Meurtre/Assassinat Archives - GénéProvence https://www.geneprovence.com/category/meurtreassassinat/ 500 ans de faits divers en Provence Mon, 05 Jan 2026 17:15:07 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.8.3 https://www.geneprovence.com/wp-content/uploads/2024/04/cropped-434541497_912630390609581_141579584347965292_n-32x32.png Meurtre/Assassinat Archives - GénéProvence https://www.geneprovence.com/category/meurtreassassinat/ 32 32 Une exécution spectaculaire de suicidés (Bollène, 14 juillet 1783) https://www.geneprovence.com/une-execution-spectaculaire-de-suicides-bollene-14-juillet-1783/ https://www.geneprovence.com/une-execution-spectaculaire-de-suicides-bollene-14-juillet-1783/#respond Mon, 05 Jan 2026 17:10:08 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27283 Quelques années avant la Révolution, le Comtat Venaissin, territoire pontifical, applique une justice criminelle où le suicide est perçu comme un double crime : un attentat contre Dieu et une…

L’article Une exécution spectaculaire de suicidés (Bollène, 14 juillet 1783) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>

Quelques années avant la Révolution, le Comtat Venaissin, territoire pontifical, applique une justice criminelle où le suicide est perçu comme un double crime : un attentat contre Dieu et une désobéissance au souverain. La législation en vigueur autorise le procès des cadavres pour éviter que la mort n’éteigne l’action publique. En 1720, la condamnation de Mégioule et de Gabrielle Sicard révèle la rigueur de la procédure de « mémoire » visant à flétrir les restes des assassins de Jacques Philip. Ce supplice posthume, marqué par la traîne sur la claie et l’exposition des têtes, prive les défunts de sépulture chrétienne.
« Un jugement condamne les cadavres du nommé Mégioule et de Gabrielle Sicard, épouse de Pierre Ville, habitants de Bollène, à être successivement traînés sur la claie, pendus par les pieds, jetés à la voirie sous les fourches patibulaires – leurs têtes coupées –, et exposées en ladite ville de Bollène, pour crime de suicide.
L’exécution de ce jugement a lieu le lendemain.
Il paraît que ces deux criminels s’étaient donné la mort afin de se soustraire au supplice qui devait les atteindre comme assassins d’un nommé Jacques Philip dit Coulomb. »
  • Source : “Fais particuliers arrivés dans la ville d’Avignon depuis l’année 795 jusqu’à l’année 1720”, Registre manuscrit, Archives municipales d’Avignon, 1Z8.

L’article Une exécution spectaculaire de suicidés (Bollène, 14 juillet 1783) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>
https://www.geneprovence.com/une-execution-spectaculaire-de-suicides-bollene-14-juillet-1783/feed/ 0
Henri Blanc assassiné la nuit (Simiane-la-Rotonde, 27 mars 1745) https://www.geneprovence.com/henri-blanc-assassine-la-nuit-simiane-la-rotonde-27-mars-1745/ https://www.geneprovence.com/henri-blanc-assassine-la-nuit-simiane-la-rotonde-27-mars-1745/#respond Mon, 24 Nov 2025 19:51:28 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=26807 « Aujourd’hui a été enseveli dans le cimetière de cette paroisse Henri Blanc, travailleur, qu’on a trouvé malheureusement assassiné le jour d’hier sur une heure du matin et sur ce ont…

L’article Henri Blanc assassiné la nuit (Simiane-la-Rotonde, 27 mars 1745) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>

« Aujourd’hui a été enseveli dans le cimetière de cette paroisse Henri Blanc, travailleur, qu’on a trouvé malheureusement assassiné le jour d’hier sur une heure du matin et sur ce ont précédé les formalités de justice, exprès lesquelles la sépulture dudit Henri Blanc a été faite, en présence des soussignés, avec nous, à Simiane ce 28 mars 1745. »
[J.-B. Montjallard, M. Dupré, vicaire, Planta, de Ferres]
  • Registre paroissial de Simiane-la-Rotonde, Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, 1 Mi 5/0577.

L’article Henri Blanc assassiné la nuit (Simiane-la-Rotonde, 27 mars 1745) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>
https://www.geneprovence.com/henri-blanc-assassine-la-nuit-simiane-la-rotonde-27-mars-1745/feed/ 0
Poignardé pour avoir défendu une femme (Marseille, 14 juin 1868) https://www.geneprovence.com/poignarde-pour-avoir-defendu-une-femme-marseille-14-juin-1868/ https://www.geneprovence.com/poignarde-pour-avoir-defendu-une-femme-marseille-14-juin-1868/#respond Tue, 18 Nov 2025 18:50:29 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=26773 Une rixe mortelle ensanglanta la Place Neuve, à Marseille, suscitant l’effroi parmi les habitants. Cet incident tragique se déroula le dimanche 14 juin 1868, aux alentours de 18 heures. Il…

L’article Poignardé pour avoir défendu une femme (Marseille, 14 juin 1868) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>

Une rixe mortelle ensanglanta la Place Neuve, à Marseille, suscitant l’effroi parmi les habitants. Cet incident tragique se déroula le dimanche 14 juin 1868, aux alentours de 18 heures. Il impliqua deux marins grecs, tous deux employés sur un navire au port.
De fait, la querelle concernait une jeune femme. Celle-ci travaillait dans l’une des buvettes qui animaient le quartier. L’un des marins, emporté par la rage, tenta de frapper la demoiselle. Alors, son camarade, dénommé Pierre Ephestion, 36 ans, s’interposa avec courage. Il voulait protéger la jeune femme des coups. Toutefois, cet acte de bravoure lui fut fatal. L’agresseur lui asséna plusieurs coups de couteau dans la poitrine. L’homme tomba sur le trottoir.
L’assassin s’enfuit aussitôt. Il courut le long du port, en direction de la Canebière. Puis, il sauta dans un canot, cherchant désespérément à gagner le large.
Cependant, une foule en colère le prit en chasse. Face à la pression, l’homme abandonna son embarcation et se jeta à la mer. Il fut rapidement maîtrisé et appréhendé par les poursuivants.
Finalement, les autorités transportèrent le corps de la victime à l’hospice Saint-Pierre où il rendit l’âme à l’aube le lendemain. Le capitaine du navire vint personnellement réclamer la dépouille. De plus, il prit en charge l’intégralité des frais d’inhumation du marin grec.
  • Source : Le Petit Marseillais, 17 juin 1868, p. 2.
  • Registre d’état civil de la ville de Marseille, juin 1868, 201 E4775, no 194.

