Vol Archives - GénéProvence https://www.geneprovence.com/category/vol/ 500 ans de faits divers en Provence Tue, 05 May 2026 16:18:49 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.4 https://www.geneprovence.com/wp-content/uploads/2024/04/cropped-434541497_912630390609581_141579584347965292_n-32x32.png Vol Archives - GénéProvence https://www.geneprovence.com/category/vol/ 32 32 Le mystère du portefeuille sauvé (Marseille, 28 juin 1868) https://www.geneprovence.com/le-mystere-du-portefeuille-sauve-marseille-28-juin-1868/ https://www.geneprovence.com/le-mystere-du-portefeuille-sauve-marseille-28-juin-1868/#respond Tue, 05 May 2026 16:18:49 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=28132 Le chemin de Sainte-Marguerite, ce soir-là, fut le théâtre d’un petit drame dont le héros sortit vainqueur par la seule force de son esprit. L’embuscade Notre homme cheminait tranquillement lorsqu’il…

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Le chemin de Sainte-Marguerite, ce soir-là, fut le théâtre d’un petit drame dont le héros sortit vainqueur par la seule force de son esprit.

L’embuscade

Notre homme cheminait tranquillement lorsqu’il aperçut, dans le lointain, trois silhouettes aux allures peu rassurantes. Il comprit d’un coup d’œil que le guet-apens se préparait. Sans ralentir le pas, il agit : d’un geste discret, il ôta sa montre de son gousset, la glissa dans sa main droite, et saisit son porte-monnaie de la gauche. Puis, les bras ballants, les poings fermés, il continua d’avancer.
À cinq pas des bandits, le cri de « Halte ! » fendit le silence.

Le stratagème

Un pistolet sous le nez, notre homme déclara n’avoir pas le sou. Sa parole ne fut pas crue — cela allait de soi. Les trois compères le fouillèrent alors avec soin, retournant chaque poche. Lui se prêtait à l’opération avec une bonne grâce déconcertante, levant obligeamment les bras pour faciliter la besogne.
Le stratagème était d’une simplicité confondante : personne ne songea à regarder ses mains.
Les voleurs le laissèrent repartir bredouilles, persuadés de sa misère.

Le dénouement

Cent mètres plus loin, le courageux Marseillais eut le plaisir de remettre tranquillement sa montre à son gousset et sa bourse en poche. Ce soir-là, le flair et le sang-froid avaient eu raison de trois brigands armés.
  • Source : Le Petit Marseillais, 30 juin 1868, p. 2.

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Le crime d’être pauvre face à la rigueur des lois (Aix-en-Provence, 19 mars 1840) https://www.geneprovence.com/le-crime-detre-pauvre-face-a-la-rigueur-des-lois-aix-en-provence-19-mars-1840/ https://www.geneprovence.com/le-crime-detre-pauvre-face-a-la-rigueur-des-lois-aix-en-provence-19-mars-1840/#respond Sun, 19 Apr 2026 17:49:19 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=28013 Un homme, vêtu de haillons, s’asseyait le 19 mars 1840 sur le banc des prévenus, comme coupable du délit de rupture de ban, au tribunal de police correctionnelle d’Aix-en-Provence. Il…

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Un homme, vêtu de haillons, s’asseyait le 19 mars 1840 sur le banc des prévenus, comme coupable du délit de rupture de ban, au tribunal de police correctionnelle d’Aix-en-Provence. Il s’exprimait avec aisance, mais surtout sa voix laissait entendre le son de la vérité. Voici le dialogue qu’il eut avec le président, à peine modifié pour le rendre plus compréhensible mais en en respectant en tout point le sens :

M. le Président. « Pourquoi avez-vous rompu votre ban ? »

Le prévenu. « Je vais vous le dire : c’est parce que, dans les lieux où l’on m’obligeait à m’installer, je ne trouvais ni travail, ni moyens de subsistance. Si je me présentais chez un employeur pour demander du travail, on exigeait de ma part des garanties de moralité. Or, pouvais-je nier que j’étais sous la surveillance humiliante de la police ? Même si je l’avais fait, cela aurait été inutile, car la police elle-même se rendait chez ceux qui auraient pu m’embaucher pour les avertir de se méfier de moi, en leur précisant que j’étais un ancien détenu. Ces derniers trouvaient alors toujours un prétexte pour m’éconduire. Ainsi, rejeté de partout, sans travail et réduit à la misère, il ne me restait que deux options : soit devenir voleur, soit fuir une surveillance qui m’empêchait de gagner ma vie honnêtement. J’ai choisi la seconde. »

