Exécution Archives - GénéProvence https://www.geneprovence.com/category/execution/ 500 ans de faits divers en Provence Wed, 22 Apr 2026 11:55:27 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.4 https://www.geneprovence.com/wp-content/uploads/2024/04/cropped-434541497_912630390609581_141579584347965292_n-32x32.png Exécution Archives - GénéProvence https://www.geneprovence.com/category/execution/ 32 32 La fatalité du sergent Bitterlin (Toulon, 27 janvier 1830) https://www.geneprovence.com/la-fatalite-du-sergent-bitterlin-toulon-27-janvier-1830/ https://www.geneprovence.com/la-fatalite-du-sergent-bitterlin-toulon-27-janvier-1830/#respond Sun, 22 Mar 2026 14:47:38 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27842 Voici l’histoire d’un drame qui, en 1830, émut toute la population de la Provence. Joseph Bitterlin était né à Pont-à-Mousson en 1804. Après avoir reçu une instruction soignée, sa famille…

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Voici l’histoire d’un drame qui, en 1830, émut toute la population de la Provence.
Joseph Bitterlin était né à Pont-à-Mousson en 1804. Après avoir reçu une instruction soignée, sa famille le laissa libre de choisir une carrière. À dix-huit ans, il s’engagea volontairement dans le 3e régiment de ligne. On s’accordait généralement à croire que ce sont des chagrins d’amour qui l’avaient mené à cette résolution, bien que son caractère courageux et son cœur agité par la passion de la gloire lui fissent préférer l’état militaire.

L’ascension et la cible de la vexation

Bitterlin fut distingué par ses chefs, aimé et estimé de ses camarades. Il ne tarda pas à obtenir les galons de sous-officier. Ses sympathies, que lui méritait son caractère doux et hardi, s’augmentaient encore de sa beauté physique. Il était soigné à l’excès dans sa toilette, à laquelle il consacrait la majeure partie de la pension que lui faisait sa famille. Sa toilette était toujours de la plus irréprochable élégance, et les officiers de son régiment étaient fiers de leur beau sergent. Bitterlin avait la taille haute et bien prise, sa tête était belle et expressive, et ses cheveux très blonds donnaient à sa physionomie une apparence juvénile qui le rendait plus intéressant encore.
En janvier 1830, le 3e de ligne tenait garnison à Toulon et occupait la caserne Saint-Louis.
Le sergent avait le malheur d’être la cible de l’adjudant Bec. L’adjudant, dont l’esprit inquiet et minutieux cherchait toujours des motifs de vexations contre les sous-officiers, ne put supporter patiemment le régime de vexations auquel son supérieur voulait le soumettre. Cette résistance valut à Bitterlin un redoublement de sévérité, l’adjudant ne cessant de le réprimander et de le punir. Bec cherchait surtout à vexer le sergent contre le goût excessif que Bitterlin avait pour la toilette.

L’humiliation fatale

Ce système atteignit son paroxysme le 26 janvier 1830 au matin, lorsque Bitterlin voulut quitter la caserne. L’adjudant l’arrêta au passage.
« Sergent, lui dit-il, vous ne sortirez pas avec les épaulettes que vous portez…. »
L’adjudant déclara qu’elles n’étaient pas conformes à l’ordonnance.
Bitterlin rétorqua : « Mais vous passez bien quelques fantaisies aux autres. »
L’adjudant répliqua : « Je fais ce qu’il me plaît. »
Bitterlin répondit : « Et moi aussi », et, passant outre, il quitta brusquement l’adjudant.
Le soir, quand le sergent rentra à la caserne, il apprit qu’il avait été porté au livre des punitions pour quatre jours de salle de police.
Dans sa chambre, il ouvrit silencieusement sa malle. De grosses larmes roulaient dans ses yeux bleus. Il en tira un après l’autre tous les menus objets qu’elle contenait, et les distribua à ses amis qui entraient dans sa chambre, leur donnant à chacun un souvenir, sans prononcer une seule parole. Les sous-officiers furent effrayés.
Un de ses chers amis lui dit : « Eh quoi ! pour quatre jours de salle de police, tu veux te tuer ? »
Bitterlin répondit : « Je l’ai dit à l’adjudant, moi aussi je fais ce qu’il me plaît. »
Il s’échappa de ses amis pour cacher ses sanglots et s’enferma dans sa chambre particulière.
Bitterlin expliqua plus tard que son projet ne venait pas de peines d’argent, mais du chagrin causé par la vexation.

