13 - Arles Archives - GénéProvence https://www.geneprovence.com/category/13-arles/ 500 ans de faits divers en Provence Tue, 24 Mar 2026 20:35:39 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.4 https://www.geneprovence.com/wp-content/uploads/2024/04/cropped-434541497_912630390609581_141579584347965292_n-32x32.png 13 - Arles Archives - GénéProvence https://www.geneprovence.com/category/13-arles/ 32 32 Une urgence vitale (Les Saintes-Maries-de-la-Mer, 22 septembre 1658) https://www.geneprovence.com/une-urgence-vitale-les-saintes-maries-de-la-mer-22-septembre-1658/ https://www.geneprovence.com/une-urgence-vitale-les-saintes-maries-de-la-mer-22-septembre-1658/#respond Tue, 24 Mar 2026 20:35:25 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27883 Dans les registres paroissiaux, la mortalité infantile est hélas omniprésente sous l’Ancien Régime. Mais le registre des Saintes-Maries-de-la-Mer de l’automne 1658 nous livre un document rarissime et un épilogue inespéré…

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Dans les registres paroissiaux, la mortalité infantile est hélas omniprésente sous l’Ancien Régime. Mais le registre des Saintes-Maries-de-la-Mer de l’automne 1658 nous livre un document rarissime et un épilogue inespéré : un sauvetage documenté !
Tout commence par une anomalie : un certificat médical rédigé en latin, inséré au milieu des actes de baptême. Le 22 septembre, l’apothicaire local, le sieur Berger, y atteste que le nouveau-né de Pierre Granier, juge royal de la ville, souffre d’un grave « flux d’humeurs et de coliques intestinales ». Le nourrisson risque la mort et ne peut être transporté à l’église.
Face à cette urgence vitale, la famille obtient une autorisation exceptionnelle du vicaire général d’Arles. Le curé se rend précipitamment au domicile du juge pour procéder à un ondoiement (un baptême d’urgence) afin de sauver l’âme du petit Jean Louis.
On s’attend alors à retrouver le nom de l’enfant dans le registre des sépultures… Mais le miracle a lieu ! Un nouvel acte daté du 6 octobre 1658 consigne le triomphe de la vie. L’enfant a survécu. Déclaré hors de danger, il est présenté à l’église où le prêtre « supplée les cérémonies » (comme l’onction du Saint-Chrême), en présence de son noble parrain venu d’Arles. Une archive poignante !

1. Le certificat médical de l’apothicaire (22 septembre 1658)

Texte original en latin :
Ego Infrascriptus pharmacopola santimarianus fidem facio & attestor puerum domini petri de Granier regii judicis ejusdem urbis santimariane ab aliquot diebus natum laborare magno humorum defluxu & intestinorum torminibus ac eodem defluxu manantibus / idcirco ad Ecclesiam afferri sine magno vitæ discrimine Non posse ut sacramento Baptismi muniatur. In quorum fidem presentes feci In dicta urbe die vigesima secunda mensis septembris anno millesimo sexcentesimo quinquagesimo octavo.

Berger
Traduction en français :
Moi, apothicaire soussigné des Saintes-Maries, fais foi et atteste que l’enfant du sieur Pierre de Granier, juge royal de cette même ville des Saintes-Maries, né depuis quelques jours, souffre d’un grand flux d’humeurs et de coliques intestinales, et de ce même flux qui s’écoule ; c’est pourquoi il ne peut être apporté à l’église sans un grand péril pour sa vie, afin d’y être muni du sacrement du baptême. En foi de quoi j’ai fait les présentes en ladite ville, le vingt-deuxième jour du mois de septembre de l’année mil six cent cinquante-huit.

Berger

2. L’enregistrement de l’ondoiement à domicile

Texte original en latin :
Visis suprascripta testificatione, nec non facultate antea per Epistolam subscriptam die 12a pntis mensis Septembris concessa a Domino Vicario et Officiali gnali Illmi Dni Dni Arelaten. Archiepi, aquam baptismalem præfato puero (nato die 6a huius dicti mensis) Dni Petri Granier Regis Judicis, et Dllæ Blanchæ Moustier< conjugum dedi ipsorum domi. Cui puero impositum est nomen Joannes Ludovicus. Illius patrini fuere dnus Antonius Granier illius nomine Nobili Joannis Ludovici de Pallier Sen. Civitatis Arelaten., et Dlla Maria Granier conix Joannis Ponsquier burgen. dictæ huius villæ.