M. le Président. « Mais votre conduite antérieure a été très mauvaise : vous avez déjà été condamné plusieurs fois. »

Le prévenu. « Voici la vérité : j’ai eu le malheur, dans ma jeunesse, d’être sous l’autorité d’une mère aux mœurs légères et d’un père qui me maltraitait sans cesse. Las de ces mauvais traitements, je me suis enfui de la maison familiale. Je n’avais ni métier, ni ressources pour vivre. On m’a arrêté, et j’ai été condamné pour vagabondage à trois ans de prison et cinq ans de surveillance. J’ai purgé ma peine ; mais, à mon retour à la vie civile, la surveillance dont j’étais l’objet m’a privé de toute ressource, et il m’est devenu impossible de travailler. J’ai enfreint une première fois mon interdiction de séjour ; rapidement repris, j’ai été de nouveau condamné pour ce motif à une autre peine de prison, assortie de cinq nouvelles années de surveillance. Une seconde rupture d’interdiction, causée par les mêmes motifs, a entraîné une condamnation similaire. C’est un troisième fait du même genre qui me conduit aujourd’hui devant ce tribunal. »

M. le Procureur du Roi. « Je trouve, en effet, dans mes dossiers une première condamnation pour vagabondage ; les suivantes concernent des ruptures d’interdiction de séjour. »

Le prévenu. « Eh bien ! Suis-je devenu un criminel pour autant ? Ai-je volé quelqu’un ? Non, je n’ai jamais fait de mal à personne. Et pourtant, alors que je ne trouvais nulle part de quoi subvenir à mes besoins et que tous les ateliers se fermaient devant moi, n’aurais-je pas pu, d’une certaine manière légitimement, chercher ma subsistance dans le vol ou le crime ? Mais je ne l’ai pas fait : je suis resté un homme honnête ! »

Le Procureur déclara ensuite que, quels que soient les motifs invoqués par l’accusé pour justifier sa conduite, la loi existait et devait être appliquée. Il en requit donc l’exécution.
Le Tribunal condamna donc le prévenu à huit jours de prison et au maintien de la haute surveillance policière.

  • Source : Le Mémorial d’Aix, 21 mars 1980, p. 2.

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Le coup des trois Piémontais (Lambesc, 22 février 1840) https://www.geneprovence.com/le-coup-des-trois-piemontais-lambesc-22-fevrier-1840/ https://www.geneprovence.com/le-coup-des-trois-piemontais-lambesc-22-fevrier-1840/#respond Mon, 16 Mar 2026 21:13:54 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27748 Le 22 février 1840, vers sept heures du soir, un vol à main armée fut commis dans une maison de campagne du territoire de Lambesc (Bouches-du-Rhône) et à peu de…

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Le 22 février 1840, vers sept heures du soir, un vol à main armée fut commis dans une maison de campagne du territoire de Lambesc (Bouches-du-Rhône) et à peu de distance du canal de Marseille. Cette demeure était habitée par les époux Brun, d’honnêtes cultivateurs, des gens avancés en âge.

L’intrusion des malfaiteurs

Les voleurs, au nombre de trois, identifiés comme des Piémontais de nation, s’introduisirent dans la maison sous le prétexte fallacieux de demander du vin. L’hospitalité leur fut accordée, et ce n’est qu’après en avoir bu trois bouteilles que ces misérables passèrent à l’acte.
Ils fermèrent la porte en dedans, et, s’armant sans délai – l’un d’un pistolet, et chacun des deux autres d’un couteau-poignard – ils menacèrent audacieusement M. Brun et sa femme. L’injonction fut claire : s’ils n’obtempéraient sur-le-champ à leurs exigences criminelles, ils feraient face aux pires conséquences.

Le butin de 150 francs

M. Brun, effrayé et craignant pour sa vie, n’hésita pas. Il ouvrit aussitôt les tiroirs d’une commode où étaient enfermés une somme de cent cinquante francs, des bijoux et autres effets.
Les trois malfaiteurs s’en emparèrent avec avidité. Le larcin accompli, ils disparurent dans la nuit, laissant derrière eux la terreur et le dénuement.
La gendarmerie rechercha les auteurs de ce vol, apparemment sans obtenir de résultats probants.
  • Source : Le Mémorial d’Aix, 29 février 1840, p. 3.

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Innocentée par un coup de balai (Tarascon, 6 août 1865) https://www.geneprovence.com/innocentee-par-un-coup-de-balai-tarascon-6-aout-1865/ https://www.geneprovence.com/innocentee-par-un-coup-de-balai-tarascon-6-aout-1865/#respond Tue, 10 Mar 2026 11:05:10 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27712 C’est une anecdote singulière que rapporte le Courrier du Gard, reprise par L’Annonciateur, une de ces histoires qui nous rappellent que les apparences sont souvent trompeuses et que l’innocence ne…

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C’est une anecdote singulière que rapporte le Courrier du Gard, reprise par L’Annonciateur, une de ces histoires qui nous rappellent que les apparences sont souvent trompeuses et que l’innocence ne tient parfois qu’à un fil de soie.

