Meurtre/Assassinat Archives - GénéProvence https://www.geneprovence.com/category/meurtreassassinat/ 500 ans de faits divers en Provence Tue, 25 Aug 2026 21:12:23 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.0.4 https://www.geneprovence.com/wp-content/uploads/2024/04/cropped-434541497_912630390609581_141579584347965292_n-32x32.png Meurtre/Assassinat Archives - GénéProvence https://www.geneprovence.com/category/meurtreassassinat/ 32 32 Massacre par des brigands (Saint-Saturnin-lès-Apt, 31 juillet 1578) https://www.geneprovence.com/massacre-par-des-brigands-saint-saturnin-les-apt-31-juillet-1578/ https://www.geneprovence.com/massacre-par-des-brigands-saint-saturnin-les-apt-31-juillet-1578/#respond Tue, 25 Aug 2026 20:25:42 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=29066 Ce massacre perpétré à Saint-Saturnin-lès-Apt en juillet 1578 met en lumière la grande insécurité des grands axes routiers provençaux à la fin du XVIe siècle. En plein cœur des guerres…

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Ce massacre perpétré à Saint-Saturnin-lès-Apt en juillet 1578 met en lumière la grande insécurité des grands axes routiers provençaux à la fin du XVIe siècle. En plein cœur des guerres de Religion, les zones frontalières avec le Comtat Venaissin sont fréquemment écumées par des bandes armées et des brigands qui s’attaquent indistinctement aux voyageurs et aux travailleurs isolés. L’assassinat d’Anthoni Paret, d’Anthoni Lombard et d’Aiman Arnaud près de la bastide de Clémain illustre la vulnérabilité des populations rurales face à cette violence endémique. La mention par le curé de ces hommes tués « comme pauvres innocents » souligne la sidération de la communauté paroissiale devant cet acte de brigandage gratuit qui prive la paroisse de trois de ses membres le même jour.

« Du mois de juillet.
L’an que dessus et le dernier dudit mois, ont été ensevelis Anthoni Paret, Anthoni Lombard, Aiman Arnaud, lesquels sont été meurtris par les brigands auprès de la bastide dite de Clémain, sur le grand chemin venant du comté de Venise1, tués comme pauvres innocents. »

1. Comtat Venaissin.

  • Source : Registre paroissial de Saint-Saturnin-lès-Apt, Archives départementales de Vaucluse, AD84 1MIEC118.
  • Transcription avec l’aide de Stéphanie Dick et Sébastien Avy.

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Le crime de Gordes (Gordes, 12 juillet 1841) https://www.geneprovence.com/le-crime-de-gordes-gordes-12-juillet-1841/ https://www.geneprovence.com/le-crime-de-gordes-gordes-12-juillet-1841/#respond Fri, 26 Jun 2026 09:10:10 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=28595 Le 12 juillet 1841, vers 7 heures du matin, Sylvestre Grégoire était occupé à faucher son pré au quartier du Touron, contigu au champ de son frère Firmin avec lequel…

