Faits divers Archives - GénéProvence https://www.geneprovence.com/category/faits-divers/ 500 ans de faits divers en Provence Fri, 27 Feb 2026 11:53:18 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.1 https://www.geneprovence.com/wp-content/uploads/2024/04/cropped-434541497_912630390609581_141579584347965292_n-32x32.png Faits divers Archives - GénéProvence https://www.geneprovence.com/category/faits-divers/ 32 32 La fortune d’un orphelin (Marseille, 1845) https://www.geneprovence.com/la-fortune-dun-orphelin-marseille-1845/ https://www.geneprovence.com/la-fortune-dun-orphelin-marseille-1845/#respond Thu, 26 Feb 2026 22:05:51 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27628 C’est l’histoire véridique d’un pauvre enfant abandonné qui, par la force de ses qualités et l’humanité de quelques âmes charitables, a connu un destin exceptionnel. L’histoire commence en 1845. M.…

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C’est l’histoire véridique d’un pauvre enfant abandonné qui, par la force de ses qualités et l’humanité de quelques âmes charitables, a connu un destin exceptionnel.
L’histoire commence en 1845. M. et Mme D., d’honnêtes rentiers de Marseille, recueillirent un enfant abandonné au coin de leur rue. L’enfant, dont la gentillesse et les bonnes qualités n’avaient pas tardé à se concilier leur affection, fut aimé comme leur fils.
Hélas, une fatalité frappa la générosité : la faillite du banquier où était placée leur fortune obligea M. et Mme D… à travailler pour vivre, et à renoncer à garder le jeune garçon auprès d’eux.
L’enfant fut alors placé en apprentissage dans un grand atelier de menuiserie. Le maître de l’atelier ne tarda pas à remarquer son intelligence et en fit bientôt son factotum.
Lorsque l’enfant devint un jeune homme, la confiance de son maître s’accrut. Il l’envoya voyager au Nord de la France et en Allemagne pour y faire ses achats en bois de toutes sortes. Il accomplit sa mission avec un tel succès et une telle habileté qu’à son retour, il obtint un intérêt dans l’entreprise. Mieux encore, il vint épouser, en juin 1868, la fille de son maître.
Loin d’oublier ses bienfaiteurs, M. et Mme D., le jeune homme eut pitié de leur sort et de ce qu’ils étaient devenus. Il tint à ce qu’ils viennent habiter chez lui.
Plus encore, se souvenant de leur grande misère, il leur constitua une rente qui, à elle seule, suffisait à les rendre indépendants et à les faire vivre dans une honnête aisance.
L’histoire s’arrête là et nous sommes bien désolés de ne pas connaître le nom de ce brave jeune homme.
  • Source : Le Petit Marseillais, 23 juin 1868, p. 3.

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Tombé du haut d’un moulin (Boulbon, 12 décembre 1724) https://www.geneprovence.com/tombe-du-haut-dun-moulin-boulbon-12-decembre-1724/ https://www.geneprovence.com/tombe-du-haut-dun-moulin-boulbon-12-decembre-1724/#respond Tue, 24 Feb 2026 18:27:57 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27593 Sous l’Ancien Régime, le meunier de Boulbon occupe une position sociale charnière, alliant la maîtrise technique du moulin à vent à des responsabilités administratives comme procureur juridictionnel. Ce cumul de…

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Sous l’Ancien Régime, le meunier de Boulbon occupe une position sociale charnière, alliant la maîtrise technique du moulin à vent à des responsabilités administratives comme procureur juridictionnel. Ce cumul de fonctions souligne son influence locale, loin de l’image du simple artisan. En 1724, la médecine rurale, démunie face aux traumatismes crâniens ou aux hémorragies internes consécutifs à une telle chute, ne peut que constater le décès immédiat. L’expression « rester sur le carreau » traduit ici la violence du choc sur le sol dallé du moulin, mettant un terme brutal à une carrière de notable villageois sexagénaire.