Un larcin inexplicable

Le sieur M. G…, de Tarascon (Bouches-du-Rhône), possédait deux boutons de chemise fort précieux, façonnés en or émaillé. Le travail en était si fin qu’une petite mouche en acier bruni semblait s’y être posée, à tel point que le propriétaire lui-même s’y trompait parfois. Un jour, l’un de ces bijoux fut perdu. Bien que méfiant, M. G… préféra garder le silence. Mais lorsqu’un an plus tard, le second bouton disparut à son tour du meuble où il reposait chaque soir, le doute ne fut plus permis : on le volait.
La vieille servante de la maison fut immédiatement soupçonnée de ce méfait. Accusée sans preuve mais avec la certitude du maître, la malheureuse fut congédiée, emportant avec elle le poids d’une honte injuste.

La justice du balai

Dimanche 6 août 1865, alors que la famille était revenue de la campagne, Madame G… entreprit d’inspecter ses appartements de Tarascon. Sous les lambris de son alcôve, elle aperçut une toile d’araignée d’une taille respectable et décida d’en faire justice d’un coup de balai.
À sa grande stupeur, elle vit tomber du plafond non pas un, mais les deux boutons d’or tant regrettés ! Une araignée de forte taille, sans doute abusée par la ressemblance des bijoux avec de véritables insectes, avait patiemment dérobé les boutons pour les cacher au cœur de sa toile. La pauvre servante fut rappelée sur-le-champ pour retrouver sa place, son innocence étant enfin manifeste.
  • Source : L’Annonciateur, édition du 12 août 1865, p. 3.

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Une histoire de confiance brisée (Toulon, 14 août 1869) https://www.geneprovence.com/une-histoire-de-confiance-brisee-toulon-14-aout-1869/ https://www.geneprovence.com/une-histoire-de-confiance-brisee-toulon-14-aout-1869/#respond Fri, 06 Feb 2026 21:02:26 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27443 En cette fin d’année 1868, l’octogénaire Antoinette Demerio, une dame visiblement digne de confiance, s’apprête à emménager dans une nouvelle demeure. Âgée de 80 ans, elle a loué une chambre…

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En cette fin d’année 1868, l’octogénaire Antoinette Demerio, une dame visiblement digne de confiance, s’apprête à emménager dans une nouvelle demeure. Âgée de 80 ans, elle a loué une chambre au troisième étage du 14, rue Bastide à Toulon, à compter du 29 septembre. Ce sont les époux Fabry, rencontrés en 1865 alors qu’ils étaient tous logés à la cité Montéty, qui lui ont procuré cette chambre. La confiance est totale, une amitié de voisinage s’est tissée.
Cependant, un imprévu retarde l’installation : la chambre n’est pas prête. Sans hésiter, Mme Demerio prend une décision qui lui sera fatale : elle confie l’intégralité de son mobilier et de ses biens aux Fabry pour un entreposage provisoire.

Les premières ombres

Peu après, alors qu’elle prend possession de son nouveau logis, la vieille dame procède à l’inventaire de son linge. Le compte n’y est pas : trois paires de draps de lit, une nappe et cinq serviettes ont disparu. Interrogés, les époux Fabry opposent une explication simpliste : l’octogénaire a dû égarer le tout lors du déménagement. Étonnamment, Mme Demerio, sans doute par l’effet de sa grande confiance initiale, se contente de cette réponse.
Les relations, pourtant, restent étrangement cordiales et fréquentes d’octobre 1868 à mai 1869. C’est en mai que se produit le premier incident matériellement accablant.
Pour préparer la première communion de leur fils, Mme Fabry accompagne sa bienfaitrice chez un marchand de nouveautés. Mme Demerio règle 40 francs d’achat, remettant deux pièces de 20 francs. Le marchand signale alors une erreur sidérante : l’une des pièces n’est qu’un jeton doré de la même dimension. Vivement étonnée, la victime se voit conseiller par Mme Fabry de rejeter la faute sur le banquier chez qui elle retire ses rentes. Une tentative d’escroquerie déguisée en étourderie bancaire.

La spoliation insidieuse

À partir de ce jour, la prudence s’installe. Mme Demerio retire son argent monnayé de sa garde-robe et le place dans un sac, au milieu de ses titres, dans une commode dont elle garde la clé sur elle.
Ce changement de cachette n’entrave en rien le voleur. Vers le 8 juillet, une première pièce de 20 francs s’évapore, sans aucune trace d’effraction sur la commode. Le 9 août suivant, le même phénomène se reproduit : 80 francs disparaissent.
L’évidence finit par s’imposer. Mme Demerio ouvre enfin les yeux et interdit l’entrée de sa porte aux époux Fabry.