L’article Poignardé pour avoir défendu une femme (Marseille, 14 juin 1868) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>
https://www.geneprovence.com/poignarde-pour-avoir-defendu-une-femme-marseille-14-juin-1868/feed/ 0
Coups et meurtrissures (Oraison, 21 avril 1692) https://www.geneprovence.com/coups-et-meurtrissures-oraison-21-avril-1692/ https://www.geneprovence.com/coups-et-meurtrissures-oraison-21-avril-1692/#respond Tue, 11 Nov 2025 12:12:02 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=26719 Cet extrait du registre paroissial d’Oraison, daté de 1692, s’inscrit dans un contexte de forte instabilité sociale et économique sous le règne de Louis XIV. La mention « coups et meurtrissures »…

L’article Coups et meurtrissures (Oraison, 21 avril 1692) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>

Cet extrait du registre paroissial d’Oraison, daté de 1692, s’inscrit dans un contexte de forte instabilité sociale et économique sous le règne de Louis XIV. La mention « coups et meurtrissures » révèle une violence quotidienne banalisée, qui, en l’absence de médecine légale sophistiquée, était la seule cause officielle retenue. Le fait que l’on vérifie qu’Honoré Brunier ait « satisfait au devoir pascal » (communion obligatoire à Pâques) indique l’importance primordiale de la conformité religieuse pour l’obtention d’une sépulture honorable dans le chœur, même pour un défunt victime de violences.
« L’an que dessus [1692] et le vingt-unième du mois d’avril est décédé Honoré Brunier, âgé d’environ quarante ans,
Et d’autant que sa mort nous a été inconnue, nous avons été obligés de nous informer de ses mœurs et conditions de sa mort,
Et ayant appris qu’elle procédait des coups et meurtrissures qu’il avait eues sur son corps,
Et qu’il avait satisfait au devoir pascal, nous l’avons enseveli dans le chœur du Saint-Rosaire de cette paroisse… »
  • Registre paroissial d’Oraison, Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, 1MI5/0205.

L’article Coups et meurtrissures (Oraison, 21 avril 1692) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>
https://www.geneprovence.com/coups-et-meurtrissures-oraison-21-avril-1692/feed/ 0
Quand l’obsession mène au crime (Arles, 24 juin 1881) https://www.geneprovence.com/quand-lobsession-mene-au-crime-arles-24-juin-1881/ https://www.geneprovence.com/quand-lobsession-mene-au-crime-arles-24-juin-1881/#respond Thu, 23 Oct 2025 07:22:43 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=26642 Voir aussi : Le drame de la rue Nicolaï (Arles, 1er avril 1881) Baptistin Roumanille, âgé de 41 ans, boulanger demeurant à Arles, avait vécu maritalement, pendant plusieurs années avec…

L’article Quand l’obsession mène au crime (Arles, 24 juin 1881) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>

Voir aussi : Le drame de la rue Nicolaï (Arles, 1er avril 1881)

Baptistin Roumanille, âgé de 41 ans, boulanger demeurant à Arles, avait vécu maritalement, pendant plusieurs années avec Joséphine Tellier, âgée de 26 ans. Il en avait eu deux enfants, morts en bas âge. Pour être plus libre dans ses relations avec cette fille, il avait abandonné sa femme légitime, Marie Coye, et ses trois enfants mineurs (François, Eugène et Xavier), son domicile à Maussane et jusqu’à sa profession de boulanger et tous deux étaient partis vivre à Arles.
Ce fol amour pour Joséphine Tellier avait fait le malheur de l’un et de l’autre. Joséphine Tellier était légère, peut-être inconstante ; Roumanille jaloux, emporté, vindicatif. Les querelles étaient fréquentes dans ce ménage illégitime. Joséphine, trouvant que la vie commune devenait insupportable, s’était décidée, trois mois et demi avant le crime, à quitter son amant et à rompre avec lui toutes ses relations. Roumanille, plus éperdument amoureux depuis cette séparation, ne cessait de poursuivre de ses obsessions son ancienne concubine par la déterminer à retourner avec lui : supplications, voies de fait, menaces de mort, tout fut fait par lui mais en vain ; la fille Tellier persistait énergiquement dans son refus.
Il résolut de se venger. Il acheta chez un armurier de Trinquetaille un revolver et des cartouches, et il ne fit pas mystère, dans l’entourage de Joséphine Tellier, que la vie lui devenant à charge, il était bien résolu d’en finir sans retard, mais qu’il ne laisserait pas lui survivre et passer dans les bras d’un autre celle avec laquelle il avait si longtemps vécu.
Il hésitait cependant, il espérait toujours une réconciliation, et ce n’est que le 1er avril 1881, c’est-à-dire quinze ou vingt jours après l’achat du revolver qu’il mit ou tenta de mettre à exécution son sinistre projet.
Ce jour-là, il s’approcha aux pas de Joséphine. Il voulut tenter un dernier effort et avoir une explication suprême. Il vint, jusqu’à trois reprises, le matin, l’après-midi et le soir, chez la Mlle Lallemont, rue Nicolaï, où il savait que Joséphine Tellier devait se trouver.
Elle y travaillait, en effet, avec sa sœur, la dame Eulalie Teissier.
Voyant Roumanille, elle voulut sortir en traînant sa sœur. Roumanille les suivit dans l’escalier, les dérangea et, se retournant vers son ancienne maîtresse, lui tira à bout portant deux coups de revolver qui l’atteignirent à la poitrine et au sein gauche.
La victime s’affaissa en s’écriant : « Je suis morte ! »
Croyant l’avoir tuée, Roumanille voulut se tuer à son tour. Il dirigea vers lui son revolver, mais il se blessa seulement et courut, tout sanglant se jeter dans le Rhône.
Un marinier, témoin de cet acte de désespoir, parvint à le retirer de l’eau presque inanimé.
« Tuez-moi ! » lui dit Roumanille, qui s’évanouit.
Les blessures de la victime, comme celles de l’accusé, n’eurent pas de conséquences graves et étaient quasiment guéries au moment du procès à la Cour d’assises d’Aix-en-Provence, lors de l’audience du 24 juin 1881.
Roumanille fut condamné à cinq ans de réclusion et le jury, par la voix de son président, pria le président des assises d’appeler sur le condamné la bienveillance du chef de l’État.
  • Sources : L’Homme de bronze, 26 juin 1881, p. 2.