Le projet de vengeance et l’erreur funeste

Pendant un repos, Bitterlin prit son fusil, descendit le long du mur des fortifications et chargea son arme. Dans sa précipitation, il mit un tampon trop fort dans le canon, l’obligeant à s’aider d’une pierre et de sa baguette. Il conçut alors un projet funèbre : se venger, se débarrasser de l’adjudant Bec, et se tuer lui-même en se plantant son sabre dans le cœur.
Pendant les manœuvres, il attendait le moment où l’adjudant passerait devant le front des troupes.
Quelques minutes auparavant, un capitaine, ayant appris ce qui s’était passé la veille, en avait fait part au colonel. Le colonel Charles d’Autane, officier de la Légion d’honneur, chevalier de Saint-Louis et de la Couronne de fer, originaire d’Allons (Basses-Alpes), sachant toute l’amitié que Bitterlin avait pour lui, et s’inquiétant de ses dispositions suicidaires, voulait le consoler lui-même.
M. d’Autane se dirigea à pied vers le pont d’Italie et y arriva au moment où Bitterlin gravissait la berge. En voyant apparaître le pompon blanc (couleur distinctive de l’État-Major), Bitterlin eut un mouvement de joie soudaine, croyant que c’était l’adjudant, et apprêta son fusil.
Alors, il reconnut son colonel. Il perdit la tête, se voyant déjà arrêté, traîné devant un conseil de guerre qui le condamnerait aux bagnes, et il préféra la mort à la honte.
Sans plus de délibération et sans même épauler son arme, il la déchargea à six pas environ dans le ventre du bon colonel.
M. d’Autane tomba foudroyé sans proférer un seul cri, sans faire entendre un gémissement. Ainsi périt, le 27 janvier 1830, à trois heures et demie, un brave officier de quarante-deux ans, qui laissait derrière lui une jeune femme et deux enfants1.
La détonation éveilla l’attention de tous. Le tambour-major se jeta sur lui. Bitterlin, qui avait jeté son fusil, cherchait à s’enfoncer le sabre-briquet dans le cœur, mais les larges buffleteries l’en empêchèrent. Bitterlin s’approcha du cadavre et versa d’abondantes larmes, répétant : « Ce n’est pas à lui que j’en voulais, j’aurais dû suivre mon premier projet et ne tuer que moi… »

Le jugement et le dernier acte

Bitterlin fut envoyé à Marseille où se trouvaient alors les Conseils de guerre. Il fut emprisonné au fort Saint-Jean, où il s’attira la sympathie des soldats vétérans. Le procès fut fixé au 22 février 1830 devant le deuxième Conseil de guerre, siégeant au Campement militaire, à la place Saint-Michel, et il fut condamné à mort.
Le jour de l’exécution, le 5 mars au matin, il était calme. Il fit ses adieux, ayant écrit une lettre à son fils à Strasbourg et à une jeune fille.
Le cortège le conduisit jusqu’à la place de la Tourette. Près du cimetière Saint-Laurent, Bitterlin demanda si c’était son lieu de repos. On lui dit que non. Il répliqua : « Là ou ailleurs, qu’importe ! »
Adossé contre le vieux mur, il consentit, après les instances de l’aumônier, à se faire bander les yeux. Le moment suprême approchait. Bitterlin demanda à commander le feu. D’une voix forte, il cria : « Apprêtez armes !… en joue !… feu!… »
Le courageux sergent tomba, frappé de huit balles. Il tomba la face tournée vers le ciel. Le corps du supplicié fut mis en terre au cimetière Saint-Charles.

L’épilogue tragique

L’histoire ne s’arrêta pas là. L’adjudant Bec était inconsolable des suites terribles des tracasseries qu’il avait exercées contre le sergent. Le marasme s’empara de son âme. Enfin, le 30 mars à six heures, il tira son sabre du fourreau, s’en appliqua la pointe sur le cœur et, prenant le lit pour point d’appui, se laissa tomber sur son arme.
Tel est le récit de cette tragique affaire, qui causa une tristesse générale dans toute la population de Marseille et de Toulon. Le destin tragique du sergent Bitterlin, du colonel d’Autane et de l’adjudant Bec s’est joué à Marseille en 1830. Cette sombre chronique, pleine de vexations, de désespoir et d’une erreur fatale, illustre comment un concours de circonstances peut faire basculer l’honneur dans la tragédie. Même après deux siècles, se souvenir de ces hommes et de leur double drame est essentiel pour comprendre la complexité de nos ancêtres. Nous perpétuons leur mémoire, non pour le crime, mais tout simplement par humanité.
Note
1. Encore jeune au moment de sa mort, Charles d’Autane, connu sous le nom de Comte d’Autane, était entré à 13 ans dans les chasseurs de l’armée de Condé. Nommé capitaine le 21 décembre 1811, il avait fait les campagnes de Dalmatie, du Tyrol, d’Allemagne et d’Espagne, et avait même été blessé à Murviedro le 4 novembre 1811 et avait reçu une balle dans la cuisse lors du combat de Loriol, le 2 avril 1815. Au moment de sa mort, il était colonel au 7e régiment d’infanterie de ligne où il avait été nommé le 28 août 1827 et avait commandé le 3e régiment de ligne dans les Alpes et à Toulon. (source : http://genobco.free.fr/provence/Autane.htm)
  • Source : Le Petit Marseillais, 25-27 juin 1868.