Le coup de grâce et l’éclat du désespoir

Cette interdiction ne fait qu’accélérer le coup final. Le 14 août 1869, entre deux et trois heures de l’après-midi, les Fabry s’introduisent à nouveau dans l’appartement de leur ancienne bienfaitrice, profitant de son absence. Grâce à une fausse clé, ils ouvrent la garde-robe et s’emparent de la totalité de son avoir : 125 francs en pièces d’or et, surtout, 25 000 francs en titres de rente divers, ruinant ainsi la vieille dame.
Ce n’est que le lendemain matin, vers dix heures, que Mme Demerio découvre le vol qui « consommait sa ruine ». Son désespoir éclate en « cris déchirants ». Tandis que son entourage l’exhorte à porter plainte immédiatement, seule Mme Fabry tente de l’en dissuader, prétextant que les bureaux de police seraient fermés en raison de la fête nationale du 15 août. Néanmoins, la victime se rend chez le commissaire.

Le verdict

L’enquête s’accélère. Les soupçons sont rapidement confirmés par une preuve matérielle : la justice découvre que le fameux jeton doré, identifié par la victime en mai 1869, était en possession des accusés dès le mois de janvier.
Face aux preuves matérielles et morales, Mme Fabry (née Masse) finit par avouer sa participation au vol du 14 août, tout en niant l’usage de fausses clés. Son époux, Fabry, refuse de partager la responsabilité du crime, bien que les faits l’impliquent nécessairement dans le complot.
L’affaire est portée devant le jury. Les faits accablants contre les deux époux sont confrontés à une défense acharnée.
Le jury rend un verdict négatif en faveur de Fabry, et l’acquitte, mais il reconnaît la femme Fabry (Masse) coupable de tous les vols qui lui étaient imputés, mais lui accorde des circonstances atténuantes.
Par conséquent, Fabry est acquitté, et son épouse, la femme Masse, est condamnée à cinq ans de réclusion. Un dénouement qui, s’il punit l’une des coupables, laisse planer le doute sur l’implication complète de son mari dans cette sombre histoire de confiance trahie à Toulon.
  • Source : Le Progrès du Var, 15 novembre 1869, p. 3.

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L’audace d’un voleur et la lenteur des forces de l’ordre (Puget-Ville, 25 mai 1895) https://www.geneprovence.com/laudace-dun-voleur-et-la-lenteur-des-forces-de-lordre-puget-ville-25-mai-1895/ https://www.geneprovence.com/laudace-dun-voleur-et-la-lenteur-des-forces-de-lordre-puget-ville-25-mai-1895/#respond Mon, 08 Dec 2025 19:49:54 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27046 Le samedi 25 mai 1895, aux alentours de 21 heures, se produisit un fait divers particulièrement choquant pour les habitants de Puget-Ville (Var). Un jeune garçon, Henri P., âgé de…

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Le samedi 25 mai 1895, aux alentours de 21 heures, se produisit un fait divers particulièrement choquant pour les habitants de Puget-Ville (Var).
Un jeune garçon, Henri P., âgé de 16 ans, se trouvait derrière l’établissement des frères maristes quand un malfaiteur se jeta soudain sur lui. Après l’avoir plaqué au sol, il lui déroba son porte-monnaie qui ne contenait qu’un franc.
Le voleur prit ensuite la fuite. Terrifié, le jeune Henri n’eut pas le courage d’appeler au secours. Il rentra simplement chez lui, tout tremblant, et raconta à ses parents l’agression qu’il venait de subir. Il découvrit alors que sa montre avait heureusement été épargnée.
Cette attaque n’était pas un cas isolé. Quelques mois plus tôt déjà, une agression similaire s’était produite. Un inconnu avait tenté d’assommer une vieille femme du hameau du Canadel. Cela s’était passé devant sa propre maison, alors que son mari et leurs voisins étaient présents.
À la suite de la plainte d’Henri P., une enquête fut ouverte. Mais la lenteur de la gendarmerie locale fit l’objet de vives critiques. Par exemple, la gendarmerie de Carnoules fut prévenue le lendemain de l’agression mais n’arriva sur les lieux que dans la nuit. Un tel retard était fréquent et nuisait évidemment aux enquêtes.
  • Source : La République du Var, 27 mai 1895, p. 3.

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L’ascension et la chute de Bonnaud (Hyères, 13 août 1869) https://www.geneprovence.com/lascension-et-la-chute-de-bonnaud-hyeres-13-aout-1869/ https://www.geneprovence.com/lascension-et-la-chute-de-bonnaud-hyeres-13-aout-1869/#respond Tue, 25 Nov 2025 12:15:08 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=26821 L’été de l’année 1860 à Hyères fut marqué par un fait divers qui révéla la face cachée d’un homme. Le 13 août, dans le quartier paisible des Loubes, la vigilance…

