Disparition Archives - GénéProvence https://www.geneprovence.com/category/disparition/ 500 ans de faits divers en Provence Wed, 10 Dec 2025 16:05:37 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.8.3 https://www.geneprovence.com/wp-content/uploads/2024/04/cropped-434541497_912630390609581_141579584347965292_n-32x32.png Disparition Archives - GénéProvence https://www.geneprovence.com/category/disparition/ 32 32 Un douanier retrouvé mort dans les marais salants (Arles, 17 janvier 1881) https://www.geneprovence.com/un-douanier-retrouve-mort-dans-les-marais-salants-arles-17-janvier-1881/ https://www.geneprovence.com/un-douanier-retrouve-mort-dans-les-marais-salants-arles-17-janvier-1881/#respond Tue, 21 Jan 2025 05:30:59 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=24206 Salin-de-Giraud, paisible hameau d’Arles (Bouches-du-Rhône), localisé en Camargue, habituellement rythmé par le lent ballet des sauniers, fut le théâtre d’un triste fait divers en janvier 1881. Un douanier, Emmanuel Rigal,…

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Salin-de-Giraud, paisible hameau d’Arles (Bouches-du-Rhône), localisé en Camargue, habituellement rythmé par le lent ballet des sauniers, fut le théâtre d’un triste fait divers en janvier 1881. Un douanier, Emmanuel Rigal, chargé d’une mission simple entre le village et le salin de la Vignole, fut retrouvé sans vie dans un fossé, perdu au cœur des marais.
C’est dans la nuit du 15 au 16 du mois que l’homme avait disparu. Chargé de porter d’importantes instructions, il devait regagner son foyer à la tombée de la nuit. Or, les heures passèrent et le douanier ne réapparaissait pas. Inquiets, ses proches lancèrent l’alerte. Des recherches furent organisées et, à quelques kilomètres du Salin-de-Giraud, le corps sans vie du malheureux fut découvert, gisant dans un fossé rempli de neige (l’hiver 1880-1881 fut très froid).
Les premiers éléments de l’enquête semblaient indiquer que l’homme avait succombé à une exposition prolongée au froid. Affaibli par une maladie qui le tenait depuis quelques temps, il n’avait sans doute pas résisté aux intempéries.
Son épouse, Hortense Simonet, 25 ans, enceinte de plusieurs mois, accoucha prématurément en apprenant la terrible nouvelle. Le choc émotionnel aurait provoqué un déclenchement prématuré de l’accouchement.
Une enquête fut ouverte par le juge de paix du canton-ouest afin de déterminer les circonstances exactes de ce décès. Rigal était né à Prats-de-Mollo (Pyrénées-Orientales) de Jean-Antoine Rigal et Marie Grasacos, tous deux décédés.
  • Sources : L’Homme de bronze, 23 janvier 1881, p. 3.
  • Registre d’état civil de la ville d’Arles, année 1881, Archives départementales des Bouches-du-Rhône, 203 E 1411, acte no 25.

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La découverte d’un corps inconnu (Espinasses, 24 octobre 1863) https://www.geneprovence.com/la-decouverte-dun-corps-inconnu-espinasses-24-octobre-1863/ https://www.geneprovence.com/la-decouverte-dun-corps-inconnu-espinasses-24-octobre-1863/#respond Tue, 14 Jan 2025 05:30:34 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=24103 En 1863, l’administration rurale des Hautes-Alpes, un département de Provence alors sous le Second Empire, confiait la gestion des faits divers à la minutie de ses maires et de son…

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En 1863, l’administration rurale des Hautes-Alpes, un département de Provence alors sous le Second Empire, confiait la gestion des faits divers à la minutie de ses maires et de son garde-champêtre. L’événement décrit se situe à Espinasses, un territoire de l’arrière-pays où les chemins de traverse et l’isolement rendaient les voyages périlleux. L’individu, bien vêtu mais non identifié, était probablement un colporteur ou un travailleur itinérant. Le port d’une arme à feu et la découverte du corps au bas d’un talus suggèrent fortement que sa mort subite et violente résulte d’un accident ou d’un suicide, hypothèses souvent privilégiées par les autorités civiles en l’absence de signes manifestes de crime.