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Le fusillé de la ligne du Jabron (Les Omergues, 13 novembre 1721) https://www.geneprovence.com/le-fusille-de-la-ligne-du-jabron-les-omergues13-novembre-1721/ https://www.geneprovence.com/le-fusille-de-la-ligne-du-jabron-les-omergues13-novembre-1721/#respond Thu, 15 Jan 2026 15:10:14 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27330 En 1721, la Provence subit de plein fouet les conséquences de la Grande Peste de Marseille. Pour contenir l’épidémie, les autorités militaires déploient des régiments comme celui de Poitou le…

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En 1721, la Provence subit de plein fouet les conséquences de la Grande Peste de Marseille. Pour contenir l’épidémie, les autorités militaires déploient des régiments comme celui de Poitou le long de lignes sanitaires strictes, telle celle du Jabron. Jean Roumieu, probablement poussé par la nécessité économique d’une région isolée, se confronte à cette barrière où la contrebande devient un crime d’État. Sa mise à mort immédiate souligne la rigueur de la justice militaire en temps de crise sanitaire. Son inhumation « dans un coin du cimetière », malgré la présence des Pénitents blancs, témoigne d’un statut social marginalisé par sa condamnation.

« Le treize novembre de l’année mil sept cent vingt et un fut passé par les armes par les soldats du régiment de Poitou un jeune homme d’environ trente ans pour avoir été surpris avoir passé la ligne du Jabron portant de [la] contrebande que Le Roy défendait, appelé Jean Roumieu,
Lequel a été enseveli dans un coin du cimetière, le plus bas du côté du Valat accompagné des Pénitents blancs et le même jour enseveli, et le lendemain ont dit la messe de l’enterrement, et pour ainsi la vérité. »
  • Registre paroissial des Omergues, Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, 1MI5/0423.
  • Texte transmis par Yve Chetaille.

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Une exécution spectaculaire de suicidés (Bollène, 14 juillet 1783) https://www.geneprovence.com/une-execution-spectaculaire-de-suicides-bollene-14-juillet-1783/ https://www.geneprovence.com/une-execution-spectaculaire-de-suicides-bollene-14-juillet-1783/#respond Mon, 05 Jan 2026 17:10:08 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27283 Quelques années avant la Révolution, le Comtat Venaissin, territoire pontifical, applique une justice criminelle où le suicide est perçu comme un double crime : un attentat contre Dieu et une…

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Quelques années avant la Révolution, le Comtat Venaissin, territoire pontifical, applique une justice criminelle où le suicide est perçu comme un double crime : un attentat contre Dieu et une désobéissance au souverain. La législation en vigueur autorise le procès des cadavres pour éviter que la mort n’éteigne l’action publique. En 1720, la condamnation de Mégioule et de Gabrielle Sicard révèle la rigueur de la procédure de « mémoire » visant à flétrir les restes des assassins de Jacques Philip. Ce supplice posthume, marqué par la traîne sur la claie et l’exposition des têtes, prive les défunts de sépulture chrétienne.
« Un jugement condamne les cadavres du nommé Mégioule et de Gabrielle Sicard, épouse de Pierre Ville, habitants de Bollène, à être successivement traînés sur la claie, pendus par les pieds, jetés à la voirie sous les fourches patibulaires – leurs têtes coupées –, et exposées en ladite ville de Bollène, pour crime de suicide.
L’exécution de ce jugement a lieu le lendemain.
Il paraît que ces deux criminels s’étaient donné la mort afin de se soustraire au supplice qui devait les atteindre comme assassins d’un nommé Jacques Philip dit Coulomb. »
  • Source : “Fais particuliers arrivés dans la ville d’Avignon depuis l’année 795 jusqu’à l’année 1720”, Registre manuscrit, Archives municipales d’Avignon, 1Z8.

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Le procès du tueur des Bassets (Gap, 21 août 1850) https://www.geneprovence.com/le-proces-du-tueur-des-bassets-gap-21-aout-1850/ https://www.geneprovence.com/le-proces-du-tueur-des-bassets-gap-21-aout-1850/#respond Thu, 10 Oct 2024 05:30:32 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=22581 Au hameau des Bassets, au-dessus de Gap (Hautes-Alpes), peu avant le col Bayard, un crime effroyable bouleversa la paisible existence des habitants du lieu. Au printemps 1850, Fidèle Rome, un…

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Au hameau des Bassets, au-dessus de Gap (Hautes-Alpes), peu avant le col Bayard, un crime effroyable bouleversa la paisible existence des habitants du lieu. Au printemps 1850, Fidèle Rome, un homme d’une quarantaine d’années, tua sa propre fille, une enfant à peine sortie de l’enfance et qui n’avait pas dix ans. Les accusations pesant sur lui étaient d’une gravité inouïe : viols répétés et mort par empoisonnement. Une horreur absolue.
L’homme était né à Châteauvieux (Hautes-Alpes) le 23 novembre 1811 de Dominique Rome et Euphrosine Clément et était marié avec Marguerite Baudouin.
De l’opinion générale, l’homme était une bête sauvage. D’ailleurs, on se demandait s’il était doté d’intelligence tant il ne semblait pas comprendre pourquoi les gendarmes étaient venus l’arrêter.