Desuignes vic.
Traduction en français :
Au vu de l’attestation écrite ci-dessus, ainsi que de l’autorisation accordée par lettre le 12 du présent mois de septembre par le Vicaire Général de l’Illustrissime Archevêque d’Arles, j’ai donné l’eau baptismale à domicile au susdit enfant (né le 6 de ce mois) des époux Sieur Pierre Granier, Juge Royal, et Demoiselle Blanche Moustier. Il a reçu le nom de Jean Louis. Les parrains furent le sieur Antoine Granier (agissant au nom du Noble Jean Louis de Pallier de la cité d’Arles) et Demoiselle Marie Granier, épouse de Jean Ponsquier, bourgeois de cette ville.

Desuignes vic.

3. Le supplément des cérémonies à l’église (6 octobre 1658)

Texte original en latin :
Testor Ego idem Vicarius me die sexta mensis Octobris ejusdem anni 1658 supradicto puero Joanni Ludovico Granier sacras Baptismi supplesse Ceremonias, quarum susceptioni interfuere ipsius puerum gessere præfati nobilis Joannes Ludovicus de Pallier et Dlla Maria Granier illius patrini.

Desuignes vic.
Traduction en français :
Moi-même Vicaire, atteste avoir suppléé les cérémonies sacrées du Baptême le sixième jour du mois d’octobre de la même année 1658 pour le susdit enfant Jean Louis Granier, à la réception desquelles ont assisté et porté l’enfant les parrains précités, le noble Jean Louis de Pallier et Demoiselle Marie Granier.

Desuignes vic.
  • Source : registre paroissial des Saintes-Maries-de-la-Mer, Archives départementales des Bouches-du-Rhône, cote 203 E 277 bis.

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Un jeune garçon emporté au faubourg des Templiers (Arles, 22 août 1881) https://www.geneprovence.com/un-jeune-garcon-emporte-au-faubourg-des-templiers-arles-22-aout-1881/ https://www.geneprovence.com/un-jeune-garcon-emporte-au-faubourg-des-templiers-arles-22-aout-1881/#respond Mon, 23 Mar 2026 13:06:03 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27851 C’est un fait d’une grande tristesse qui, un jour de baignade, déchira le cœur du faubourg des Templiers à Arles. Ce drame rappela brutalement la puissance sans merci du Rhône,…

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C’est un fait d’une grande tristesse qui, un jour de baignade, déchira le cœur du faubourg des Templiers à Arles. Ce drame rappela brutalement la puissance sans merci du Rhône, un fleuve qui donne et reprend, souvent sans prévenir.

La destination fatale

Le jeune homme au destin brisé se nommait Louis Metton. Il n’avait pas encore dix ans, à cet âge où l’insouciance se mêle à la témérité. Louis habitait le faubourg des Templiers à Arles, avec sa mère, Honorine Metton, 29 ans, et son beau-père, Pierre Rey, conducteur de trains.
Comme tant d’enfants en été, il était parti avec ses amis pour trouver un peu de fraîcheur au bord du fleuve. Leur lieu de rendez-vous habituel était l’oseraie du mas Moulin, dans le quartier des Ségonnaux, à Barcarin. C’est là que, dans un moment d’inattention fatale, le garçon s’avança imprudemment dans l’eau.

L’impuissance et le cri

Le drame survint sans crier gare : Louis Metton fut entraîné par le courant. Le Rhône, sous son apparente tranquillité, avait dévoilé sa force terrible.
Ses camarades, témoins de la scène, entendirent aussitôt ses cris déchirants, appelant à l’aide. Mais la panique et leur jeune âge ne leur permirent pas d’agir. Ils furent malheureusement dans l’incapacité de lui porter secours face à la violence de l’eau.
  • Sources : L’Homme de bronze, 21 août 1881, p. 4.
  • Registre d’état civil de la ville d’Arles, no 456, Archives départementales des Bouches-du-Rhône, 203 E 1411.