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L’été de l’année 1860 à Hyères fut marqué par un fait divers qui révéla la face cachée d’un homme. Le 13 août, dans le quartier paisible des Loubes, la vigilance des frères Gueit, Léon et Pompée, permit de mettre fin à la série de larcins.
Les deux hommes aperçurent un individu s’extirpant de la ferme du sieur Giraud. Voyant qu’il était repéré, l’inconnu se retira précipitamment à l’intérieur. Alors que Léon Gueit s’approchait, l’homme reparut sur le seuil, hésita un instant, puis, comprenant qu’il était en danger, s’enfuit à travers champs.
Léon Gueit donna l’alarme et se lança à sa poursuite, bientôt aidé de son frère et des voisins accourus à leurs cris. Le fugitif fut rapidement cerné et retrouvé caché dans les vignes.
L’examen de ses effets révéla le butin : trois pains, une pièce de un franc, et surtout deux boutons de chemise en or, reliés par une chaîne du même métal.

Les aveux en cascade du nommé Bonnaud

Le malfaiteur, nommé Bonnaud, passa rapidement aux aveux concernant son dernier forfait. Il reconnut avoir pénétré dans la maison en fracturant la porte grâce à un soc de charme, un outil qu’il avait lui-même volé à Monsieur Édouard Tassy, son ancien employeur chez qui il avait travaillé un mois. Il admit avoir pris les boutons en or au premier étage et le numéraire et le pain dans la cuisine, au rez-de-chaussée.
Mais l’enquête ne fit que commencer. Les investigations révélèrent que les délits de Bonnaud étaient bien plus graves que le simple vol domestique.

La passion dévoreuse du jeu

Marius Tassy, fils du premier employeur de l’accusé, vint confirmer la gravité de la situation. Il déclara que le 9 août, peu après le départ soudain de Bonnaud de la ferme, une somme de 12 francs avait disparu de la poche de son gilet. Bonnaud, qui n’avait même pas réclamé les quatre francs qu’il lui était dû pour ses gages, était le seul à pouvoir avoir commis ce vol. Acculé, il reconnut les faits.
Le dossier s’épaississait encore. Confronté à une montre en or retrouvée sur lui, Bonnaud tenta d’abord de faire croire à un gain de jeu à Cuers. Mais face aux preuves, il dut confesser un vol bien plus important commis au préjudice de M. Buttet. Profitant de son absence, il avait enfoncé la porte à l’aide d’un soc de charrue. Il avait dérobé une montre en or et sa giletière, un porte-monnaie contenant 150 francs en pièces d’or, ainsi que trois pièces de 5 francs d’un secrétaire. Pour cela, il avait utilisé deux clefs trouvées dans le tiroir d’une table pour ouvrir le secrétaire et la commode du premier étage.
Enfin, Bonnaud avoua un autre larcin : le vol de 275 francs chez le sieur Guiol, au préjudice d’un autre domestique, Hugues. Là encore, le procédé fut simple mais audacieux, la clef de la malle se trouvant sous celle-ci.
Ce fut la passion du jeu qui fut identifiée comme le moteur de cette spirale criminelle. Bonnaud reconnaissait perdre en une seule journée les salaires de plusieurs mois, ce qui le poussait à commettre des vols toujours plus audacieux pour subvenir à son funeste penchant.

Le verdict de la justice

Le jury reconnut Bonnaud coupable des quatre vols qui lui étaient reprochés, et ce, sans circonstances atténuantes. Fait notable, la cour écarta tout de même l’aggravation du chef d’accusation d’effraction extérieure pour deux des vols.
En conclusion de cet épisode, la cour condamna Bonnaud à cinq années de réclusion.
  • Source : Le Progrès du Var, 12 novembre 1869, p. 2.

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Le gang des confiances brisées (Sainte-Maxime, 26 février 1868) https://www.geneprovence.com/le-gang-des-confiances-brisees-sainte-maxime-26-fevrier-1868/ https://www.geneprovence.com/le-gang-des-confiances-brisees-sainte-maxime-26-fevrier-1868/#respond Thu, 06 Nov 2025 11:06:32 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=26677 Le 26 février 1868, Marie Brun entrait au service d’une femme veuve, Madame Cauvy, propriétaire à Sainte-Maxime (Var). Cette dame ayant bientôt remarqué que sa domestique entretenait des relations trop…

