Accident mortel Archives - GénéProvence https://www.geneprovence.com/category/accident-mortel/ 500 ans de faits divers en Provence Wed, 01 Jul 2026 08:03:22 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.0.1 https://www.geneprovence.com/wp-content/uploads/2024/04/cropped-434541497_912630390609581_141579584347965292_n-32x32.png Accident mortel Archives - GénéProvence https://www.geneprovence.com/category/accident-mortel/ 32 32 L’insolation fatale (Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, 16 août 1699) https://www.geneprovence.com/linsolation-fatale-saint-maximin-la-sainte-baume-16-aout-1699/ https://www.geneprovence.com/linsolation-fatale-saint-maximin-la-sainte-baume-16-aout-1699/#respond Wed, 01 Jul 2026 08:03:22 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=28663 Le décès de Catherine Capelle en août 1699 met en évidence la sévérité des accidents thermiques lors des travaux agricoles estivaux en Provence sous Louis XIV. L’expression « grande surprise de…

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Le décès de Catherine Capelle en août 1699 met en évidence la sévérité des accidents thermiques lors des travaux agricoles estivaux en Provence sous Louis XIV. L’expression « grande surprise de soleil » désigne une insolation majeure ou un coup de chaleur de forme maligne, entraînant un œdème cérébral et un coma profond qui « interdit tous ses sens ». Cet état neurologique aigu empêche toute déglutition, obligeant le sous-curé à renoncer au saint Viatique. À quarante ans, cette veuve succombe aux réalités climatiques d’un terroir marqué par de fortes vagues de chaleur, où l’urgence pastorale s’adapte aux limites physiques de l’agonisante.

« Ledit jour [16 août 1699] est décédée dans la communion de l’Église, munie des sacrements de pénitence et de l’extrême-onction, n’ayant pu recevoir le viatique à cause d’une grande surprise de soleil qui lui avait interdit tous ses sens, Catherine Capelle, femme de feu Raymond Barcilon, âgée de quarante ans, et a été ensevelie.
Présents MM. Jean Baptiste Concordan et François Baudisson. »
[J. B. Concordan, f. J. Revest, soubcuré, F. Baudisson]
  • Source : Registre paroissial de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, Archives départementales du Var, 2 MI EC2810R1.

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Le fatal accident de Casimir Payan (Arles, 4 septembre 1881) https://www.geneprovence.com/le-fatal-accident-de-casimir-payan-arles-4-septembre-1881/ https://www.geneprovence.com/le-fatal-accident-de-casimir-payan-arles-4-septembre-1881/#respond Sun, 21 Jun 2026 15:29:14 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=28549 Le dimanche 4 septembre 1881, à l’heure où l’aube pointait à peine sur les arènes d’Arles, le drame s’invita parmi les taureaux. On enfermait alors les bêtes de la manade…

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Le dimanche 4 septembre 1881, à l’heure où l’aube pointait à peine sur les arènes d’Arles, le drame s’invita parmi les taureaux. On enfermait alors les bêtes de la manade du They de Roustan, appartenant à M. Sabatier. Parmi les hommes présents se trouvait Casimir Payan, un journalier de 35 ans employé au domaine du Grand-Badon, en Camargue.
Originaire de Saint-Ambroix dans le Gard, l’homme était bien connu du milieu taurin local. On le surnommait « Renfort », car il prêtait souvent main-forte aux gardians pour conduire et parquer le bétail. Mais ce matin-là, la routine des corrales bascula.
L’un des taureaux refusait obstinément de regagner le fond de l’étable. Emporté par l’impatience, Payan commit une imprudence irréparable. Il arracha un trident des mains d’un gardian, descendit dans l’étable et piqua la bête pour la contraindre. La réaction du taureau fut foudroyante. D’un violent coup de tête, l’animal projeta le journalier au sol, le touchant durement à l’estomac.
Le malheureux tenta immédiatement de se relever. Ce fut sa perte. Le taureau chargea de nouveau et lui infligea un coup de corne d’une sauvagerie inouïe, lui arrachant la narine et lui sortant l’œil gauche de son orbite.
La police fit transporter Payan en urgence à l’Hôtel-Dieu Saint-Esprit. Il y lutta contre la mort durant toute la journée du lundi, sans jamais reprendre connaissance, et rendit son dernier soupir le soir même, à 8 heures, succombant à d’horribles blessures à la tête.
Le lendemain, 6 septembre, Jacques Tardieu, adjoint au maire d’Arles, rédigeait son acte de décès. On y apprenait que Payan était le fils de feu son homonyme, Casimir Payan, et de défunte Marguerite Trèze. Célibataire, il laissait derrière lui le souvenir d’un homme courageux mais sans doute trop hardi.
Pour expliquer un tel manque de discernement chez un homme habitué aux bêtes, les témoins avancèrent une triste explication. On raconta que « Renfort », amateur d’absinthe, avait passé la nuit à attendre l’arrivée des taureaux. Au moment de l’accident, il était, semble-t-il, encore sous l’emprise de la boisson. Une nuit d’ivresse qui s’acheva dans le sang et la poussière des arènes.
  • Sources : L’Homme de bronze, 11 septembre 1881, p. 3.
  • Registre d’état civil de la commune d’Arles, no 478, Archives départementales des Bouches-du-Rhône, 203 E 1411.

