Armée Archives - GénéProvence http://www.geneprovence.com/category/armee/ 500 ans de faits divers en Provence Wed, 11 Feb 2026 18:04:51 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.1 https://www.geneprovence.com/wp-content/uploads/2024/04/cropped-434541497_912630390609581_141579584347965292_n-32x32.png Armée Archives - GénéProvence http://www.geneprovence.com/category/armee/ 32 32 Bénédiction des drapeaux du régiment de Bretagne (Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, 19 avril 1697) https://www.geneprovence.com/benediction-des-drapeaux-du-regiment-de-bretagne-saint-maximin-la-sainte-baume-19-avril-1697/ https://www.geneprovence.com/benediction-des-drapeaux-du-regiment-de-bretagne-saint-maximin-la-sainte-baume-19-avril-1697/#respond Wed, 11 Feb 2026 18:04:51 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27460 « L’an que dessus [1697] et le 19 avril, nous soussigné curé, étant revêtu d’un surplis, étole et pluvial violet, accompagné du révérend père Monier, notre secondaire, revêtu d’un surplis et…

L’article Bénédiction des drapeaux du régiment de Bretagne (Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, 19 avril 1697) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>

« L’an que dessus [1697] et le 19 avril, nous soussigné curé, étant revêtu d’un surplis, étole et pluvial violet, accompagné du révérend père Monier, notre secondaire, revêtu d’un surplis et d’une étole, et de plusieurs autres religieux,
Avons reçu au Maître-Autel le sieur de Fontvieille, lieutenant-colonel du régiment de Bretagne, étant à la tête dudit régiment, les soldats en armes, tambours battants,
Lequel nous a présenté trois drapeaux dudit régiment que nous avons bénis avec les cérémonies accoutumées en pareil cas,
En présence des autres officiers et soldats et d’un grand nombre de messires et de peuple de l’un et l’autre sexe de cette ville de Saint-Maximin,
Et ensuite, nous étant assis, avons remis lesdits trois drapeaux audit sieur lieutenant-colonel, étant à genoux, et lui avons donné le baiser de paix,
Et nous avons fait un petit discours pour animer les grands officiers et soldats, à signaler leur besogne pour le service du roi et ensuite on a dit la messe du Saint-Esprit, laquelle finie, ils nous ont remis les drapeaux et ils se sont retirés dans le même ordre de bataille. »
[Joseph Agnez, curé]

Le 19 avril 1697, à Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, cette cérémonie s’inscrit dans le contexte de la Guerre de la Ligue d’Augsbourg (1688-1697), opposant Louis XIV à une coalition européenne. L’événement est un puissant acte de sacralisation de la guerre au service du Roi de France.
Le curé, en habits violets (couleur pénitentielle/royale) et assisté de religieux, reçoit le régiment de Bretagne en ordre de bataille, tambours battants. Les drapeaux, symboles de l’honneur militaire, de la fidélité au Roi et de l’identité du régiment, sont présentés au Maître-Autel.
La cérémonie obéit à des rites précis : le curé bénit les étendards, puis les remet au lieutenant-colonel de Fontvieille, qui les reçoit à genoux, marquant l’hommage et l’allégeance. Le curé lui donne le baiser de paix (ici, un geste symbolique de bénédiction et de concorde, sans doute direct, réservé à cette occasion au dignitaire). Le discours exhorte les troupes à l’action pour le service du roi. La messe du Saint-Esprit est ensuite dite, implorant l’assistance divine. L’événement, tenu devant un grand nombre de messires et de peuple, est une manifestation publique et religieuse de soutien total à la politique militaire et absolutiste de Louis XIV.

  • Source : Registre paroissial de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, Archives départementales du Var, 2 MI EC2810R1.

L’article Bénédiction des drapeaux du régiment de Bretagne (Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, 19 avril 1697) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>
https://www.geneprovence.com/benediction-des-drapeaux-du-regiment-de-bretagne-saint-maximin-la-sainte-baume-19-avril-1697/feed/ 0
Un sergent royal ayant perdu la raison (Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, 27 mai 1688) https://www.geneprovence.com/un-sergent-royal-ayant-perdu-la-raison-saint-maximin-la-sainte-baume-27-mai-1688/ https://www.geneprovence.com/un-sergent-royal-ayant-perdu-la-raison-saint-maximin-la-sainte-baume-27-mai-1688/#respond Mon, 17 Feb 2025 05:30:27 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=24477 1688, sous le règne de Louis XIV, est une période où la foi et les institutions royales structurent profondément la vie provençale. Le destin tragique de Nicolas Arnaud, sergent du…