« Le 13 décembre 1724, a été enseveli Alphonse Berlandier, meunier, procureur juridictionnel, mort hier d’une chute du haut de son moulin, qui le fit rester sur le carreau.
Il était âgé d’environ soixante ans.
Anima eius requiescat in pace. »
[Perier vicaire]
  • Source : Registre paroissial de Boulbon, Archives départementales des Bouches-du-Rhône, 203 E 222.

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Un drame de neuf mètres (Arles, 9 février 1840) https://www.geneprovence.com/un-drame-de-neuf-metres-arles-9-fevrier-1840/ https://www.geneprovence.com/un-drame-de-neuf-metres-arles-9-fevrier-1840/#respond Sun, 22 Feb 2026 21:34:10 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27576 Le théâtre, lieu de toutes les magies et de tous les mirages, est aussi, dans ses coulisses, un monde de péril. C’est là, dans les hauteurs sombres où l’on manœuvre…

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Le théâtre, lieu de toutes les magies et de tous les mirages, est aussi, dans ses coulisses, un monde de péril. C’est là, dans les hauteurs sombres où l’on manœuvre les décors, que se joua, un dimanche, une tragédie dénuée de tout artifice, mais d’une déplorable réalité.

Le danger dans la galerie

L’acteur malheureux de ce drame fut un ouvrier machiniste, dont le rôle essentiel est de donner vie à la scène, de monter et descendre les toiles et les décors. L’incident se produisit au théâtre d’Arles (Bouches-du-Rhône), après que le rideau eut été baissé.
Après investigation, il nous semble avoir retrouvé l’identité de la victime de cette histoire. Selon nous, le jeune homme en question se nommait Étienne-Paul Barbier, avait 29 ans, était originaire de Bourg-de-Péage (Drôme) et, au moment des faits, travaillait en qualité de menuisier pour l’entreprise de M. Jean Flory, dans la rue de la Roquette, à Arles.
Dans les arcanes de la machinerie, une des galeries établies pour le service des décors se trouvait obstruée. Voulant à tout prix contourner cet obstacle pour poursuivre son travail, l’ouvrier prit une décision fatale : il entreprit de passer en dehors des garde-fous qui ceignent pourtant ces galeries.

La chute de neuf mètres

L’homme s’engagea dans le vide, comptant sur la seule force de ses bras. Hélas, ses mains durent glisser. Précipité dans le vide, il fit une chute vertigineuse d’une hauteur de neuf mètres, s’écrasant sur la scène, juste à côté de la première coulisse.
L’ouvrier machiniste resta raide sans mouvement après l’impact. Il fut immédiatement transporté à l’hôpital de la ville, l’hôtel-Dieu Saint-Esprit, mais la gravité de ses blessures était telle qu’il y mourut dans la nuit, aux alentours d’une heure du matin.
Ce fut une fin amère et violente, loin des projecteurs. Cependant, au milieu de l’affliction, une seule consolation fut notée : ce passage était très fréquenté et l’on se félicita que personne n’eût occupé cet endroit au moment précis où le malheureux y fut précipité.
  • Sources : Le Mémorial d’Aix, 15 février 1840, p. 4.
  • Registre d’état civil de la ville d’Arles, année 1840, 203 E 1170, acte no 59, Archives départementales des Bouches-du-Rhône.

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Un enfant mordu par un chien enragé (Tourtour, 1er avril 1642) https://www.geneprovence.com/un-enfant-mordu-par-un-chien-enrage-tourtour-1er-avril-1642/ https://www.geneprovence.com/un-enfant-mordu-par-un-chien-enrage-tourtour-1er-avril-1642/#respond Wed, 18 Feb 2026 22:53:01 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27562 Cette tragique mention dans les registres paroissiaux de Tourtour en 1642 met en lumière la réalité clinique de la rage avant l’ère pasteurienne. La période d’incubation de quarante jours décrite…

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Cette tragique mention dans les registres paroissiaux de Tourtour en 1642 met en lumière la réalité clinique de la rage avant l’ère pasteurienne. La période d’incubation de quarante jours décrite ici correspond précisément aux observations médicales modernes du virus. Le jeune Jean Fadon, originaire de Bauduen et demeurant dans une bastide isolée, subit l’évolution classique de la maladie : une cicatrisation apparente de la morsure suivie d’une phase de dysphagie et d’hydrophobie. Dans cette Provence rurale du XVIIe siècle, l’impossibilité de s’alimenter marquait l’entrée irréversible dans la phase terminale d’une pathologie alors incurable.

