Culture Archives - GénéProvence https://www.geneprovence.com/category/culture/ 500 ans de faits divers en Provence Mon, 07 Oct 2024 18:48:45 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.8.3 https://www.geneprovence.com/wp-content/uploads/2024/04/cropped-434541497_912630390609581_141579584347965292_n-32x32.png Culture Archives - GénéProvence https://www.geneprovence.com/category/culture/ 32 32 La chanson traditionnelle dans les maisons des Alpes au XIXe siècle https://www.geneprovence.com/chanson-traditionnelle-alpes-xixe-siecle/ https://www.geneprovence.com/chanson-traditionnelle-alpes-xixe-siecle/#respond Sat, 12 Oct 2024 05:30:50 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=22597 Les Hautes-Alpes et le nord des Basses-Alpes, régions montagneuses du sud-est de la France, ont une riche tradition musicale qui a traversé les siècles. Au XIXe siècle, les chansons traditionnelles jouaient…

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Les Hautes-Alpes et le nord des Basses-Alpes, régions montagneuses du sud-est de la France, ont une riche tradition musicale qui a traversé les siècles. Au XIXe siècle, les chansons traditionnelles jouaient un rôle central dans la vie quotidienne des habitants, servant à la fois de divertissement et de moyen de transmission de l’histoire et des coutumes locales.

Un héritage musical vivant

Les Hautes-Alpes et le nord des Basses-Alpes, régions montagneuses du sud-est de la France, ont une riche tradition musicale qui a traversé les siècles. Ces régions, caractérisées par leurs paysages alpins majestueux et leurs villages pittoresques, ont toujours été un terreau fertile pour la culture et les traditions orales. Au XIXe siècle, les chansons traditionnelles jouaient un rôle central dans la vie quotidienne des habitants. Elles étaient chantées lors des veillées, des fêtes de village, et même pendant les travaux agricoles, apportant réconfort et joie dans la rudesse de la vie montagnarde.
Ces chansons servaient non seulement de divertissement, mais aussi de moyen de transmission de l’histoire et des coutumes locales. À travers les paroles, les habitants racontaient des histoires de leur passé, des légendes locales, et des événements marquants. Les chansons étaient souvent empreintes de poésie et de symbolisme, évoquant la nature environnante, les saisons, et les cycles de la vie. Elles reflétaient les préoccupations, les joies et les peines des communautés montagnardes, créant un lien fort entre les générations.
Les mélodies et les paroles étaient transmises de bouche à oreille, de génération en génération, assurant ainsi la préservation de ce patrimoine immatériel. Les chansons traditionnelles étaient également un moyen de renforcer la cohésion sociale, en rassemblant les membres de la communauté autour de valeurs et d’expériences communes. En somme, la musique traditionnelle des Hautes-Alpes et du nord des Basses-Alpes au XIXe siècle était bien plus qu’un simple divertissement : elle était le reflet de l’âme de ces régions et de leurs habitants.

Exemple de chanson traditionnelle

Un exemple typique de ces chansons est illustré par les paroles suivantes :
A la Tchandelièro,
Gran fret, gran névièro,
L'Ours souorté dé sa tanièro,
Faï trés tourts,
Et rientro par quaranto djourts.
À la Chandeleur,
Grand froid, grande neige,
L'ours est sorti de sa tanière,
A fait trois tours
Et est rentré pour quarante jours.

Cette chanson, qui mentionne « la Chandelièro » (la Chandeleur), décrit le froid intense et la neige abondante, ainsi que la sortie de l’ours de sa tanière, un événement marquant dans le folklore local. La mention de l’ours et de la Chandeleur pourrait symboliser la fin de l’hiver et le retour progressif du printemps, un thème récurrent dans les chansons de cette région.

Collecte et préservation

Des ethnomusicologues comme Julien Tiersot (1857-1936) et Charles Joisten (1936-1981) ont joué un rôle crucial dans la collecte et la préservation de ces chansons. Tiersot, par exemple, a mené une enquête de 1895 à 1900 dans les Alpes françaises, recueillant des centaines de chansons populaires. Son travail a permis de documenter et de sauvegarder un patrimoine musical qui, autrement, aurait pu disparaître. Il a publié plusieurs ouvrages sur la musique traditionnelle française, contribuant ainsi à une meilleure compréhension et appréciation de cette culture musicale.
Joisten, quant à lui, a poursuivi ce travail dans les années 1950 et 1970, mettant en lumière la richesse de la tradition orale des Hautes-Alpes. Passionné par les traditions populaires, il a collecté non seulement des chansons, mais aussi des contes, des légendes et des récits de vie. Son approche ethnographique a permis de contextualiser ces chansons dans la vie quotidienne des habitants, offrant ainsi une vision plus complète de la culture locale. Joisten a également travaillé à la diffusion de ce patrimoine à travers des publications et des enregistrements, permettant à un public plus large de découvrir et d’apprécier ces trésors culturels.
Leurs travaux ont été essentiels pour la préservation de la mémoire collective des Hautes-Alpes et du nord des Basses-Alpes. Grâce à leurs efforts, de nombreuses chansons traditionnelles ont été sauvegardées et continuent d’être chantées aujourd’hui, témoignant de la vitalité et de la richesse de la culture musicale de ces régions. En documentant ces chansons, Tiersot et Joisten ont non seulement préservé un patrimoine immatériel précieux, mais ont également contribué à la reconnaissance et à la valorisation des cultures locales.