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Drame à la tannerie Jullien (Marseille, 27 juin 1868) https://www.geneprovence.com/drame-a-la-tannerie-jullien-marseille-27-juin-1868/ https://www.geneprovence.com/drame-a-la-tannerie-jullien-marseille-27-juin-1868/#respond Fri, 19 Jun 2026 17:59:18 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=28496 C’était un samedi soir ordinaire, vers 18 heures, dans le quartier du Bas-Canet. L’ombre commençait sans doute à s’étirer sur les cuves et les peaux de la tannerie Jullien, alors…

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C’était un samedi soir ordinaire, vers 18 heures, dans le quartier du Bas-Canet. L’ombre commençait sans doute à s’étirer sur les cuves et les peaux de la tannerie Jullien, alors que les ouvriers s’apprêtaient à clore leur rude journée de labeur. Soudain, un événement effroyable vint briser la routine de l’atelier, plongeant l’assistance dans une stupeur indicible.
Un ouvrier, que la chronique de l’époque ne nommait que sous l’initiale mystérieuse de sieur N., tentait une manœuvre délicate mais courante dans ces usines mécanisées du siècle passé. Il voulut passer une courroie par-dessus une roue d’engrenage, un geste mille fois répété qui, ce soir-là, tourna au drame. En un instant, la roue saisit sa main et le malheureux fut entraîné, sans aucune échappatoire possible, par le mouvement de rotation inexorable de la machine.
La violence du mécanisme ne laissa aucune chance à la victime. Lorsqu’on parvint enfin à arrêter l’engin et à extraire l’homme de ses rouages de fer, le spectacle était proprement insoutenable. Tous ses membres étaient littéralement broyés par la puissance des engrenages. Son corps n’offrait plus aux regards horrifiés de ses camarades qu’un immense amas de chairs et d’ossements, déchirés et brisés par la force centrifuge et la compression du métal.
Alertés en toute hâte, les médecins et les représentants de la justice accoururent sur les lieux, mais leur présence ne fut que de pure forme pour la survie de l’homme. Ils ne purent que constater le décès immédiat de celui que le journal qualifiait alors d’imprudent ouvrier. Ce récit, bien que rapporté avec une certaine réserve par la presse de l’époque, témoigne de la dureté des conditions de vie et de la dangerosité du travail industriel en Provence.
  • Source : Le Petit Marseillais, 30 juin 1868, p. 2.

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L’accident fatal du pont du Turrelet (Gap, 26 décembre 1865) https://www.geneprovence.com/laccident-fatal-du-pont-du-turrelet-gap-26-decembre-1865/ https://www.geneprovence.com/laccident-fatal-du-pont-du-turrelet-gap-26-decembre-1865/#respond Mon, 25 May 2026 21:06:08 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=28357 En ce funeste mardi 26 décembre 1865, le froid engourdissait encore les voyageurs tandis que la mort rôdait aux portes de Gap (Hautes-Alpes). La lourde voiture des messageries, qui assurait…