Crime et procès

Le procès se tint le 21 août aux Assises de Gap, dans une atmosphère lourde et tendue. On mit au jour les détails sordides de cette affaire. Lorsqu’on lui fit entrevoir la peine de mort qu’il encourait, il se contentait de répondre avec un abominable ricanement. Il avoua les viols commis sur sa fille qu’il accusait d’être une mauvaise enfant.
Les experts médico-légaux, quant à eux confirmèrent de manière irréfutable la présence de substances toxiques dans le corps de la victime, corroborant ainsi les accusations d’empoisonnement.
L’accusé, quant à lui, persistait à afficher une froideur et un détachement déconcertants face aux faits qui lui étaient reprochés. Son regard, vide et impénétrable, semblait trahir une absence totale de remords. Malgré les efforts de son avocat, Maître Mondet, qui tentait de semer le doute sur la culpabilité de son client, les preuves accumulées étaient accablantes.
Les débats terminés, le conseiller Fiéreck présenta un résumé lucide de l’affaire et posa les questions sur lesquelles le jury aurait à délibérer. Pendant que les jurés se retiraient, la foule venue en masse attendait avec impatience le verdict.
Enfin, ils revinrent. Fidèle Rome était reconnu coupable des crimes qui lui étaient imputés et condamné à la peine capitale. Il n’y eut aucune clameur, aucun cri dans la foule.
Au moment de l’énoncé du verdict, l’accusé haussa simplement les épaules, comme si cette condamnation n’avait aucune importance à ses yeux. Il se contenta de dire :
« Eh bien, j’en appellerai. »
Il ne fit pourtant pas appel.

L’exécution

Le 12 novembre suivant, la foule était venue en nombre assister à l’exécution sur une grande place de Gap. Unanimement, Rome était désigné comme un homme irrécupérable, une nature cynique et dépravée.
S’avançant vers la guillotine, Rome semblait avoir perdu de la superbe qu’il affichait à son procès. On voyait un homme dépourvu de toute énergie. Au pied de l’échafaud, il défaillit et on dut presque le porter pour le mettre en place sur la bascule.
Une seconde après, la mort de la petite fille était vengée, la justice humaine était satisfaite et la foule se retira lentement.
  • Sources : L’Annonciateur, 28 août 1850, p. 3 ; 14 novembre 1850, p. 2.
  • État civil de la commune de Gap, Archives départementales des Hautes-Alpes, 2 E 65/49.

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L’exécution du second consul (Marseille, 13 avril 1585) https://www.geneprovence.com/lexecution-du-second-consul-marseille-13-avril-1698/ https://www.geneprovence.com/lexecution-du-second-consul-marseille-13-avril-1698/#respond Mon, 19 Aug 2024 17:03:23 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=21854 Après un violent épisode de peste qui avait réduit la population de Marseille à 3 000 âmes et alors que les Provençaux souffraient des Guerre de religion, chaque province avait…

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Après un violent épisode de peste qui avait réduit la population de Marseille à 3 000 âmes et alors que les Provençaux souffraient des Guerre de religion, chaque province avait ses ligueurs et le chef de ceux-ci, en Provence, se nommait Hubert de Vins, depuis la mort de son oncle, le comte de Carcès.
Le seigneur de Vins était un homme courageux, actif, entreprenant et plus dévoré d’ambition que passionné par la gloire. Vaillant soldat, bon capitaine, sage pour le conseil, sa promptitude pour l’exécution lui fit donner le surnom de « matinier ».

Pour en savoir plus sur la mort de M. de Vins, lisez l’article : La mort de Monsieur de Vins devant Grasse (Aix-en-Provence, 20 novembre 1589).

