Chasse Archives - GénéProvence https://www.geneprovence.com/category/chasse/ 500 ans de faits divers en Provence Mon, 10 Nov 2025 20:29:22 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.1.3 https://www.geneprovence.com/wp-content/uploads/2024/04/cropped-434541497_912630390609581_141579584347965292_n-32x32.png Chasse Archives - GénéProvence https://www.geneprovence.com/category/chasse/ 32 32 Jules Gérard, l’explorateur provençal mort en Afrique (septembre 1864) https://www.geneprovence.com/jules-gerard-lexplorateur-provencal-mort-en-afrique-septembre-1864/ https://www.geneprovence.com/jules-gerard-lexplorateur-provencal-mort-en-afrique-septembre-1864/#respond Mon, 10 Nov 2025 19:52:37 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=26696 Dans le courant du mois de septembre 1864 commença à courir dans toute la France, et principalement en Provence dont il était originaire, le bruit de la mort d’un célèbre…

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Dans le courant du mois de septembre 1864 commença à courir dans toute la France, et principalement en Provence dont il était originaire, le bruit de la mort d’un célèbre chasseur de lions en Afrique, Jules Gérard, de Pignans (Var).
Surnommé « le tueur de lions », Jules Gérard, était avant toute chose un militaire. Né le 14 juin 1817, il s’était engagé dans les spahis en Algérie où il s’était fait une réputation en abattant de nombreux lions, ce qui lui valut la Légion d’honneur et l’estime de personnalités influentes en France. Ses exploits furent relatés dans la presse et dans des romans de l’époque. On dit notamment qu’Alphonse Daudet s’inspira de sa vie pour l’écriture du roman Tartarin de Tarascon (1872), qui décrivait les aventures d’un chasseur de lions provençal en Algérie.
Devenu capitaine, Jules Gérard se consacra à l’exploration de l’Afrique subsaharienne, fondant même une société pour ses expéditions. Ne trouvant pas de financement en France, il se tourna vers les Britanniques.

L’expédition du héros

Gérard en 1865, dessin paru dans L’Illustration, journal universel, 7 janvier 1865.
Rapidement après sa mort, la presse française et les rumeurs suggérèrent que le héros avait perdu la vie lors d’une expédition au royaume de Dahomey, mais ces rumeurs furent promptement démenties.
Aussi ne savait-on pas réellement ce qu’il était advenu de Gérard.
Ce fut finalement le consul de France au Sierra-Leone, J. Braouézec, qui confirma la triste nouvelle.
L’ancien tueur de lions s’était rendu sur la côte occidentale d’Afrique, muni des instructions de la Société royale géographique de Londres et avec l’appui de plusieurs personnages de la noblesse anglaise. Son intention était d’accomplir une exploration dans l’intérieur des terres. Il s’était d’abord proposé de visiter la chaîne de Kong, en Guinée septentrionale, qui jusqu’alors n’avait été parcourue par aucun Européen.
Parti d’Angleterre dans les derniers mois de 1863, il se rendit à Wyddals, et de là pénétra dans le royaume de Dahomey, d’où il datait une de ses dernières lettres adressées au duc de Wellington.
Après avoir inutilement essayé de pénétrer par le Dahomey, dans l’intérieur de l’Afrique, Jules Gérard vint au Sierra Leone avec une lettre de recommandation de M. Brossard de Corbiny, chef de la station du golfe de Guinée, pour M. Braouézec. Les Anglais de Sierra Leone lui fournirent immédiatement de nouveaux moyens de voyager. Un navire de guerre commandé par M. Cochrane, fils du célèbre lord du même nom, le transporta aux environs de la rivière Gallinas.
Quelques jours après sa mise à terre, il perdit tous ses bagages et se réfugia dans le Sherboro, où les Français résidents se firent un devoir de l’aider de tous leurs moyens.
Il partait donc ravitaillé de nouveau du village de Begboum, au mois de mai ou au mois de juin 1864, lorsque, à deux heures de marche, il fut encore complètement pillé et obligé de revenir dans le même village, où il attendit, pour se remettre en route, la fin de la saison des pluies.