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Le destin brisé d’Auguste Ravel (Arles, 15 août 1881) https://www.geneprovence.com/le-destin-brise-dauguste-ravel-arles-15-aout-1881/ https://www.geneprovence.com/le-destin-brise-dauguste-ravel-arles-15-aout-1881/#respond Mon, 02 Mar 2026 13:21:05 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27660 Voici l’une de ces chroniques qui rappellent le prix amer payé par les hommes du labeur en cette époque d’essor du rail. C’est l’histoire d’un ouvrier dont la vie fut…

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Voici l’une de ces chroniques qui rappellent le prix amer payé par les hommes du labeur en cette époque d’essor du rail. C’est l’histoire d’un ouvrier dont la vie fut fauchée en une fraction de seconde, un sombre événement survenu en gare d’Arles.

Un drame matinal

Ce fut un lundi matin, à 5 heures, que la catastrophe frappa. La victime s’appelait Auguste Ravel. À 62 ans, cet homme d’équipe, veuf à deux reprises, garde aiguilleur au chemin de fer, était une figure du quartier, né à Livron dans la Drôme, mais solidement établi à Arles, où il résidait au 41 de la rue Neuve.
Sa tâche, essentielle pour la sécurité, consistait à se positionner sur la voie n° 2. Il devait signaler l’arrêt imminent de la machine n° 1000, dont le mécanicien était le sieur Vian. Cette locomotive effectuait une manœuvre complexe, devant faire passer neuf wagons vers les voies impaires de triage.

L’impact fatal

C’est dans l’enchevêtrement des manœuvres matinales que l’inévitable s’est produit. Alors qu’Auguste Ravel était concentré sur son signal, une seconde locomotive, la machine n° 1672, fit son apparition. Elle était conduite par le mécanicien Caury et montait du dépôt pour aller se placer en tête du train n° 1133.
Dans le bruit des machines et la pénombre de l’aube, le sieur Ravel fut tamponné par le tender de cette machine 1672. Le choc fut effroyable. Le corps de cet ouvrier de plus de soixante ans ne put résister à la violence du métal.
Le malheureux Ravel eut les pieds broyés et le corps mutilé. Le constat fut immédiat et terrible : il était mort sur le coup. C’est ainsi que se termina, dans la violence mécanique, l’histoire d’un homme dont le nom se devait d’être retenu.
  • Sources : L’Homme de bronze, 21 août 1881, p. 3.
  • Registre d’état civil de la ville d’Arles, no 442, Archives départementales des Bouches-du-Rhône, 203 E 1411.

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Un drame de neuf mètres (Arles, 9 février 1840) https://www.geneprovence.com/un-drame-de-neuf-metres-arles-9-fevrier-1840/ https://www.geneprovence.com/un-drame-de-neuf-metres-arles-9-fevrier-1840/#respond Sun, 22 Feb 2026 21:34:10 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27576 Le théâtre, lieu de toutes les magies et de tous les mirages, est aussi, dans ses coulisses, un monde de péril. C’est là, dans les hauteurs sombres où l’on manœuvre…

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Le théâtre, lieu de toutes les magies et de tous les mirages, est aussi, dans ses coulisses, un monde de péril. C’est là, dans les hauteurs sombres où l’on manœuvre les décors, que se joua, un dimanche, une tragédie dénuée de tout artifice, mais d’une déplorable réalité.

Le danger dans la galerie

L’acteur malheureux de ce drame fut un ouvrier machiniste, dont le rôle essentiel est de donner vie à la scène, de monter et descendre les toiles et les décors. L’incident se produisit au théâtre d’Arles (Bouches-du-Rhône), après que le rideau eut été baissé.
Après investigation, il nous semble avoir retrouvé l’identité de la victime de cette histoire. Selon nous, le jeune homme en question se nommait Étienne-Paul Barbier, avait 29 ans, était originaire de Bourg-de-Péage (Drôme) et, au moment des faits, travaillait en qualité de menuisier pour l’entreprise de M. Jean Flory, dans la rue de la Roquette, à Arles.
Dans les arcanes de la machinerie, une des galeries établies pour le service des décors se trouvait obstruée. Voulant à tout prix contourner cet obstacle pour poursuivre son travail, l’ouvrier prit une décision fatale : il entreprit de passer en dehors des garde-fous qui ceignent pourtant ces galeries.