L’article Quand l’obsession mène au crime (Arles, 24 juin 1881) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>
https://www.geneprovence.com/quand-lobsession-mene-au-crime-arles-24-juin-1881/feed/ 0
L’arrestation de l’assassin de M. Samson (Toulon, 25 septembre 1869) https://www.geneprovence.com/larrestation-de-lassassin-de-m-samson-toulon-25-septembre-1869/ https://www.geneprovence.com/larrestation-de-lassassin-de-m-samson-toulon-25-septembre-1869/#respond Thu, 02 Oct 2025 20:34:18 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=26482 Marius Samson, négociant de 45 ans, fut assassiné dans sa maison, 10, rue du Parti, à Toulon, le 23 septembre 1869. L’assassin avait pris la poudre d’escampette et il fallut…

L’article L’arrestation de l’assassin de M. Samson (Toulon, 25 septembre 1869) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>

Marius Samson, négociant de 45 ans, fut assassiné dans sa maison, 10, rue du Parti, à Toulon, le 23 septembre 1869. L’assassin avait pris la poudre d’escampette et il fallut attendre le surlendemain, 25 septembre, pour que la police arrête le coupable. Celui-ci, du nom de Consauve, arriva de Marseille (Bouches-du-Rhône) un samedi matin, par le train express de dix heures. Une voiture l’attendait sur le quai de la gare. Une foule immense s’était amassée. Tout le monde voulait voir l’accusé.
Consauve semblait terriblement pâle et décomposé. Des gens qui l’avaient vu la veille hésitaient à le reconnaître. Pourtant, il est descendu du wagon avec vivacité, entre deux gendarmes. Il regarda la foule, peu impressionné et jeta autour de lui un regard plein d’assurance. Puis, il monta dans une voiture rapidement sous bonne escorte.
Le véhicule se mit en route. Il était escorté par quatre gendarmes à cheval. Le cortège passa par l’avenue de la Banque où les chevaux prirent le galop. Ensuite, ils longèrent le boulevard. Enfin, ils arrivèrent au palais de justice où Consauve subit son premier interrogatoire.
Un médecin légiste l’examina, constatant qu’il avait subi des blessures en perpétrant son crime.

L’arrestation de Consauve

Pendant deux jours, il s’était rendu au café des Mille-Colonnes. Ce café était situé rue Beauveau. Il lisait les journaux de Toulon et semblait y prêter une attention particulière. L’établissement était très long. Cela lui permettait de s’isoler des autres clients. En outre, de nombreux spectateurs du théâtre voisin allaient dans ce café.
Ses allures étranges intriguèrent toutefois la police. Un agent spécial fut chargé de le surveiller. Le soir du crime, le mercredi, Consauve sortit du café et l’agent l’appréhenda. Consauve résista vivement. Puis, il fut conduit au poste de police le plus proche. Les enquêteurs fouillèrent sa malle, où ils trouvèrent une paire de chaussettes complètement ensanglantées.
L’enquête permit de découvrir d’autres faits. Après avoir tué sa victime, Consauve l’avait dépouillée. Il avait volé une somme d’environ mille francs. On sait que M. Samson gardait ses recettes du jour chez lui. La somme figurait sur ses livres de caisse. Cependant, elle n’avait pas été retrouvée. Par conséquent, l’assassin l’avait sûrement volée. Cela lui avait permis de fuir plus facilement.
Depuis l’arrestation, les parents de Consauve s’étaient retirés à la campagne. Ils ne voulaient pas assister aux scènes douloureuses de la justice. Par ailleurs, Consauve était réputé violent et vindicatif. Pour un rien, il se mettait en colère. Il avait même menacé son père à plusieurs reprises. Quelques années plus tôt, il avait été condamné et le tribunal correctionnel de Toulon l’avait fait emprisonner. Il avait blessé et frappé un honorable négociant de la ville. Peu après, ce négociant s’était suicidé par pendaison. La veuve fut entendue par le procureur et donna des explications sur le passé de Consauve.

L’enquête

Il apparut des premiers éléments de l’enquête que Consauve s’était présenté à Marseille, sous un faux nom, à l’hôtel de Vichy, cours Belsunce, où il avait élu domicile dès le lendemain du crime et qu’il prenait ses dispositions pour s’expatrier sur un navire de commerce étranger, au moment où il fut arrêté.
Le samedi 25 septembre, il subit un long interrogatoire à Toulon. On le confronta alors avec le cadavre de M. Samson, qui était resté exposé à l’amphithéâtre du cimetière, dans un état de décomposition avancé. L’effet recherché n’eut pas lieu. L’accusé ne parut ressentir aucune émotion et se borna à dire qu’il ne reconnaissait pas le visage de M. Samson mais qu’il reconnaissait parfaitement les souliers jaunes dont il était chaussé.
Avant d’être conduit on cimetière, Consauve fut transporté sur les lieux du crime, dans la chambre à coucher pour y être soumis à certaines constatations. On nota que cela l’irrita particulièrement, bien qu’il ne se départît pas un instant de son système de défense.
Aussi, lorsqu’on appliqua ses pieds sur les traces de pas du meurtrier dans le sang, on s’aperçut que ceux-ci collaient parfaitement à ceux du coupable. On se rendit même compte que l’empreinte d’une légère difformité d’un doigt du pied droit de l’assassin se retrouvait aussi chez Consauve.
Bien entendu, il rejeta le fait sur le compte de la fatalité et se renferma dans ses dénégations habituelles.
À plusieurs reprises il s’emporta. D’abord, lorsqu’il entendit l’un des parents de M. Samson l’appeler « assassin », il s’emporta avec fougue et faillit perdre tout sang-froid. Il fit même mine un moment de se jeter sur celui qui l’a ainsi appelé et les gendarmes durent le retenir pour l’empêcher de se livrer à des voies de fait.
Il se fâcha également à l’encontre des agents de la force publique sous prétexte que ceux-ci le serraient de trop près et que l’un d’eux lui avait fait mal au bras. Ces incidents ayant produit, sans doute, un effet violent sur son système nerveux, Consauve rentra dans sa prison dans un état d’exaltation indicible.
D’après les constatations des médecins, parmi les blessures dont il portait la trace sur différentes parties du corps, l’une d’elles avait visiblement été produite par une morsure qui avait déchiré une partie de son bras.

Impact de la présence de l’assassin en ville

L’intérêt de curiosité qu’excitait cette affaire dans la ville de Toulon était si grand que, pendant toute la journée du samedi 25, la foule ne cessa de stationner aux différents points où l’on supposait que l’accusé serait conduit.
L’encombrement était même si grand, aux abords du palais de justice et près de la Porte-Neuve où le crime avait été commis, que le fiacre dans lequel l’accusé était monté avait peine à se frayer un passage à travers le flot des curieux.
Le lundi suivant, 27 septembre 1869, Consauve subit un nouvel interrogatoire au cours duquel il persista à nier toute participation au crime dont on l’accusait.
Pour autant, Consauve ne semblait pas réaliser ce qu’il encourait. Une semaine plus tard, on le voyait dans sa cellule, mangeant de fort bon appétit. Tous les jours il sortait et se promenait dans la cour de la prison en compagnie d’enfants arrêtés pour vagabondage et auxquels il adressait de temps à autre un cours de morale.

Le procès

Le mercredi 20 octobre, Consauve fut extrait de sa cellule toulonnaise et conduit à Draguignan pour comparaître devant la cour d’assises dont la session s’ouvrait le 26.
Avant son départ, il demanda à voir son père et eut avec lui un assez long entretien dans lequel il lui demanda de la patience, en ajoutant que son innocence ne manquerait pas d’être reconnue par le jury.

Il sera condamné le 3 novembre aux travaux forcés à perpétuité.

  • Source : Le Progrès du Var, 1er octobre 1869, p. 2 ; 3 octobre 1869, p. 2, 3.