Importance culturelle

Ces chansons ne sont pas seulement des vestiges du passé ; elles continuent de vivre à travers les générations, transmises de bouche à oreille. Elles sont un témoignage précieux de la culture et de l’histoire des habitants des Hautes-Alpes et du nord des Basses-Alpes, offrant un aperçu unique de leur vie quotidienne au XIXe siècle.

En conclusion, la chanson traditionnelle dans les maisons des Hautes-Alpes et du nord des Basses-Alpes au XIXe siècle est un héritage culturel riche et vivant, qui mérite d’être célébré et préservé. Les paroles de ces chansons, comme celles citées ci-dessus, nous rappellent l’importance de la nature, des saisons, et des traditions dans la vie de ces communautés montagnardes.

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Un perturbateur au théâtre (Aix-en-Provence, 13 janvier 1839) https://www.geneprovence.com/un-perturbateur-au-theatre-aix-en-provence-13-janvier-1839/ https://www.geneprovence.com/un-perturbateur-au-theatre-aix-en-provence-13-janvier-1839/#respond Fri, 16 Aug 2024 18:28:02 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=21823 Le dimanche 13 janvier 1839, au théâtre d’Aix avait lieu une représentation de La Fête du village voisin, un opéra de François-Adrien Boïeldieu, écrit en 1816. Au XVIIIe et au…

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Le dimanche 13 janvier 1839, au théâtre d’Aix avait lieu une représentation de La Fête du village voisin, un opéra de François-Adrien Boïeldieu, écrit en 1816.
Au XVIIIe et au XIXe siècles, les spectateurs étaient habitués à entendre des cris répétés et assourdissants venant des spectateurs pendant les entractes.
Ce soir-là, on venait de jouer le premier acte de l’opéra et le silence avait été presque religieux.
Mais au lever du rideau, donc au moment où allait débuter le second acte, un jeune homme de parterre, couvert d’un chapeau, se mit à hurler dans le but évident de perturber le bon déroulé de la représentation.
Les spectateurs protestèrent et un agent de police s’approcha du perturbateur au chapeau. Il lui demanda dans un premier temps de se découvrir.
Le jeune homme, visiblement pas très pénétré d’une bonne éducation, ignora superbement le police dont le couvre-chef surmonté de la cocarde tricolore ne laissait pas de doute quant à son identité.
Avec effronterie, il lui répondit qu’il ne se découvrirait qu’après lui. Ce qui fut fait, l’agent, relâchant avec intelligence un peu de ses droits, ôta son couvre-chef pour inciter l’autre à en faire de même et lui donnant par là une leçon de politesse et de convenances. On ne doit en effet pas être couvert au théâtre.
Mais le jeune homme ne s’en tint pas là. Soit par indisposition, comme il le prétendit plus tard, soit par esprit de forfanterie, il avait encore son chapeau sur la tête quelques minutes après.
Désemparé, l’agent de police se tourna vers son supérieur, resté au fond de la salle, qui l’observait. Sur un signe de celui-ci, il haussa le ton et ordonna au jeune homme de le suivre jusqu’à la loge du commissaire.
Finalement, le garçon redevenu soudain calme allait céder quand des amis à lui le retinrent et entreprirent d’empêcher l’arrestation.
L’agent insista brutalement et reçut soudain un violent coup de poing qui lui ensanglanta le visage.
De toutes parts, on criait : « Haro sur la police ! » et le pauvre agent ne serait pas ressorti indemne de la salle sans l’intervention du commissaire et de son écharpe.
Le procureur du roi fu contacter et celui-ci ordonna que le perturbateur bruyant fût jeté au violon pour trois jours de détention préventive en attendant de décider de son sort.
Enfin, le tribunal correctionnel le condamna à vingt-quatre autres heures de prison et à 25 francs d’amende au profit du trésor et aux frais de la procédure.
  • Sources : Le Mémorial d’Aix, 19 janvier 1839, p. 2.

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Félibres et Félibrige https://www.geneprovence.com/felibres-et-felibrige/ https://www.geneprovence.com/felibres-et-felibrige/#respond Tue, 07 Jan 2014 00:01:30 +0000 http://www.geneprovence.com/?p=10109 2014 est l’année Mistral, des­ti­née à commémorer le cen­te­nai­re de la mort de Frédéric Mistral le 25 mars 1914. Géné­Provence tient à s’as­so­cier à cette célébration en vous proposant durant cette année, au rythme d’un article par mois, les biographies des premiers Félibres. [caption id="attachment_10111" align="alignleft" width="300"] Fondation du Félibrige à Font-Ségugne (1854)[/caption] Le félibrige Le Félibrige est créé par sept jeunes poètes provençaux le 21 mai 1854, jour de la Sainte-Estelle, au château de Font-Ségugne, sur la commune de Châteauneuf-de-Gadagne, dans le Vaucluse.