La chute de neuf mètres

L’homme s’engagea dans le vide, comptant sur la seule force de ses bras. Hélas, ses mains durent glisser. Précipité dans le vide, il fit une chute vertigineuse d’une hauteur de neuf mètres, s’écrasant sur la scène, juste à côté de la première coulisse.
L’ouvrier machiniste resta raide sans mouvement après l’impact. Il fut immédiatement transporté à l’hôpital de la ville, l’hôtel-Dieu Saint-Esprit, mais la gravité de ses blessures était telle qu’il y mourut dans la nuit, aux alentours d’une heure du matin.
Ce fut une fin amère et violente, loin des projecteurs. Cependant, au milieu de l’affliction, une seule consolation fut notée : ce passage était très fréquenté et l’on se félicita que personne n’eût occupé cet endroit au moment précis où le malheureux y fut précipité.
  • Sources : Le Mémorial d’Aix, 15 février 1840, p. 4.
  • Registre d’état civil de la ville d’Arles, année 1840, 203 E 1170, acte no 59, Archives départementales des Bouches-du-Rhône.

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Le mystérieux voyageur du Logis du Pont (Saint-Martin-de-Crau, 12 août 1670) https://www.geneprovence.com/le-mysterieux-voyageur-du-logis-du-pont-saint-martin-de-crau-12-aout-1670/ https://www.geneprovence.com/le-mysterieux-voyageur-du-logis-du-pont-saint-martin-de-crau-12-aout-1670/#respond Wed, 21 Jan 2026 21:36:22 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27403 À l’aube du règne personnel de Louis XIV, la Crau constitue un axe de transit névralgique où circulent les carrosses reliant Marseille, Arles et Aix. Le Logis du Pont sert…

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À l’aube du règne personnel de Louis XIV, la Crau constitue un axe de transit névralgique où circulent les carrosses reliant Marseille, Arles et Aix. Le Logis du Pont sert alors de relais de poste indispensable dans cette steppe aride. Le défunt, marchand facturier de soie, appartient à l’élite artisanale d’Aix, alors capitale parlementaire. Sa « mort subite », probablement un accident cardiovasculaire foudroyant, prive ce voyageur des derniers sacrements, une tragédie spirituelle majeure au XVIIe siècle. L’acte souligne l’importance des réseaux commerciaux textiles et la précision administrative des curés pour identifier les corps anonymes sur les routes de Provence.

« L’an mil six cens septante [j’]ai enseveli un homme qui était d’Aix dans le carrosse, mort de mort subite, au Logis du Pont, pour enseigne Saint-Martin, ayant été averti par Anthoine Bouis, ménager, sans avoir reçu aucun sacrem[en]t, âgé d’environ quarante ans, poil châtain, ayant trouvé sur lui une lettre que Claude Picard lui avait envoyée de Marseille, datée du sixième du courant, l’adresse de laquelle porte a M[onsieu]r de Lédène, marchand facturier de soie, à l’enseigne de Saint-Martin de la Palud, ce douzième août mil six cens septante.
Présents sieurs Claude Paget, bourgeois, et Pierre Clément, fils a M[onsieu]r Jean, procureur au siège d’Arles.
Par moi soussigné. »
[Paget, Clément, Martin curé]
  • Source : Registre paroissial de Saint-Martin-la-Palud, Archives départementales des Bouches-du-Rhône, 203 E 151.

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L’homme au caleçon de bain (Arles, 8 août 1881) https://www.geneprovence.com/lhomme-au-calecon-de-bain-arles-8-aout-1881/ https://www.geneprovence.com/lhomme-au-calecon-de-bain-arles-8-aout-1881/#respond Wed, 21 Jan 2026 18:13:54 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27392 Voici l’un de ces faits divers qui vous font dresser les cheveux sur la tête, rapporté d’Arles en plein été 1881. C’est l’histoire d’un homme que le Rhône a rendu,…

