteur arrivait à la bastide des parents.
L’importance de la mortalité infantile obligeait la communauté à s’organiser en aménageant un carré du cimetière spécialement réservé aux jeunes enfants. C’est là qu’on enterrait les pauvres bébés qui n’avaient pas atteint leur deuxième anniversaire.
Il est bien entendu qu’un bébé né dans un milieu favorisé avait plus de chances de survivre. De même pour les enfants mal formés ou débiles, voués à une mort quasi-certaine, si leurs parents étaient pauvres. La proportion d’enfants souffrant d’une tare était plus importante que de nos jours, car les conditions de l’accouchement étaient souvent plus mauvaises et pâtissaient d’un certain manque d’hygiène.

Le sevrage

Diverses coutumes concernant le sevrage étaient en usage en Provence. Dans le sud des Alpes-de-Haute-Provence, par exemple, on ne sevrait jamais un enfant un vendredi sous peine de lui porter malheur.
Lorsque le temps du sevrage arrivait (parfois après le seizième mois du bébé), on envoyait quelque temps l’enfant dans une autre famille afin de le séparer de sa mère. Le résultat était apparemment satisfaisant.
Bien entendu, les moyens d’antan n’étant pas ceux d’aujourd’hui, toutes les mères étaient contraintes d’allaiter leurs enfants. Si une mère ne le pouvait, elle plaçait son nouveau-né chez une nourrice. La plupart des personnes qui, aujourd’hui, se livrent à des relevés de décès, ont dû tomber sur des actes attestant de la mort d’un enfant chez sa nourrice. Cela montre que la placement semblait relativement répandu.
Lorsque l’enfant était sevré, et comme la mère avait encore quelques montées de lait, on faisait appel à un professionnel qui a complètement disparu aujourd’hui: le tétaïre. Ce brave homme avait pour tâche de téter les femmes, soit parce qu’elles n’avaient pas de bouts de seins, pour les leur faire, soit que la montée du lait se faisait mal, soit qu’elles avaient trop de lait. Cette profession est attestée jusqu’en 1930 au moins. En période de sevrage, le tétaïre avait pour tâche de tirer le lait superflu. Pour les femmes qui ne voulaient avoir à faire au tétaïre, la revue Basses-Alpes (1943, no 183) proposait une autre solution :
« Quant à la mère, gênée par la montée du lait qui se prolongeait, elle se faisait téter, temps passé, par un petit chien, voire même par une autre personne qualifiée, pour aspirer le lait. »

Le début de la vie

On attendait avec impatience le premier mot de l’enfant. En effet, dans l’ensemble de la Provence, on pensait que ce mot déterminerait le sexe du prochain venu dans la famille. En général, si c’était « papa », ce serait un garçon, et « maman », une fille.
La première dent était aussi un événement familial. Elle était pour l’enfant l’occasion de recevoir un cadeau de son parrain ou de sa marraine. De même lorsque la première dent tombait, l’enfant recevait de l’argent de ses parrain et marraine (10 francs chacun, à Maillane) Si l’enfant avait eu une nourrice, le père offrait à celle-ci une robe lorsque l’enfant faisait sa première dent. À Manosque, le père offre un bijou à sa femme. À Saint-Cannat (Bouches-du-Rhône), les mères n’attendaient pas la première dent avec impatience. C’est le moment où elles allaient commencer à grossir !
À la chute de la première dent, les habitants de Vaucluse recommandaient de la mettre dans le trou d’un mur : Mete ta dènt dins un trau de muraio, acò te fara trouva un bèu coutèu.
Arlésienne au XIXe siècle.
Arlésienne au XIXe siècle.
Voici maintenant le moment où l’enfant commence à ronger ses ongles. Surtout ne le laissez pas faire, il deviendrait fou ! Mais à Banon, on pensait que les ongles longs protégeaient des maladies, tandis qu’à Montfuron, ils empêchaient l’enfant de devenir voleur. À Cabasse (Var), la première taille des ongles se faisait toujours sous un rosier afin que l’enfant ait plus tard une belle voix. À Méthamis, on ne coupait jamais les ongles le mercredi et encore moins le vendredi, le mieux étant de le faire le lundi. Dans le même ordre d’idée, on ne devait pas se couper les ongles au coin du feu ni jeter les morceaux dans les flammes.

Les premiers pas

Laisser l’enfant faire ses premiers pas devait répondre à tout un rituel. Tout d’abord la date devait être choisie soigneusement: c’était nécessairement à l’église, un 19 mars, devant un autel de saint Joseph, ou un 2 février devant un autel de la Vierge, tout en lisant les Évangiles. L’enfant vouait clairement ses pas à Dieu. L’expression provençale “douna li pèd” (« donner les pieds »), dans le sens de délivrer un enfant de son maillot pour le faire marcher, correspond à ce moment. La lecture des Évangiles lors des premiers pas d’un enfant explique par ailleurs l’expression “Auriéu besoun de me faire dire lis evangèli” (« J’aurais besoin de me faire lire les Évangiles ») que disaient les vieillards peu assurés sur leurs jambes.
Cette fois encore, quand l’enfant faisait ses premiers pas, la marraine était sollicitée pour lui acheter des robes, comme les portaient les enfants, garçons ou filles. Le pichot cessait d’être un bébé, il devenait un enfant…
Sant Jan ti creissè (« Que saint Jean te fasse grandir »).

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