Il ne tarda pas à se rendre redoutable. Les seigneurs de Saint-André, de Meyrargues, de Rousset, de Créoulx, de Mons et de Salernes vinrent se ranger sous ses enseignes.
Les villages de Puimoisson et de Saint-Paul[-lès-Durance] furent ses premières conquêtes. Pertuis lui résista, mais Ansouis, La Tour-d’Aigues, la Motte[-d’Aigues] et quelques autres places se rendirent.
« Dariez avait une taille avantageuse, un beau visage, de l’éloquence et beaucoup de grâce… »
Il poussa en même temps jusqu’à Marseille où il comptait de chauds partisans parmi lesquels se trouvait le second consul, Louis de la Motte, surnommé Dariez, qui, en l’absence du premier consul Antoine d’Arène, avait la principale autorité sur la ville.
Dariez avait une taille avantageuse, un beau visage, de l’éloquence et beaucoup de grâce.
Nature emportée, catholique ardent, il vouait une haine mortelle aux Huguenots.
Entouré de quelques hommes dévoués à sa cause, parmi lesquels se trouvaient Joseph Lauze et Claude Boniface, il asservit le corps municipal à ses volontés despotiques. Dalvis, viguier, Roque, troisième consul, et Martinenqui, assesseur, n’eurent plus qu’un titre sans pouvoir.
Ses rigueurs contre les calvinistes furent alors excessives. Il ordonna aux habitants, sous peine de mort, de porter sur leurs chapeaux une croix blanche, signe distinctif de la ligue.
Son ambition n’allait pas moins jusqu’à lui faire envisager de remettre Marseille aux ligueurs et de s’en déclarer le chef.
C’est pour cette raison qu’il s’était allié à M. de Vins et avait attiré dans la rade de Marseille des galères de Toscane pour protéger la ville.
Mais le vent tourna pour lui.
Une conspiration se forma contre lui à la tête de laquelle se mit un noble Marseillais, du nom de François Bouquier, qui entreprit de délivrer la ville de son nouveau tyran.
Encouragé par Henri, duc d’Angoulême (Illustration du haut d’après un portrait d’époque), grand prieur de France, qui soutenait à Aix la cause royale, il réunit un grand nombre de citoyens sur la place Neuve (ancienne place Victor-Gélu, en bordure du Vieux-Port) et les excita à la vengeance. La plupart d’entre eux prirent les armes et jurèrent de ne les quitter qu’après la mort de Dariez.
Le consul fut bientôt informé de ce complot contre lui. Il essaya alors de rallier ses partisans mais ceux-ci ne tardèrent pas à l’abandonner.
Il fut arrêté au moment où il était sur le point de monter sur une galère pour quitter la ville.
On le conduisit avec le capitaine Boniface, complice et principal instrument de ses violences, à l’Hôtel de Ville, où s’était assemblée une foule de Marseillais.
Le grand sénéchal de Provence, Gaspard de Pontevès, ouvrit une enquête contre eux. À dire vrai, l’issue du procès ne laissait guère de doute. Les deux coupables furent condamnés à être pendus.
L’arrêt fut exécuté le 13 avril 1585, à minuit, en présence du grand prieur, qui était à une fenêtre voisine.
Boniface, selon les témoins oculaires, se comporta comme un lâche au moment de l’exécution alors que Dariez, lui, montra davantage de courage. Il demanda à s’entretenir avec le duc d’Angoulême à qui il sollicita sa grâce en récompense de certains services qu’il prétendait lui avoir rendus.
Celui-ci ne lui ayant pas répondu, il s’imagina qu’il lui pardonnerait sur l’échafaud et se livra donc sans résistance à l’exécuteur de la haute justice.
Le spectacle était lugubre. Les torches brillaient au milieu de la nuit et les pénitents portaient les cercueils des condamnés.
Boniface subit le premier sa peine. Dariez demanda à parler aux assistants.
« Obéissez à Monseigneur, cria-t-il de manière à être entendu du grand prieur, c’est un prince débonnaire, magnanime et frère du roi. Servez-le mieux que je ne l’ai fait. »
Il ajouta qu’il n’avait jamais eu dessein de conspirer contre sa patrie ni de la livrer aux ligueurs. Il prit Dieu à témoin de la vérité de sa parole, fit de nouveaux éloges au duc d’Angoulême, dont il attendait toujours la grâce.
Voyant qu’elle ne venait pas, il changea de ton. Le désespoir s’empara de lui et, emporté par la colère, il s’écria :
« Je me dédis, Messieurs, de tout ce que je viens de dire. Prenez garde à vous. Il y a dans la ville des personnes qui ont formé le projet de la livrer au roi de Navarre et qui cherchent à vous trahir. Tout ce que j’ai fait ne vient que d’un grand zèle pour la foi catholique. Empêchez tant que vous pourrez que les religionnaires ne soient les maîtres. »
Il se tourna ensuite vers l’exécuteur :
« As-tu peur, bourreau ? Ce serait à moi de trembler. »
Les pénitents chantaient des cantiques. Dariez se mit à genoux, mêla un moment sa voix aux leurs et fit une courte prière.
Quand il se releva, il était plus calme.
« Es-tu prêt ? dit-il au bourreau. Il faut quitter la vie. »
La corde fut aussitôt passée à son cou. Un instant après, il était lancé dans l’éternité.
Henri III était dans la salle du Louvre quand il apprit la nouvelle de ces événements. Il fut si satisfait qu’il ne put s’empêcher de donner sa main à baiser à d’Arène et Spinan, les députés de Marseille, qui se trouvaient là.
« Mes amis, ajouta-t-il, je vous accorde ce que vous m’avez demandé et davantage, s’il est besoin. Ma libéralité ne suffira jamais pour reconnaître votre fidélité. »

D’après un texte de Théodore Henry (1870).

  • Sources : Le Petit Marseillais, 16 avril 1868, p. 2 ; 13 avril 1870, p. 2.

