Vent Archives - GénéProvence https://www.geneprovence.com/category/vent/ 500 ans de faits divers en Provence Thu, 06 Nov 2025 21:20:32 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.8.3 https://www.geneprovence.com/wp-content/uploads/2024/04/cropped-434541497_912630390609581_141579584347965292_n-32x32.png Vent Archives - GénéProvence https://www.geneprovence.com/category/vent/ 32 32 Le sirocco ravage la campagne (Aubagne, 1er mai 1848) https://www.geneprovence.com/sirocco-ravage-la-campagne-aubagne-1er-mai-1848/ https://www.geneprovence.com/sirocco-ravage-la-campagne-aubagne-1er-mai-1848/#respond Sun, 16 Feb 2025 05:30:34 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=24471 Lundi 1er mai 1848, un violent sirocco s’abattit sur Marseille et ses environs. Les vents hurlants et la pluie battante sévirent toute l’après-midi et la soirée. Les campagnes alentour, et…

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Lundi 1er mai 1848, un violent sirocco s’abattit sur Marseille et ses environs. Les vents hurlants et la pluie battante sévirent toute l’après-midi et la soirée. Les campagnes alentour, et particulièrement celles d’Aubagne, furent les plus durement touchées.
Les arbres, qu’ils fussent fruitiers ou d’ornement, ne résistèrent pas à la furie des éléments. Oliviers centenaires, cerisiers en fleurs, abricotiers gorgés de fruits, poiriers, presque tous succombèrent sous les rafales. Les branches gisaient à terre, mêlées aux fruits arrachés de leurs branches. Le sol était jonché de fruits encore verts, une perte considérable pour les agriculteurs qui attendaient avec impatience la récolte.
Le lendemain matin, le paysage était désolé. Les champs, autrefois verdoyants et prometteurs, étaient désormais parsemés de débris. Les paysans, abattus, contemplaient les dégâts causés par la tempête. Les espoirs de récoltes abondantes s’étaient envolés en quelques heures.
Heureusement, une pluie douce succéda à cette tourmente, apportant un peu de réconfort aux cultivateurs. Les pluies pourraient aider à régénérer les sols et à favoriser de nouvelles pousses. On espérait notamment que les légumes et les céréales n’auraient pas trop souffert de cette épreuve et que la nature saurait se remettre de ce coup dur.
  • Sources : La Gazette du Midi, 4 mai 1848, p. 3.

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Tempête meurtrière sur l’étang (Martigues, 12 février 1824) https://www.geneprovence.com/tempete-meurtriere-sur-letang-martigues-12-fevrier-1824/ https://www.geneprovence.com/tempete-meurtriere-sur-letang-martigues-12-fevrier-1824/#respond Mon, 21 Oct 2024 05:30:43 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=22815 « Ce 13 février 1824 à 9 heures du matin, nous Maxime Caudière, juge de paix du canton de Martigues […], Ayant appris par la rumeur publique que dans la soirée…

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« Ce 13 février 1824 à 9 heures du matin, nous Maxime Caudière, juge de paix du canton de Martigues […],
Ayant appris par la rumeur publique que dans la soirée du jour d’hier un bateau de pêche monté par neuf hommes d’équipage avait sombré sans voile dans l’étang de Berre, à une lieue environ de Martigues, non loin du quartier dit Les Trois-Frères de la Mède et qu’un seul de ces individus, appelé Augustin Cheillan, avait été sauvé et conduit dans sa maison,
Nous y sommes transportés d’office avec le sieur Bonnet, greffier, à l’effet de recevoir la déclaration dudit Cheillan sur les circonstances du naufrage.