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2014 est l’année Mistral, des­ti­née à commémorer le cen­te­nai­re de la mort de Frédéric Mistral le 25 mars 1914. Géné­Provence tient à s’as­so­cier à cette célébration en vous proposant durant cette année, au rythme d’un article par mois, les biographies des premiers Félibres.
Fondation du Félibrige à Font-Ségugne (1854)
Fondation du Félibrige à Font-Ségugne (1854)

Le félibrige

Le Félibrige est créé par sept jeunes poètes provençaux le 21 mai 1854, jour de la Sainte-Estelle, au château de Font-Ségugne, sur la commune de Châteauneuf-de-Gadagne, dans le Vaucluse.
Frédéric Mistral, Joseph Roumanille, Théodore Aubanel, Jean Brunet, Paul Giéra, Anselme Mathieu et Alphonse Tavan se fixent pour but de restaurer et de codifier la langue provençale.
Dès 1855, ils publient un almanach entièrement écrit en provençal, l’Armana Prouvençau, qui est encore publié de nos jours chaque année. Il est suivi en 1859 par le célèbre poème de Mistral, Mirèio. Mais c’est surtout en 1878, la première publication du Tresor dòu Felibrige, le premier dictionnaire provençal-français.
Devant leur réussite, et gagnant toutes les régions de langue d’oc, les premiers Félibres organisent leur mouvement et, en 1862, publient les premiers statuts du Félibrige. En 1876, il est décidé qu’il sera constitué de félibres mainteneurs (felibre mantenèire) et de félibres majoraux (felibre majourau). Le mouvement est organisé en 1905 en association sans but lucratif de loi 1901. Le Félibrige s’est donné pour mission de défendre et de soutenir la langue provençale, et plus largement les langues d’oc, dans toutes les formes d’expressions : littérature, théâtre, cinéma, chanson, musique, etc. Son siège social est au Museon Arlaten d’Arles.
Les félibres mainteneurs sont les adhérents au mouvement, en nombre illimité. Ils sont répartis en six (sept à l’origine) sections, nommées maintenances (mantenènço) : Aquitaine, Auvergne, Gascogne-Haut-Languedoc, Languedoc-Catalogne, Limousin et Provence.
Les félibres majoraux, au nombre de cinquante, forment une sorte d’Académie provençale. Ils sont élus à vie par cooptation, et détiennent chacun une cigale d’or, qui se transmet à leur mort comme le fauteuil d’un Académicien. Ils sont les gardiens de la langue provençale.
Le Félibrige est présidé par le capoulié, obligatoirement choisi parmi les Félibres majoraux. Le premier capoulié fut Frédéric Mistral ; son successeur actuel est Jacques Mouttet. Il est le gardien de la coupe, symbole du Félibrige. Il est assisté par un secrétaire (baile), un trésorier (clavaire), et des assesseurs (assessour) formant le conseil d’administration.
Chaque année, l’association organise un congrès, lors de la Santo Estello, dans une ville différente des pays de langues d’oc. C’est un moment festif mettant à l’honneur la lengo nostro sous toutes ses formes.
Tous les sept ans sont organisés les Grand Jo flourau setenàri, joutes littéraires qui permettent de distinguer et d’élire un Maître en Gai-Savoir (mèstre en Gai-Sabé) et une reine du Félibrige aux fonctions purement honorifique.
By Capsot (Own work) [CC0], via Wikimedia Commons.
By Capsot (Own work) [CC0], via Wikimedia Commons.

La Coupo

La Coupo est une coupe d’argent ciselée offerte par les patriotes Catalans aux premiers Félibres pour l’accueil qu’ils avaient fait au poète Victor Balaguer et ses amis.
En 1867, la Catalogne est secouée par des mouvements nationalistes en révolte contre l’état central espagnol. Exilés, des nationalistes Catalans sont accueillis en Provence par Jean Brunet. En remerciement, les Catalans offrent lors d’un banquet à Font-Ségugne une coupe d’argent fabriqué par le sculpteur Louis-Guillaume Fulconis, d’Avignon. Prévenu du cadeau, Frédéric Mistral écrit alors la Cansoun de la coupo, composée sur l’air de « Guihame, Tòni, Pèire », un noël de Nicolas Saboly du XVIIe siècle. Cette chanson est devenue depuis l’hymne provençal, chanté à chaque fin de rassemblement.
Invités à leur tour à Barcelone, en 1877, les Félibres provençaux offrirent à leur tour une coupe aux Catalans.

Les capoulié du Félibrige


  • 1876 : Frédéric Mistral

  • 1888 : Joseph Roumanille

  • 1891 : Félix Gras

  • 1901 : Pierre Devoluy

  • 1909 : Valère Bernard

  • 1919 : Joseph Fallen

  • 1922 : Marius Jouveau

  • 1941 : Frédéric Mistral neveu

  • 1956 : Charles Rostaing

  • 1962 : Élie Bachas

  • 1971 : René Jouveau

  • 1982 : Paul Roux

  • 1989 : Paul Pons

  • 1992 : Pierre Fabre

  • 2006 : Jacques Mouttet

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