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Le 12 juillet 1841, vers 7 heures du matin, Sylvestre Grégoire était occupé à faucher son pré au quartier du Touron, contigu au champ de son frère Firmin avec lequel il était en mésintelligence depuis le partage des biens que le père leur avait laissés en mourant, trois ans plus tôt. Sylvestre se trouvait avec sa femme Marguerite et l’un de ses jeunes enfants. Il chargeait des gerbes pour les porter à l’aire.
Tout à coup il fut accosté par Sylvestre qui avait quitté son travail et portait sa faux à la main.
« Auras-tu bientôt fini ? dit-il à son frère Firmin.
— Nous aurons terminé quand il n’y en aura plus, lui répond celui-ci, visiblement de mauvaise humeur.
— Eh ! bien, répliqua l’autre, si tu enlèves les gerbes qui sont là, tu payeras les deux mille francs qui seront échus demain, ou si non…
— C’est ce que nous verrons, repartit Firmin, mais se reprenant bientôt, parce qu’il connaissait la violence du caractère de son frère, il ajouta : oui, puisque tu l’exiges, je laisserai les gerbes, et la justice en décidera plus tard. »
La femme prit alors la parole et lui dit avec modération :
« Pourtant ces gerbes sont bien à nous ! »
Elle achevait à peine ces mots, qu’un coup de faux porté à la tête l’étendit raide morte.
L’assassin voulut fuir, mais il fut arrêté par son malheureux frère et bientôt aidé par des voisins accourus à ses cris de désespoir, il l’attacha fortement contre un arbre, où le juge de paix le fit prendre par ses gardes.
Cependant, après avoir accompli cette terrible tâche, le mari éploré vint tomber sans connaissance devant le corps inanimé de sa femme dont la tête ne tenait plus au tronc que par quelques lambeaux de chair… La justice, accompagnée de la gendarmerie et du docteur Musso, se transporta sur les lieux pour informer. Le prévenu avoua froidement son crime en disant que cela devait arriver. Il fut mis en état d’arrestation et écroué dans les prisons d’Apt.
Marguerite Grégoire, âgée de 34 ans, était originaire de Roussillon (Vaucluse) et était mère de trois jeunes enfants ; son caractère était doux et paisible et le jour de sa mort fut un jour de deuil et de désolation pour la commune de Gordes.
Le misérable qui l’avait ravie à l’affection de son mari et de ses enfants, était au contraire connu par son emportement, et il avait déjà subi une condamnation pour coups et blessures. Il était âgé de 45 ans.

Acte de décès de Marguerite Grégoire

« L’an mil huit cent quarante un, et le douze du mois de juillet à sept heures du soir, par devant nous Joseph Étienne Moulin, maire officier de l’état civil de la commune de Gordes, chef-lieu de canton, arrondissement d’Apt, département de Vaucluse,
Sont comparus Joseph Cabrier, âgé de soixante-six ans, et Mathieu Aguiton, âgé de quarante-neuf ans, tous les deux cultivateurs domiciliés en cette commune, voisins de la défunte,
Lesquels ont déclaré que Marguerite Grégoire, sans profession, née à Roussillon (Vaucluse) le seize janvier mil huit cent sept, âgée de trente-quatre ans révolus, fille de feu Jean-Joseph Grégoire et de feue Marie-Rose Guende, épouse de Jean-Silvestre Grégoire, agriculteur, est décédée ce jourd’hui à sept heures du matin, quartier du Touron,
Du décès de laquelle nous étant assuré, avons ordonné son inhumation et dressé le présent acte que nous avons signé, mais non les témoins qui ont déclaré ne savoir écrire ni signer, après lecture faite du présent acte de décès. »
[Moulin, maire]
  • Sources : Le Mercure aptésien, 18 juillet 1841, p. 2, 3.
  • État civil de la commune de Gordes, Archives départementales de Vaucluse, année 1841, no 45.

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Mort pour 35 centimes (Aiguilles, 27 juin 1896) https://www.geneprovence.com/mort-pour-35-centimes-aiguilles-27-juin-1896/ https://www.geneprovence.com/mort-pour-35-centimes-aiguilles-27-juin-1896/#respond Tue, 24 Mar 2026 08:57:19 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27860 Le 26 juin 1896, le village d’Aiguilles (Hautes-Alpes) fut le théâtre d’un drame sanglant et absurde. Ce soir-là, dans le café de Paris, où se trouvaient deux jeunes ouvriers italiens,…