Le témoignage de Chaillan

Arrivé au quartier de Ferrières, nous sommes montés dans une chambre au premier étage, sise dans la rue de la Chaîne, où nous avons trouvé ledit Augustin Chaillan couché dans son lit et gardé par sa femme et quelques voisines.
Après avoir reçu de lui le serment de dire vérité, nous l’avons interpelé de nous déclarer tout ce qui était à sa connaissance relativement au naufrage du bateau de pêche de l’équipage duquel il faisait partie et qu’il nous a fait de la manière suivante :

« Nous sommes partis hier sur les 4 heures de relevée [16 heures] de Martigues sur un bateau plat appartenant à Jean-Esprit Cheillan et par lui commandé.
« Ce bateau était monté par neuf hommes d’équipage, savoir Jean-Esprit Cheillan, patron, Pierre Dudon, François Mourre, Jean-Antoine Cheillan, Jean-Pierre Olive, Pierre-Vincent Bourgaud, Pierre l’Ange Aye, Louis-Gaspad Fouquet et moi Augustin Cheillan.
« Le vent de nord-ouest soufflait avec assez de violence. Son bateau avait toutes les voiles au vent et cinglant avec rapidité vu le quartier de la Mède où nous avions intention de jeter à la mer notre filet, vulgairement appelé bourgin.
« Arrivés à une lieue environ de Martigues et vis-à-vis Les Trois Frères de la Mède dont nous n’étions distants que d’un quart de lieue environ, un coup de vent affreux et semblable à un tourbillon nous donna complètement dans les voiles et fit chavirer le bateau. Mes malheureux compagnons et moi, quoique vêtus de gros habillements et ayant aux jambes des grosses bottes de marin, n’abandonnâmes pas le bois du bateau et nous y tînmes environ deux heures, quoique les vagues nous obligeassent quelquefois à désemparer.
« Le temps était si mauvais qu’aucun bateau n’était sur l’étang et, malgré nos signaux, personne ne nous aperçut.
« Au bout de cette demi-heure, mes compagnons ayant perdu leurs forces, j’eus la douleur de les voir lâcher prise les uns après les autres et entraînés au fond de l’étang qui, en cet endroit, est extraordinairement profond.
« Je luttai encore environ un quart d’heure contre les vagues et je sentais que mes forces étaient épuisées lorsque, aperçu par un travailleur qui fut prévenir des marins qui se chauffaient dans une campagne, ceux-ci montèrent leur bateau et vinrent me sauver malgré le danger imminent qu’ils couraient eux-mêmes. »

Le constat officiel

Sur quoi, moi, juge de paix, disons que Jean-Esprit Cheillan, marin, âgé de 57 ans, Pierre Dudon, marin, âgé de 46 ans, François Mourre, marin, âgé de 38 ans, Jean-Antoine Cheillan, âgé de 36 ans, Jean-Pierre Olive, cultivateur, 29 ans, Pierre-Vincent Bourgaud, sans profession, âgé de 17 ans, Pierre l’Ange Aye, marin, âgé de 18 ans et Louis-Gaspard Fouque, marin, âgé de 16 ans, tous demeurant et domiciliés en cette ville de Martigues, quartier de Ferrières, sont décédés le 12 février courant à 6 heures du soir environ, que leur mort a été causée par un événement malheureux auquel personne n’a contribué ni directement, ni indirectement et enfin qu’ils se sont noyés dans l’étang de Berre à un quart de lieue environ des rochers dits Les Trois-Frères de la Mède.
Et de tout ce que dessus, avons fait et dressé le présent procès-verbal dont extrait sera expédié à M. l’officier de l’état civil de la commune de Martigues, pour servir et valoir ce que de droit, et que nous avons signé après lecture avec le sieur Bonnet, greffier, et non Augustin Cheillan qui a déclaré ne le savoir.
Fait dans la chambre d’Augustin Cheillan, quartier de Ferrières, rue de la Chaîne, les jour, mois et an que dessus. »
[Maxime Caudière, juge de paix, Bonnet, greffier]