L’article L’arrestation de l’assassin de M. Samson (Toulon, 25 septembre 1869) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>
https://www.geneprovence.com/larrestation-de-lassassin-de-m-samson-toulon-25-septembre-1869/feed/ 0
Un négociant assassiné chez lui (Toulon, 23 septembre 1869) https://www.geneprovence.com/un-negociant-assassine-chez-lui-toulon-23-septembre-1869/ https://www.geneprovence.com/un-negociant-assassine-chez-lui-toulon-23-septembre-1869/#respond Wed, 27 Aug 2025 13:49:12 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=26209 Toulon fut le théâtre d’un drame sanglant le 23 septembre 1869. Un assassinat eut lieu au domicile de Marius Étienne Eustache Samson, 10, rue du Parti, dans des circonstances particulièrement mystérieuses. M.…

L’article Un négociant assassiné chez lui (Toulon, 23 septembre 1869) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>

Toulon fut le théâtre d’un drame sanglant le 23 septembre 1869. Un assassinat eut lieu au domicile de Marius Étienne Eustache Samson, 10, rue du Parti, dans des circonstances particulièrement mystérieuses. M. Samson était un honorable négociant en vins, âgé de 45 ans, né à Toulon, fils de Jean-Pierre Samson, un musicien de la Marine, et d’Adélaïde Marie Gimelli. Il était en outre l’époux de Claire Justine Cavalier.
M. Samson avait coutume de passer les jeudis soir d’été à la campagne avec sa famille. Retenu par ses affaires, il ne put s’y rendre cette semaine-là. Il demeura donc seul dans sa résidence principale.
Le vendredi matin, ses amis s’étonnèrent de son absence habituelle au café du Commerce, où il prenait son chocolat chaud. Personne ne soupçonna d’abord la tragédie. Cependant, Mme Samson, revenant de la campagne, découvrit la porte de sa maison fermée de l’intérieur. Inquiète, elle fit appeler un serrurier. L’artisan parvint à ouvrir la porte à l’aide d’un crochet et Mme Samson pénétra alors chez elle.
L’horreur l’attendait dans la chambre de son mari. Le corps de M. Samson gisait sur le sol, sans gilet ni paletot, baignant dans une mare de sang. La scène révélait une lutte d’une violence inouïe, M. Samson était connu pour être doté d’une force peu ordinaire. Les meubles étaient renversés, la chaîne de la montre brisée, les objets éparpillés sur le carreau. Tout indiquait que M. Samson avait résisté de toutes ses forces. Il portait des blessures terribles au cou, à la nuque et au crâne. Ces coups furent fatals.
Selon les premières constatations, le mobile du crime ne semblait pas être le vol. En effet, des billets de banque furent retrouvés à des endroits bien visibles. En revanche, un grand portrait peint sur toile de M. Samson et plusieurs photographies furent lacérés à coups de couteau. Les enquêteurs privilégièrent donc la piste d’une vengeance personnelle. Les causes exactes de ce déchaînement de violence demeuraient inconnues pour l’heure, laissant le quartier dans l’effroi.

Pour lire la suite de l’affaire, cliquez ici : L’arrestation de l’assassin de M. Samson (Toulon, 25 septembre 1869)

  • Source : Le Progrès du Var, 24 septembre 1869, p. 2.
  • État civil de la ville de Toulon, année 1869, no 1528, Archives départementales du Var, 7E 146_295.

L’article Un négociant assassiné chez lui (Toulon, 23 septembre 1869) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>
https://www.geneprovence.com/un-negociant-assassine-chez-lui-toulon-23-septembre-1869/feed/ 0
Drame au 1, rue Saint-Pierre (Toulon, 18 mai 1895) https://www.geneprovence.com/drame-au-1-rue-saint-pierre-toulon-18-mai-1895/ https://www.geneprovence.com/drame-au-1-rue-saint-pierre-toulon-18-mai-1895/#respond Sun, 17 Aug 2025 21:51:37 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=26127 En 1895, un drame familial ébranla Toulon. L’action se déroulait rue Saint-Pierre, une petite voie entre la place Gambetta et le quai, jouxtant l’église éponyme. C’est là que se trouvait…

L’article Drame au 1, rue Saint-Pierre (Toulon, 18 mai 1895) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>

En 1895, un drame familial ébranla Toulon. L’action se déroulait rue Saint-Pierre, une petite voie entre la place Gambetta et le quai, jouxtant l’église éponyme. C’est là que se trouvait le Bar des Îles-d’Or, un établissement tenu par Rosalie Rieu. Cette femme de 34 ans, d’une forte corpulence, en sous-louait la gérance.
Depuis plusieurs années, Rosalie, mère d’un fils de 15 ans, vivait avec Mathurin Droualen. Ce charpentier de l’arsenal avait le même âge qu’elle. Leur union fut officialisée le 10 avril 1895. Mathurin reconnut alors l’enfant. Toutefois, cette officialisation ne calma en rien les tensions persistantes. En effet, des querelles violentes éclataient fréquemment entre eux.
« Mathurin Droualen […] devenait léthargique sous l’effet du vin… »
Mathurin Droualen, connu pour sa consommation d’alcool, surtout les jours de paie, devenait léthargique sous l’effet du vin. Il s’asseyait et s’endormait. Rosalie, quant à elle, avait une habitude déconcertante. Elle le dépouillait souvent, puis le mettait dehors. Un voisin rapporta qu’il fut maintes fois retrouvé dans la rue, les poches vides et à peine habillé.
Le 10 avril, jour de leurs noces, une nouvelle dispute éclata pendant le repas de mariage. Rosalie lança violemment un verre au visage de Droualen. Il fut gravement blessé. La police dut intervenir, et le couple s’expliqua au poste. Cette agitation perdura après le mariage. Ni l’écharpe du maire ni la bénédiction religieuse ne modifièrent la situation. Les confrontations violentes continuèrent. À plusieurs reprises, la police fut contrainte d’intervenir. Parfois même, Rosalie, son fils et la domestique du café le frappaient avec un bâton.

La nuit du 18 mai : un appel et une découverte macabre

Le samedi 18 mai, vers 21 heures, Rosalie Droualen alerta en urgence le docteur Daspres. Elle déclara à ce praticien que son mari s’était suicidé. Selon elle, Mathurin Droualen, sous l’emprise de l’alcool, s’était donné la mort durant le dîner.
Le docteur Daspres arriva rapidement. Il découvrit le corps de Mathurin horriblement pâle et ensanglanté. Une large plaie béait sur le côté gauche de son cou. Le médecin constata qu’il ne pouvait plus rien faire. Il fit alors appel au docteur Guiol, médecin légiste. La justice fut également informée du drame.