« L’an 1863 et le 24 du mois d’octobre à 11 heures du matin, pardevant nous Garnier Jean-Joseph, maire, officier de l’état civil de la commune d’Espinasses, canton de Chorges, département des Hautes-Alpes,
Sont comparus sieur Aubin Jean-Jacques, âgé de 46 ans, garde-champêtre, et sieur Allard Victor, âgé de 32 ans, cultivateur, tous deux domiciliés à Espinasses,
Lesquels nous ont déclaré qu’un individu à eux inconnu, du sexe masculin, paraissant âgé de 30 à 35 ans, taille d’un mètre soixante centimètre, cheveux et sourcils noirs, front découvert, nez bien fait, bouche moyenne, menton rond, visage ovale, barbe rousse, portant moustache, couvert d’un chapeau noir en soie usé, cravate noire, chemise calicot marquée aux initiales L. O., gilet et veste drap noir, pantalon en drap fond gris, gros carreaux à raies noires, bottines ordinaires et n’ayant sur son corps aucun signe particulier.
Il a été trouvé sur lui une vieille montre en cuivre, un porte-monnaie, une boîte à poudre, deux boîtes à capsules, dont une pleine et l’autre vide, deux tabatières, l’une en cuivre fendue et l’autre en écorce, une balle et un pistolet,
A été trouvé mort aujourd’hui à 11 heures du matin, au bas d’un clapier attenant à une vigne, dans le quartier du Gravas, territoire d’Espinasses.
Sur quoi, nous, officier de l’état civil, après avoir pris les renseignements que nous avons pu nous procurer sur la personne décédée, et nous être assuré du décès, avons dressé le présent acte que nous avons signé avec les déclarants après lecture à eux faite. »
[Allard Victor, J. Aubin, Garnier]

Dans son édition du 14 novembre 1863, le journal gapençais L’Annonciateur apporte les précisions suivantes concernant le vêtement :
« Paletot en drap commun, couleur noire, gilet en drap noir, cravate-vol en soie noire, chemise en calicot portant les initiales L. O. au bas-côté du côté droit, pantalon en drap gris à carreaux formés par des raies noires, brodequins en peau de vache presque neufs et ferrés de petits clous, chapeau noir en soie de haute forme. »

  • Sources : L’Annonciateur, 14 novembre 1863, p. 1.
  • État civil de la commune d’Espinasses, Archives départementales des Hautes-Alpes, 2 E 54/6/1.

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Disparu à cause de l’orage (Velaux, 6 novembre 1741) https://www.geneprovence.com/disparu-a-cause-de-lorage-velaux-6-novembre-1741/ https://www.geneprovence.com/disparu-a-cause-de-lorage-velaux-6-novembre-1741/#respond Mon, 30 Jun 2008 23:10:00 +0000 http://s430202914.onlinehome.fr/geneprovence/?p=767 [caption id="attachment_6191" align="alignright" width="297"] © Dudarev Mikhail – Fotolia.com[/caption] « L'an que dessus et le 6 du mois de novembre Louis Véran de ce lieu de Velaux âgé d'environ septante ans, ayant été surpris par un orage du côté de Berre et le long d'un fossé a été emporté sur l'eau sans qu'on ait pu trouver son cadavre qui a

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© Dudarev Mikhail – Fotolia.com
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« L’an que dessus et le 6 du mois de novembre Louis Véran de ce lieu de Velaux âgé d’environ septante ans, ayant été surpris par un orage du côté de Berre et le long d’un fossé a été emporté sur l’eau sans qu’on ait pu trouver son cadavre qui a été porté dans l’Arc et au-delà dans la mer. Tout le village l’a cru ainsi. »

  • Registre paroissial de Velaux
  • Texte transmis par Danielle Beulaygue

 