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La pendaison de deux incendiaires (Aix-en-Provence, 26 avril 1793) https://www.geneprovence.com/pendaison-de-deux-incendiaires-26-avril-1793/ https://www.geneprovence.com/pendaison-de-deux-incendiaires-26-avril-1793/#respond Sun, 01 Oct 2023 09:46:05 +0000 http://www.geneprovence.com/?p=18677 L’exécution d’Antoine Pardigon et Jean-Louis Bédouin en avril 1793 intervient dans un climat de tension extrême entre Aix et Marseille, alors que le Tribunal criminel départemental siège de manière itinérante.…

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L’exécution d’Antoine Pardigon et Jean-Louis Bédouin en avril 1793 intervient dans un climat de tension extrême entre Aix et Marseille, alors que le Tribunal criminel départemental siège de manière itinérante. La condamnation pour incendie, crime redouté dans une Provence aux structures agraires fragiles, suit une procédure judiciaire rigoureuse incluant un recours en cassation. L’acte mentionne la place publique et l’échafaud sans nommer la guillotine, pourtant adoptée depuis 1792. Cette mise à mort par l’exécuteur des hautes œuvres, encadrée par la garde nationale et les sections des Sans-Culottes, vise à rétablir l’ordre républicain par l’exemple.

pardigon-bedouin« Aujourd’hui 27 avril 1793 l’an second de la République française, par devant moi officier public soussigné est comparu à 10 heures du matin, dans la maison commune, le citoyen Raspaud, commissaire national près le tribunal de district de cette ville d’Aix, assisté de deux témoins majeurs, savoir des citoyens Joseph Pradié, commis, âgé de 38 ans, domicilié en cette ville, rue des Magnans, section des Sans-Culottes, et Barthélemy Chabran, garde de police de cette commune, y domicilié section de la Liberté, âgé de 61 ans,
Lequel m’a déclaré qu’il conste par un procès-verbal du jour d’hier dressé par le citoyen Parveraud, huissier du tribunal criminel du département des Bouches-du-Rhône, séant à Marseille, y domicilié, qui conste que les nommés Antoine Pardigon et Jean-Louis Bédouin, pour crime d’incendie, ont été mis à mort par jugement rendu par le tribunal criminel du département des Bouches-du-Rhône, dont la teneur suit, et nous en a remis copie. »

Extrait du procès-verbal de l’exécution de Pardigon et Bédouin, mis à mort le 26 avril 1793.

« L’an 1793, l’an second de la République française et le 26 du mois d’avril, nous, Joseph Parveraud, soussigné, huissier du tribunal criminel du département des Bouches-du-Rhône, séant à Marseille, y domicilié, muni du certificat de civisme, conformément à la loi, par ordre du citoyen Giraud, accusateur public près le tribunal criminel, nous nous sommes rendus à Aix, chef-lieu de district, en suite des ordres à nous transmis par le citoyen Raspaud, commissaire national près le tribunal du district d’Aix, avons fait exécuter le jugement rendu par le tribunal criminel du département des Bouches-du-Rhône, séant alors à Aix le 20 du mois d’août 1792, qui condamne à la peine de mort les nommés Antoine Pardigon et Jean-Louis Bédouin pour crime d’incendie.

Ils avaient profité du droit que la loi leur accorde. Il s’était pourvu en cassation. Le tribunal de cassation a confirmé ledit jugement.
Nous l’avons de suite signifié auxdits Pardigon et Bédouin, à cet effet. Le jour de l’exécution a eu lieu le 26 avril à 3 heures après midi. Pardigon et Bédouin ont été livrés à l’exécuteur de la justice. Nous sommes de suite partis de la maison de justice, escortés de la garde nationale et la gendarmerie, requise à cet effet et les avons conduits sur la place publique où il y avait un échafaud. Par cet objet, à 4 heures et demi, Pardigon et Bédouin ont été mis à mort.
Ladite exécution étant finie, nous nous sommes retirés, ainsi que la garde nationale et la gendarmerie, et avant de suite dressé notre procès-verbal pour qu’il conste ce que dessus, en présence de deux citoyens, témoins par nous requis et ont signé avec nous au bas dudit verbal.
À Aix le jour ayant susdit et ont signé Lafargue, signé Burle. Enregistré à Aix le 26 avril 1793, l’an second de la République française, gratis.
Signé Lesueur pour conforme à l’original, signé Parvereau.
D’après la lecture de ce procès-verbal, que lesdits citoyens Pradier et Chabran ont certifié conforme à la vérité, j’ai dressé acte de décès que lesdits citoyens déclarants Pradier et Chabran, témoins, ont signé avec moi. »

  • Archives départementales des Bouches-du-Rhône, cote 202 E 316
  • Anecdote signalée par Yve Chetaille

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Les fusillés de Simiane (Simiane-la-Rotonde, décembre 1851) https://www.geneprovence.com/fusilles-de-simiane-simiane-rotonde-decembre-1851/ https://www.geneprovence.com/fusilles-de-simiane-simiane-rotonde-decembre-1851/#respond Wed, 04 Mar 2020 15:31:49 +0000 http://www.geneprovence.com/?p=17578 La Révolution de 1851 a été particulièrement intense dans le département des Basses-Alpes (ancien nom des Alpes-de-Haute-Provence). De nombreux rapports alarmants étaient régulièrement adressés aux autorités et parfois relayés dans…

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Simiane la Rotonde. DR.