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Le 26 février 1868, Marie Brun entrait au service d’une femme veuve, Madame Cauvy, propriétaire à Sainte-Maxime (Var). Cette dame ayant bientôt remarqué que sa domestique entretenait des relations trop intimes avec ses voisins, les époux Piovant, dont la réputation était mauvaise, elle avertit les parents de la jeune femme qui la rappelèrent chez eux à Monêtier, près de Briançon (Hautes-Alpes), sous le prétexte d’une prétendue maladie de son frère.
Quelques heures après qu’elle fut partie, le 21 avril, Mme Cauvy constatait la disparition d’une somme de 600 francs, de plusieurs châles, et autres effets mobiles renfermés dans un placard.
Deux jours plus tard, Mme Cauvy dut recourir à l’aide d’un serrurier pour en ouvrir un second, où l’on avait pris 25 mètres de percaline sans toucher cependant à une somme de 150 francs laissée là pour les dépenses courantes. La serrure d’une garde-robe placée dans la chambre de Madame Cauvy était dérangée. Là encore le secours du serrurier devint nécessaire. Une somme de 3200 francs déposée à l’intérieur du meuble dans un tiroir fermé à clef avait disparu, ainsi que des dentelles, des jupons et plusieurs pièces d’étoffe. On avait également ouvert deux tiroirs d’une commode fermés à clef et l’on s’est emparé d’une montre en or, et d’une chaîne du même métal, à laquelle étaient attachées deux croix d’argent. Enfin, plusieurs autres soustractions de linge ou effets mobiliers furent aussi constatées.

Le rôle des complices

La justice informée fit immédiatement opérer au domicile de Marie Brun à Monêtier une perquisition qui amena la découverte d’une partie des objets volés. Dès son premier interrogatoire, l’accusée fit des aveux. D’après ces aveux, le vol avait été commis par elle de concert avec les époux Piovant et à leur instigation.
Le 20 avril, Marie Brun, qui devait s’absenter avec sa maîtresse, avait enfermé dans la maison la femme Piovant. Celle-ci, après avoir ouvert au moyen de crochets les différents meubles dévalisés, avait fait un paquet de tous les objets soustraits et les avait laissés à sa complice en lui disant que son mari viendrait le prendre le soir du même jour. Il s’était en effet présenté à l’heure indiquée et avait emporté les objets volés dans son domicile.
Après le vol, Marie Brun, au lieu de rentrer directement dans son pays, s’était arrêtée à Marseille où Piovant lui avait apporté une malle contenant une partie du butin, plus une somme de 600 francs.
À la suite de ces aveux, la justice fit une perquisition au domicile des époux Piovant, où furent trouvés un coupon d’étoffe et six serviettes dont cinq démarquées et la sixième aux initiales B. C. que Mme Cauvy a déclaré lui appartenir. Après de nombreuses dénégations, la femme Piovant fit elle aussi des aveux. Ses déclarations concordaient en général avec celles de Marie Brun sur les points principaux, mais elle rejeta sur sa complice l’idée première du vol.
Les crochets employés par elle pour forcer les serrures avaient été soustraits par son mari chez un maréchal-ferrant. Quant à Piovant, il repoussa mais en vain toute culpabilité. Il finit par convenir seulement de sa rencontre à Marseille avec Marie Brun.

Le verdict de la justice

À l’audience du 27 octobre 1869, il avoua aussi que sa femme lui avait remis sur le produit du vol, soit 200 francs.
Le jury reconnut les époux Piovant coupables du vol qui leur était imputé et Marie Brun complice de ce crime. Il écarta toutefois les circonstances aggravantes de la fausse clé et admit enfin des circonstances atténuantes en faveur de la jeune femme et de l’épouse Piovant. En vertu de ce verdict, la cour condamna Piovant à six ans de réclusion, sa femme à deux ans de prison et Marie Brun à quinze mois de prison.
  • Source : Le Progrès du Var, 10 novembre 1869, p. 3.

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Le berger sorcier (Arles, 1867) https://www.geneprovence.com/le-berger-sorcier-arles-1867/ https://www.geneprovence.com/le-berger-sorcier-arles-1867/#respond Wed, 20 Aug 2025 11:53:17 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=26166 La Provence, terre d’histoire et de mystères, a toujours été le berceau de récits singuliers. Parmi eux, celui du « berger sorcier » de Trébon, rôdant dans les terres marécageuses du pays…

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La Provence, terre d’histoire et de mystères, a toujours été le berceau de récits singuliers. Parmi eux, celui du « berger sorcier » de Trébon, rôdant dans les terres marécageuses du pays d’Arles. Cette histoire, empreinte de superstitions et de peurs ancestrales, nous plonge dans un passé où la frontière entre le rationnel et l’inexplicable semblait floue.
Depuis longtemps déjà, un berger fantôme hantait les esprits de la région. Ses apparitions, souvent accompagnées de moutons spectraux, alimentaient les récits les plus extravagants. On racontait qu’il était le fléau des bergers, un être capable de métamorphoses, changeant son apparence à volonté, et même de se rendre invisible. Ses pouvoirs, disait-on, lui permettaient de dérober le bétail sans laisser de traces, semant la terreur parmi les habitants et leurs troupeaux. Chaque disparition inexpliquée renforçait la légende du berger sorcier, le transformant en une menace omniprésente. On disait même que lorsqu’il était surpris, il avait le pouvoir de changer ses moutons en pierres ou en mottes de terre.