L’environnement du drame et les premières constatations

La chambre du couple Droualen était modeste. Située au deuxième étage, juste au-dessus du café, elle était accessible par un escalier étroit et périlleux. En entrant, on faisait face à la cheminée, installée dans l’angle sud. À droite de la porte, une coiffeuse et le lit étaient séparés par un espace restreint, d’environ 50 à 80 centimètres. Cet interstice menait à une sorte de cabinet sombre ou d’alcôve. Devant la coiffeuse, recouverte d’une plaque de marbre, se dressait une table en bois verni. Elle prolongeait la première et servait pour les repas. Quelques chaises et de petits meubles complétaient l’ameublement.
Lorsque la justice arriva, la scène était terrible à voir. Le cadavre de Droualen, étendu sur une chaise longue, était pâle et sanglant. Le sol, les tables et les murs étaient maculés de sang. Une large mare gluante s’étendait même sur le plancher.
Vers 22 heures, M. Dagallier, juge d’instruction, arriva sur les lieux. Il débuta son enquête, assisté du docteur Guiol et du commissaire de police Bernardini.

L’interrogatoire de Rosalie et les zones d’ombre

Face au magistrat, Rosalie Droualen raconta sa version des faits. Vers 19 heures ce soir-là, son mari était rentré de l’arsenal. Il lui avait remis l’argent de sa quinzaine, mais il manquait un franc. Dès qu’il fut entré, elle alluma la lampe et servit le repas : de la soupe et du bœuf. Ils s’assirent ensuite à table.
Soudain, selon Rosalie, Droualen se serait levé, une bouteille d’une main et son couteau de l’autre. Il s’enfonça alors dans l’obscurité du cabinet, gesticulant « comme un fou ». Elle affirma n’y avoir pas prêté attention. Puis, elle l’aurait vu ressortir, les yeux hagards. Son visage et ses mains étaient couverts de sang. Le flot rouge jaillissait de loin. Il gesticulait toujours en traversant la chambre. Enfin, il s’affaissa au sol. Il perdait son sang par une large blessure sur le côté gauche du cou. Puis il s’écroula en râlant. Rosalie envoya aussitôt l’enfant chercher un médecin.
Pendant que Mme Droualen faisait son récit, le docteur Guiol examinait la blessure. Le coup avait été porté par un instrument tranchant, vraisemblablement un couteau de table. La direction du coup était de haut en bas et d’arrière en avant. L’hémorragie fut très violente. L’odeur âcre du sang était saisissante dès l’entrée dans l’appartement. Le docteur Guiol supposa qu’une artère avait été sectionnée. Cependant, il ne put se prononcer définitivement avant l’autopsie.
« [Le couteau] était fraîchement, mais imparfaitement, lavé. »
Malgré le témoignage de Rosalie, les constatations soulevaient des questions. Elle affirmait que son mari s’était blessé lui-même. Pourtant, l’arme n’avait pas été retrouvée à proximité. La table avait été soigneusement débarrassée. Tout était en ordre devant le cadavre. Rosalie, quant à elle, ne versait aucune larme. Aucune émotion ne déformait ses traits. Son visage ne pâlissait pas. Elle conserva un sang-froid étonnant et évoqua les mauvais traitements subis de son mari.
M. Dagallier l’interrogea longuement. Il tenta, en vain, d’obtenir des précisions. Il chercha surtout des renseignements sur l’arme. Le fils de Rosalie fut également interrogé. Il répondit de manière évasive. Pourtant, il était présent dans la pièce et avait assisté à la scène. Le juge d’instruction examina attentivement les lieux. Il s’enquit minutieusement des moindres détails. La police, de son côté, fouilla chaque recoin.
Dans le cabinet noir, derrière la porte, ils découvrirent une bouteille de vin ensanglantée. Puis, dans la cheminée, derrière un paravent, un couteau de table apparut. Il était fraîchement, mais imparfaitement, lavé. Il s’agissait, selon toute probabilité, de l’arme du crime.

Contradictions et hypothèse des enquêteurs

Rosalie, interrogée sur ce couteau, déclara ne pas savoir pourquoi ni comment il s’y trouvait. Elle affirma l’avoir essuyé machinalement. Il est d’ailleurs notable que cet esprit d’ordre anima les acteurs de cette scène jusqu’au bout. La table avait été débarrassée des restes du repas, et tout avait été remis en place.
Après avoir passé la nuit et la journée de dimanche sous surveillance policière, Rosalie Rieu fut placée en cellule. Le docteur Guiol la visita dimanche matin, vers 11h30. Il examina les contusions et les ecchymoses qu’elle portait sur tout le corps. Le médecin nota une excoriation récente sur la paume de sa main droite. Rosalie ne put fournir aucune explication à ce sujet. Elle prétendit ignorer quand cela s’était produit.
Les déclarations du fils de Rosalie comportaient également des incohérences. Interrogé le matin même, lors de la descente de justice, il fit une déposition globalement similaire à celle de sa mère. Cependant, des détails importants différaient. L’enfant raconta que Droualen, sortant de l’alcôve ensanglanté, avait dit : « Je me suis fait mal ! » avant de s’écrouler en râlant. Or, Rosalie Droualen affirmait qu’il s’était assis sur une chaise près du lit, sans rien dire. Elle expliqua qu’elle avait tenté d’arrêter le sang. Ce n’est qu’après qu’il serait tombé au sol.
De plus, un broc rempli d’eau sous la coiffeuse contenait une petite quantité de sang. L’eau était légèrement rosée. L’enfant expliqua qu’il avait mouillé une serviette pour arrêter le sang de son « oncle ». On lui fit alors remarquer que la serviette n’aurait pas pu être ensanglantée à ce moment-là. Elle n’avait pas encore servi. L’enfant rétorqua qu’il l’avait transportée une seconde fois. L’enquêteur insista : si la serviette avait été trempée ailleurs, cet endroit n’aurait pas dû être maculé. Si elle n’avait pas changé d’endroit, et que la serviette était entièrement rouge, la quantité de sang dans le broc aurait dû être bien plus importante.

Reconstitution et conclusions médico-légales

Les enquêteurs tentèrent une reconstitution de la scène, basée sur l’état des lieux. Les trois convives auraient été assis autour de la petite table. Rosalie était au centre, son fils à sa droite, et son mari à sa gauche. Droualen était ainsi dos tourné au lit, près de la porte du petit cabinet sombre. La dispute se serait envenimée. Elle aurait débuté à cause d’une visite prolongée du charpentier dans une buvette tenue par une compatriote, au 36 de la rue Neuve. Droualen, probablement sous l’effet de l’alcool, aurait affirmé sa domination. Voyant la querelle s’intensifier, il aurait menacé sa femme.
Dans ce contexte, Rosalie, qui tenait son couteau, l’aurait levé. Elle aurait porté un coup vers l’épaule gauche de son mari. Il était très probablement assis à ce moment-là.
D’ailleurs, la partie supérieure du col de sa veste présentait une entaille. L’arme n’avait fait qu’effleurer et rabattre le col de la chemise. Cela indiquait que Droualen était assis et recroquevillé. Son col de veste était donc plus haut que celui de sa chemise.
Frappé au cou et inondé de sang, Droualen se serait alors levé. Il serait allé s’effondrer un peu plus loin, en râlant. Cette hypothèse parut très vraisemblable, voire plus juste que les versions de Rosalie et de son fils. L’aspect des lieux et l’examen en firent une certitude. Devant la place de Droualen, un jet de sang avait éclaboussé le bois de mille gouttes projetées avec force. La bouteille de vin était inondée. Très peu de sang se trouvait dans l’alcôve où il aurait, selon Rosalie, tenté de se frapper. Le milieu de la chambre, en revanche, était couvert.
Le couteau, fraîchement mais imparfaitement lavé, fut retrouvé dans la cheminée. Il était dissimulé derrière un paravent. Ce fut l’arme avec laquelle Droualen reçut la mort, selon toute probabilité. Rosalie, interrogée sur le couteau, déclara ne pas savoir pourquoi ni comment il avait été nettoyé. Cet esprit d’ordre, remarquable, semble avoir persisté chez les protagonistes. La table avait été débarrassée des restes du repas et tout remis en place.