« Le jour dit [1er avril] 1642, avons enterré un pauvre enfant nommé Jean Fadon, natif de Bauduen, qui demeurait en [une] certaine bastide à Beauvezet (?),
Qui, étant mordu d’un chien enragé et étant guéri, il se trouva dans l’impossibilité de manger quoique ce soit de contraire [à son état], jusqu’à ce que la rage l’emporte. Il est mort et [a été] enseveli au cimetière de Tourtour, à l’extrémité d’icelui du côté du levant quarante jours après sa morsure. »
  • Source : Archives départementales du Var, 1MIEC204R1.

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Mort par ouï-dire (Valensole, août 1631) https://www.geneprovence.com/mort-par-oui-dire-valensole-aout-1631/ https://www.geneprovence.com/mort-par-oui-dire-valensole-aout-1631/#respond Mon, 16 Feb 2026 14:35:14 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27540 En août 1631, la peur est telle à Valensole en raison de l’épidémie de peste que le vicaire ne sort plus. Pour Jean de Loyton, il note simplement ce qu’on…

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En août 1631, la peur est telle à Valensole en raison de l’épidémie de peste que le vicaire ne sort plus. Pour Jean de Loyton, il note simplement ce qu’on lui a raconté : un corps ‘blanchi’ (sans doute à la chaux) et l’ultime recours aux reliques de saint Augustin pour protéger l’âme de celui qu’on ne peut plus approcher.

« L’on m’a rapporté que le […] du mois d’aoust Jan de Loyton fut enseveli après avoir esté blanchi [devant] les reliques de saint Augustin. »

  • Registre paroissial de Valensole, Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, 1MI5/0130.

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Un homme dans la citerne (Draguignan, 27 mai 1895) https://www.geneprovence.com/un-homme-dans-la-citerne-draguignan-27-mai-1895/ https://www.geneprovence.com/un-homme-dans-la-citerne-draguignan-27-mai-1895/#respond Mon, 16 Feb 2026 11:08:47 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27532 La routine des jours peut parfois être brisée par une image d’horreur, révélant une tragédie intime. C’est ce qui se produisit à Draguignan en cette fin de mai 1895, dans…

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La routine des jours peut parfois être brisée par une image d’horreur, révélant une tragédie intime. C’est ce qui se produisit à Draguignan en cette fin de mai 1895, dans la quiétude apparente de la campagne provençale.
Le 27 mai 1895, vers onze heures du matin, une jeune femme se rendit, comme à son habitude, puiser de l’eau à la citerne de la campagne Massel, située au quartier du Dragon. Mais à la surface de l’eau, elle ne trouva pas que le reflet du ciel : elle fut saisie d’effroi en apercevant une tête d’homme qui émergeait. Toute effrayée, elle courut alerter son mari qui s’empressa d’informer la police.

L’identification macabre

L’affaire fut prise au sérieux. À une heure de l’après-midi, M. le docteur Doze, accompagné de M. Delate, commissaire de police, et de M. Arbaud, brigadier de police, se transporta sur les lieux pour procéder aux constatations.
Retiré de l’eau, le cadavre fut rapidement identifié. Il s’agissait de M. Jean-Pierre Ardisson, un propriétaire de 74 ans, bien connu et très estimé dans Draguignan, où il résidait place Portaiguères. Son absence avait déjà été remarquée : il avait disparu de son domicile depuis le mercredi précédent, le 22 mai, et les recherches actives menées par sa famille n’avaient pu le retrouver. C’était donc fait.