L’histoire se poursuit après la carte…

Identité des victimes

  1. Jean-Esprit Cheillan, patron pêcheur, 57 ans, né à Martigues, domicilié section de l’Île-et-Ferrières, époux en secondes noces de Marguerite Laurens ;
  2. Pierre Dudon, marin, 46 ans, né à Martigues, domicilié section de l’Île-et-Ferrières, époux de Marguerite Guilhen, fils de feus Jacques Dudon et Catherine Bonnin ;
  3. François Mourre, marin, 38 ans, né à Martigues, domicilié section de l’Île-et-Ferrières, époux en secondes noces de Marie-Anne Jourdan, fils de Jean-Baptiste Mourre et Marianne Souleillet ;
  4. Jean-Antoine Cheillan, marin, 36 ans, né à Martigues, domicilié section de l’Île-et-Ferrières, époux de Thérèse Richier, fils de Jean Cheillan et feue Jeanne-Marie Lamourdedieu ;
  5. Louis-Gaspard Fouque, 16 ans, fils de Jean-Baptiste Fouque et Marguerite Cheillan ;
  6. Jean-Pierre Olive, 29 ans, né à Martigues, domicilié section de l’Île-et-Ferrières, fils d’Alexis Olive et Élisabeth Teisseire ;
  7. Pierre-Vincent Bourgaud, 17 ans, né à Martigues, domicilié section de l’Île-et-Ferrières, fils d’Antoine Bourgaud et Marie-Rose Laugier ;
  8. Pierre l’Ange Aye, 18 ans, né à Martigues, domicilié section de l’Île-et-Ferrières, fils d’Étienne Aye et Rose Moulin.
  • Source : Registre d’état civil de Martigues, Archives départementales des Bouches-du-Rhône, 202 E 499 – 1824.
  • Acte signalé par Géraldine Surian.

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Un printemps froid et venteux (Aubagne, 12 avril 1868) https://www.geneprovence.com/un-printemps-froid-et-venteux-aubagne-12-avril-1868/ https://www.geneprovence.com/un-printemps-froid-et-venteux-aubagne-12-avril-1868/#respond Fri, 26 Jul 2024 12:43:15 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=21632 L’année 1868 vit un printemps exceptionnellement sec à tel point que les cultivateurs furent très inquiets quant à leurs récoltes futures. En avril, le mistral et le froid firent des…

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L’année 1868 vit un printemps exceptionnellement sec à tel point que les cultivateurs furent très inquiets quant à leurs récoltes futures. En avril, le mistral et le froid firent des ravages.
Dans le journal Le Nouvelliste, un correspondant écrivait ceci à la date du 13 avril 1868 :

« La désolation est parmi les cultivateurs depuis deux jours. Toutes les récoltes sont perdues. Le vent qui a soufflé avec tant de violence à Marseille et que nous avons ressenti pendant quarante-huit heures a amené un changement de température qui sera très préjudiciable à l’agriculture. Dans la nuit de samedi (11 avril) à dimanche (12 avril), le froid a été si vif que les arbres fruitiers et les vignes qui commençaient déjà à montrer leurs bourgeons ont été entièrement brûlés. Les mûriers, les figuiers, les noyers sur la récolte desquels on avait fondé de grandes espérances, ont été dépouillés entièrement de leurs fruits par le vent.
« Nous avons une bien triste perspective. Nos puits sont taris, une grande sécheresse menace nos blés, la récolte des vins est sinon totalement perdue, du moins très gravement compromise et nos fruitiers et nos légumes sont anéantis.
« Le cultivateur aura une très mauvaise année à passer et je ne sais où il pourra puiser pour s’acquitter des lourdes charges qui pèsent sur lui et sur la propriété. »
  • Sources : Cité in Le Petit Marseillais, 16 avril 1868, p. 2.