L’article Un sergent royal ayant perdu la raison (Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, 27 mai 1688) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>

1688, sous le règne de Louis XIV, est une période où la foi et les institutions royales structurent profondément la vie provençale. Le destin tragique de Nicolas Arnaud, sergent du roi à Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, offre un rare aperçu des angoisses spirituelles de l’époque. En tant qu’officier subalterne, Arnaud représentait l’autorité monarchique locale. Son décès, marqué par la « perte de l’usage de la raison », souligne non seulement l’absence de traitement pour les maladies mentales brutales, mais surtout le risque suprême de mourir sans confession ni eucharistie, un enjeu essentiel pour le salut de l’âme dans une société catholique fervente. Le prêtre a donc jugé bon d’insister sur cette incapacité dans l’acte.

« L’an que dessus [1688] et le 27 mai, est décédé à midi, muni du sacrement de l’extrême-onction, n’ayant pu recevoir ceux de la pénitence et de l’eucharistie,
Ayant perdu l’usage de la raison, Nicolas Arnaud, sergent du roi, âgé d’environ 55 ans, fils à feu Pierre Arnaud et de Diane Giraude, marié en cette ville de Saint-Maximin avec Laugière Guérine.
Il a été enseveli.
Présents Honoré Rebout et Honoré Arbaud. »
[H. Rebout, D. Albert, secondaire, H. Arbaud]
  • Source : Registre paroissial de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, Archives départementales du Var, 2 MI EC2809R1.

L’article Un sergent royal ayant perdu la raison (Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, 27 mai 1688) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>
https://www.geneprovence.com/un-sergent-royal-ayant-perdu-la-raison-saint-maximin-la-sainte-baume-27-mai-1688/feed/ 0
Assassinat d’un soldat (Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, 16 janvier 1685) https://www.geneprovence.com/assassinat-soldat-saint-maximin-janvier-1685/ https://www.geneprovence.com/assassinat-soldat-saint-maximin-janvier-1685/#respond Fri, 20 Dec 2024 05:30:18 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=23782 « L’an que dessus [1685] et le 16 janvier, a été enterré un soldat du régiment de Castries, de la compagnie de M. Dandron, grenadier, Qu’on trouva mort le quatorze du…

L’article Assassinat d’un soldat (Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, 16 janvier 1685) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>

« L’an que dessus [1685] et le 16 janvier, a été enterré un soldat du régiment de Castries, de la compagnie de M. Dandron, grenadier,
Qu’on trouva mort le quatorze du courant à sept heures après midi, à la rue qui est proche la porte de Marseille, nommé Saint-Pierre du nom de guerre, et de propre nom Pierre Choil, natif de la Maison-Dieu, évêché de Besançon, âgé d’environ vingt-sept ans,
Qu’on croit avoir été assassiné, ainsi qu’il appert par les procédures faites par M. le juge à la poursuite de M. le procureur du roi, et comme par lesdites procédures il conste qu’il était catholique apostolique et romain, il a été enseveli dans le cimetière.
Présents Barthélemy Giraud et François Baudisson. »
[F. Baudisson, F. de Félix, curé, B. Giraud]
  • Source : Registre paroissial de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, Archives départementales du Var, 2 MI EC2809R1.

L’article Assassinat d’un soldat (Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, 16 janvier 1685) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>
https://www.geneprovence.com/assassinat-soldat-saint-maximin-janvier-1685/feed/ 0
Un soldat déserteur en route pour les galères (Cabannes, 1er juillet 1704) https://www.geneprovence.com/un-soldat-deserteur-en-route-pour-les-galeres-cabannes-1er-juillet-1704/ https://www.geneprovence.com/un-soldat-deserteur-en-route-pour-les-galeres-cabannes-1er-juillet-1704/#respond Sun, 17 Nov 2024 05:30:35 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=23256 « L’an que dessus [1704] et le premier juillet, est mort soudainement un soldat déserteur qu’on menait à la chaîne aux galères, Appelé Sébastien Meline, natif de Fontaines-les-Sèches, en Bourgogne, ancien…

L’article Un soldat déserteur en route pour les galères (Cabannes, 1<sup>er</sup> juillet 1704) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>

« L’an que dessus [1704] et le premier juillet, est mort soudainement un soldat déserteur qu’on menait à la chaîne aux galères,
Appelé Sébastien Meline, natif de Fontaines-les-Sèches, en Bourgogne, ancien catholique, âgé d’environ vingt et un ans,
A été enseveli dans le cimetière de la paroisse. »
[Berlhe curé]
  • Source : Registre paroissial de Cabannes, Archives départementales des Bouches-du-Rhône, cote 203 E 227.