Le poids du chagrin

Les constatations médico-légales apportèrent une terrible clarté au drame : la mort remontait à environ quatre jours et était le résultat d’un suicide.
La raison de cette funeste détermination fut bientôt comprise. M. Ardisson, bien qu’estimé de tous, était en proie à une profonde détresse. Depuis la mort de son épouse, Marie Simon, survenue un mois auparavant, il donnait des signes d’aliénation mentale qui inquiétaient fort sa famille. C’était sans doute le chagrin immense ressenti de cette perte qui l’avait poussé à ce geste désespéré.
C’est ainsi que, par une matinée ensoleillée, fut révélée la fin solitaire et tragique d’un homme qui n’avait pu supporter la perte de celle qu’il aimait.

Informations généalogiques

Jean-Pierre Ardisson était fils de Charles Ardisson et de Thérèse Bernard. Il était né à Draguignan.
  • Source : La République du Var, 28 mai 1895, p. 2.
  • Registre d’état civil de Draguignan, année 1895, acte no 187, Archives départementales du Var, 7 E 53_118.

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Régularisation d’un rapt de séduction (Valensole, 21 mai 1629) https://www.geneprovence.com/regularisation-dun-rapt-de-seduction-valensole-21-mai-1629/ https://www.geneprovence.com/regularisation-dun-rapt-de-seduction-valensole-21-mai-1629/#respond Thu, 12 Feb 2026 19:05:17 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27494 Sous la Régence, le rapt de séduction constitue un crime de lèse-majesté divine et humaine, passible de mort selon l’ordonnance de Blois de 1579. En Provence, ce mécanisme juridique est…

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Sous la Régence, le rapt de séduction constitue un crime de lèse-majesté divine et humaine, passible de mort selon l’ordonnance de Blois de 1579. En Provence, ce mécanisme juridique est souvent utilisé pour forcer une union hors des stratégies matrimoniales familiales. Ici, l’arrestation de Bertrand Audemar chez la jeune Catarine Tardieu, orpheline, déclenche une procédure d’urgence. L’intervention immédiate du lieutenant de juge et du procureur d’office vise à régulariser l’honneur de la fille avant le scandale public. Le mariage immédiat, sans bans, transforme ainsi une arrestation criminelle en un acte civil consensuel, protégeant la dot et la lignée.

 

« Le vingt et unième jour du mois de may et l’an que dessus [1629], Bertrand Audemar, pris et saisi de la justice et officiers de ville, dans la maison de feu Jaumet Tardieu, ayant débauché Catarine Tardieu, fille dudit feu Tardieu et de feue Anne Jaubert, sous promesse de mariage,
Et icelui conduit à la maison seigneuriale pour la garantir, il a dit et déclaré vouloir épouser lad[ite] Tardieu, sans qu’il fût ordonné ni contraint de la justice, […]
Ont été dispensés des bans et de consentement des parties, et parents de l’une et l’autre partie et en présence de Me André Allemand, lieutenant de juge, capitaine Joseph Castel, procureur d’office, led[it] Bertrand Audemar, fils de Pierre et d’Espérite Martine, d’une part, épousé avec lad[ite] Catarine Tardieu, fille de feu Jaumet et feu Anne Jaubert, le tout fait selon le s[ain]ct Concile en présence des dessus nommés et de messire Chastel, curé, et de Balthazar Mille, greffier de l’ordinaire de cette ville et de maître Constantin, boissier. »
[Signatures]
  • Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, 1MI5/0130.

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Mort d’un galérien (Graveson, 27 mars 1719) https://www.geneprovence.com/mort-dun-galerien-graveson-27-mars-1719/ https://www.geneprovence.com/mort-dun-galerien-graveson-27-mars-1719/#respond Wed, 11 Feb 2026 18:58:48 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27478 À Graveson, ce registre de 1719 capture l’errance d’Antoine Herbès, un Picard de 42 ans libéré des galères de Marseille. Condamné par le grenier à sel de Montdidier pour faux-saunage,…

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À Graveson, ce registre de 1719 capture l’errance d’Antoine Herbès, un Picard de 42 ans libéré des galères de Marseille. Condamné par le grenier à sel de Montdidier pour faux-saunage, ce « gabelou » a survécu à l’épuisement des rames pour s’éteindre à l’hôpital paroissial, étape ultime des indigents. En Provence, ces structures de charité accueillaient les passants dont l’état de dénutrition ou les pathologies respiratoires contractées sur les bancs de chiourme rendaient le retour au pays impossible. La présence de notables locaux à son inhumation souligne l’encadrement strict des marginaux, même après leur dernier souffle.