La mort de Jules Gérard

Cependant, ses ressources s’étant totalement épuisées, il voulut retourner quand même au Sierra-Leone mais se noya en traversant le Jong, grossi par les pluies. Cette rivière charriait une énorme quantité de limon et de débris de mangliers et de palétuviers qui venaient former des îles flottantes dans le canal du Sherboro.
La mort était donc de toute évidence accidentelle. Il fallut attendre plusieurs années pour qu’une autre réalité se dessine. Victor de Compiègne (1846-1877), un autre explorateur de l’Afrique, lui aussi mort tragiquement, mais lors d’un duel, déclara dans un ouvrage que Jules Gérard était tombé dans une embuscade, probablement tendue par ses porteurs africains. Il prétendit que ceux-ci avaient cherché à se venger de leur maître qui usait fréquemment de mauvais traitements envers ceux-ci. Ils profitèrent d’ailleurs de sa mort pour emporter son arsenal de chasse.
L’héritage de Gérard demeure donc complexe, partagé entre le mythe du héros explorateur et une fin brutale, reflet des tensions et des dangers inhérents aux expéditions de l’époque en Afrique.
  • Sources : L’Annonciateur, édition du 10 décembre 1864, p. 3.

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Un mois de prison pour de la chasse hors saison (Saint-Andiol, 14 juin 1881) https://www.geneprovence.com/un-mois-de-prison-pour-de-la-chasse-hors-saison-saint-andiol-14-juin-1881/ https://www.geneprovence.com/un-mois-de-prison-pour-de-la-chasse-hors-saison-saint-andiol-14-juin-1881/#respond Mon, 29 Sep 2025 09:23:04 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=26459 Le tribunal correctionnel de Tarascon rendit à la mi-juin 1881 un jugement notable. Lors de son audience, un cultivateur de Saint-Andiol, nommé Peysson et surnommé « le Ragot », fut en effet…

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Le tribunal correctionnel de Tarascon rendit à la mi-juin 1881 un jugement notable. Lors de son audience, un cultivateur de Saint-Andiol, nommé Peysson et surnommé « le Ragot », fut en effet condamné à une peine d’un mois de prison ferme. La raison ?
Cette décision sanctionnait un délit de chasse. En effet, Peysson avait été reconnu coupable de braconnage, ayant chassé durant une période interdite. Mais d’ordinaire, du mois à cette époque, les peines pour ce genre de délit étaient plus légères. La sévérité de la sentence s’expliquait par plusieurs facteurs.
D’abord, le prévenu avait des antécédents judiciaires défavorables. De plus, sa conduite durant l’audience avait aggravé son cas. Il avait notamment tenté de tromper la justice en amenant avec lui plusieurs faux témoins. Cependant, ceux-ci décidèrent finalement de se rétracter à la fin des débats. Ce geste, sage pour eux, influença sans doute la décision finale du tribunal.
  • Sources : L’Homme de bronze, 19 juin 1881, p. 3.

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La chasse en Haute-Provence en 1489 https://www.geneprovence.com/la-chasse-en-haute-provence-en-1489/ https://www.geneprovence.com/la-chasse-en-haute-provence-en-1489/#respond Sun, 15 Jun 2025 05:30:49 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=25624 Il est fascinant de se plonger dans les archives pour découvrir comment la vie s’organisait il y a des siècles. Un document exceptionnel, un rôle en provençal de 1489 conservé dans…

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« Chasseur s’apprêtant à décocher un carreau d’arbalète sur un oiseau », Maître des heures de Pontbriand, 1490-1500, Bibliothèque Les Champ Libres, Rennes (Bretagne).
Il est fascinant de se plonger dans les archives pour découvrir comment la vie s’organisait il y a des siècles. Un document exceptionnel, un rôle en provençal de 1489 conservé dans les archives municipales de Sault, nous offre un aperçu captivant de la chasse et du commerce des produits cynégétiques dans nos montagnes de Haute-Provence, à la fin du XVe siècle. Ce précieux témoignage, résumé par Jean Barruol et publié dans le Bulletin de la Société scientifique et littéraire des Basses-Alpes en avril 1954, révèle un pan méconnu de notre histoire locale.