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Le 26 juin 1896, le village d’Aiguilles (Hautes-Alpes) fut le théâtre d’un drame sanglant et absurde. Ce soir-là, dans le café de Paris, où se trouvaient deux jeunes ouvriers italiens, Laurent Gaydon et Prosper Monnet, âgés de dix-neuf ans et originaires d’Endrogna, établis dans la commune comme travailleurs agricoles, une querelle éclata brusquement entre ces compatriotes pour une dérisoire différence de 35 centimes sur le solde de la consommation.
Très vite, la querelle prit des allures plus graves. Prosper Monnet porta un coup de pied à son compatriote. C’est alors que Laurent Gaydon porta son couteau sur le flanc gauche de son antagoniste. Persuadé d’avoir seulement blessé son ennemi de façon superficielle, le criminel quitta le lieu du crime et se coucha tranquillement. Hélas ! le coup de couteau porta gravement. Transporté dans la maison de Joseph Sillan, cultivateur de soixante-quatorze ans, du quartier du Canton, le malheureux Prosper y expira à 10 heures du soir malgré tous les soins dont il fut entouré.
L’adjoint au maire, le sieur Villand, fut aussitôt prévenu de la tragédie. Il sonna le tocsin, et c’est avec la croyance d’un incendie que les pompiers accoururent à la hâte. Puisque la brigade de gendarmerie était à plus de cinq kilomètres, ce furent ces pompiers qui firent office de force publique. Ceux-ci escortèrent le juge de paix d’Aiguilles, qui devait procéder à l’arrestation du meurtrier, cueilli en plein sommeil.
Un télégramme fut immédiatement expédié au parquet de Briançon. Dès le lendemain matin, le procureur de la République Roche, le juge d’instruction Bouniol, le greffier Griot, et le docteur Vagnat prirent le premier train et arrivèrent vers neuf heures pour commencer l’enquête. Lors de son interrogatoire, Laurent Gaydon pleura sans arrêt, puis sombra dans un ahurissement total en voyant la réalité de son acte. Il fut ensuite écroué à la maison d’arrêt de Briançon.
Ce même 28 juin, à 8 heures du matin, le maire Antoine Gorlier dressa officiellement l’acte de décès de Prosper Monnet, arrachant définitivement le jeune fils de Jacques Monnet et Suzanne Tiston à ses montagnes d’Italie.
  • Sources : La Durance, 5 juillet 1896, p. 3.
  • Registre d’état civil d’Aiguilles, Archives départementales des Hautes-Alpes, 2 E 4/12/1.
  • Anecdote signalée par Généqueyras.

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La fatalité du sergent Bitterlin (Toulon, 27 janvier 1830) https://www.geneprovence.com/la-fatalite-du-sergent-bitterlin-toulon-27-janvier-1830/ https://www.geneprovence.com/la-fatalite-du-sergent-bitterlin-toulon-27-janvier-1830/#respond Sun, 22 Mar 2026 14:47:38 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27842 Voici l’histoire d’un drame qui, en 1830, émut toute la population de la Provence. Joseph Bitterlin était né à Pont-à-Mousson en 1804. Après avoir reçu une instruction soignée, sa famille…

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Voici l’histoire d’un drame qui, en 1830, émut toute la population de la Provence.
Joseph Bitterlin était né à Pont-à-Mousson en 1804. Après avoir reçu une instruction soignée, sa famille le laissa libre de choisir une carrière. À dix-huit ans, il s’engagea volontairement dans le 3e régiment de ligne. On s’accordait généralement à croire que ce sont des chagrins d’amour qui l’avaient mené à cette résolution, bien que son caractère courageux et son cœur agité par la passion de la gloire lui fissent préférer l’état militaire.

L’ascension et la cible de la vexation

Bitterlin fut distingué par ses chefs, aimé et estimé de ses camarades. Il ne tarda pas à obtenir les galons de sous-officier. Ses sympathies, que lui méritait son caractère doux et hardi, s’augmentaient encore de sa beauté physique. Il était soigné à l’excès dans sa toilette, à laquelle il consacrait la majeure partie de la pension que lui faisait sa famille. Sa toilette était toujours de la plus irréprochable élégance, et les officiers de son régiment étaient fiers de leur beau sergent. Bitterlin avait la taille haute et bien prise, sa tête était belle et expressive, et ses cheveux très blonds donnaient à sa physionomie une apparence juvénile qui le rendait plus intéressant encore.
En janvier 1830, le 3e de ligne tenait garnison à Toulon et occupait la caserne Saint-Louis.
Le sergent avait le malheur d’être la cible de l’adjudant Bec. L’adjudant, dont l’esprit inquiet et minutieux cherchait toujours des motifs de vexations contre les sous-officiers, ne put supporter patiemment le régime de vexations auquel son supérieur voulait le soumettre. Cette résistance valut à Bitterlin un redoublement de sévérité, l’adjudant ne cessant de le réprimander et de le punir. Bec cherchait surtout à vexer le sergent contre le goût excessif que Bitterlin avait pour la toilette.