« L’an 1719 et le 27 mars a été inhumé dans le cimetière de cette paroisse le corps d’Antoine Herbès, ou Harbin, décédé le jour précédent à l’hôpital de cette paroisse, âgé de 42 ans, et natif de Cambrai,
Ainsi qu’il nous a apparu par le passeport1 à lui accordé par les officiers des galères2, auxquelles il avait été condamné par les officiers du grenier à sel de Montdidier3,
Et déclarons que ledit Herbès, peu avant sa mort, avait dit être né à une lieue de Cambrai.
Ont été présents à son inhumation sieurs Jean Amiel, prêtre, Antoine Bertrand, bourgeois, et Pierre Baridon, cordonnier, soussignés avec nous, curé de cette paroisse, qui avons fait les cérémonies de son enterrement. »
[Amiel, prêtre, Baridon, Bertrand, Guignard, curé]
Notes

1. Il est mort à l’hôpital de la paroisse, un lieu de charité et de soins pour les plus démunis et les voyageurs. Le fait qu’il possède encore son passeport suggère qu’il était probablement en route pour rentrer chez lui ou qu’il venait d’être libéré, mais n’a pas survécu aux rigueurs de son voyage et de sa peine passée.
2. Être galérien signifiait purger une peine en tant que forçat sur les galères royales, dont le port principal était Marseille, non loin de Graveson. Ce voyage est d’ailleurs la raison de sa présence si loin de sa Picardie natale.
3. Cette mention est cruciale car elle indique que son crime était très probablement lié à la gabelle, l’impôt sur le sel. Les peines liées à la contrebande de sel étaient souvent extrêmement sévères, allant jusqu’à la condamnation aux galères. Montdidier est situé dans la province de Picardie.

  • Source : Registre paroissial de Graveson, Archives départementales des Bouches-du-Rhône, 203 E 446.

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Le brasier de Sainte-Marie de Vars (Vars, 18 juillet 1865) https://www.geneprovence.com/le-brasier-de-sainte-marie-de-vars-vars-18-juillet-1865/ https://www.geneprovence.com/le-brasier-de-sainte-marie-de-vars-vars-18-juillet-1865/#respond Wed, 11 Feb 2026 18:24:22 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27472 Le 18 juillet 1865, à la veille de la Saint-Vincent-de-Paul, un incendie foudroyant ravagea le hameau de Sainte-Marie, dépendant de la commune de Vars (Hautes-Alpes). Le feu né d’un jeu…

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Le 18 juillet 1865, à la veille de la Saint-Vincent-de-Paul, un incendie foudroyant ravagea le hameau de Sainte-Marie, dépendant de la commune de Vars (Hautes-Alpes).

Le feu né d’un jeu d’enfants

L’origine du désastre fut d’une banalité qui laisse songeur : deux jeunes enfants s’amusaient avec des allumettes. Dans ce hameau de montagne, le feu prit une ampleur immédiate. Alertés par une épaisse colonne de fumée, la gendarmerie et les sapeurs-pompiers de Guillestre se précipitèrent vers le village.
Malgré leur courage et une intrépidité qui ne faiblit point, les sauveteurs ne purent rien contre la fureur du sinistre. Quarante-six maisons furent la proie des flammes. Cette nuit-là, chefs de famille, mères et enfants durent dormir à la belle étoile, contemplant les restes fumants de leurs demeures lors d’une nuit effroyable.