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Enlèvement d’enfant (Aix-en-Provence, 20 octobre 1872) https://www.geneprovence.com/enlevement-denfant-aix-en-provence-20-octobre-1872/ https://www.geneprovence.com/enlevement-denfant-aix-en-provence-20-octobre-1872/#respond Fri, 16 Feb 2007 20:45:00 +0000 http://s430202914.onlinehome.fr/geneprovence/?p=1067 Sources : Archives communales, cote I1, art. 15, n°38 (20 octobre 1872) L'an mil huit cent, etc. (sic) Pardevant Nous, Monge Hippolyte, commissaire de police, etc. S'est présenté l'agent Sabatier, lequel nous a déclaré ce qui suit : Des Bohémiens qui ont stationné ici quelques jours, quartier du Pont-de-l'Arc, s'étaient saisi, avant-hier, d'un jeune enfant, le nommé Gontard, âgé de onze ans.

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  • Sources : Archives communales, cote I1, art. 15, n°38

(20 octobre 1872)
L’an mil huit cent, etc. (sic)
Pardevant Nous, Monge Hippolyte, commissaire de police, etc.
S’est présenté l’agent Sabatier, lequel nous a déclaré ce qui suit :

Des Bohémiens qui ont stationné ici quelques jours, quartier du Pont-de-l’Arc, s’étaient saisi, avant-hier, d’un jeune enfant, le nommé Gontard, âgé de onze ans. Malgré les efforts de celui-ci pour s’échapper, ils l’avaient retenu. Toutefois, ces Bohémiens étant venus en ville en compagnie du jeune Gontard, ce dernier était parvenu à égarer leur attention et s’évader. Cet enfant est revenu chez lui, tout déchiré et sans chapeau. Il dit à sa mère que c’est en voulant sortir du véhicule de ces étrangers, dont le nom et le signalement sont inconnus, qu’il avait eu ses vêtements lacérés. Avant de tomber entre leurs mains, il était muni de son cartable et de ses livres classiques qu’ils lui ont retenus.
pont-de-larc-aixNous, commissaire de police, avons interrogé le jeune Gontard Désiré, âgé de dix ans, demeurant avec sa mère, quartier de la Beauvale, au sujet des ciconstances qui ont entouré l’incident dont il s’agit et il a fait le récit suivant, qui ne concorde pas avec celui de l’agent Sabatier qui n’avait pas bien saisi la déclaration de la mère, hier, en notre absence. Voici comment s’exprime le jeune Gontard :

« Vendredi dernier1, dans l’après-midi, je venais de la maison, quartier de la Beauvale, à Aix, chez M. l’abbé Ripert, cours Sextius, qui s’occupe de mon éducation, lorsque, passant entre le portail de la Beauvale et la Poudrière, je rencontrai un Bohémien conduisant une charrette attelée d’un âne, et sur laquelle se trouvait sa femme et ses deux enfants. M’ayant approché, ce Bohémien m’invita à monter sur son véhicule. J’acceptai tout en lui observant que je descendrais bientôt à l’endroit dit la Rotonde, pour venir à Aix. Parvenu au lieu désigné, je lui rappelai mon observation, mais il me répondit qu’il me conseillait fort de rester sur son véhicule et qu’il était dans l’intention de me conduire à Marseille. Comme j’insistais pour descendre, il ajouta qu’il s’y opposait et me repoussa au fond de son véhicule. Dans cette situation, je me mis à pleurer.
Le Bohémien entra en ville, s’engagea avec sa charrette dans la rue du Pont-Moreau2 où il s’arrêta pour acheter deux pains. Après cette acquisition, il rétrograda pour revenir au Pont-de-l’Arc où il détela son âne, tandis que j’étais toujours au fond de son véhicule, où je passai la nuit avec le Bohémien et sa famille, après avoir mangé un morceau de pain.