Procédure judiciaire et conclusion de l’affaire

« Le fils de Rosalie Droualen fut de nouveau interrogé. »
Le commissaire Bernardini saisit le couteau, ainsi que les vêtements de la victime (veste, chemise, gilet, chapeau de paille). Le broc d’eau rougie, la bouteille de vin ensanglantée et la table en bois maculée furent également confisqués. Ces éléments furent transférés au poste de police du canton Ouest, puis au greffe. De nouveaux scellés furent apposés sur l’appartement.
Vers 3h30 du matin, deux employés des pompes funèbres avait transporté le corps de Mathurin Droualen. Escorté par quatre agents, il avait été conduit au dépositoire du cimetière. Le docteur Guiol y procéda à l’autopsie ce matin-là, assisté du substitut Machemin.
À 7 heures, le docteur Guiol examina la blessure du cou. L’arme avait pénétré de haut en bas et d’arrière en avant, coupant une artère. Cela expliquait l’hémorragie externe massive. L’œsophage avait également été atteint, et le sang avait envahi l’estomac. Le coup fut porté avec une grande violence. La plaie mesurait environ un centimètre et demi de long. Sa profondeur ne put être estimée en raison de la délicatesse des tissus. Cette hémorragie externe causa une mort très rapide. Une hémorragie interne aurait retardé le décès. Le docteur Guiol constata également une contusion à la tête. Il pratiqua une incision cruciale dans le cuir chevelu pour exposer la boîte crânienne. La masse cérébrale, une fois la calotte sectionnée, apparut absolument intacte. Cependant, la violence du coup rendait difficile l’hypothèse d’une blessure auto-infligée par Droualen. Vers 8h30, le docteur Guiol se retira et le corps fut mis en bière.
Ce matin-là, à 9 heures, MM. Dagallier, Machemin et Bernardini se rendirent de nouveau rue Saint-Pierre. Après avoir levé les scellés, ils poursuivirent l’enquête. Le fils de Rosalie Droualen fut de nouveau interrogé. Il raconta que le samedi soir, en rentrant à la maison, sa mère l’avait envoyé chercher Mathurin. Il ressortit puis revint peu après. Il trouva Mathurin déjà arrivé. Il dressa alors la table : trois assiettes, trois verres, une carafe, une bouteille de vin et deux couteaux, dont un pointu et un cassé. Une fois la soupe servie, ils s’assirent.
Les témoignages, cependant, contredisaient l’idée que Droualen était saoul. La querelle éclata rapidement entre lui et Rosalie. Avant l’arrivée de l’enfant, il lui avait remis l’argent de sa quinzaine. Rosalie lui reprocha d’être allé voir « la payse », où il s’enivrait. Le charpentier rétorqua qu’il était libre de faire ce qu’il voulait. C’est alors qu’il était entré dans l’alcôve pour se frapper, selon Rosalie.
Mme Droualen fut donc fort logiquement remise à la justice et on l’inculpa de meurtre.

Deux jours après, on apprit que Rosalie n’était pas une sainte. Dagallier apprit en effet de la police de Béssèges, la ville natale de la suspecte, que celle-ci avait subi deux condamnations par le passé : l’une pour avoir lancé du vitriol au visage de son amant, le père de son enfant, l’autre pour coups et blessures.

Informations généalogiques

D’après leur acte de mariage en mairie de Toulon, Mathurin Louis Droualen était né à Quimperlé (Finistère) le 12 décembre 1860 et était ouvrier à l’arsenal de la marine. Lui et sa future épouse allaient vivre au no 1, rue Traverse-Saint-Pierre. Il était le fils de Connogan Droualen, jardinier à Ploemeur (Morbihan) et de Marie Catherine Corn, décédée à Lorient (Morbihan).

  • Source : La République du Var, 20 mai 1895, p. 2 ; 21 mai 1895, p. 2 ; 23 mai 1895, p. 2.
  • État civil de Toulon, livre des mariages de 1895, Archives départementales du Var, 7 E 146_425_1, no 166.
  • État civil de Toulon, livre des décès de 1895, Archives départementales du Var, 7 E 146_426, no 801.

L’article Drame au 1, rue Saint-Pierre (Toulon, 18 mai 1895) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]> https://www.geneprovence.com/drame-au-1-rue-saint-pierre-toulon-18-mai-1895/feed/ 0 Le procès du crime d’Eyragues (Eyragues, 28 mai 1881) https://www.geneprovence.com/le-proces-du-crime-deyragues-eyragues-28-mai-1881/ https://www.geneprovence.com/le-proces-du-crime-deyragues-eyragues-28-mai-1881/#respond Mon, 07 Jul 2025 05:30:04 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=25871 Un crime avait été commis à Eyragues sur la personne d’un nommé Claude Falgon, journalier de 63 ans. Une enquête approfondie mais peut-être assez imparfaite avait conduit à l’inculpation d’un berger…

L’article Le procès du crime d’Eyragues (Eyragues, 28 mai 1881) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>

Un crime avait été commis à Eyragues sur la personne d’un nommé Claude Falgon, journalier de 63 ans. Une enquête approfondie mais peut-être assez imparfaite avait conduit à l’inculpation d’un berger des Basses-Alpes, Joseph Cougourdan, arrêté le 29 novembre 1880.
Pourtant, s’il était évident que Cougourdan était responsable de vols dans cette affaire, rien ne prouvait totalement qu’il était l’auteur du meurtre de Falgon. En effet, des objets personnels de la victime avaient été volés et il apparaissait que l’inculpé n’en était pas porteur. C’est donc qu’il y avait au moins un autre voleur. Et ce voleur-là pouvait aussi être l’assassin.
Et de fait, il faudra attendre deux mois après l’arrestation de Cougourdan pour connaître une avancée significative dans l’affaire.
Le vendredi 28 janvier 1881, le commissaire de Saint-Rémy, assisté de deux agents, procédait à Saint-Andiol à l’arrestation d’un nommé Bruno David, domestique, trouvé en possession de la montre no 6991, qui fut volée dans la nuit du 20 au 21 novembre 1880 sur Claude Falgon.
David fut donc mis à la disposition du parquet et il finit par avouer qu’il était le seul auteur du crime commis sur le journalier. Il en raconta même tous les détails.
Cougourdan, lui, était blanchi du meurtre, mais restait tout de même inculpé de vol. Même s’il échappait à la cour d’assises, il n’allait pas moins de retrouver face à la police correctionnelle.