La Révolution de 1851 a été particulièrement intense dans le département des Basses-Alpes (ancien nom des Alpes-de-Haute-Provence). De nombreux rapports alarmants étaient régulièrement adressés aux autorités et parfois relayés dans une presse encore balbutiante.
Ainsi, L’Écho des Bouches-du-Rhône rapportait en décembre 1851 ou janvier 1852 des événements gravissimes survenus à Simiane-la-Rotonde (alors dénommée « Simiane »). Voici comment ils étaient rapportés :
Les journaux ne vous ont point parlé de trois insurgés qui ont été fusillés à Simiane, près de Banon. Un des trois était un menuisier de cette commune, qui avait confectionné une guillotine ; l’un des deux autres devait faire l’office de bourreau. Une liste de quarante-huit personnes appartenant à la classe aisée de Banon, et bon nombre de personnes de la commune de Revest et des Brousses (aujourd’hui Revest-des-Brousses, NdlR), devait passer par ce supplice. On réservait à la pauvre institutrice de Revest une mort plus atroce : elle devait être écartelée. Voilà le sort qu’on nous promettait. »
  • L’Écho des Bouches-du-Rhône, cité in Journal des villes et des campagnes, 7 janvier 1852.

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Allix (†1664), humour noir et guitares https://www.geneprovence.com/allix-%e2%80%a01664-humour-noir-et-guitares/ https://www.geneprovence.com/allix-%e2%80%a01664-humour-noir-et-guitares/#respond Sat, 06 Jun 2015 20:34:34 +0000 http://www.geneprovence.com/?p=15109 La ville d’Aix-en-Provence a longtemps attiré quantité d’artistes exerçant dans des domaines aussi divers que la peinture, la sculpture, la littérature ou encore la musique. Parmi eux, de grands noms…

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La ville d’Aix-en-Provence a longtemps attiré quantité d’artistes exerçant dans des domaines aussi divers que la peinture, la sculpture, la littérature ou encore la musique. Parmi eux, de grands noms continuent d’honorer la ville tant leur influence sur leur art leur valut les plus grands éloges.
D’autres, en revanche, ont eu le malheur de vivre en des temps où l’originalité était bien peu admise au sein d’une population prônant la bienséance et empreinte de tabous. Un dénommé Allix, dont nous ne connaissons hélas pas le nom complet, aurait sans doute aimé rester célèbre pour l’art qu’il exerçait sans doute avec talent. Malheureusement, son nom a été oublié par la quasi totalité des Provençaux et les rares qui ont entendu ce nom l’associent à celui de l’auteur d’une plaisanterie qui a mal tourné.

Allix et le squelette musicien

Charles David (1600-1636?), Joueur de guitare, estampe, à Paris, chez Pierre Le Blond, Bibl. nat. de France.
Charles David (1600-1636?), Joueur de guitare, estampe, à Paris, chez Pierre Le Blond, Bibl. nat. de France.
Né dans la première moitié du XVIIe siècle, Allix est l’exemple même du scientifique touche-à-tout de son siècle. Mathématicien et mécanicien, il est aussi mélomane et développe de grandes qualités dans le maniement de la guitare, instrument qui connaîtra un grand essor sous le règne de Louis XIV.
Allix a aussi un défaut qui ferait sourire aujourd’hui mais qui, en son temps, peut conduire au pire : c’est un provocateur doté d’un sens de l’humour noir particulièrement acéré.
Comme beaucoup d’hommes de sciences, Allix possédait en son cabinet un squelette. Une idée lui vint un jour à l’esprit.
Il plaça au cou de son squelette une guitare accordée à l’unisson d’une autre qu’il tenait lui-même dans ses mains et il disposa les doigts de l’automate sur les cordes du manche. Puis, alors que le temps était beau et doux, il ouvrit les fenêtres et même la porte de son appartement du centre d’Aix. Il se plaça dans un coin de sa chambre de manière à ne pas être vu des passants et entreprit de jouer des morceaux sur sa guitare alors que le squelette exécutait les mêmes mouvements, donnant l’impression qu’il en était la source. On imagine aisément le brave Allix se mordant les lèvres pour ne pas éclater de rire en voyant les passants choqués d’un squelette musicien et faisant un signe de croix avant de presser le pas.
Gérard de Lairesse (1640-1711), illustrations de Ontleding des menschelyken lichaams (1685), par Govard Bidloo.
Gérard de Lairesse (1640-1711), illustrations de Ontleding des menschelyken lichaams (1685), par Govard Bidloo.

La vilaine rumeur

Des bruits commencèrent à se faire entendre dans la ville au sujet de cet original qui terrorisaient les Aixois qui passaient devant chez lui. On ne disait toutefois pas que c’était l’œuvre d’un plaisantin. Jouer ainsi avec un squelette humain témoignait sans nul doute des pires perversions mentales et laissait supposer que cet Allix entretenait quelque commerce avec le Malin. C’était un temps où la population d’Aix vivait encore dans la peur de la mort et sous le joug de la superstition.
La plaisanterie devint rapidement une affaire publique et les magistrats furent avertis. Le Parlement d’Aix ouvrit une instruction contre Allix, l’accusant de magie. Le pauvre homme fut jugé en 1664 par la chambre de la Tournelle et tenta tant bien que mal de faire comprendre à ses juges que les sons de la guitare du squelette venaient en réalité de son action à lui et que ce n’était finalement qu’une question de mécanique. Quel fut le verdict ?