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Voici l’un de ces faits divers qui vous font dresser les cheveux sur la tête, rapporté d’Arles en plein été 1881. C’est l’histoire d’un homme que le Rhône a rendu, et dont la présence a brisé la quiétude estivale.
Le 8 août 1881, Adrien Bernard, pilote installé à Arles, fit une déclaration sidérante au bureau de police. À bord de son bateau mouche n° 1, il venait de repêcher le corps d’un homme inconnu.
La dépouille flottait sur la rive droite du Rhône, près du Fort-de-Pâques, en Camargue. L’équipage du bateau mouche s’était chargé de le transporter jusqu’à Arles.
Le mystère s’épaissit après les constatations légales. Le commissaire de police et le docteur Fanton se rendirent sur place pour examiner le malheureux.
L’homme était âgé d’environ 45 ans. Fait troublant, il était complètement nu, à l’exception d’un caleçon de bain à raies transversales rouges et blanches. Il mesurait 1,65 mètre et portait des « moustaches un peu grisonnantes ». Hormis ces renseignements et sa dentition jugée complète, rien ne permettait de l’identifier.
Selon l’expertise du docteur, la mort remontait à huit ou dix jours, ce qui situerait le début de ce drame entre la fin juillet et le début d’août 1881.
Un procès-verbal fut dressé, mais l’identité de ce nageur ou de cette victime, ainsi que les circonstances exactes de sa fin, restèrent une énigme jetée par le Rhône.
  • Sources : L’Homme de bronze, 14 août 1881, p. 3.
  • Registre d’état civil de la ville d’Arles, no 428, Archives départementales des Bouches-du-Rhône, 203 E 1411.

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Un refus d’enterrement religieux (Arles, 25 janvier 1840) https://www.geneprovence.com/un-refus-denterrement-religieux-arles-25-janvier-1840/ https://www.geneprovence.com/un-refus-denterrement-religieux-arles-25-janvier-1840/#respond Thu, 08 Jan 2026 14:02:36 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27301 Ce récit n’est pas celui d’un assassinat ni d’une émeute politique, mais celui d’une mort simple et d’un refus lourd de conséquences, un jour où la charité fut niée et…

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Ce récit n’est pas celui d’un assassinat ni d’une émeute politique, mais celui d’une mort simple et d’un refus lourd de conséquences, un jour où la charité fut niée et où le peuple se prit de colère.

La chute du maçon

Le malheur frappa François-Xavier Clément, un maçon de 43 ans, né à Arles (Bouches-du-Rhône). Son métier, noble mais périlleux, fut sa perte. Alors qu’il travaillait sur un chantier de démolition, un accident survint : il fit une chute et se brisa le crâne. C’était une mort subite, brutale, sur le lieu même de son labeur.
La nouvelle de la tragédie, comme souvent, se répandit rapidement. Mais l’histoire ne s’arrêta pas à cet accident, d’autant plus triste que l’homme avait déjà perdu ses deux parents, mais aussi ses deux précédentes femmes. Non, cette histoire commença avec l’ultime devoir : celui de la sépulture.

Le refus de la bénédiction

Lorsque la famille et les proches sollicitèrent les services de l’Église, ils se heurtèrent à une fin de non-recevoir glaciale. Le curé de la paroisse prononça un refus catégorique d’accorder la sépulture ecclésiastique à François-Xavier Clément.
La raison de ce refus, aussi douloureuse que l’accident lui-même, plongeait le défunt dans l’infamie, le privant du repos en terre consacrée, peut-être en raison de ses idées, de sa conduite, ou de son appartenance à un courant jugé hostile à l’Église. C’était une condamnation morale posthume.

L’immense procession de la colère

Face à l’inflexibilité du prêtre, la famille et les amis de Xavier Clément ne cédèrent pas. Loin d’accepter l’anathème, ils décidèrent d’agir.
Ils prirent le corps du défunt et le portèrent eux-mêmes jusqu’au cimetière. Ce qui aurait dû être une simple marche funèbre devint un événement social retentissant, une véritable démonstration de force morale et populaire.
Ils ne marchaient pas seuls. Ils étaient suivis de près de trois mille personnes. Cette foule immense, portée par l’indignation et la solidarité, accompagnait le maçon déchu. Dans un acte de défiance solennelle et d’hommage vibrant, la foule traversa les rues, chantant les prières des morts, se faisant elle-même l’officiante de la cérémonie que l’Église avait refusée.
L’émotion était palpable. Et la conséquence de l’entêtement du curé fut claire : le peuple entier était fort irrité contre lui et tous blâmaient son intransigeance. Dans cette affaire, la piété populaire avait jugé l’institution, et la voix de trois mille âmes en colère résonnait plus fort que la sentence de l’autel.
  • Sources : Le Mémorial d’Aix, 15 février 1840, p. 4.
  • Registre d’état civil de la ville d’Arles, année 1840, 203 E 1170, acte no 41, Archives départementales des Bouches-du-Rhône.