aix-rue-thiers-rue-pont-moreau

« Peu d’instants après notre retour au Pont-de-l’Arc, le Bohémien m’avait chargé d’aller acheter encore quelques pains chez un boulanger du voisinage, mais il ne cessa de me suivre pour me surveiller. J’ajoute qu’il n’a exercé aucune espèce de violence sur ma personne, et les déchirures de mes vêtements s’étaient produites au contact des clous qui se trouvent dans l’intérieur du véhicule du Bohémien.
« Le lendemain, celui-ci, qui voyage seulement avec sa femme et ses enfants, me conduisit en ville où nous nous rendîmes à pied et, après avoir examiné divers objets qui avaient excité sa curiosité, il m’entraîna dans la direction de la cathédrale. Là, il parut ne plus faire attention à moi et me laissa dans la rue, se dirigeant lui-même vers la porte Notre-Dame3. Je suppose qu’il me laissa après avoir réfléchi, peut-être, que ma nourriture lui coûterait trop. Quelqu’ait été le retour d’idées qui me parut alors s’opposer dans son esprit, je fus bien content de recouvrer ma liberté.
« Il est à remarquer que mes livres dont j’étais muni pour aller en classe lorsque je rencontrai le Bohémien et consistant en un De viris illustribus Romae, les fables de La Fontaine et un traité d’arithmétique, ont été déposés par le Bohémien au fond de sa charrette. Ils portent ou mentionnent mon nom: Gontard. On y trouverait aussi un sous-main renfermant un cahier de devoirs, presque terminés.
« Le signalement des enfants du Bohémien, dont une fille d’environ huit ans et un garçon de dix ans, m’échappe. Quant à celui de la mère, je me rappelle qu’elle a le nez très épaté, le teint fort pâle et qu’elle était vêtue d’une robe usée, fond blanc, à carreaux noir et jaune. Pour ce qui est du père, il est de taille ordinaire, cheveux négligés et crasseux, yeux gris, front ordinaire, visage rond, teint pâle, nez long et effilé, bouche large, vêtu d’une veste fond vert et très longue et d’un pantalon de drap Cadis, couleur marron. En ce qui concerne le véhicule, il est recouvert d’une tente en toile blanche complètement trouée et doublée d’une autre toile foncée. Ce véhicule, qui paraît ancien, révèle sur certains points et notamment aux roues des traces de peinture bleue. Il est dépourvu de plaque. »

La mère Gontard confirme le récit de son fils, en dehors des indices intéressant les signalements précités.
Comme nous n’avons pu interroger qu’aujourd’hui le jeune Gontard, il n’a pas été possible de compléter notre information.
De tout quoi nous avons dressé le présent procès-verbal.
Fait à Aix, etc. (sic)

Notes

1. Vendredi 18 octobre 1872, deux jours avant la déclaration.
2. C’est aujourd’hui la rue Thiers.
3. En haut de l’actuelle rue Jacques de la Roque.

Images

1. Pont de l’Arc, à Aix. DR.
2. Rue Thiers, autrefois dénommée rue du Pont-Moreau. DR.

Faits divers d’Aix-en-Provence

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La disparition du sieur Boyer (Aix-en-Provence, 4 juillet 1811) https://www.geneprovence.com/la-disparition-du-sieur-boyer-aix-en-provence-4-juillet-1811/ https://www.geneprovence.com/la-disparition-du-sieur-boyer-aix-en-provence-4-juillet-1811/#respond Sat, 16 Apr 2005 19:04:00 +0000 http://s430202914.onlinehome.fr/geneprovence/?p=1428 Source : Archives communales d'Aix-en-Provence, I1-48  

