Rixe mortelle aux limites de Noves (Saint-Andiol, 28 juin 1751)

Cette rixe meurtrière entre les communautés de Cabannes et de Saint-Andiol s’inscrit dans les tensions de voisinage exacerbées par la défense des terroirs sous l’Ancien Régime. La mort de Jean Claude Auran, fermier d’une grande propriété seigneuriale, survient par traumatisme crânien lors d’un « attroupement », forme de violence collective rituelle en Provence. L’absence de sacrements souligne une mort subite, jugée tragique pour l’époque, tandis que le transfert du corps à la limite des paroisses par les Pénitents respecte une géographie funéraire familiale stricte. L’acte pointe aussi une marginalité religieuse, le défunt ne fréquentant guère sa paroisse de résidence.

« L’an 1751 et le vingt-huitième jour du mois de juin est mort sans recevoir aucun sacrement de l’Église, sieur Jean Claude Auran, fermier de la terre de M. le Marquis de Saint-Andiol.
Depuis le temps qu’il habitait dans cette paroisse, il ne les avait jamais fréquentés.
Il fut assommé à coups de pierres sur les cinq heures du soir par des gens de Cabanes qui vinrent en attroupement insulter tous les habitants de Saint-Andiol.
Et les parents nous ayant prié de le laisser inhumer dans la paroisse de Noves où ils s’enterrent, nous le portâmes avec la confrérie des Pénitents jusqu’aux parties de Noves.
Et après avoir fait les absoutes ordinaires, son cadavre fut remis à monsieur le curé de ladite paroisse pour y être inhumé.
Dieu lui ait fait miséricorde. »
[Montanier, prieur]
  • Registre paroissial de Saint-Andiol, Archives départementales des Bouches-du-Rhône, 203 E 298.

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