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En ce funeste mardi 26 décembre 1865, le froid engourdissait encore les voyageurs tandis que la mort rôdait aux portes de Gap (Hautes-Alpes). La lourde voiture des messageries, qui assurait la longue et harassante liaison depuis Marseille, achevait son périple et s’apprêtait à entrer dans la ville. L’aube poignait à peine dans le ciel bas, puisqu’il n’était que six heures du matin. Soudain, alors que l’équipage passait face à l’usine à gaz, un événement inattendu vint rompre la monotonie de la fin du voyage.
Le cheval placé au milieu de l’attelage s’empêtra maladroitement les jambes dans le brancard1. Effrayés par les secousses brutales et les efforts désespérés de leur compagnon pour se libérer de son entrave, les autres chevaux s’emportèrent.
La diligence, devenue incontrôlable sous la traction folle des bêtes, fut entraînée à vive allure vers le pont du Turrelet. Sur le siège de devant, le conducteur mesura d’un regard l’imminence du péril. Cet homme d’expérience se nommait Jean-Baptiste Oglia. Âgé de cinquante ans, ce courageux conducteur de messageries, natif de Villars de Luzerne2 dans le Piémont, fils de feu Étienne et de défunte Marie-Dominique Antoinette, résidait à Marseille avec son épouse Thérèse Borel. Voyant le désastre inévitable se profiler, il tenta de descendre de la voiture en marche pour sauver sa vie.

Un destin fracassé contre un peuplier

Mais le destin se montra impitoyable et ne lui laissa aucune chance. À l’instant précis où il amorçait son geste de fuite, la voiture, violemment chassée par le garde-fou du pont, fut projetée sans ménagement contre un énorme peuplier qui bordait l’ouvrage. Le malheureux Jean-Baptiste Oglia se retrouva écrasé entre la carcasse de bois de la malle-poste et le tronc majestueux de l’arbre. La mort le faucha de manière instantanée, brisant net le fil de son existence à des kilomètres de son foyer phocéen.
Le chaos de l’impact fit d’autres victimes parmi l’équipage et les passagers. Le postillon, qui l’accompagnait dans sa tâche, fut rudement éjecté de son siège et chuta lourdement au sol, écopant de blessures assez graves. Fort heureusement, les voyageurs enfermés dans l’habitacle furent épargnés par le pire du choc ; seule une religieuse, chahutée par l’embardée, s’en tira avec quelques douloureuses contusions. C’est ainsi que quelques heures plus tard, à neuf heures du matin, le maire Alfred Allier coucha le nom du brave conducteur dans les registres de l’état civil, figeant à jamais dans les archives le souvenir de ce tragique accident.
  • Sources : L’Annonciateur, 30 décembre 1865, p. 1.
  • Registre d’état civil de Gap, année 1865, acte no 295, Archives départementales des Hautes-Alpes, 2 E 65/57/1.
  • 1. Le brancard désigne l’une des deux longues pièces rigides, généralement en bois ou en métal, qui s’avancent à l’avant du véhicule.
  • 2. Aujourd’hui Villar Pellice, métropole de Turin.

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Le saut du troupeau (La Saulce, octobre 1865) https://www.geneprovence.com/le-saut-du-troupeau-la-saulce-octobre-1865/ https://www.geneprovence.com/le-saut-du-troupeau-la-saulce-octobre-1865/#respond Sun, 05 Apr 2026 20:17:45 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27950 C’est un récit tragique que rapporta le Courrier des Alpes fin 1865, un récit survenu sur la route impériale reliant Gap à Marseille, au cœur du quartier du Saffre, près…

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C’est un récit tragique que rapporta le Courrier des Alpes fin 1865, un récit survenu sur la route impériale reliant Gap à Marseille, au cœur du quartier du Saffre, près de la Saulce.

Le saut mortel du troupeau

Alors qu’un troupeau transhumant de 1 400 bêtes se dirigeait vers un pré pour y paître, les bergers qui le menaient tentèrent de lui faire emprunter un sentier de descente. Mais les moutons, sans doute tenaillés par une faim pressante, ignorèrent le chemin balisé. Dans un élan irrépressible, ils se précipitèrent vers le pâturage en franchissant un mur haut de deux mètres. Les premiers ovins furent brutalement stoppés par les buissons et les ronces qui garnissaient le pied de l’ouvrage. Les suivants tombèrent les uns sur les autres, s’entassant jusqu’à former une sorte de rempart vivant. Ce chaos provoqua la mort par étouffement de 244 moutons.