L’humiliation fatale

Ce système atteignit son paroxysme le 26 janvier 1830 au matin, lorsque Bitterlin voulut quitter la caserne. L’adjudant l’arrêta au passage.
« Sergent, lui dit-il, vous ne sortirez pas avec les épaulettes que vous portez…. »
L’adjudant déclara qu’elles n’étaient pas conformes à l’ordonnance.
Bitterlin rétorqua : « Mais vous passez bien quelques fantaisies aux autres. »
L’adjudant répliqua : « Je fais ce qu’il me plaît. »
Bitterlin répondit : « Et moi aussi », et, passant outre, il quitta brusquement l’adjudant.
Le soir, quand le sergent rentra à la caserne, il apprit qu’il avait été porté au livre des punitions pour quatre jours de salle de police.
Dans sa chambre, il ouvrit silencieusement sa malle. De grosses larmes roulaient dans ses yeux bleus. Il en tira un après l’autre tous les menus objets qu’elle contenait, et les distribua à ses amis qui entraient dans sa chambre, leur donnant à chacun un souvenir, sans prononcer une seule parole. Les sous-officiers furent effrayés.
Un de ses chers amis lui dit : « Eh quoi ! pour quatre jours de salle de police, tu veux te tuer ? »
Bitterlin répondit : « Je l’ai dit à l’adjudant, moi aussi je fais ce qu’il me plaît. »
Il s’échappa de ses amis pour cacher ses sanglots et s’enferma dans sa chambre particulière.
Bitterlin expliqua plus tard que son projet ne venait pas de peines d’argent, mais du chagrin causé par la vexation.

Le projet de vengeance et l’erreur funeste

Pendant un repos, Bitterlin prit son fusil, descendit le long du mur des fortifications et chargea son arme. Dans sa précipitation, il mit un tampon trop fort dans le canon, l’obligeant à s’aider d’une pierre et de sa baguette. Il conçut alors un projet funèbre : se venger, se débarrasser de l’adjudant Bec, et se tuer lui-même en se plantant son sabre dans le cœur.
Pendant les manœuvres, il attendait le moment où l’adjudant passerait devant le front des troupes.
Quelques minutes auparavant, un capitaine, ayant appris ce qui s’était passé la veille, en avait fait part au colonel. Le colonel Charles d’Autane, officier de la Légion d’honneur, chevalier de Saint-Louis et de la Couronne de fer, originaire d’Allons (Basses-Alpes), sachant toute l’amitié que Bitterlin avait pour lui, et s’inquiétant de ses dispositions suicidaires, voulait le consoler lui-même.
M. d’Autane se dirigea à pied vers le pont d’Italie et y arriva au moment où Bitterlin gravissait la berge. En voyant apparaître le pompon blanc (couleur distinctive de l’État-Major), Bitterlin eut un mouvement de joie soudaine, croyant que c’était l’adjudant, et apprêta son fusil.
Alors, il reconnut son colonel. Il perdit la tête, se voyant déjà arrêté, traîné devant un conseil de guerre qui le condamnerait aux bagnes, et il préféra la mort à la honte.
Sans plus de délibération et sans même épauler son arme, il la déchargea à six pas environ dans le ventre du bon colonel.
M. d’Autane tomba foudroyé sans proférer un seul cri, sans faire entendre un gémissement. Ainsi périt, le 27 janvier 1830, à trois heures et demie, un brave officier de quarante-deux ans, qui laissait derrière lui une jeune femme et deux enfants1.
La détonation éveilla l’attention de tous. Le tambour-major se jeta sur lui. Bitterlin, qui avait jeté son fusil, cherchait à s’enfoncer le sabre-briquet dans le cœur, mais les larges buffleteries l’en empêchèrent. Bitterlin s’approcha du cadavre et versa d’abondantes larmes, répétant : « Ce n’est pas à lui que j’en voulais, j’aurais dû suivre mon premier projet et ne tuer que moi… »