Innocenté ou condamné ?

Visiblement, la leçon de mécanique fut mal comprise par les juges. Allix fut condamné à être pendu et brûlé en place publique d’Aix. La sentence indiquait même que le squelette lui-même, en qualité de complice, subirait le même sort.
Le jour de l’exécution, une foule de dévots se pressa pour assister à la pendaison. Selon toute vraisemblance, les Aixois maniaient avec difficulté les notions d’humour noir.

Bibliographie

  • Pierre Bonnet, Histoire de la musique depuis son origine, les progrès successifs de cet art jusqu’à présent, éd. Aux dépens de la Compagnie, La Haye, Francfort-sur-le-Main, 1743, p. 82.
  • François-Joseph Fétis, Biographie universelle des musiciens et bibliographie générale de la musique, vol. 1, 1866-1868, éd. Firmin-Didot, Paris, p. 75.

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Fusillée en temps de peste (Salon-de-Provence, 30 septembre 1721) https://www.geneprovence.com/fusillee-peste-salon-de-provence-1721/ https://www.geneprovence.com/fusillee-peste-salon-de-provence-1721/#respond Sun, 27 Jul 2014 00:40:40 +0000 http://www.geneprovence.com/?p=13407 En 1721, la Provence fait face à la Grande Peste, la dernière épidémie majeure en Europe, qui atteint Salon-de-Provence après avoir dévasté Marseille. Face à ce fléau, l’autorité royale, représentée…

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En 1721, la Provence fait face à la Grande Peste, la dernière épidémie majeure en Europe, qui atteint Salon-de-Provence après avoir dévasté Marseille. Face à ce fléau, l’autorité royale, représentée par l’intendance militaire, instaure un régime de terreur sanitaire. En l’absence de remède, le cordon sanitaire et la destruction radicale des « hardes » (vêtements et biens) contaminés sont les seules mesures jugées efficaces. L’acte éclaire le dilemme des classes populaires : pour Marguerite Barrotte, veuve et issue du monde des travailleurs, cacher des effets pestiférés dans l’hôpital n’était pas un simple vol, mais une tentative désespérée de préserver un capital vital. Cette transgression était punie par une justice expéditive, faisant de son exécution un exemple terrifiant pour maintenir l’ordre et enrayer la contagion.

Le trente septembre a été fusillée Marguerite Barrotte, ou Rappi, âgée de trente-huit ans, native de Cadenet, habitante à Salon, veuve de feu Jacques Jean Bartas, travailleur, valet de M. de Bardonnis, ayant été fusillée pour avoir cachée des hardes pestiférées dans l’hôpital.
Ainsi l’atteste
Pignard, curé

cours-victor-hugo-salon

  • Source : Registre paroissial de Salon
  • Texte signalé par Alexandre Dumont-Castells

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Deux galériens abattus (Mallemort, 19 octobre 1737) https://www.geneprovence.com/deux-galeriens-abattus-mallemort-19octobre1737/ https://www.geneprovence.com/deux-galeriens-abattus-mallemort-19octobre1737/#respond Thu, 01 Nov 2012 19:43:38 +0000 http://s430202914.onlinehome.fr/geneprovence/?p=2574 « Le vingt-un octobre de l’année ci-dessus, j’ai enseveli dans le cimetière de cette paroisse deux galériens qui, s’étant échappé des galères, furent tués le dix-neuf dud[it] mois sur le grand chemin conduisant à Orgon, par les cavaliers de la maréchaussée qui, les voulant arrêter, furent obligés de faire feu sur eux, les forçats ayant tiré les premiers des coups

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« Le vingt-un octobre de l’année ci-dessus, j’ai enseveli dans le cimetière de cette paroisse deux galériens qui, s’étant échappé des galères, furent tués le dix-neuf dud[it] mois sur le grand chemin conduisant à Orgon, par les cavaliers de la maréchaussée qui, les voulant arrêter, furent obligés de faire feu sur eux, les forçats ayant tiré les premiers des coups de pistolets ;

Paysage de Mallemort en direction d’Orgon. DR.
Paysage de Mallemort en direction d’Orgon. DR.

« Paraissant lesd[its] galériens être âgés d’environ quarante ans. Je n’ai pu savoir leur pays, n’ayant pu parler ni recevoir aucun sacrement. »

[ISNARD vicaire]
« Nota : L’un nommé Latour Moussi de Pajo, sur la galère appelée La Reale et l’autre nommé Julien Gelin, aussi galérien sur lad[ite] galère. »
[ISNARD vicaire]
Mme Carbonnel-Boyer me communique l’information que, en 1737, un de ses ancêtres, Jean Baptiste Chave, était cavalier de la maréchaussée à Mallemort. Il peut s’agir d’un des hommes impliqués dans ce fait divers dramatique.
  • Registre paroissial de Mallemort
  • Texte signalé par Eva Carbonnel-Boyer

 

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