L’article Un soldat déserteur en route pour les galères (Cabannes, 1<sup>er</sup> juillet 1704) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>
https://www.geneprovence.com/un-soldat-deserteur-en-route-pour-les-galeres-cabannes-1er-juillet-1704/feed/ 0
Mort d’un pauvre soldat italien (Cabannes, 16 mars 1700) https://www.geneprovence.com/mort-dun-pauvre-soldat-italien-cabannes-16-mars-1700/ https://www.geneprovence.com/mort-dun-pauvre-soldat-italien-cabannes-16-mars-1700/#respond Mon, 04 Nov 2024 05:30:31 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=23060 « L’an que dessus [1700] et le seize mars est mort, après s’être confessé, un pauvre passant italien qui se disait de Rome, appelé Francesco, âgé d’environ vingt-cinq ans, qui venait…

L’article Mort d’un pauvre soldat italien (Cabannes, 16 mars 1700) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>

« L’an que dessus [1700] et le seize mars est mort, après s’être confessé, un pauvre passant italien qui se disait de Rome, appelé Francesco, âgé d’environ vingt-cinq ans, qui venait de servir dans les troupes du roi et dans la compagnie de Pougioliny.
Il s’appelait Champagne, ainsi qu’il appert de son congé,
A été enseveli dans le cimetière de la paroisse. »
[Berlhe curé]

Retrouvez l’histoire de Francesco de Cabannes en vidéo :

L’article Mort d’un pauvre soldat italien (Cabannes, 16 mars 1700) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>
https://www.geneprovence.com/mort-dun-pauvre-soldat-italien-cabannes-16-mars-1700/feed/ 0
Un drame à la caserne (Arles, 14 juin 1880) https://www.geneprovence.com/un-drame-a-la-caserne-arles-14-juin-1880/ https://www.geneprovence.com/un-drame-a-la-caserne-arles-14-juin-1880/#respond Sat, 05 Oct 2024 05:30:38 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=22520 Un incident grave vint troubler la quiétude de la caserne d’Arles, habituellement animée par le va-et-vient des soldats des 2e et 17e bataillons de chasseurs. Le lundi 14 juin 1880,…

L’article Un drame à la caserne (Arles, 14 juin 1880) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>

Un incident grave vint troubler la quiétude de la caserne d’Arles, habituellement animée par le va-et-vient des soldats des 2e et 17e bataillons de chasseurs. Le lundi 14 juin 1880, le chasseur Panou, appartenant à ce dernier bataillon, fut surpris en état d’ébriété dans la cantine. Son capitaine, ayant constaté son état, le fit enfermer à la salle de police en guise de punition.
C’est alors qu’un incident regrettable se produisit. Tandis qu’un homme de garde du 2e bataillon venait apporter la soupe à Panou, ce dernier, toujours sous l’emprise de l’alcool et d’une colère sourde, tenta de s’échapper. Malgré les efforts de l’homme de garde pour le retenir, Panou, dans un geste désespéré, le poignarda au ventre.
Il semblerait que Panou avait déjà été condamné à mort par le passé, avant d’être grâcié. Il ne lui restait plus que quelques mois de service à effectuer. Quant à sa victime, elle fut rapidement transportée à l’hôpital où ses blessures, bien que sérieuses, ne mettaient pas sa vie en danger.
Une enquête fut ouverte par les autorités militaires afin de déterminer les circonstances exactes de cet incident et d’en tirer toutes les conséquences.
  • Sources : L’Homme de bronze, no 36, 20 juin 1880, p. 3.

L’article Un drame à la caserne (Arles, 14 juin 1880) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>
https://www.geneprovence.com/un-drame-a-la-caserne-arles-14-juin-1880/feed/ 0
Tentative d’intrusion dans une maison close (Aix-en-Provence, 5 février 1839) https://www.geneprovence.com/tentative-dintrusion-dans-une-maison-close-aix-en-provence-5-fevrier-1839/ https://www.geneprovence.com/tentative-dintrusion-dans-une-maison-close-aix-en-provence-5-fevrier-1839/#respond Sun, 08 Sep 2024 15:16:54 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=22121 Mardi 5 février 1839, à une heure après minuit, une scène déplorable eut lieu hors de la porte de la Plate-Forme*, à Aix-en-Provence. Quatre caporaux de la garnison, probablement pris…