Le jugement et le dernier acte

Bitterlin fut envoyé à Marseille où se trouvaient alors les Conseils de guerre. Il fut emprisonné au fort Saint-Jean, où il s’attira la sympathie des soldats vétérans. Le procès fut fixé au 22 février 1830 devant le deuxième Conseil de guerre, siégeant au Campement militaire, à la place Saint-Michel, et il fut condamné à mort.
Le jour de l’exécution, le 5 mars au matin, il était calme. Il fit ses adieux, ayant écrit une lettre à son fils à Strasbourg et à une jeune fille.
Le cortège le conduisit jusqu’à la place de la Tourette. Près du cimetière Saint-Laurent, Bitterlin demanda si c’était son lieu de repos. On lui dit que non. Il répliqua : « Là ou ailleurs, qu’importe ! »
Adossé contre le vieux mur, il consentit, après les instances de l’aumônier, à se faire bander les yeux. Le moment suprême approchait. Bitterlin demanda à commander le feu. D’une voix forte, il cria : « Apprêtez armes !… en joue !… feu!… »
Le courageux sergent tomba, frappé de huit balles. Il tomba la face tournée vers le ciel. Le corps du supplicié fut mis en terre au cimetière Saint-Charles.

L’épilogue tragique

L’histoire ne s’arrêta pas là. L’adjudant Bec était inconsolable des suites terribles des tracasseries qu’il avait exercées contre le sergent. Le marasme s’empara de son âme. Enfin, le 30 mars à six heures, il tira son sabre du fourreau, s’en appliqua la pointe sur le cœur et, prenant le lit pour point d’appui, se laissa tomber sur son arme.
Tel est le récit de cette tragique affaire, qui causa une tristesse générale dans toute la population de Marseille et de Toulon. Le destin tragique du sergent Bitterlin, du colonel d’Autane et de l’adjudant Bec s’est joué à Marseille en 1830. Cette sombre chronique, pleine de vexations, de désespoir et d’une erreur fatale, illustre comment un concours de circonstances peut faire basculer l’honneur dans la tragédie. Même après deux siècles, se souvenir de ces hommes et de leur double drame est essentiel pour comprendre la complexité de nos ancêtres. Nous perpétuons leur mémoire, non pour le crime, mais tout simplement par humanité.
Note
1. Encore jeune au moment de sa mort, Charles d’Autane, connu sous le nom de Comte d’Autane, était entré à 13 ans dans les chasseurs de l’armée de Condé. Nommé capitaine le 21 décembre 1811, il avait fait les campagnes de Dalmatie, du Tyrol, d’Allemagne et d’Espagne, et avait même été blessé à Murviedro le 4 novembre 1811 et avait reçu une balle dans la cuisse lors du combat de Loriol, le 2 avril 1815. Au moment de sa mort, il était colonel au 7e régiment d’infanterie de ligne où il avait été nommé le 28 août 1827 et avait commandé le 3e régiment de ligne dans les Alpes et à Toulon. (source : http://genobco.free.fr/provence/Autane.htm)
  • Source : Le Petit Marseillais, 25-27 juin 1868.

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Rixe mortelle aux limites de Noves (Saint-Andiol, 28 juin 1751) https://www.geneprovence.com/rixe-mortelle-aux-limites-de-noves-saint-andiol-28-juin-1751/ https://www.geneprovence.com/rixe-mortelle-aux-limites-de-noves-saint-andiol-28-juin-1751/#respond Wed, 04 Mar 2026 21:17:51 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27681 Cette rixe meurtrière entre les communautés de Cabannes et de Saint-Andiol s’inscrit dans les tensions de voisinage exacerbées par la défense des terroirs sous l’Ancien Régime. La mort de Jean…

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Cette rixe meurtrière entre les communautés de Cabannes et de Saint-Andiol s’inscrit dans les tensions de voisinage exacerbées par la défense des terroirs sous l’Ancien Régime. La mort de Jean Claude Auran, fermier d’une grande propriété seigneuriale, survient par traumatisme crânien lors d’un « attroupement », forme de violence collective rituelle en Provence. L’absence de sacrements souligne une mort subite, jugée tragique pour l’époque, tandis que le transfert du corps à la limite des paroisses par les Pénitents respecte une géographie funéraire familiale stricte. L’acte pointe aussi une marginalité religieuse, le défunt ne fréquentant guère sa paroisse de résidence.