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Jour de mistral (Marseille, 11 novembre 1868) https://www.geneprovence.com/jour-de-mistral-marseille-11-novembre-1868/ https://www.geneprovence.com/jour-de-mistral-marseille-11-novembre-1868/#respond Fri, 13 Dec 2019 09:41:45 +0000 http://www.geneprovence.com/?p=17374 Le 11 novembre 1868 était un jour de fort mistral en Pro­vence. À Marseille, quelques anecdotes survenues ce jour-là nous sont parvenues. Au port de la Joliette, les navires se…

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Le 11 novembre 1868 était un jour de fort mistral en Pro­vence. À Marseille, quelques anecdotes survenues ce jour-là nous sont parvenues.
Au port de la Joliette, les navires se heurtaient les uns contre les autres, se provoquant de graves avaries, en même temps que les vagues dépassaient le mur d’abri et rendaient inaccessible la jetée.
Au nord de la ville, sur la route d’Aix, un charretier dont le manteau offrait une grande prise au vent fut renversé de son véhicule mais eut heureusement la vie sauve.
Rue de Rome, passait une charrette chargée d’ustensiles de maison. Sur le sommet trônait une gamatte, que l’on nomme « auge » en provençal. Le mistral soufflant dessus, l’auge s’envola et retomba sur le pavé, couvrant dans sa cavité un petit chien qui ne fut pas blessé et qui en fut quitte pour quelques instants de détention.
On évoque aussi le même jour le cas de chasseurs qui chassaient en plaine de Crau. Le vent était si violent qu’il déclencha à lui seul un coup de fusil en exerçant une pression sur la gâchette. Le plomb atteignit un train de marchandises qui passait dans la plaine.
Le même jour, à Marseille, boulevard de Paris, à l’ancien Lazaret, deux messieurs étaient en train de causer dans le jardin de l’un des deux. Les deux hommes ferment un moment les yeux quand arrive une bourrasque du mistral. Quand l’un rouvre ses yeux, il s’aperçoit que son compagnon n’était plus là. Il chercha et appela, entendant une voix plaintive qui venait de la toiture du poulailler. C’est là que le vent l’avait logé. Il fallut s’équiper d’échelles et de cordages pour l’en faire descendre.
Au quartier de la Belle-de-Mai, le vent fut responsable de la chute d’une haute cheminée, dans une usine. Il fut aussi à l’origine de plusieurs arbre déracinés.

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Coup de vent sur Saint-Tropez (Saint-Tropez, 16 février 1860) https://www.geneprovence.com/coup-de-vent-saint-tropez-1860/ https://www.geneprovence.com/coup-de-vent-saint-tropez-1860/#respond Mon, 01 Sep 2014 07:02:34 +0000 http://www.geneprovence.com/?p=13730 Les côtes de Saint-Tropez, ont été le théâtre d’un sinistre qui a jeté la consternation dans nos populations : Le seize du courant, le brick Le Comme Nous, capitaine Arnaud, de…

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Les côtes de Saint-Tropez, ont été le théâtre d’un sinistre qui a jeté la consternation dans nos populations :
La jeteée, à Saint-Tropez. DR.
La jeteée, à Saint-Tropez. DR.
Le seize du courant, le brick Le Comme Nous, capitaine Arnaud, de 80 tonneaux, faisait voile vers Saint-Raphaël, ayant un chargement de fer et d’avoine. Arrivé à la hauteur de Saint-Tropez, il fut assailli par un violent coup de mer qui le le jeta sur le récif de La Jardinière. Trois des malheureux hommes de l’équipage disparurent aussitôt sous les vagues.
Le capitaine et le matelot Gatani purent atteindre un rocher où ils passèrent successivement un jour et deux nuits au milieu des privations et des souffrances les plus cruelles. Enfin, le 18 février au matin, ils furent aperçus par le bateau pêcheur du patron Judici, qui s’empressa de les recueillir et les conduisit à Saint-Tropez où ils furent l’objet des soins que réclamait leur situation.
Le lendemain, les vagues amenèrent sur le rivage les cadavres des trois matelots, dont voici les noms :
  • Raybaud, François-Barthélemy, àgé de 43 ans, né aux Arcs ;
  • Meille, Antoine-Étienne, âgé de 25 ans, né à Saint-Tropez ;
  • Gastinel Étienne-Antoine, âgé de 15 ans, né à Bandol,
tous marins à bord du brick naufragé.