Le sacrifice d’un homme et le mystère des registres

Hélas, le bilan ne s’arrêta pas à la perte du bétail. Dans un geste désespéré pour retenir ses bêtes et freiner leur chute mortelle, l’un des bergers fut lui-même entraîné par les premiers rangs du troupeau. Pris au piège sous la masse des animaux, l’homme ne put se dégager et mourut étouffé sous leur poids.
Toutefois, en plongeant dans le registre d’état civil de la Saulce pour retrouver la trace de ce malheureux, le mystère s’épaissit. Nous ne trouvons aucun décès de berger enregistré à cette période. Il est fort probable que l’officier de l’état civil l’ait simplement inscrit sous la profession de cultivateur, une approximation courante dans les actes anciens. De surcroît, à en juger par l’incapacité de cet homme à s’extraire du tumulte et à résister à la poussée et vu surtout les actes qui pourraient être celui de cet homme, je suis d’avis qu’il devait être âgé de plus de 80 ans, ce qui le rendait d’autant plus vulnérable face à la force brute du troupeau affolé.
  • Source : L’Annonciateur, 4 novembre 1865, p. 1.

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Un mariage endeuillé (Apt, 20 juin 1841) https://www.geneprovence.com/un-mariage-endeuille-apt-20-juin-1841/ https://www.geneprovence.com/un-mariage-endeuille-apt-20-juin-1841/#respond Thu, 26 Mar 2026 22:07:00 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27901 Le dimanche 20 juin 1841, la tragédie frappa cruellement un père de famille à proximité du hameau de Viton, près d’Apt (Vaucluse). Barthélemy Hugues, un cultivateur de Simiane âgé de…

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Le dimanche 20 juin 1841, la tragédie frappa cruellement un père de famille à proximité du hameau de Viton, près d’Apt (Vaucluse). Barthélemy Hugues, un cultivateur de Simiane âgé de 56 ans, cheminait paisiblement en direction de la ville pour assister au mariage de l’une de ses filles. Il était monté sur son mulet, ne se doutant pas que cette route festive le mènerait vers un funeste destin.
Le passage en cet endroit s’avérait particulièrement périlleux, car la voie ne mesurait que 3 mètres environ de largeur. C’est dans ce goulet étroit que le cavalier croisa la route d’une charrette pesamment chargée, conduite par monsieur Bec. L’imprudence fut partagée ce jour-là. Le charretier, face à l’étroitesse du chemin, omit d’arrêter son lourd attelage pour diminuer le danger et laisser le passage au père de la mariée.
Le choc fut inévitable et d’une rare violence. La charrette heurta brutalement l’animal et son cavalier. Déséquilibré par l’impact, le malheureux Barthélemy chuta lourdement au sol. L’horreur atteignit son paroxysme lorsqu’une des roues du lourd véhicule lui passa sur le corps.
Immédiatement secouru, on le transporta en urgence vers la ville. Hélas, les blessures étaient trop graves et le cultivateur expira peu d’instants après son admission à l’Hôtel-Dieu, transformant un jour de noces en une journée de deuil absolu.
  • Sources : Le Mercure aptésien, 27 juin 1841, p. 3.
  • Registre d’état civil de la ville d’Apt, Archives départementales de Vaucluse, année 1841, no 74.

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Tragédie domestique du boulanger (Toulon, 26 mai 1895) https://www.geneprovence.com/tragedie-domestique-du-boulanger-toulon-26-mai-1895/ https://www.geneprovence.com/tragedie-domestique-du-boulanger-toulon-26-mai-1895/#respond Sun, 15 Mar 2026 21:14:01 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27741 Dans le quartier Saint-Antoine, au numéro 18 de la route des Moulins, à Toulon (Var), la vie du sieur Jean-Baptiste Alziari, 51 ans, boulanger de son état, originaire de Sigale…

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Dans le quartier Saint-Antoine, au numéro 18 de la route des Moulins, à Toulon (Var), la vie du sieur Jean-Baptiste Alziari, 51 ans, boulanger de son état, originaire de Sigale (Alpes-Maritimes), était rythmée par le fournil et les tâches quotidiennes. Mais cet homme, laborieux et de bonne santé, avait pour rituel de s’échapper chaque après-midi vers sa campagne au quartier des Pomets, où il s’adonnait aux petits travaux des champs. C’est là, dans cette terre de repos, que le destin l’attendait de la plus cruelle des manières.