« L’an 1751 et le vingt-huitième jour du mois de juin est mort sans recevoir aucun sacrement de l’Église, sieur Jean Claude Auran, fermier de la terre de M. le Marquis de Saint-Andiol.
Depuis le temps qu’il habitait dans cette paroisse, il ne les avait jamais fréquentés.
Il fut assommé à coups de pierres sur les cinq heures du soir par des gens de Cabanes qui vinrent en attroupement insulter tous les habitants de Saint-Andiol.
Et les parents nous ayant prié de le laisser inhumer dans la paroisse de Noves où ils s’enterrent, nous le portâmes avec la confrérie des Pénitents jusqu’aux parties de Noves.
Et après avoir fait les absoutes ordinaires, son cadavre fut remis à monsieur le curé de ladite paroisse pour y être inhumé.
Dieu lui ait fait miséricorde. »
[Montanier, prieur]
  • Registre paroissial de Saint-Andiol, Archives départementales des Bouches-du-Rhône, 203 E 298.

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Une exécution spectaculaire de suicidés (Bollène, 14 juillet 1783) https://www.geneprovence.com/une-execution-spectaculaire-de-suicides-bollene-14-juillet-1783/ https://www.geneprovence.com/une-execution-spectaculaire-de-suicides-bollene-14-juillet-1783/#respond Mon, 05 Jan 2026 17:10:08 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27283 Quelques années avant la Révolution, le Comtat Venaissin, territoire pontifical, applique une justice criminelle où le suicide est perçu comme un double crime : un attentat contre Dieu et une…

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Quelques années avant la Révolution, le Comtat Venaissin, territoire pontifical, applique une justice criminelle où le suicide est perçu comme un double crime : un attentat contre Dieu et une désobéissance au souverain. La législation en vigueur autorise le procès des cadavres pour éviter que la mort n’éteigne l’action publique. En 1720, la condamnation de Mégioule et de Gabrielle Sicard révèle la rigueur de la procédure de « mémoire » visant à flétrir les restes des assassins de Jacques Philip. Ce supplice posthume, marqué par la traîne sur la claie et l’exposition des têtes, prive les défunts de sépulture chrétienne.
« Un jugement condamne les cadavres du nommé Mégioule et de Gabrielle Sicard, épouse de Pierre Ville, habitants de Bollène, à être successivement traînés sur la claie, pendus par les pieds, jetés à la voirie sous les fourches patibulaires – leurs têtes coupées –, et exposées en ladite ville de Bollène, pour crime de suicide.
L’exécution de ce jugement a lieu le lendemain.
Il paraît que ces deux criminels s’étaient donné la mort afin de se soustraire au supplice qui devait les atteindre comme assassins d’un nommé Jacques Philip dit Coulomb. »

  • Source : “Fais particuliers arrivés dans la ville d’Avignon depuis l’année 795 jusqu’à l’année 1720”, Registre manuscrit, Archives municipales d’Avignon, 1Z8.

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Henri Blanc assassiné la nuit (Simiane-la-Rotonde, 27 mars 1745) https://www.geneprovence.com/henri-blanc-assassine-la-nuit-simiane-la-rotonde-27-mars-1745/ https://www.geneprovence.com/henri-blanc-assassine-la-nuit-simiane-la-rotonde-27-mars-1745/#respond Mon, 24 Nov 2025 19:51:28 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=26807 En 1745, le terme de « travailleur » désigne en Haute-Provence un ouvrier agricole dépourvu de terre, louant ses bras à la journée. Sa découverte au cœur de la nuit déclenche une…

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En 1745, le terme de « travailleur » désigne en Haute-Provence un ouvrier agricole dépourvu de terre, louant ses bras à la journée. Sa découverte au cœur de la nuit déclenche une procédure judiciaire rigoureuse : le vicaire ne procède à l’inhumation qu’après la levée de corps par le lieutenant de juge et le rapport d’un chirurgien local. Cette intervention de la justice seigneuriale de Simiane-la-Rotonde est impérative pour écarter toute suspicion de complicité cléricale. L’acte témoigne d’une violence rurale nocturne, souvent liée à des querelles de voisinage ou des règlements de comptes lors de la transhumance printanière.