Le même coup de vent a surpris à l’entrée du port de Saint-Tropez un bateau français venant de Marseille et un bateau sarde venant de Vintimille.
Aux cris de détresse que poussaient les deux équipages, les marins sont accourus pour procéder à leur sauvetage. Grâce à leurs soins, le bateau français l’Anna a pu être amené dans le port sans avarie. Mais le bateau sarde la Concezione s’est brisé devant la jetée.
L’équipage a pu être amené à terre sain et sauf.

Sources

  • Le Var, 22 avril 1860, 8e année, no 710.

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Un éléphant tué par le mistral (Aix-en-Provence, 14 décembre 1895) https://www.geneprovence.com/un-elephant-tue-par-le-mistral-aix-en-provence-14-decembre-1895/ Tue, 17 Mar 2009 00:01:00 +0000 http://s430202914.onlinehome.fr/geneprovence/?p=655 Le Mémorial d'Aix, 22 décembre 1895, n°102 « L'un des principaux sujets du grand cirque qui est resté deux jours à Aix, l'éléphant si bien dressé, si amusant dans son rôle de sergent, est mort samedi dernier dans une écurie sombre et située en contrebas, sur le cours Sextius.

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« L’un des principaux sujets du grand cirque qui est resté deux jours à Aix, l’éléphant si bien dressé, si amusant dans son rôle de sergent, est mort samedi dernier dans une écurie sombre et située en contrebas, sur le cours Sextius.
© Margot Wolfs, 2009,  avec son aimable autorisation.
© Margot Wolfs, 2009,
avec son aimable autorisation.
Habitué au soleil des tropiques, le pauvre animal a été surpris par le froid du dernier mistral et a succombé malgré les soins empressés des vétérinaires dont un avait été envoyé de Nice par le directeur de Cirque.
Par une délicate attention, l’impresario avait laissé auprès de son sergent femelle son compagnon mâle. Attention vaine, hélas ! d’autant plus vaine que ledit compagnon a failli à son tour mourir de chagrin.
Dimanche, le cadavre de l’éléphant empestant le voisinage, on requit l’équarrisseur qui, naturellement, dut procéder sur place au découpage de l’énorme bête. Avant de se livrer à cette opération licite, les gardiens du compagnon voulurent lui éviter la vue de ce spectacle si pénible pour son cœur d’éléphant. Ce fut en vain. Dès qu’on avait réussi à lui faire tourner la trompe du côté de la porte, l’intelligent animal, pour prouver qu’il ne voulait pas abandonner sa compagne, s’empressait de tourner le dos. De guerre lasse, on se contenta de placer une toile afin de lui cacher la vue du sang.
Cet éléphant est encore à Aix. Lundi, on le conduisit à l’octroi pour de là le faire passer au chemin de fer. Aucun fourgon n’étant assez haut pour sa grandeur, il a fallu télégraphier à Paris. Les ingénieurs se sont livrés à des calculs savants, ont indiqué quelle devait être exactement la hauteur d’une cage qui, placée sur un wagon plat, pourrait passer sous les tunnels. Et aussitôt que cette cage, qui devra être d’une solidité à toute épreuve, sera prête, on y fera entrer l’artiste en congé.
Ajoutons que le mâle éléphant paraît en bonne voie de guérison : il ingurgite chaque matin cinquante kilos de foin et la même quantité à son dîner. Entre temps, il avale des chaudrons de pommes de terre bouillies et autres légumes ad hoc. »
  • Le Mémorial d’Aix, 22 décembre 1895, n°102

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