Dans le cas du pauvre Falgon, il apparaissait que le crime avait eu évidemment le vol pour mobile. Le désordre des vêtements de la victime indiquait que le meurtrier n’avait rien négligé pour se procurer les objets de quelque valeur dont il pouvait être porteur. Cependant des bijoux, cachés autour de l’un des pieds avaient échappé à ses recherches, mais on sut plus tard qu’une montre en argent enfermée dans un étui et un porte-monnaie contenant deux pièces d’argent avaient été soustraites. L’enquête parvint à découvrir le signalement précis et même le numéro (6 991) de la montre. Le 28 janvier, un horloger de Saint-Rémy fit connaître qu’un certain Honoré Gonfond lui avait confié, pour la réparer, une montre portant le numéro 6 991. Honoré Gonfond, interrogé, déclara l’avoir achetée, le 18 janvier, au prix de vingt-cinq francs, auprès d’un homme du nom de David Bruno, valet de ferme chez son père, au mas de Gonfond.
Dans la soirée du 21 novembre, David avait fait voir une montre semblable enfermée dans un étui, au café Bourdet, à Saint-Rémy. L’étui fut découvert au mas Gonfond au milieu de ses effets, dans sa malle.
Vaincu par l’évidence, après avoir essayé quelques dénégations, le prévenu finit par avouer sa culpabilité. Il raconté que dans la nuit du 20 au 21 novembre, il avait quitté le café Bourdet, à Saint-Rémy, vers une heure du matin, après y avoir perdu au jeu dix francs, c’est-à-dire tout l’argent qu’il avait alors en sa possession, et en restant débiteur de sept consommations. Il avait rencontré un inconnu qui lui avait demandé le chemin d’Eyragues et qui, faisant route avec lui, lui avait confié qu’il était porteur de divers bijoux et avait, de plus, en sa présence, consulté sa montre. La pensée du crime était alors née dans son esprit.
Pour la mettre à exécution, il s’était, en toute hâte, rendu à travers champs, au domaine non éloigné de son maître, s’y était armé d’un bâton, puis gagnant de vitesse l’inconnu, il était allé s’embusquer sur un point où il devait passer, et, après l’y avoir attendu et l’avoir vu s’engager par erreur dans la direction de Saint-Andiol, il l’avait rejoint et frappé de son bâton. La victime était tombée sans pousser un cri. Il lui avait pris la montre avec son étui et deux pièces, l’une de cinq francs, l’autre d’un franc, contenues dans le porte-monnaie jeté. Il paraissait difficile que le crime ait pu être consommé sans une autre arme qu’un bâton.

Interrogatoire de l’accusé

Nous sommes le 28 mai 1881. Le procès de David a lieu devant la Cour d’assises d’Aix-en-Provence.
Dans un premier temps, l’accusé est interrogé.
Le président. — David, levez-vous et expliquez à MM. les jurés comment vous êtes arrivé à commettre le crime qu’on vous reproche ?
David. — Ayant perdu au jeu et n’ayant pu régler, je suis sorti du café Bourdet à Saint-Rémy pour rentrer à ma ferme, située à quatre kilomètres. J’ai rencontré sur la route le sieur Falgon, qui m’a dit aller Avignon. Nous avons causé assez longtemps, ensuite je lui ai demandé dix francs qu’il n’a pas voulu me prêter. Je lui posai la main sur le bras. Il a cru que j’allais le dévaliser, il m’a menacé de sa canne. Alors j’ai perdu la tête et je lui ai asséné un coup de bâton. Il est tombé du premier coup.
P. — Falgon allait à Avignon, comment se fait-il que vous l’ayez entraîné dans la traverse de Saint-Andiol ?
D. — Je ne l’ai pas entraîné. C’est en causant qu’il s’y est dirigé. Je l’ai suivi.
P. — Pourquoi ne l’avez-vous pas remis dans le bon chemin. Vous aviez déjà l’idée de l’assassiner ?
D. — Il me parlait de son argent, de ses bijoux. Je l’écoutais, mais je n’avais pas à ce moment la pensée de le tuer.
P. — Avec quoi l’avez-vous tué ?
D. — Avec un bâton.
P. — N’aviez-vous pas un couteau qui vous a servi à couper le bandage herniaire ?
D. — Oui, mais ce n’est pas celui que vous me présentez.
P. — Vous avez vendu les objets volés ?
D. — Oui, Monsieur.
P. — Vos vêtements n’auraient-ils pas du sang ?
D. — Non.
P. — C’est impossible, puisque vous avez fouillé votre victime et encore vous n’avez pas trouvé tout ce que vous cherchiez, puisqu’on a retrouvé les bijoux dans les bas de Falgon.
Dans tout son interrogatoire, l’accusé s’exprimait d’une voix sourde, à cause du mouchoir qu’il plaçait constamment devant sa bouche, et dont il se servait de temps en temps pour s’essuyer les yeux, avec une attitude qui semblait faire montre de repentir.

Audition des témoins

Dix-neuf témoins furent cités. Il serait trop long de les évoquer tous. Aussi nous contentons-nous de citer les dépositions présentant quelque intérêt.
Premier témoin. — Mascle, Jean-Joseph, docteur en médecine à Châteaurenard, rapporta qu’il avait été chargé des premières constatations et qu’il avait surtout remarqué une plaie faite par un instrument tranchant ou contondant, allant de haut en bas.
M. le président montra au docteur une faucille et un couteau pris chez l’accusé et lui demanda quel est celui des deux qui avait servi à perpétrer le crime.
R. — Ni l’un ni l’autre. La blessure a été faite avec un bâton à bec de corbin.
Q. — Le bâton n’est pas un instrument tranchant, l’emploi du couteau a donc été possible ?
R. — Oui, Monsieur.
Deuxième témoin. — Braye, docteur en médecine à Tarascon, dit qu’ayant été commis par la justice pour faire l’autopsie du cadavre, il avait examiné la victime et avait remarqué une forte blessure produite par un instrument contondant, qui lui fit penser d’abord à l’emploi d’un revolver dont la balle aurait produit la mort instantanée. Un examen approfondi lui avait donné la conviction que l’assassin s’était servi d’abord d’un bâton, et ensuite d’un couteau.