Le défi d’un gendarme audacieux

Cependant, un gendarme, homme de bon sens et de courage, ne l’entendait pas de cette oreille. Il ne croyait guère à ces superstitions et décida de mettre fin à ce qui n’était pour lui qu’une supercherie. Son objectif était clair : démasquer ce fantôme. Pendant plus d’un an, il surveilla assidûment les environs de Trébon, veillant sur les troupeaux avec une détermination inébranlable. Les nuits étaient longues et froides, mais le gendarme persistait dans sa quête de vérité. Finalement, sa persévérance fut récompensée.
Alors qu’il était en faction une nuit glaciale, il entendit le son familier d’un troupeau en marche. Le silence fut brisé par des bêlements et des bruits de pas. Soudain, une silhouette se découpa dans l’obscurité. Le gendarme s’approcha discrètement. Il vit alors un homme et un troupeau de moutons, avançant avec une rapidité étonnante. Il s’agissait du fameux berger. Ce dernier, armé d’une longue gaule, fouettait ses bêtes avec une fureur inhabituelle. Il proférait des menaces et des injures, incitant les bêtes à marcher plus vite. Son visage, éclairé par la lueur des étoiles, révélait une détermination féroce.

La vérité révélée

Le gendarme, sans hésitation, interpella l’individu : « Halte-là ! lui crie-t-il, qui es-tu ? » Le berger, pris au dépourvu, tenta de se dérober. Il chercha à se défendre par des mots, mais l’officier insista, répétant sa question. « Dis-moi qui tu es, ou sinon… »
Face à l’insistance du gendarme, l’homme finit par avouer sa véritable identité et ses stratagèmes. Il s’agissait bien d’un berger et affirmait se nommer C. J., mais il était loin d’être un sorcier, bien qu’il se présentât ainsi. Il avoua avoir manipulé la crédulité des habitants, utilisant des subterfuges pour dérober le bétail. Il profitait de la nuit pour faire paître ses bêtes sur les terres d’autrui, puis les revendait au marché.
Aussi le gendarme lui fit-il : « Eh bien ! C. J., le sorcier, au nom de la loi, je te dresse procès-verbal. »
Ce « fantôme » n’était en réalité qu’un habile voleur de bétail. Ainsi, la perspicacité d’un homme de loi démasqua une légende, ramenant les faits à leur simple réalité. Forcé de redescendre à l’état de simple mortel, il dut évacuer au plus tôt les champs qu’il avait usurpés, en attendant de répondre de ses méfaits devant la justice, ayant trop longtemps fait manger à son troupeau les blés en herbe et les luzernes naissantes, au préjudice des grands comme des petites propriétaires du coin.
  • Source : Le Petit Marseillais, 8 avril 1868, p. 3.

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L’affaire des étrangleurs de Marseille (Marseille, février 1868) – Seconde partie https://www.geneprovence.com/laffaire-des-etrangleurs-de-marseille-fevrier-1868-seconde-partie/ https://www.geneprovence.com/laffaire-des-etrangleurs-de-marseille-fevrier-1868-seconde-partie/#respond Mon, 28 Jul 2025 05:30:05 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=26026 Pour lire le début de l’histoire : L’affaire des étrangleurs de Marseille (Marseille, février 1868) – Première partie. Les arrestations et les preuves Sur la base des indications de Pouzet,…

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Pour lire le début de l’histoire : L’affaire des étrangleurs de Marseille (Marseille, février 1868) – Première partie.

Les arrestations et les preuves

Sur la base des indications de Pouzet, Reynier et Guieux furent recherchés. On les retrouva à l’Alcazar et ils furent mis en état d’arrestation. Depauli fut appréhendé peu après. Il portait alors une casquette garnie de peluche. La police arrêta également un nommé Maiffret, connu pour ses liens fréquents avec Guieux et Reynier. Son trouble profond et ses propos incohérents confirmèrent les soupçons.
Une perquisition fut immédiatement menée au domicile de Maiffret, rue d’Aix, numéro 4. Ils y découvrirent plusieurs coiffures, dont une casquette garnie de peluche. Surtout, sous le lit, ils trouvèrent une corde à nœud coulant. Cette pièce à conviction était d’une importance capitale. Un examen détaillé ne laissait aucun doute quant à son usage criminel. La corde mesurait environ trois mètres. Elle était solidement tressée et très résistante. À l’une de ses extrémités, se trouvait une boucle. Cette boucle, ainsi que la partie de la corde destinée à former le nœud coulant, avaient été savonnées. Des cheveux s’y trouvaient, emmêlés. Il était évident qu’ils avaient été violemment arrachés. Des traces de boue étaient aussi visibles sur la partie externe de la corde.