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« Ce jourd’huy, sept juillet mil huit cent onze, le 7e de l’Empire, nous, commissaire de police de l’arrondissement d’Aix, instruit par la voix publique que, depuis le quatre du courant, Louis Antoine Boyer, marchand de cordes de violon, domicilié dans cette ville, isle 63, n° 2, avait quitté sa maison et que sa disparition avait jeté l’alarme soit dans sa famille soit parmi ses amis.
À cet avis, nous nous sommes portés de suite au domicile dudit Boyer pour nous assurer si le bruit qu’on répandait sur son compte était vrai et, y arrivés, avons trouvé son épouse1 fondant en larmes, à laquelle nous avons demandé s’il est effectivement vrai que le sieur Boyer, son mari, ait quitté sa maison et depuis quelle époque. Ladite a répondu qu’il est bien vrai que Louis Antoine Boyer, son mari, est sorti de sa maison le quatre du courant à quatre heures et demie du matin pour aller prendre un bain aux bains publics, sis dans la maison de M. de la Baume, n’étant muni d’autre chose que d’une serviette.
À elle demandé la raison pourquoi elle n’a pas plus tôt prévenu de sa fuite l’autorité de la police, ladite a répondu que son mari n’ayant jamais fait de pareille disparition, elle croyait le voir arriver tous les moments, mais que ses espérances sont bien trompées, car voilà trois jours écoulés sans qu’elle ne l’ait revu, ni reçu aucune de ses nouvelles.
Avons de plus demandé à l’épouse du sieur Boyer si son mari ne lui aurait jamais manifesté l’intention de s’éloigner de son ménage et quels pouvaient être les motifs de sa fuite. Ladite, satisfaisant à notre demande, nous a dit que Louis Boyer était depuis quelque temps atteint de la maladie des vapeurs, et que des bains lui avaient été ordonnés, qu’il allait les prendre régulièrement tous les matins, qu’elle n’avait jamais connu dans lui le dessein de quitter sa famille mais que, cependant, elle eut quelque méfiance quand son mari lui dit qu’il voulait faire deux chambres, et qu’elle n’a jamais pu connaître des motifs assez légitimes pour l’obliger à fuir. Elle nous a de plus déclaré que, depuis le désir que lui avait manifesté son dit mari de ne plus vouloir coucher avec elle, ses craintes et ses sollicitudes l’avaient mise dans un état de ne presque plus le perdre de vue mais que, malgré ses soins et sa vigilance, il était parvenu à sortir ce matin de la maison avant son heure accoutumée.
À elle demandé si, depuis le quatre courant, elle n’a mis personne à sa [re]cherche, la dite a répondu avoir employé plus de vingt personnes à sa recherche, tant à la ville qu’à la campagne, et même sur les routes et que, jusques à aujourd’hui, ses recherches avaient été infructueuses et qu’elle craignait que les vapeurs n’eussent fait des progrès sur son mari à un tel point qu’elle craignait pour ses jours.
D’après les diverses interpellations et déclarations, avons de notre côté fait toutes les recherches possibles, soit à la ville, soit à la campagne, pour parvenir à la découverte dudit Boyer, mais elles ont été également infructueuses. De tout ce que dessus, avons dressé le présent procès-verbal pour y avoir recours au besoin, et avons signé. »

 

***

 