Un marché réglementé et des monnaies d’antan

En 1489, le marché de Sault était déjà bien organisé. Ceux qui venaient y vendre leurs marchandises, et notamment le fruit de leur chasse, devaient s’acquitter de droits bien précis. Les tarifs varient selon l’animal. Le cerf, par exemple, était taxé d’un « gros » (une monnaie de l’époque). Le sanglier, le renard et le « teysson » (blaireau) payaient chacun 2 « patacs » – une autre monnaie ancienne de la région. Le chamois coûtait 6 patacs, tandis que le chevreuil et la biche étaient à 4 patacs. Même les loups, qu’ils soient mâles (6 patacs), louves (4 patacs) ou loubatons (jeunes loups, 2 patacs), avaient leur tarif. Le loup cervier (lynx) était le moins taxé, à 8 deniers, montrant peut-être sa rareté ou une valeur moindre à la vente. Étonnamment, si lièvres et lapins sont mentionnés, on ne trouve aucune trace des perdreaux dans ce rôle.

La chasse : un droit avec des devoirs féodaux

Les règles de la chasse étaient également codifiées. Quiconque, qu’il soit étranger ou citoyen de Sault, souhaitant chasser le cerf, le chamois, le chevreuil ou la biche, en avait le droit. Mais cette liberté avait un prix : il fallait donner au seigneur « un quartier de chaque bête tuée ». Une manière pour la noblesse de l’époque de prélever sa part sur les ressources du territoire. L’organisation de la chasse était même institutionnalisée, puisque des « chasseurs de loups » étaient salariés à Sault, Aurel et Monieux dès 1510, signe de l’importance de la régulation de ces prédateurs.

La faune d’autrefois et sa disparition progressive

Le document de 1489 offre également un aperçu de la faune présente dans nos montagnes. Outre les animaux chassés, il mentionne le « chat fer » (chat sauvage), la martre, la fouine et la loutre, indiquant un commerce florissant de leurs peaux ou cuirs, aux côtés de ceux de sangliers, loups, cerfs, chamois et même de vautours.
Parmi les oiseaux, désignés en provençal comme « lis ouçeu », on trouvait le héron, le cygne, la grue, l’oie, le faisan, la « bécha » (peut-être une bécasse), le « boysset » et la « forcolla ». Il est intéressant de noter que la dinde n’avait pas encore fait son apparition dans nos régions, n’étant pas encore arrivée du Mexique à cette date ! Quant aux « ouçeu de rapina » (oiseaux de proie), l’aigle, l’aiglon, le sacre (un type de faucon), le faucon, l’autour, l’épervier, le vautour et « l’esmerilhon » (le faucon émerillon) peuplaient nos cieux.
Le temps a toutefois eu raison de certaines espèces dans nos montagnes. Le texte nous apprend que le dernier cerf « officiellement » tué dans le pays le fut à Rustrel, en 1641. Mais la nature sauvage persistait, puisque des ours étaient encore signalés à Redortiers en 1680.

Un instantané de la vie quotidienne médiévale

Au-delà de la chasse, cet acte de 1489 révèle d’autres aspects de la vie en Haute-Provence. On y vendait couramment des armes, telles que des arbalètes, des arcs, des bombardes, des garrots et des lances – preuve que nos ancêtres n’étaient pas des « reîtres » (soldats mercenaires souvent violents), mais que ces outils étaient partie intégrante de la vie courante. Plus surprenant encore, le même acte fait état de la vente de « livres écrits en latin, en roman ou en hébreu » en 1489 ! Et les peintres gagnaient une « mealha » (une petite somme) pour chaque « ymage » vendue.
Ce document des archives de Sault, dont l’analyse nous a été transmise par Jean Barruol, est une véritable fenêtre sur le quotidien et les mœurs de nos ancêtres provençaux à la fin du Moyen Âge, montrant une société à la fois rude et organisée, où la nature était au cœur des échanges et de la subsistance.

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