L’accident mortel du dimanche

En ce dimanche 26 mai 1895, M. Alziari entreprit une tâche simple, mais dangereuse : il voulut monter une balle de foin jusqu’à son grenier. Pour cette opération, il se hissa sur une échelle.
Soudain, le drame se joua. Il perdit l’équilibre sur l’échelle et tomba brusquement sur le sol. La balle de foin qu’il portait, le suivant dans sa chute, s’abattit lourdement sur lui et lui écrasa complètement le visage.
Le silence qui suivit fut effroyable. Quand les voisins accoururent, alertés par le bruit, ils ne trouvèrent plus qu’un cadavre sur la terre de la campagne.

Le funèbre retour

Le corps sans vie fut aussitôt relevé. Il fallut le transporter à bras jusqu’à son domicile, la boulangerie du quartier Saint-Antoine.
Imaginez l’horreur et l’émotion lorsque le funèbre cortège arriva à cette maison qu’il avait quittée quelques heures plus tôt, plein de santé. On juge aisément le désespoir de Mme Alziari et de sa fille en voyant leur époux et père revenir ainsi, brisé par un accident aussi absurde que terrible.
  • Sources : La République du Var, 29 mai 1895, p. 3.
  • Registre d’état civil de Toulon, année 1895, acte no 839, Archives départementales du Var, 7 E 146_426.

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Le destin brisé d’Auguste Ravel (Arles, 15 août 1881) https://www.geneprovence.com/le-destin-brise-dauguste-ravel-arles-15-aout-1881/ https://www.geneprovence.com/le-destin-brise-dauguste-ravel-arles-15-aout-1881/#respond Mon, 02 Mar 2026 13:21:05 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27660 Voici l’une de ces chroniques qui rappellent le prix amer payé par les hommes du labeur en cette époque d’essor du rail. C’est l’histoire d’un ouvrier dont la vie fut…

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Voici l’une de ces chroniques qui rappellent le prix amer payé par les hommes du labeur en cette époque d’essor du rail. C’est l’histoire d’un ouvrier dont la vie fut fauchée en une fraction de seconde, un sombre événement survenu en gare d’Arles.

Un drame matinal

Ce fut un lundi matin, à 5 heures, que la catastrophe frappa. La victime s’appelait Auguste Ravel. À 62 ans, cet homme d’équipe, veuf à deux reprises, garde aiguilleur au chemin de fer, était une figure du quartier, né à Livron dans la Drôme, mais solidement établi à Arles, où il résidait au 41 de la rue Neuve.
Sa tâche, essentielle pour la sécurité, consistait à se positionner sur la voie n° 2. Il devait signaler l’arrêt imminent de la machine n° 1000, dont le mécanicien était le sieur Vian. Cette locomotive effectuait une manœuvre complexe, devant faire passer neuf wagons vers les voies impaires de triage.

L’impact fatal

C’est dans l’enchevêtrement des manœuvres matinales que l’inévitable s’est produit. Alors qu’Auguste Ravel était concentré sur son signal, une seconde locomotive, la machine n° 1672, fit son apparition. Elle était conduite par le mécanicien Caury et montait du dépôt pour aller se placer en tête du train n° 1133.
Dans le bruit des machines et la pénombre de l’aube, le sieur Ravel fut tamponné par le tender de cette machine 1672. Le choc fut effroyable. Le corps de cet ouvrier de plus de soixante ans ne put résister à la violence du métal.
Le malheureux Ravel eut les pieds broyés et le corps mutilé. Le constat fut immédiat et terrible : il était mort sur le coup. C’est ainsi que se termina, dans la violence mécanique, l’histoire d’un homme dont le nom se devait d’être retenu.
  • Sources : L’Homme de bronze, 21 août 1881, p. 3.
  • Registre d’état civil de la ville d’Arles, no 442, Archives départementales des Bouches-du-Rhône, 203 E 1411.