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L’agression raciste de Mas-Thibert (Arles, 27 juin 1881) https://www.geneprovence.com/lagression-raciste-de-mas-thibert-arles-27-juin-1881/ https://www.geneprovence.com/lagression-raciste-de-mas-thibert-arles-27-juin-1881/#respond Sun, 14 Dec 2025 19:35:00 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27141 Lundi 27 juin 1881, une agression violente secoua le calme de Mas-Thibert, village d’Arles, situé en Crau. En effet, Paul-Émile Pradié, moissonneur de 30 ans, originaire du Pont-Saint-Esprit (Gard), fut…

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Lundi 27 juin 1881, une agression violente secoua le calme de Mas-Thibert, village d’Arles, situé en Crau. En effet, Paul-Émile Pradié, moissonneur de 30 ans, originaire du Pont-Saint-Esprit (Gard), fut blessé par un coup de couteau à l’avant-bras.
L’agression survint lors d’une querelle nationaliste. Pradié rapporta qu’un ouvrier italien passant par-là cherchait du travail, mais n’en avait pas trouvé. De ce fait, il commença à proférer des « allusions blessantes contre la France et les Français ».
Aussitôt, Pradié chercha à « corriger son insolence ». Cependant, au moment précis où le moissonneur levait la main pour frapper son adversaire, l’Italien réagit. Il assena un coup de couteau dans le bras de Pradié.
Heureusement, la blessure du moissonneur n’était « d’aucune gravité ». Pradié fut néanmoins admis d’urgence à l’hôpital. La gendarmerie de la Tour-Saint-Louis dressa un procès-verbal à la suite du récit du blessé et les autorités se lancèrent aussitôt à la recherche du coupable.
  • Sources : L’Homme de bronze, 3 juillet 1881, p. 2.

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Paul Pouech : de l’hôpital au crime (Arles, 27 juin 1881) https://www.geneprovence.com/paul-pouech-de-lhopital-au-crime-arles-27-juin-1881/ https://www.geneprovence.com/paul-pouech-de-lhopital-au-crime-arles-27-juin-1881/#respond Mon, 24 Nov 2025 18:49:45 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=26801 Paul Pouech, 44 ans, imprimeur sur étoffes, né à Herse (Ariège), avait été employé comme infirmier à l’hôpital d’Arles, en même temps que la fille Palpan, native d’Arles, employée à…

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Paul Pouech, 44 ans, imprimeur sur étoffes, né à Herse (Ariège), avait été employé comme infirmier à l’hôpital d’Arles, en même temps que la fille Palpan, native d’Arles, employée à la cuisine de cet établissement.
Ayant fait connaissance, ils ne tardèrent pas à avoir des relations et, profitant de leurs heures de congé, ils vivaient maritalement, depuis quatre mois, dans la chambre de Mlle Palpan, rue des Matelots, près de l’impasse de Bras-de-Magne. Puis, désirant avoir plus de liberté, ils quittèrent l’hôpital d’un commun accord et se louèrent ensemble pour faire la moisson, en se promettant de se marier après les travaux de la moisson.
Lundi 27 juin 1881, ils étaient à la Grand-Ponche, en Camargue, depuis trois jours où Pouech n’ayant pu accomplir la tâche d’un moissonneur, avait été attaché auprès de la tante comme gueu. Ces fonctions lui attirèrent des quolibets, on le plaisantait sur sa petite taille et sur son peu de vigueur, la fille Palpan aussi riait de lui et prenait part aux conversations des moissonneurs, à son grand déplaisir.
Exaspéré et pensant que sa maîtresse devait avoir un autre amant, Pouech, excité par le démon de la jalousie, s’arma d’un couteau et en porta, dit-on, douze à quinze coups à sa maîtresse.
Aux cris poussés par la fille Palpan, les moissonneurs et les hommes du mas accoururent soudain et à la vue de cette femme ensanglantée, ils se précipitèrent sur le coupable, lui lièrent les mains derrière le dos, puis les pieds.
Le garde-champêtre du quartier, M. Giot, appelé sur le champ, s’étant assuré que le coupable ne pouvait s’échapper, revint le lendemain matin le prendre et après avoir réquisitionné un des ouvriers, pour l’aider, il délia immédiatement le prisonnier qui déclara avoir bien souffert et demanda à ne plus être attaché, promettant de suivre docilement ses gardiens.
Arrivé à Arles, procès-verbal fut dressé contre lui au sujet de sa tentative d’assassinat et, après une confrontation avec sa victime, il fut, le jeudi 30 juin, au soir, conduit à Tarascon, par la gendarmerie.
La fille Palpan, à son arrivée par le bateau, fut transportée à l’hôpital où la confrontation eut lieu. Par chance elle put survivre à ses blessures.
  • Sources : L’Homme de bronze, 3 juillet 1881, p. 2.