Des explications peu convaincantes

La question se posait : pour quel usage légitime Maiffret aurait-il utilisé une corde ainsi préparée ? Aucune explication satisfaisante ne fut donnée concernant les cheveux adhérents. Interrogé à ce sujet, Maiffret ne sut que répondre. Lorsque la corde lui fut présentée, il ne put cacher son émotion ni son trouble. Il nia d’abord qu’elle lui appartienne. Ensuite, il reconnut qu’elle était bien à lui, sans toutefois pouvoir dire à quel usage il l’employait. Quant aux cheveux, il prétendit qu’ils avaient été placés là par quelqu’un cherchant à le nuire. Après avoir appris qu’un premier expert avait identifié des cheveux de femme, il affirma qu’une de ses maîtresses, en se peignant chez lui, aurait pu les laisser sur la corde.
Ces explications ne furent pas acceptées. L’examen de la corde réfutait ses dires. La possession de cet instrument, utilisé pour les agressions, constituait une charge accablante contre Maiffret, qu’il ne pouvait réfuter. De plus, ses liens avec Guieux, Reynier et Depauli, et la découverte du lasso chez lui, confirmaient sa participation aux agressions dont ils avaient discuté dans le garni de la rue du Relais.

La solidité des preuves et la fin de la terreur

La conversation rapportée par Pouzet démontra la culpabilité des individus qu’il avait entendus. Guieux, Reynier et Depauli comprenaient cela. Ils nièrent formellement avoir tenu cette conversation et s’efforcèrent d’établir qu’ils n’avaient pas logé chez la veuve Sémarène la nuit indiquée par Pouzet. Leurs tentatives se retournèrent contre eux. Elles ne firent qu’ajouter du crédit au témoignage de Pouzet. Bien que Pouzet puisse être soupçonné de vouloir réduire sa peine par ses révélations, ses déclarations furent rigoureusement vérifiées et demeurèrent inchangées. Le juge d’instruction lui-même constata que, depuis la chambre qu’il occupait, Pouzet avait pu voir et entendre tout ce qu’il rapportait.
Reynier, Guieux et Depauli persistèrent à nier avoir logé chez la veuve Sémarène. Cependant, la femme affirma, avec certitude, que Reynier et Guieux y avaient dormi, notamment la nuit où Pouzet était dans la chambre voisine. Face aux allégations des accusés et aux déclarations de Pouzet, il n’y avait plus de doute possible. Les premières étaient contredites par les vérifications de la procédure, tandis que les secondes, minutieusement contrôlées, furent reconnues sincères.
Ainsi, la conversation de Pouzet confirma la participation de Reynier, Guieux, Depauli et du quatrième individu, connu sous le nom de « Côtelette », aux agressions avec usage de la corde à nœud coulant. Elle prouva également leur culpabilité dans le vol commis au préjudice de M. Segond à Endoume. Sur ce point précis, la conversation était si claire qu’il n’y avait pas de confusion possible. En parlant de l’individu d’Endoume, à qui ils avaient volé montre, chaîne et argent, ils désignaient sans équivoque M. Segond. À ces accusations directes et précises, Reynier, Guieux, Depauli et Maiffret n’opposèrent que des protestations d’innocence. Accusés des vols commis ou tentés contre MM. Rouby, Segond, Bénoit, Michel, Lavagetti et Ollivier, ils se bornèrent à répondre qu’ils étaient étrangers à ces faits. Ils misaient sans doute sur l’impossibilité pour les victimes de les reconnaître avec certitude.
Néanmoins, M. Lavagetti déclara pouvoir reconnaître l’un de ses agresseurs s’il lui était présenté. M. Ollivier fit la même déclaration concernant l’homme dont il avait arraché la fausse barbe. Cet individu n’avait pas été arrêté. Peut-être s’agissait-il de l’individu désigné sous le nom de « Côtelette » ?
Quoi qu’il en soit, cette circonstance ne fut pas la seule preuve de la culpabilité des accusés. Les personnes agressées confirmèrent que les malfaiteurs étaient toujours de jeunes gens, âgés d’environ 25 à 30 ans. Les accusés avaient tous cet âge. D’après leur langage, ils semblaient appartenir à la population marseillaise. Les accusés étaient nés à Marseille ou y résidaient depuis longtemps, et parlaient provençal. Un ou deux d’entre eux, parfois même deux, portaient une casquette sans visière, bordée de peluche. Dans ce cas, Depauli et Maiffret portaient chacun ce type de coiffure. Tous appartenaient à la catégorie des gens sans aveu. Ils ne travaillaient jamais et ne vivaient que du jeu. Ils fréquentaient assidûment les cafés de nuit, les billards et les mauvais lieux. Deux d’entre eux avaient déjà été condamnés plusieurs fois pour vols, escroquerie et vagabondage. Enfin, un élément de conviction important : depuis leur arrestation, les vols avec violence avaient complètement cessé. Les rues de Marseille avaient retrouvé leur sécurité, du moins pour un temps.

  • Source : Le Petit Marseillais, 9 juin 1868, p. 2 ; ibid., 11 juin 1868, p. 3 ; ibid., 12 juin 1868, p. 3.

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