« Aujourd’hui a été enseveli dans le cimetière de cette paroisse Henri Blanc, travailleur, qu’on a trouvé malheureusement assassiné le jour d’hier sur une heure du matin et sur ce ont précédé les formalités de justice, exprès lesquelles la sépulture dudit Henri Blanc a été faite, en présence des soussignés, avec nous, à Simiane ce 28 mars 1745. »
[J.-B. Montjallard, M. Dupré, vicaire, Planta, de Ferres]
  • Registre paroissial de Simiane-la-Rotonde, Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, 1 Mi 5/0577.

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Poignardé pour avoir défendu une femme (Marseille, 14 juin 1868) https://www.geneprovence.com/poignarde-pour-avoir-defendu-une-femme-marseille-14-juin-1868/ https://www.geneprovence.com/poignarde-pour-avoir-defendu-une-femme-marseille-14-juin-1868/#respond Tue, 18 Nov 2025 18:50:29 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=26773 Une rixe mortelle ensanglanta la Place Neuve, à Marseille, suscitant l’effroi parmi les habitants. Cet incident tragique se déroula le dimanche 14 juin 1868, aux alentours de 18 heures. Il…

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Une rixe mortelle ensanglanta la Place Neuve, à Marseille, suscitant l’effroi parmi les habitants. Cet incident tragique se déroula le dimanche 14 juin 1868, aux alentours de 18 heures. Il impliqua deux marins grecs, tous deux employés sur un navire au port.
De fait, la querelle concernait une jeune femme. Celle-ci travaillait dans l’une des buvettes qui animaient le quartier. L’un des marins, emporté par la rage, tenta de frapper la demoiselle. Alors, son camarade, dénommé Pierre Ephestion, 36 ans, s’interposa avec courage. Il voulait protéger la jeune femme des coups. Toutefois, cet acte de bravoure lui fut fatal. L’agresseur lui asséna plusieurs coups de couteau dans la poitrine. L’homme tomba sur le trottoir.
L’assassin s’enfuit aussitôt. Il courut le long du port, en direction de la Canebière. Puis, il sauta dans un canot, cherchant désespérément à gagner le large.
Cependant, une foule en colère le prit en chasse. Face à la pression, l’homme abandonna son embarcation et se jeta à la mer. Il fut rapidement maîtrisé et appréhendé par les poursuivants.
Finalement, les autorités transportèrent le corps de la victime à l’hospice Saint-Pierre où il rendit l’âme à l’aube le lendemain. Le capitaine du navire vint personnellement réclamer la dépouille. De plus, il prit en charge l’intégralité des frais d’inhumation du marin grec.
  • Source : Le Petit Marseillais, 17 juin 1868, p. 2.
  • Registre d’état civil de la ville de Marseille, juin 1868, 201 E4775, no 194.

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Coups et meurtrissures (Oraison, 21 avril 1692) https://www.geneprovence.com/coups-et-meurtrissures-oraison-21-avril-1692/ https://www.geneprovence.com/coups-et-meurtrissures-oraison-21-avril-1692/#respond Tue, 11 Nov 2025 12:12:02 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=26719 Cet extrait du registre paroissial d’Oraison, daté de 1692, s’inscrit dans un contexte de forte instabilité sociale et économique sous le règne de Louis XIV. La mention « coups et meurtrissures »…

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Cet extrait du registre paroissial d’Oraison, daté de 1692, s’inscrit dans un contexte de forte instabilité sociale et économique sous le règne de Louis XIV. La mention « coups et meurtrissures » révèle une violence quotidienne banalisée, qui, en l’absence de médecine légale sophistiquée, était la seule cause officielle retenue. Le fait que l’on vérifie qu’Honoré Brunier ait « satisfait au devoir pascal » (communion obligatoire à Pâques) indique l’importance primordiale de la conformité religieuse pour l’obtention d’une sépulture honorable dans le chœur, même pour un défunt victime de violences.
« L’an que dessus [1692] et le vingt-unième du mois d’avril est décédé Honoré Brunier, âgé d’environ quarante ans,
Et d’autant que sa mort nous a été inconnue, nous avons été obligés de nous informer de ses mœurs et conditions de sa mort,
Et ayant appris qu’elle procédait des coups et meurtrissures qu’il avait eues sur son corps,
Et qu’il avait satisfait au devoir pascal, nous l’avons enseveli dans le chœur du Saint-Rosaire de cette paroisse… »
  • Registre paroissial d’Oraison, Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, 1MI5/0205.