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Voir aussi : Le drame de la rue Nicolaï (Arles, 1er avril 1881)

Baptistin Roumanille, âgé de 41 ans, boulanger demeurant à Arles, avait vécu maritalement, pendant plusieurs années avec Joséphine Tellier, âgée de 26 ans. Il en avait eu deux enfants, morts en bas âge. Pour être plus libre dans ses relations avec cette fille, il avait abandonné sa femme légitime, Marie Coye, et ses trois enfants mineurs (François, Eugène et Xavier), son domicile à Maussane et jusqu’à sa profession de boulanger et tous deux étaient partis vivre à Arles.
Ce fol amour pour Joséphine Tellier avait fait le malheur de l’un et de l’autre. Joséphine Tellier était légère, peut-être inconstante ; Roumanille jaloux, emporté, vindicatif. Les querelles étaient fréquentes dans ce ménage illégitime. Joséphine, trouvant que la vie commune devenait insupportable, s’était décidée, trois mois et demi avant le crime, à quitter son amant et à rompre avec lui toutes ses relations. Roumanille, plus éperdument amoureux depuis cette séparation, ne cessait de poursuivre de ses obsessions son ancienne concubine par la déterminer à retourner avec lui : supplications, voies de fait, menaces de mort, tout fut fait par lui mais en vain ; la fille Tellier persistait énergiquement dans son refus.
Il résolut de se venger. Il acheta chez un armurier de Trinquetaille un revolver et des cartouches, et il ne fit pas mystère, dans l’entourage de Joséphine Tellier, que la vie lui devenant à charge, il était bien résolu d’en finir sans retard, mais qu’il ne laisserait pas lui survivre et passer dans les bras d’un autre celle avec laquelle il avait si longtemps vécu.
Il hésitait cependant, il espérait toujours une réconciliation, et ce n’est que le 1er avril 1881, c’est-à-dire quinze ou vingt jours après l’achat du revolver qu’il mit ou tenta de mettre à exécution son sinistre projet.
Ce jour-là, il s’approcha aux pas de Joséphine. Il voulut tenter un dernier effort et avoir une explication suprême. Il vint, jusqu’à trois reprises, le matin, l’après-midi et le soir, chez la Mlle Lallemont, rue Nicolaï, où il savait que Joséphine Tellier devait se trouver.
Elle y travaillait, en effet, avec sa sœur, la dame Eulalie Teissier.
Voyant Roumanille, elle voulut sortir en traînant sa sœur. Roumanille les suivit dans l’escalier, les dérangea et, se retournant vers son ancienne maîtresse, lui tira à bout portant deux coups de revolver qui l’atteignirent à la poitrine et au sein gauche.
La victime s’affaissa en s’écriant : « Je suis morte ! »
Croyant l’avoir tuée, Roumanille voulut se tuer à son tour. Il dirigea vers lui son revolver, mais il se blessa seulement et courut, tout sanglant se jeter dans le Rhône.
Un marinier, témoin de cet acte de désespoir, parvint à le retirer de l’eau presque inanimé.
« Tuez-moi ! » lui dit Roumanille, qui s’évanouit.
Les blessures de la victime, comme celles de l’accusé, n’eurent pas de conséquences graves et étaient quasiment guéries au moment du procès à la Cour d’assises d’Aix-en-Provence, lors de l’audience du 24 juin 1881.
Roumanille fut condamné à cinq ans de réclusion et le jury, par la voix de son président, pria le président des assises d’appeler sur le condamné la bienveillance du chef de l’État.
  • Sources : L’Homme de bronze, 26 juin 1881, p. 2.

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