« Ce jourd’huy, douze juillet mil huit cent onze, le 7e de l’Empire, à une heure de relevée2, nous commissaire de police de l’arrondissement d’Aix disons que le sieur Aubert, nég[ocian]t près la porte Orbitelle3, s’est présenté pard[evan]t nous et dans notre bureau, et nous a déclaré qu’un locataire de sa maison isle 63 n°8 avait aperçu à la faveur d’un trou qui donne dans l’escalier de sa cave un chapeau et un linge blanc, qu’ayant ouvert la porte de ladite cave, il avait par lui-même également aperçu un chapeau et une serviette et que, d’après le bruit qu’il court de la disparition de Boyer, son voisin, depuis sept à huit jours, il craignait que cette serviette et ce chapeau ne pussent lui appartenir, s’empressant de nous en donner connaissance.
« [Nous] avons fait transporter ledit cadavre à l’hospice… »
Sur cet exposé, nous nous sommes rendus sur les lieux où, étant, le sieur Aubert nous a ouvert la porte de la cave et avons aperçu un chapeau et une serviette que nous avons examinés et reconnu que la serviette portait la marque L. B., ce qui nous a fait présumer que c’était là la serviette et le chapeau du sieur Boyer. Pour nous en convaincre, nous nous sommes portés à la maison du sieur Boyer, isle 63 n°2, pour faire reconnaître à la famille si c’était bien le chapeau ordinaire que leur père portait, tout comme aussi si cette marque placée à la serviette, quoique un peu effacée, et que nous lui présentions, était bien celle de sa famille. Ses deux filles tout éplorées nous ont déclaré que le chapeau était celui de leur père et que la serviette lui appartenait, ayant reconnu la marque qu’elle portait.
D’après cet aveu, nous nous sommes décidés à faire une fouille dans l’intérieur du puy de la maison du sieur Aubert qui se trouve à côté de la porte de la cave où le chapeau et la serviette étaient déposés. À la suite de cette fouille, et après avoir fait égoutter le puy vers les sept heures et demie du soir, avons aperçu un cadavre que nous avons fait retirer dudit puy, que le cadavre déposé à terre au vu de tout le monde a été par nous reconnu ainsi que par le public pour être celui de Louis Antoine Boyer, fabricant de cordes de violon, le même qui avait disparu du sein de sa famille le quatre du courant.
Il était vêtu d’une veste de drap de sirezie [?] gris mélangé, d’un pantalon de velours couleur olive, d’un gilet rayé rose et blanc, d’une paire [de] bas gris, les souliers blancs, une chemise de toile, ayant à travers de son corps et à la c[e]inture un bandage, M. Saint-Étienne, docteur en chirurgie par nous requis d’assister à nos opérations, a procédé en notre présence et sur les lieux à la visite et examen du cadavre que nous lui présentons, et a constaté dans un rapport l’état de la mort dudit Boyer, à quoi il a satisfait, déclarant le joindre au présent procès-verbal, déclarant aussi avoir trouvé dans les poches du vêtement du cadavre un bonnet de coton simple, un mouchoir rouge et blanc quadrillé, marqué L. B., une petite bourse en maroquin rouge auquel est attaché un médaillon orné d’un cercle en cuivre doré, renfermant en numéraire la somme d’un franc quarante cinq centimes en deux pièces de cinquante centimes et quarante-cinq centimes en monnaie.
Toutes nos opérations terminées sur les lieux, avons fait transporter ledit cadavre à l’hospice et nous nous sommes retirés dans notre bureau où, étant, avons sur le champ averti M. le maire4, officier public, pour qu’il ordonne l’inhumation du corps dudit Louis Antoine Boyer, lui déclarant que rien ne s’opposait à ce que ledit cadavre fût inhumé suivant les formes ordinaires, déclarant enfin que le chapeau, la serviette, ainsi que tous les effets trouvés sur le cadavre, sont déposés dans notre bureau pour être remis à qui il appartiendra. De tout ce que dessus, avons dressé le présent procès-verbal pour être par nous envoyé à M. le procureur impérial près le tribunal de première instance du deuxième arrondissement, et qu’une seconde expédition serait par nous envoyée à monsieur le maire, et avons signé.
Signé Lantelme, commissaire de police, à l’original. »signature-lantelme

Pour extrait conforme à l’original par nous envoyé à M. le procureur impérial près le tribunal de première instance du deuxième arrondissement.

***

Aix, le 15 juillet 1811,

 

Les commissaires de police de la ville d’Aix,
à Monsieur le Maire

 

À Aix.

 

« Vous recevez sous ce ply, Monsieur le maire, notre procès-verbal d’audit à la maison du sieur Aubert, nég[ocian]t, rue Orbitelle, relatif à la trouvaille que nous avons faite du cadavre de Louis Antoine Boyer, noyé dans le puy de la dite maison. Vous verrez par le contenu du dit procès-verbal toutes les circonstances qui ont précédé et suivi ce malheureux événement.
J’ai l’honneur de vous saluer »
[Lantelme]

 

Acte de décès de Louis Antoine Boyer

acte-deces-louis-antoine-boyer

  • Source : Archives communales d’Aix-en-Provence, I1-48.

Notes

1. Marie Magdeleine Ravel.
2. Une heure de l’après-midi.
3. La porte d’Orbitelle se trouvait à l’intersection de l’actuelle rue du Quatre-Septembre et du boulevard du Roi-René. La scène se situe donc en plein quartier Mazarin.
4. Jean Baptiste Paul Gras, maire d’Aix-en-Provence du 11 août 1811 au 4 mai 1815.

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