Réquisitoire et plaidoirie

L’avocat-général Thourel prononça ensuite un de ces éloquents et habiles réquisitoires dont il avait le secret et réclama du jury un châtiment suprême.
Me Masson, dans une émouvante plaidoirie, combattit avec énergie les conclusions du ministère public et pria les jurés de sauver la tête de David.
« Du reste la peine de mort, s’écria-t-il en terminant, est à cette heure appliquée de moins en moins. Au bout de 120 jours, Faulloy a obtenu sa grâce à Paris, Brun vient de l’avoir dans le Var, et Vabre lui-même espère depuis 81 jours en la clémence du chef de l’État. »

La condamnation

Après un résumé impartial, le jury entra dans la salle des délibérations. Il en rapporta un verdict affirmatif sur les questions d’assassinat avec préméditation, guet-apens suivi de vol mais des circonstances atténuantes furent admises.
En conséquence, la cour condamna David à la peine des travaux forcés à perpétuité.
La foule s’écoula, profondément impressionnée par les péripéties des débats judiciaires auxquels elle venait d’assister.
  • Sources : L’Homme de bronze, 6 février 1881, p. 3 ; ibid., 29 mai 1881, p. 3, 4.

L’article Le procès du crime d’Eyragues (Eyragues, 28 mai 1881) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>
https://www.geneprovence.com/le-proces-du-crime-deyragues-eyragues-28-mai-1881/feed/ 0
Le drame de la rue Nicolaï (Arles, 1er avril 1881) https://www.geneprovence.com/le-drame-de-la-rue-nicolai-arles-1er-avril-1881/ https://www.geneprovence.com/le-drame-de-la-rue-nicolai-arles-1er-avril-1881/#respond Fri, 28 Mar 2025 05:30:20 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=24859 Le vendredi 1er avril 1881, vers les 7 heures du soir, un homme se précipitait du haut du quai dans le Rhône, à l’ancienne porte Saint-Jean, et était sauvé, au…

L’article Le drame de la rue Nicolaï (Arles, 1<sup>er</sup> avril 1881) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>

Le vendredi 1er avril 1881, vers les 7 heures du soir, un homme se précipitait du haut du quai dans le Rhône, à l’ancienne porte Saint-Jean, et était sauvé, au moment de disparaître sous les eaux, par M. Roux, marin, qui, se trouvant dans les parages avec une chaloupe, avait fait force de rames pour l’atteindre.
Le noyé ramené à terre avait deux blessures sous le menton qui saignaient encore bien que l’eau froide eût en partie arrêté l’hémorragie qu’elles avaient dû causer. Il fut immédiatement déshabillé par les soins de Roux et de l’agent de police Blanc, accouru aux cris poussés par les témoins de ce suicide, et, après avoir été enveloppé dans une toile, porté à bras à l’hôpital, où il arriva presque mourant.

Liaison fatale

Voici les détails qui furent racontés sur ce drame, causé à la suite d’une liaison rompue :

Baptistin Roumanille, boulanger, âgé de 38 ans, né à Saint-Rémy, bien connu à Arles où il aidait à la perception des droits de places aux foires et marchés, marié, disait-on, mais séparé de sa femme, vivait avec la demoiselle Joséphine Tellier, de Maussane-les-Alpilles, qui avait rompu avec lui quatre mois plus tôt environ.
Depuis Baptistin ne cessait de la poursuivre de ses obsessions, la suppliant de revenir à lui, puis, passant de la prière à la menace, il acheta un revolver, disant à sa maîtresse que si elle persistait dans son refus il lui ferait un mauvais parti. Il la poursuivait sans cesse, tandis qu’elle le fuyait et le repoussait de telle façon que dans une rencontre elle le mordit à la main.

Tentatives de meurtre et de suicide

Mlle Tellier, placée dans une maison bourgeoise, rue Neuve, avait une chambre dans l’ancienne maison Vidal, située au haut de la rue Nicolaï, au numéro 2, d’où elle sortit quatre fois dans la journée du 1er avril, accompagnée de sa sœur, Mme Eulalie Teissier, venue de Moulès à Arles pour des achats, et fut, chaque fois, suivie par Baptistin, qui, vers les 16 heures, entra dans la maison de la rue Nicolaï et monta chez la propriétaire, Mlle Lallemont, où se trouvaient les deux sœurs.
S’adressant à Mme Teissier il lui dit qu’il désirait parler à Joséphine. Sur la réponse de celle-ci que sa sœur n’avait rien à entendre de lui, il se retira, puis revint à la maison vers les 18h45, remonta chez la propriétaire, à laquelle il demanda si elle avait soupé.
« Non », répondit cette dernière.
Au même instant, les deux sœurs étant en train de sortir, Baptistin dit :
« Eh bien, sortons tous. »
Mlle Lallemont, prenant une lumière, les éclaira jusqu’au milieu de l’escalier. Au premier tournant, à peine venaient-ils de disparaître à ses yeux, que deux coups de feu se firent entendre.

Voici le récit, par Eulalie Teissier, de la tentative de meurtre et de suicide :
« Baptistin descendait rapidement après nous et nous avait dépassé d’une marche quand il fit volte-face et tira deux coups de revolver sur ma sœur qui s’affaissa aussitôt en s’écriant : « Je suis morte ». À ses cris, et me croyant aussi frappée, je tombai presque évanouie, mais ne me sentant aucun mal, je saisis ma sœur et je la remontai chez la propriétaire où, à peine arrivée, j’entendis deux autres coups de feu.
« M. Pascal, voisin, ayant entendu ces détonations, se mit sur sa porte et demanda ce qu’il arrivait. On lui répondit que des coups de revolver venaient d’être tirés sur une femme. Il se disposait à monter l’escalier pour s’assurer du fait, quand les personnes présentes devant la maison l’en empêchèrent en lui disant : « Le meurtrier est là et armé. » Il alla alors directement prévenir la police. Arrivé au bas de la rue Nicolaï, il vit un individu courant à toute vitesse : c’était Baptistin qui, après s’être tiré deux coups de revolver sous le menton, et n’étant pas blessé mortellement, s’était relevé et courait se noyer en passant par la rue de l’Hôtel-de-Ville, la place Saint-Roch, la rue Saint-Louis et celle de la Trouille.
À leur arrivée M. Pascal et M. le sous-brigadier de police, trouvèrent dans l’escalier les deux balles tirées sur Joséphine qui durent glisser sur ses vêtements, le revolver et le chapeau de Baptistin au milieu d’une mare de sang. »

Joséphine Tellier reçut deux blessures : l’une au milieu de la poitrine, l’autre au-dessous du sein gauche, blessures qui ne s’avérèrent pas sévères. Baptistin, lui, avait deux balles dans la tête.

Voir la suite de l’affaire : Quand l’obsession mène au crime.

  • Sources : L’Homme de bronze, 3 avril 1881, p. 3.

L’article Le drame de la rue Nicolaï (Arles, 1<sup>er</sup> avril 1881) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>
https://www.geneprovence.com/le-drame-de-la-rue-nicolai-arles-1er-avril-1881/feed/ 0