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Quand l’obsession mène au crime (Arles, 24 juin 1881) https://www.geneprovence.com/quand-lobsession-mene-au-crime-arles-24-juin-1881/ https://www.geneprovence.com/quand-lobsession-mene-au-crime-arles-24-juin-1881/#respond Thu, 23 Oct 2025 07:22:43 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=26642 Voir aussi : Le drame de la rue Nicolaï (Arles, 1er avril 1881) Baptistin Roumanille, âgé de 41 ans, boulanger demeurant à Arles, avait vécu maritalement, pendant plusieurs années avec…

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Voir aussi : Le drame de la rue Nicolaï (Arles, 1er avril 1881)

Baptistin Roumanille, âgé de 41 ans, boulanger demeurant à Arles, avait vécu maritalement, pendant plusieurs années avec Joséphine Tellier, âgée de 26 ans. Il en avait eu deux enfants, morts en bas âge. Pour être plus libre dans ses relations avec cette fille, il avait abandonné sa femme légitime, Marie Coye, et ses trois enfants mineurs (François, Eugène et Xavier), son domicile à Maussane et jusqu’à sa profession de boulanger et tous deux étaient partis vivre à Arles.
Ce fol amour pour Joséphine Tellier avait fait le malheur de l’un et de l’autre. Joséphine Tellier était légère, peut-être inconstante ; Roumanille jaloux, emporté, vindicatif. Les querelles étaient fréquentes dans ce ménage illégitime. Joséphine, trouvant que la vie commune devenait insupportable, s’était décidée, trois mois et demi avant le crime, à quitter son amant et à rompre avec lui toutes ses relations. Roumanille, plus éperdument amoureux depuis cette séparation, ne cessait de poursuivre de ses obsessions son ancienne concubine par la déterminer à retourner avec lui : supplications, voies de fait, menaces de mort, tout fut fait par lui mais en vain ; la fille Tellier persistait énergiquement dans son refus.
Il résolut de se venger. Il acheta chez un armurier de Trinquetaille un revolver et des cartouches, et il ne fit pas mystère, dans l’entourage de Joséphine Tellier, que la vie lui devenant à charge, il était bien résolu d’en finir sans retard, mais qu’il ne laisserait pas lui survivre et passer dans les bras d’un autre celle avec laquelle il avait si longtemps vécu.
Il hésitait cependant, il espérait toujours une réconciliation, et ce n’est que le 1er avril 1881, c’est-à-dire quinze ou vingt jours après l’achat du revolver qu’il mit ou tenta de mettre à exécution son sinistre projet.
Ce jour-là, il s’approcha aux pas de Joséphine. Il voulut tenter un dernier effort et avoir une explication suprême. Il vint, jusqu’à trois reprises, le matin, l’après-midi et le soir, chez la Mlle Lallemont, rue Nicolaï, où il savait que Joséphine Tellier devait se trouver.
Elle y travaillait, en effet, avec sa sœur, la dame Eulalie Teissier.
Voyant Roumanille, elle voulut sortir en traînant sa sœur. Roumanille les suivit dans l’escalier, les dérangea et, se retournant vers son ancienne maîtresse, lui tira à bout portant deux coups de revolver qui l’atteignirent à la poitrine et au sein gauche.
La victime s’affaissa en s’écriant : « Je suis morte ! »
Croyant l’avoir tuée, Roumanille voulut se tuer à son tour. Il dirigea vers lui son revolver, mais il se blessa seulement et courut, tout sanglant se jeter dans le Rhône.
Un marinier, témoin de cet acte de désespoir, parvint à le retirer de l’eau presque inanimé.
« Tuez-moi ! » lui dit Roumanille, qui s’évanouit.
Les blessures de la victime, comme celles de l’accusé, n’eurent pas de conséquences graves et étaient quasiment guéries au moment du procès à la Cour d’assises d’Aix-en-Provence, lors de l’audience du 24 juin 1881.
Roumanille fut condamné à cinq ans de réclusion et le jury, par la voix de son président, pria le président des assises d’appeler sur le condamné la bienveillance du chef de l’État.
  • Sources : L’Homme de bronze, 26 juin 1881, p. 2.

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