L’article Tentative d’intrusion dans une maison close (Aix-en-Provence, 5 février 1839) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>

Mardi 5 février 1839, à une heure après minuit, une scène déplorable eut lieu hors de la porte de la Plate-Forme*, à Aix-en-Provence.
Quatre caporaux de la garnison, probablement pris de vin, voulurent entrer de force dans une maison de prostitution, maison qui avait été bien des fois le théâtre de vives querelles.
L’entrée leur ayant été refusée, à cette heure indue, les militaires jugèrent à propos de faire tomber une grêle de pierres sur les fenêtres du logis. Cet acte de vengeance faillit tourner mal et l’un d’entre eux (peut-être le plus paisible) paya pour les trois autres.
En effet, l’assaut durait depuis une demi-heure, lorsqu’un certain Laurent, dont on devinera aisément la profession, fatigué du bruit extérieur, monta au premier étage, armé d’un fusil et le déchargea sur les assiégeants.
Le caporal Eugène eut la figure labourée par les plombs et on craignit, en le conduisant à l’hospice, qu’il ne perdît un œil.
  • Sources : Le Mémorial d’Aix, 16 février 1839, p. 4.

* Cette porte se trouvait à l’intersection de l’actuel boulevard Carnot et la rue de la Mule-Noire. La maison de prostitution évoquée dans ce fait divers se situe donc probablement sur l’actuel boulevard Carnot.

L’article Tentative d’intrusion dans une maison close (Aix-en-Provence, 5 février 1839) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>
https://www.geneprovence.com/tentative-dintrusion-dans-une-maison-close-aix-en-provence-5-fevrier-1839/feed/ 0
Un soldat tué par deux compagnons (Tourtour, 23 avril 1629) https://www.geneprovence.com/un-soldat-tue-par-deux-compagnons-tourtour-23-avril-1629/ https://www.geneprovence.com/un-soldat-tue-par-deux-compagnons-tourtour-23-avril-1629/#respond Thu, 06 Jun 2024 18:39:27 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=21040 « Le même jour 23 avril 1629, [nous] avons enterré un soldat qui avait été tué le jour de devant1 au […] terroir de Tourtour, par deux siens compagnons qui étaient…

L’article Un soldat tué par deux compagnons (Tourtour, 23 avril 1629) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>

« Le même jour 23 avril 1629, [nous] avons enterré un soldat qui avait été tué le jour de devant1 au […] terroir de Tourtour, par deux siens compagnons qui étaient avec lui, et [nous] l’avons enterré au bout du cimetière derrière l’église vers levant2, tout proche de la tombe où [nous] avons enterré l’autre soldat qui fut tué le jour dernier du carnaval3, lequel soldat était tambour. »

Notes
1. La veille.
2. Vers l’est.
3. Le dernier jour du carnaval.
  • Registre paroissial de Tourtour, Archives départementales du Var, 1MIEC204R1.
  • Remerciements à Marie-Dominique Germain et Sylvie Myriam Car.

L’article Un soldat tué par deux compagnons (Tourtour, 23 avril 1629) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>
https://www.geneprovence.com/un-soldat-tue-par-deux-compagnons-tourtour-23-avril-1629/feed/ 0
La lourde faute de Perrin (Martigues, 25 mars 1594) https://www.geneprovence.com/la-lourde-faute-de-perrin-martigues-25-mars-1594/ https://www.geneprovence.com/la-lourde-faute-de-perrin-martigues-25-mars-1594/#respond Mon, 03 Jun 2024 13:15:52 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=21003 La tour de Bouc, érigée au XIIIe siècle sur une île du terroir de Martigues, aujourd’hui rattachée à la terre, a longtemps gardé le chenal de Caronte afin de prémunir…

L’article La lourde faute de Perrin (Martigues, 25 mars 1594) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>