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Tombé du haut d’un moulin (Boulbon, 12 décembre 1724) https://www.geneprovence.com/tombe-du-haut-dun-moulin-boulbon-12-decembre-1724/ https://www.geneprovence.com/tombe-du-haut-dun-moulin-boulbon-12-decembre-1724/#respond Tue, 24 Feb 2026 18:27:57 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27593 Sous l’Ancien Régime, le meunier de Boulbon occupe une position sociale charnière, alliant la maîtrise technique du moulin à vent à des responsabilités administratives comme procureur juridictionnel. Ce cumul de…

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Sous l’Ancien Régime, le meunier de Boulbon occupe une position sociale charnière, alliant la maîtrise technique du moulin à vent à des responsabilités administratives comme procureur juridictionnel. Ce cumul de fonctions souligne son influence locale, loin de l’image du simple artisan. En 1724, la médecine rurale, démunie face aux traumatismes crâniens ou aux hémorragies internes consécutifs à une telle chute, ne peut que constater le décès immédiat. L’expression « rester sur le carreau » traduit ici la violence du choc sur le sol dallé du moulin, mettant un terme brutal à une carrière de notable villageois sexagénaire.

« Le 13 décembre 1724, a été enseveli Alphonse Berlandier, meunier, procureur juridictionnel, mort hier d’une chute du haut de son moulin, qui le fit rester sur le carreau.
Il était âgé d’environ soixante ans.
Anima eius requiescat in pace. »
[Perier vicaire]
  • Source : Registre paroissial de Boulbon, Archives départementales des Bouches-du-Rhône, 203 E 222.

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Un drame de neuf mètres (Arles, 9 février 1840) https://www.geneprovence.com/un-drame-de-neuf-metres-arles-9-fevrier-1840/ https://www.geneprovence.com/un-drame-de-neuf-metres-arles-9-fevrier-1840/#respond Sun, 22 Feb 2026 21:34:10 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27576 Le théâtre, lieu de toutes les magies et de tous les mirages, est aussi, dans ses coulisses, un monde de péril. C’est là, dans les hauteurs sombres où l’on manœuvre…

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Le théâtre, lieu de toutes les magies et de tous les mirages, est aussi, dans ses coulisses, un monde de péril. C’est là, dans les hauteurs sombres où l’on manœuvre les décors, que se joua, un dimanche, une tragédie dénuée de tout artifice, mais d’une déplorable réalité.

Le danger dans la galerie

L’acteur malheureux de ce drame fut un ouvrier machiniste, dont le rôle essentiel est de donner vie à la scène, de monter et descendre les toiles et les décors. L’incident se produisit au théâtre d’Arles (Bouches-du-Rhône), après que le rideau eut été baissé.
Après investigation, il nous semble avoir retrouvé l’identité de la victime de cette histoire. Selon nous, le jeune homme en question se nommait Étienne-Paul Barbier, avait 29 ans, était originaire de Bourg-de-Péage (Drôme) et, au moment des faits, travaillait en qualité de menuisier pour l’entreprise de M. Jean Flory, dans la rue de la Roquette, à Arles.
Dans les arcanes de la machinerie, une des galeries établies pour le service des décors se trouvait obstruée. Voulant à tout prix contourner cet obstacle pour poursuivre son travail, l’ouvrier prit une décision fatale : il entreprit de passer en dehors des garde-fous qui ceignent pourtant ces galeries.

La chute de neuf mètres

L’homme s’engagea dans le vide, comptant sur la seule force de ses bras. Hélas, ses mains durent glisser. Précipité dans le vide, il fit une chute vertigineuse d’une hauteur de neuf mètres, s’écrasant sur la scène, juste à côté de la première coulisse.
L’ouvrier machiniste resta raide sans mouvement après l’impact. Il fut immédiatement transporté à l’hôpital de la ville, l’hôtel-Dieu Saint-Esprit, mais la gravité de ses blessures était telle qu’il y mourut dans la nuit, aux alentours d’une heure du matin.
Ce fut une fin amère et violente, loin des projecteurs. Cependant, au milieu de l’affliction, une seule consolation fut notée : ce passage était très fréquenté et l’on se félicita que personne n’eût occupé cet endroit au moment précis où le malheureux y fut précipité.
  • Sources : Le Mémorial d’Aix, 15 février 1840, p. 4.
  • Registre d’état civil de la ville d’Arles, année 1840, 203 E 1170, acte no 59, Archives départementales des Bouches-du-Rhône.

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