La solidarité des autorités et de l’évêque

Alors qu’il rentrait du Briançonnais, Monseigneur Bernadou, l’évêque du diocèse, apprit la nouvelle à son passage à Saint-Clément. Ému par le sort de cette partie de son troupeau, il rebroussa chemin sans hésiter pour porter secours aux victimes.
Le matin du 20 juillet, l’évêque vida littéralement sa bourse en faveur des malheureux, distribuant instantanément 320 francs. Cette générosité tomba le jour même de la fête de Saint-Vincent-de-Paul, patron des œuvres charitables, une coïncidence qui frappa les esprits.
Peu après le départ du prélat, le sous-préfet et le procureur impérial d’Embrun arrivèrent sur le théâtre du désastre. Le premier magistrat de l’arrondissement versa lui aussi une somme de 200 francs à titre de premier secours pour les affligés. Grâce à cette assistance bienveillante du gouvernement et de l’Église, les habitants de Vars ne furent pas totalement abandonnés à leur détresse.
  • Sources : L’Annonciateur, édition du 22 juillet 1865, p. 1.

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Bénédiction des drapeaux du régiment de Bretagne (Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, 19 avril 1697) https://www.geneprovence.com/benediction-des-drapeaux-du-regiment-de-bretagne-saint-maximin-la-sainte-baume-19-avril-1697/ https://www.geneprovence.com/benediction-des-drapeaux-du-regiment-de-bretagne-saint-maximin-la-sainte-baume-19-avril-1697/#respond Wed, 11 Feb 2026 18:04:51 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27460 « L’an que dessus [1697] et le 19 avril, nous soussigné curé, étant revêtu d’un surplis, étole et pluvial violet, accompagné du révérend père Monier, notre secondaire, revêtu d’un surplis et…

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« L’an que dessus [1697] et le 19 avril, nous soussigné curé, étant revêtu d’un surplis, étole et pluvial violet, accompagné du révérend père Monier, notre secondaire, revêtu d’un surplis et d’une étole, et de plusieurs autres religieux,
Avons reçu au Maître-Autel le sieur de Fontvieille, lieutenant-colonel du régiment de Bretagne, étant à la tête dudit régiment, les soldats en armes, tambours battants,
Lequel nous a présenté trois drapeaux dudit régiment que nous avons bénis avec les cérémonies accoutumées en pareil cas,
En présence des autres officiers et soldats et d’un grand nombre de messires et de peuple de l’un et l’autre sexe de cette ville de Saint-Maximin,
Et ensuite, nous étant assis, avons remis lesdits trois drapeaux audit sieur lieutenant-colonel, étant à genoux, et lui avons donné le baiser de paix,
Et nous avons fait un petit discours pour animer les grands officiers et soldats, à signaler leur besogne pour le service du roi et ensuite on a dit la messe du Saint-Esprit, laquelle finie, ils nous ont remis les drapeaux et ils se sont retirés dans le même ordre de bataille. »
[Joseph Agnez, curé]

Le 19 avril 1697, à Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, cette cérémonie s’inscrit dans le contexte de la Guerre de la Ligue d’Augsbourg (1688-1697), opposant Louis XIV à une coalition européenne. L’événement est un puissant acte de sacralisation de la guerre au service du Roi de France.
Le curé, en habits violets (couleur pénitentielle/royale) et assisté de religieux, reçoit le régiment de Bretagne en ordre de bataille, tambours battants. Les drapeaux, symboles de l’honneur militaire, de la fidélité au Roi et de l’identité du régiment, sont présentés au Maître-Autel.
La cérémonie obéit à des rites précis : le curé bénit les étendards, puis les remet au lieutenant-colonel de Fontvieille, qui les reçoit à genoux, marquant l’hommage et l’allégeance. Le curé lui donne le baiser de paix (ici, un geste symbolique de bénédiction et de concorde, sans doute direct, réservé à cette occasion au dignitaire). Le discours exhorte les troupes à l’action pour le service du roi. La messe du Saint-Esprit est ensuite dite, implorant l’assistance divine. L’événement, tenu devant un grand nombre de messires et de peuple, est une manifestation publique et religieuse de soutien total à la politique militaire et absolutiste de Louis XIV.

  • Source : Registre paroissial de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, Archives départementales du Var, 2 MI EC2810R1.

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