La tour de Bouc, érigée au XIIIe siècle sur une île du terroir de Martigues, aujourd’hui rattachée à la terre, a longtemps gardé le chenal de Caronte afin de prémunir les terres de toute invasion.
En 1594, cette tour était commandée par un certain Perrin, originaire de la République de Lucques. Le 25 mars de cette même année, un homme nommé de Vitelli, issu d’une célèbre famille d’Ombrie, vint l’assiéger dans le but de s’en rendre maître. Pour ce faire, il ne lésina pas sur les moyens et fit tirer quatre-vingts coups de canon.
Perrin choisit alors de marchander pour éviter d’y laisser la vie et accepta d’abandonner la tour, moyennant le paiement de 2000 pistoles. Ce fait peut étonner car Perrin n’était pas à court de munitions et il était certainement en mesure de défendre la tour plus hardiment.
« Contrairement à ce qu’espérait Perrin, de Pontevès entre dans une colère noire… »
Vitelli, lui, consentit au paiement demandé par Perrin et lui remit immédiat 200 pistoles « pour la monstre des soldats, le reste des trois mil six cents écus lui étant assuré et assigné à Avignon par bonne lettre de crédit ». Perrin fut donc convaincu et remit la tour à Vitelli.
En possession de sa lettre de crédit, il prit donc la route d’Avignon, mais s’arrêta en chemin, à Saint-Mitre (aujourd’hui Saint-Mitre-les-Remparts), pour raconter au comte de Carcès, Gaspard de Pontevès, les détails de cette affaire.
Mais contrairement à ce qu’espérait Perrin, de Pontevès entre dans une colère noire en apprenant que Perrin aurait pu dispenser plus d’efforts pour conserver la tour de Bouc. Aussi prend-il une mesure radicale : il ordonne de le faire pendre « et attacher de chaud en chaud en un infame gibet parce qu’il avait encore des vivres et munitions pour trois mois et une bonne et forte masse de Tour capable de soutenir plusieurs foudres et tonnerres ainsi qui pouvait être esbranlée. »
L’attitude de Perrin avait été d’autant plus honteuse que ce n’était pas à une armée régulière qu’il avait cédé la tour mais à des particuliers qui œuvraient pour le roi. Le célèbre Nostradamus écrira que Vitelli, avec l’aide des Marseillais et des Martégaux de l’Isle, continua à chercher à s’emparer de la tour en lui donnant 250 coups de canon. Les combats firent rage, plusieurs Marseillais y perdirent la vie et au final la tour fut rendue aux Martégaux le 10 septembre 1594.
  • Source : Histoire de Martigues et de Port-de-Bouc, Alfred Saurel, Marseille, 1862, p. 64.

L’article La lourde faute de Perrin (Martigues, 25 mars 1594) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>
https://www.geneprovence.com/la-lourde-faute-de-perrin-martigues-25-mars-1594/feed/ 0
Massacre à la bastide de Bonny (Reillanne, 10 mai 1575) https://www.geneprovence.com/massacre-a-la-bastide-de-bonny-reillanne-10-mai-1575/ https://www.geneprovence.com/massacre-a-la-bastide-de-bonny-reillanne-10-mai-1575/#respond Thu, 30 May 2024 13:42:47 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=20968 La fin du XVIe siècle est une période particulièrement violente en Provence, marquée par les guerres de religion entre catholiques et protestants. Ces conflits sanglants, exacerbés par des rivalités locales…

L’article Massacre à la bastide de Bonny (Reillanne, 10 mai 1575) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>

La fin du XVIe siècle est une période particulièrement violente en Provence, marquée par les guerres de religion entre catholiques et protestants. Ces conflits sanglants, exacerbés par des rivalités locales et des tensions politiques, ravagent la région. Les villes fortifiées, telles qu’Avignon et Marseille, deviennent des bastions stratégiques, tandis que la population des villages souffre de pillages, de massacres et de sièges prolongés. La Haute-Provence n’est pas épargnée. En témoigne ce texte qui relate le massacre par des protestants huguenots de dix-neuf Reillannais, dont la majorité sont des enfants :

« L’an que dessus et le dixième jour du mois de mai fut fait un massacre à la bastide de Bonni, par les huguenots, des enfants de Reillanne et premièrement Ambroise Lieutaud, Louis Martin, maître François Vespier, Pierre Gibony, Christol Bigardier, maître Huguet Aubert, Domenche Aubert, maître Guillaume Gras, maître Antoine Olivier, maître Jean Olivier, frères, Laurent Vener, Étienne Granon, Antoine Thomas, maître Poncet Aubert, Laurent Serpoul, Louis Roustan, Jacques Pernus, Jean Pintal, Gaspard Boyer, domine dona animae eorum in pace requiescant1. »

1. « Seigneur, fais que leurs âmes reposent en paix. »
  • Registre paroissial de Reillanne, Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, 1MI5/0443.
  • Texte signalé par Hélène Fréret.
  • Remerciements pour la transcription : Stéphanie Dick, Sébastien Avy et Marie-Dominique Germain.

L’article Massacre à la bastide de Bonny (Reillanne, 10 mai 1575) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>
https://www.geneprovence.com/massacre-a-la-bastide-de-bonny-reillanne-10-mai-1575/feed/ 0